Voici donc les versions différentes (mais pas si différentes) que j'ai pu écrire pour le conte d'El qui apparaît dans la scène 33.


Version 1

Ils avancent par trois en clamant que leur Déesse les a voulus à son image, cette déesse qu'ils honorent et acclament en trois lieux. Un pour chacun d'eux. Les Druides voyagent mais reviennent toujours aux Pierres Debout. Les Prêtresses enseignent et conseillent dans l'île. Les têtes du dragon ordonnent et savent dans la Vallée. C'est du moins ce qu'ils ont fait croire aux hommes pendant bien longtemps. Trop longtemps.

Les Druides voyagent mais laissent derrière eux malheur, malédiction et maladies. Les prêtresses enseignent mais trompent, trahissent et tourmentent ceux qui viennent chercher leurs conseils. Les têtes du Dragon épousent leurs sœurs, enlèvent les enfants des hommes et ensorcelle les morts.

Mais un homme fut capable de voir leurs calomnies, leurs crimes et leurs corruptions et un par un ils furent détruits par ce héros. D'abord les prêtresses puis les druides et enfin vint le tour des têtes du dragon.

Mais les têtes du dragon étaient patientes. Cachées au fin fond de leur sombre Vallée, elles attendaient leurs heures, le moment où elles pourraient venger leurs frères et sœurs, l'instant où les hommes se repentiraient de leurs erreurs.

Conscient de la menace, le Roi clairvoyant chercha alliance et un autre roi, qui avait conçu des soupçons sur la véritable nature des possesseurs du Don, se joignit alors à lui. Ensemble, ils mirent fin à la vallée des dragons en y envoyant un frère d'arme et de sang.

Mais les têtes du Dragon étaient prévoyantes. Camouflées aux creux de leur sinistre vallée, ils eurent vent de l'alliance entre les deux Rois et ils se mirent à organiser leurs défenses. Les Dragons qu'ils possédaient furent éveillés et excités afin d'attaquer tout homme qui entrerait dans la vallée. Dagues et épées d'os et de crocs furent forgées par milliers pour tuer tout homme qui mettrait un seul pied dans la vallée. Sort et pièges mortels furent également disséminés dans la vallée.

Mais les têtes du Dragon furent perdantes car un homme bon en vaut cent frappés de corruption.

La bataille fut longue. Hommes et cheval contre Dragons et Dragonniers. Epées de fer contre épées de crocs. Courage et bravoure contre magie et sortilège. Le soleil comme la lune assistèrent aux combats.

La bataille fut létale. Nombre de héros périrent sous les coups, les griffes et la magie des Dragonniers et de leurs Dragons. Mais pour un homme qui tombait, c'était dix habitants de la vallée qui étaient tués ou capturés.

La bataille fut gagnée. Petit à petit les dragonniers reculèrent. Petit à petit les prisonniers augmentèrent. Petit à petit les bruits des combats cessèrent.

Mais un dragonnier et son dragon réussirent à s'échapper.

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Version 2

Ils avancent par trois en clamant que leur Déesse les a voulus à son image, cette Déesse qu'ils honorent et servent en trois lieux. Un pour chacun d'eux. Les Pierres Debout pleurent le départ des Druides mais elles savent qu'ils reviendront toujours vers elles. L'île voit grandir les prêtresses en beauté et en sagesse mais elle les voit aussi partir dispenser conseils et enseignements aux plus puissants. La Vallée garde jalousement ses secrets mais Dragons et Dragonniers qu'elle abrite sont toujours prêts à la quitter pour défendre ceux que leurs frères et sœurs renégats ont attaqués.

Trois lieux. Trois peuples. Une mission. La protection de ceux que ne possèdent pas le Don. C'était ce que voulait la Déesse, ont-ils toujours clamés. Ce qu'ils nous ont fait croire pendant de trop longues années.

Car, en vérité, si les Druides quittent les Pierres Debout, ce n'est que pour dispenser maladie, malheur et malédiction durant leurs pérégrinations.

