Scène 29 : L'Espionne d'Arthur
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Merlin entra sans s'annoncer dans la chambre d'Eolhsand ainsi qu'il en avait pris l'habitude. La barde était assise par terre, devant la cheminée, comme d'habitude aussi. Il la rejoignit vite et il s'assit à côté d'elle.
« Qu'est-ce que tu fais là Merlin ? Je croyais qu'Arthur t'avait interdit de me voir. »
Tout en prononçant ces mots, elle lui avait dit quelque chose mentalement mais il n'avait pas réussir à saisir ce qu'elle avait pu lui dire. Elle répéta rapidement.
Guenièvre. A la porte.
Merlin ouvrit la bouche.
Pas un mot, Merlin !
Il referma la bouche.
Silence.
Pourquoi est-ce qu'elle n'entre pas ?
Elle écoute.
Pourquoi ?
Peu importe. Dit quelque chose Merlin.
Tu m'as dit de ne rien dire El.
Merlin…
« Je… Je voulais te voir. »
Il refusait de penser à la manière dont cette phrase sonnait pour une oreille extérieure.
Eolhsand répondit mais il n'entendit pas vraiment ce qu'elle était en train de dire. Ce n'était pas important. Contrairement à leur conversation mentale.
Et comment vas-tu faire pour me répondre si tu n'écoutes pas ce que je te dis ?
Parce que je dois te répondre !
Merlin…
Elle prit sa main.
Ecoute…
Ecouter quoi ?
Mais elle ne lui laissa pas le temps de s'appesantir sur cette question. Elle était en train de parler oralement tout en lui disant mentalement de faire attention à ce qui déroulait dans son esprit pendant qu'elle le faisait. Merlin finit par comprendre. Ce qu'elle disait était différent mais les deux modes de communication laissaient des traces dans son esprit.
Je vois que tu as compris. Tu dois maintenant démêler le tout, Merlin.
Comment…
Elle n'avait pas vraiment le temps de lui donner une véritable leçon à ce sujet pour le moment. Son jeune Dragonnier allait donc devoir apprendre cette capacité sur le tas. Comme tout le reste en vérité...
Merlin ne garda que peu de souvenirs de la conversation qu'ils eurent tous les deux, surtout de la partie que Guenièvre entendit. Eolhsand, surtout, parlait pour recevoir de sa part de long silence avant qu'il ne réussisse à faire un semblant de réponse correcte. Il la laissa donc principalement monologuer tandis qu'elle lui disait comment cacher les objets qui se trouvaient dans sa chambre. Elle avait déjà le sortilège adéquat en tête. Merlin allait devoir l'appliquer à chaque objet et grâce à ce sort, quiconque trouverait son matériel verrait un autre objet à la place.
Je m'occuperai de ça dès que Guenièvre sera partie.
Elle acquiesça.
Nous allons donc nous occuper d'elle tout de suite.
Merlin se leva pour se réfugier dans la chambre adjacente tandis qu'Eolhsand faisait de même pour aller ouvrir la porte de sa chambre. Après s'être assurée que le jeune homme ne se trouvait plus dans la pièce, la barde ouvrit la porte.
« Guenièvre ? »
La jeune femme rougit.
« Je… »
Qu'allait-elle dire à sa maîtresse ? Devait-elle nier avoir écouté à la porte si elle le lui faisait remarquer ? Et où pouvait bien se trouver Merlin ? Elle les avait clairement entendus discuter tous les deux…
« Guenièvre ? »
La servante regarda la barde.
« Oui ?
-Ne t'avais-je pas donné ta soirée ? »
Guenièvre en aurait presque poussé un soupir de soulagement. Eolhsand n'avait pas l'air d'avoir remarqué qu'elle venait d'écouter aux portes.
« Je… Je voulais juste vous dire que j'avais bien informé votre sœur de…
-Gwen. »
Le surnom claqua comme un fouet et pendant un court instant, la jeune femme pensa à ce qu'il s'était passé un peu plus tôt, à un autre nom qui avait claqué comme un fouet…
« Ici, je ne suis pas sa sœur. »
La jeune femme s'inclina.
« Bien sûr, ma Dame. Veuillez excuser mon erreur. »
Eolhsand soupira et posa la main sur le bras de Guenièvre après que la servante se soit redressée.
« Personne ne doit savoir. » lui dit-elle avec un sourire triste.
Elle faillit lui demander pourquoi mais un regard de la barde l'en dissuada.
…
Le silence a été long encore une fois mais comme je l'ai déjà dit, il y a pas mal de changement pour moi ces derniers temps et les choses commencent tout juste à se calmer et on entre même dans une certaine routine ce qui veut dire que je commence à avoir le temps (et la tranquillité d'esprit) pour écrire.
Le conte me pose encore, évidemment, beaucoup de problème mais il avance. Ce qui est une bonne nouvelle non ?
Scène 30 : Caelia et Guenièvre