Car, en vérité, si les Prêtresses quittent l'Île, ce n'est que pour tromper, trahir et tourmenter ceux qu'elles disent conseiller.

Car, en vérité, si les Dragonniers quittent la Vallée, ce n'est que pour enlever et ensorceler les enfants des hommes et les donner aux sœurs qu'ils ont épousées.

Il n'y eut qu'un seul homme, un grand Roi puissant et clairvoyant qui s'aperçut vraiment de leur duplicité, de leur corruption et de leurs crimes, au point, qu'il prit les armes contre eux. Et un à un, les trois peuples de la Déesse furent détruits. D'abord les Prêtresses puis les Druides. Les Dragonniers vinrent en dernier car la Vallée était difficile à débusquer.

Manque un truc là

Durant sa quête de la Vallée des Dragons, le Roi clairvoyant chercha alliance et il la trouva auprès d'un Roi plus âgé que lui, un Roi qui avait conçu de nombreux soupçons à l'égard de la Magie. Ensemble, ils mirent fin à la Vallée des Dragons en y envoyant un frère d'arme et un frère de sang.

Les Dragonniers eurent, cependant, vent de leur alliance. Caché au fin fonds de leur sombre Vallée, ils attendirent leurs heures, le moment où ils pourraient venger leurs frères et sœurs, l'instant où les hommes se repentiraient de leurs erreurs.

Les Dragonniers commencèrent donc à préparer leur défense. Les Dragons qu'ils possédaient furent éveillés et excités. Dagues et épées d'os et de crocs furent forgées par milliers. Sortilèges et pièges mortels furent disséminés dans la Vallée.

Les Dragonniers furent cependant défaits malgré leurs armes, leur magie et leurs Dragons car un homme bon en vaut cent frappés de corruption.

Mais la bataille fut longue et le Soleil comme la Lune assistèrent au combat opposant hommes et chevaux contre Dragonniers et Dragons. Epées de fer contre épées de crocs. Courage et bravoure contre magie et viles sortilèges.

Mais la bataille fut létale. Nombreux furent les Héros à périrent ce jour-là mais leur mort eut le plus sacré des sens. Souvenons-nous d'eux en cet instant. Souvenons-nous de ces héros sans nom. Souvenons-nous de ceux qui nous ont protégé contre ces démons de Dragonniers car…

La bataille se conclut par leur victoire. Pour chaque héros qui tombèrent sous les coups des traîtres ce furent dix, vingt, cent habitants de la Vallée qui furent tués ou capturés. Et petit à petit, les Dragonniers reculèrent. Petit à petit, les prisonniers augmentèrent. Petit à petit, les combats cessèrent.

Hélas, les Dragonniers, voyant leur défaite arriver, commirent une dernière traîtrise. Ils arrangèrent la fuite de l'un d'entre eux. Un jeune Dragonnier du nom de Balinor. Pour qu'il soit leur dernière chance. Pour qu'il soit leur espoir de vengeance. Pour qu'il soit leur possibilité de renaissance.

Nul ne sut pendant un long moment sa destinée et les histoires à son encontre furent nombreuses. On dit qu'il rejoignit les Druides survivants dans leur éternelle fuite. On raconta que la dernière des Grandes Prêtresses Nimueh l'accueillit dans sa retraite. On l'aperçut sur la route du Nord et on conta alors qu'il avait rejoint les Pictes. Histoires multiples. Vérité douteuse. Toutes les histoires s'accordaient cependant sur un point. Le dernier des Dragonniers comptait venger ses sœurs et ses frères. Le dernier des Dragonniers comptait libérer ceux qui n'avaient pu, avec lui, disparaître. Le dernier des Dragonniers comptait tuer toux ceux qui avaient révélé au grand jour leur nature de traître.

La malice du Dernier Dragonnier ne connaissant point de limite, il conçut le plus abjecte des plans. Il fit ainsi courir le bruit suivant. Il se rendrait au Roi clairvoyant et lui livrerait le puissant Dragon qui l'avait accompagné dans sa fuite si on lui laissait la vie sauve. Une vie pour une vie. Ainsi que le demandait la Magie. La bête était la dernière de sa race. C'était un puissant et ancien Dragon, même au temps où tous les autres étaient vivant. Mais il n'était rien en face du pouvoir d'un Dragonnier. Si Balinor l'ordonnait, le Dragon serait son prisonnier.

Les rumeurs de cette réédition enflèrent et enflèrent pendant un long moment mais jamais le Roi clairvoyant n'y donna suite. Jusqu'au jour où, le Dernier des Dragonniers se présenta de lui-même au château de son ennemi, désarmés, les mains levées, la tête baissée. Sous bonne garde, il fut conduit devant celui qui avait ordonné la fin de la Vallée.

La malice du Dernier Dragonnier ne connaissant point de limite, il conçut le plus abjecte des plans et le bruit courut bientôt qu'il était prêt à se rendre au Roi clairvoyant si ce dernier lui laissait la vie sauve. En marque de sa bonne foi, il lui livrerait le puissant Dragon qui l'avait accompagné dans sa fuite. La bête était la dernière de sa race, le plus ancien et le plus puissant mais il n'était rien en face du pouvoir d'un Dragonnier. Un ordre et le Dragon serait à sa merci. Une vie pour une vie. Ainsi que le demandait la magie.

Les rumeurs de cette réédition enflèrent et enflèrent pendant un long moment jusqu'à au jour où le Dernier des Dragonniers se présenta au château du Roi clairvoyant, désarmé, les mains levées, la tête baissée. Sous bonne garde, il fut conduit devant celui qui avait ordonné la fin de la Vallée.

Les termes de sa réédition furent conclus rapidement et il demanda au Roi clairvoyant de sortir avec lui pour qu'il lui livre son prix.

La traîtrise du Dernier Dragonnier ne connaissant point de limite, il appela le Dragon dès qu'ils furent sortis mais au lieu de lui ordonner de se rendre avec lui, il lui ordonna d'attaquer tous ceux qui se trouvaient là. Hommes, femmes, enfants. Tous connaîtraient la colère de la Vallée. Tous payeraient. Tous brûleraient. Tous mourraient.

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Version 3

Ils avancent par trois en clamant que leur Déesse les a voulus à son image, cette Déesse qu'ils honorent et servent en trois lieux. Un pour chacun d'eux.

Ainsi chaque année, les Pierres Debout pleurent le départ des Druides mais elles savent qu'ils reviendront toujours vers elles.

Ainsi, de tout temps, l'Île a vu grandir les prêtresses en beauté et en sagesse mais elle les a aussi vu partir dispenser conseils et enseignements aux plus puissants.

Ainsi, et depuis la nuit des temps, la Vallée garde jalousement ses secrets mais Dragons et Dragonniers qu'elle abrite sont toujours prêts à la quitter pour défendre ceux que leurs frères et sœurs renégats ont attaqués.

Trois lieux. Trois peuples. Une mission. La protection de ceux que ne possèdent pas le Don. C'était ce que voulait la Déesse, ont-ils toujours clamés. Ce qu'ils nous ont fait croire pendant de trop longues années.

Car, en vérité, si les Druides quittent les Pierres Debout, ce n'est que pour dispenser maladie, malheur et malédiction durant leurs pérégrinations.

Car, en vérité, si les Prêtresses quittent l'Île, ce n'est que pour tromper, trahir et tourmenter ceux qu'elles disent conseiller..

Car, en vérité, si les Dragonniers quittent la Vallée, ce n'est que pour enlever et ensorceler les enfants des hommes et les donner aux sœurs qu'ils ont épousées.

Il n'y eut qu'un seul homme, un grand Roi puissant et clairvoyant qui s'aperçut vraiment de leur duplicité, de leur corruption et de leurs crimes, au point, qu'il prit les armes contre eux. Et un à un, les trois peuples de la Déesse furent détruits. D'abord les Prêtresses puis les Druides. Les Dragonniers vinrent en dernier car la Vallée était difficile à débusquer.

Au cours de sa lutte, le Roi clairvoyant chercha et trouva alliance auprès d'un Roi plus âgé, un Roi qui avait conçu de nombreux soupçons à l'égard de ceux qui possédaient le Don. Et c'est ensemble qu'ils mirent fin à la Vallée des Dragons en y envoyant chacun un homme, un frère d'arme et un frère de sang en qui ils avaient toute confiance

MANQUE UN TRUC POUR FINIR CE PARAGRAPHE = en discuter avec les filles = Mail aujourd'hui ?

Les Dragonniers eurent, cependant, vent de cette alliance et ils y virent une chance. Car caché au fond de leur sombre Vallée, ils attendaient leurs heures, le moment où ils pourraient venger leurs frères et sœurs, l'instant où les hommes se repentiraient de leurs erreurs.

Les Dragonniers commencèrent donc à préparer leur défense. Les Dragons qu'ils possédaient furent éveillés et excités. Dagues et épées d'os et de crocs furent forgées par milliers. Sortilèges et pièges mortels furent disséminés dans la Vallée.

Les Dragonniers furent cependant défaits malgré leurs armes, leur magie et leurs Dragons car un homme bon en vaut cent frappés de corruption.

Mais la bataille fut longue et le Soleil comme la Lune assistèrent aux combats opposant hommes et chevaux contre Dragonniers et Dragons. Épées de fer contre épées de crocs. Courage et bravoure contre magie et viles sortilèges.

Et la bataille fut létale. Nombreux furent les Héros à périrent ce jour-là mais leur mort eut le plus sacré des sens. Souvenons-nous d'eux en cet instant. Souvenons-nous de ces héros sans nom. Souvenons-nous de ceux qui nous ont protégé contre ces démons de Dragonniers.

Car la bataille se conclut par leur victoire. Pour chaque héros qui tombaient sous les coups des traîtres ce furent dix, vingt, cent habitants de la Vallée qui furent tués ou capturés. Et petit à petit, les Dragonniers reculèrent. Petit à petit, les prisonniers augmentèrent. Petit à petit, les combats cessèrent.

Hélas, les Dragonniers, voyant leur défaite arriver, commirent une dernière traîtrise. Ils arrangèrent la fuite de l'un d'entre eux. Pour qu'il soit leur dernière chance. Pour qu'il soit leur espoir de vengeance. Pour qu'il soit leur possibilité de renaissance.

Il s'appelait Balinor et nul ne sut pendant un long moment sa destinée et les histoires à son encontre furent nombreuses. On dit qu'il rejoignit les Druides survivants dans leur éternelle fuite. On raconta que la dernière des Grandes Prêtresses Nimueh l'accueillit dans sa retraite. On l'aperçut sur la route du Nord et on conta alors qu'il avait rejoint les Pictes. Histoires multiples. Vérité douteuse. Elles s'accordaient toutes cependant sur un point. Le dernier des Dragonniers comptait venger ses sœurs et ses frères. Le dernier des Dragonniers comptait libérer ceux qui n'avaient pu, avec lui, disparaître. Le dernier des Dragonniers comptait tuer toux ceux qui avaient révélé au grand jour leur nature de traître.

La malice du Dernier Dragonnier ne connaissant point de limite, il conçut le plus abjecte des plans. Il fit ainsi courir le bruit suivant. Il se rendrait au Roi clairvoyant et lui livrerait le puissant Dragon qui l'avait accompagné dans sa fuite mais seulement si on lui laissait la vie sauve. La bête était la dernière de sa race. C'était un puissant et ancien Dragon, même au temps où tous les autres étaient vivant. Mais il n'était rien en face du pouvoir d'un Dragonnier. Si Balinor l'ordonnait, le Dragon, jamais, ne pourrait s'échapper.

La/Le bla bla bla du Dernier Dragonnier ne connaissant point de limite. Les rumeurs de cette réédition enflèrent et enflèrent pendant un long moment mais jamais le Roi clairvoyant n'y donna suite. Jusqu'au jour où, le Dernier des Dragonniers se présenta de lui-même au château de son ennemi, désarmés, les mains levées, la tête baissée. Sous bonne garde, il fut conduit devant celui qui avait libéré les hommes de l'emprise de la magie. Le dernier des Dragonniers renouvela alors sa demande. Vie sauve et liberté contre le dernier Dragon de la Vallée. Et pour preuve de sa bonne fois, il appela le Dragon et lui ordonna d'être aussi docile qu'un agneau.

Mais la traîtrise du Dragonnier ne connaissait point de limite.

Dès que les Chevaliers du Roi clairvoyant furent dehors pour s'emparer du Dragon, Balinor donna l'ordre inverse et le Dragon redevint ce qu'il avait toujours été. Bête monstrueuse et terrifiante. Une créature du fond des âges à la cruauté sans pareille. Un animal dont la rage n'avait pas de fin.

Et il attaqua tous ceux qui se trouvaient là. Hommes, femmes, enfants. Sa rage ne faisait aucune distinction. C'était ce que voulait le Dernier des Dragonniers. C'était l'ordre qu'il lui avait donné. Tous devaient connaître la colère de la Vallée. Tous devaient payer. Tous brûleraient et mourraient. C'était ce que le dernier des Dragonnier avait ordonné.

Et tandis que la bête semait le désordre, la panique et la mort, le Dernier des Dragonniers, dont la lâcheté n'avait pas de fin, en profité pour échapper à ceux qui le retenaient. Il s'enfuit mais fut vite rattrapé.

Et une fois de plus, Balinor fit montre de sa couardise car en voyant sa vie menacée, il ordonna à sa bête de cesser toute attaque.

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Version 4 :

Ils avancent par trois en clamant que leur Déesse les a voulus à son image, une déesse qu'ils honorent et servent en trois lieux, un pour chacun d'eux.

Ainsi, chaque jour, l'Île voit grandir ses prêtresses, en beauté et en sagesse, jusqu'à ce qu'elles la quittent pour dispenser conseils et enseignements aux plus puissants.

Ainsi, chaque année, les Pierres Debout pleurent le départ des Druides, même si elles savent qu'ils finiront par toujours revenir les voir.

Ainsi, depuis la nuit des temps, la Vallée veille jalousement sur ses habitants et leurs secrets qu'ils soient Dragons ou bien Dragonniers.

Trois lieux. Trois peuples. Une mission. La protection de ceux qui ne possèdent pas leurs dons. C'était ce que voulait la déesse, ont-ils toujours clamés. Ce qu'ils nous ont fait croire pendant de trop longues années.

Car, en vérité, si les Prêtresses quittent l'Île, ce n'est que pour tromper, trahir et tourmenter ceux qu'elles disent conseiller.

Car, en vérité, si les Druides quittent les Pierres Debout, ce n'est que pour dispenser maladie, malheur et malédiction durant leurs pérégrinations.

Car, en vérité, si les Dragonniers quittent la Vallée, ce n'est que pour enlever et ensorceler les enfants des hommes et les donner aux sœurs qu'ils ont épousées.

Mais le voile est fin et les mensonges pèsent. Un de trop et tout prend fin. Une erreur et la mascarade se meurt. Et il suffit parfois d'un homme pour que la vérité soit révélée.

Et comme cet homme était Roi, l'Île lui envoya une de ses plus puissantes prêtresses pour l'aider à gouverner.

Et comme cet homme était bon, les Pierres Debout lui demandèrent d'accorder son hospitalité à ses druides qui ne cessaient jamais de voyager.

Et comme cet homme était brave, la Vallée ordonna à ses dragonniers de l'assister s'il était confronté à des dragons indomptés.

Mensonges que tout cela. Il était, en fait, une cible de choix pour la Magie et ses pairs. Un pion de plus pour subjuguer la Terre.

Mais cet homme était clairvoyant. Il s'aperçut de leurs véritables inclinations et dévoila, à tous, leur corruption, leur trahison et leur conspiration.

Mais cet homme était puissant. En ressource et en gens et il savait les employer à bon escient.

Mais cet homme, et ses chevaliers, étaient vaillant. Et peu importe la puissance de la Magie et de ses tours. Ils prirent les armes contre elle, car c'était leur dernier recours.

Et un à un, les trois peuples de la Déesse furent détruits. D'abord les Prêtresses puis les Druides. Les Dragonniers vinrent en dernier mais la Vallée était difficile à débusquer. Le Roi dut alors chercher alliance. Il la trouva auprès d'un Roi plus âgé, un Roi qui avait conçu de nombreux soupçons à l'égard de ceux qui possédaient le Don. L'un envoya un frère d'arme. L'autre, un frère de sang. Et en leur nom, ces deux hommes mirent fin à la Vallée des Dragons.

Les Dragonniers eurent, cependant, vent de cette alliance et ils y virent une chance. Car caché au fond de leur sombre Vallée, ils attendaient leurs heures, le moment où ils pourraient venger leurs frères et sœurs, l'instant où les hommes se repentiraient de leurs erreurs.

Les Dragonniers commencèrent donc à préparer leur défense. Les Dragons qu'ils possédaient furent éveillés et excités. Dagues et épées d'os et de crocs furent forgées par milliers. Sortilèges et pièges mortels furent disséminés dans la Vallée.

Les Dragonniers furent cependant défaits malgré leurs armes, leur magie et leurs Dragons car un homme bon en vaut cent frappés de corruption.

Mais la bataille fut longue et le Soleil comme la Lune assistèrent aux combats opposant hommes et chevaux contre Dragonniers et Dragons. Épées de fer contre épées de crocs. Courage et bravoure contre magie et viles sortilèges.

Et la bataille fut létale. Nombreux furent les Héros à périrent ce jour-là mais leur mort eut le plus sacré des sens. Souvenons-nous d'eux en cet instant. Souvenons-nous de ces héros sans nom. Souvenons-nous de ceux qui nous ont protégé de ces démons.

Car la bataille se conclut par leur victoire. Pour chaque héros qui tombaient sous les coups des traîtres ce furent dix, vingt, cent habitants de la Vallée qui furent tués ou capturés. Et petit à petit, les Dragonniers reculèrent. Petit à petit, les prisonniers augmentèrent. Petit à petit, les combats cessèrent.

Hélas, les Dragonniers, voyant leur défaite arriver, commirent une dernière traîtrise. Ils arrangèrent la fuite de l'un d'entre eux. Pour qu'il soit leur dernière chance. Pour qu'il soit leur espoir de vengeance. Pour qu'il soit leur possibilité de renaissance.

Il s'appelait Balinor et nul ne sut pendant un long moment sa destinée et les histoires à son encontre furent nombreuses. On dit qu'il rejoignit les Druides survivants dans leur éternelle fuite. On raconta que la dernière des Grandes Prêtresses Nimueh l'accueillit dans sa retraite. On l'aperçut sur la route du Nord et on conta alors qu'il avait rejoint les Pictes. Histoires multiples. Vérité douteuse. Elles s'accordaient toutes cependant sur un point. Le dernier des Dragonniers comptait venger ses sœurs et ses frères. Le dernier des Dragonniers comptait libérer ceux qui n'avaient pu, avec lui, disparaître. Le dernier des Dragonniers comptait tuer toux ceux qui avaient révélé au grand jour leur nature de traître.

La malice du Dragonnier ne connaissait point de limite et il conçut le plus abjecte des plans. Il fit ainsi courir le bruit suivant. Contre la vie sauve, il livrerait le Dragon qui l'avait accompagné dans sa fuite et les rumeurs de cette réédition enflèrent et enflèrent pendant un long moment mais jamais le Roi n'y donna suite.

La duplicité du Dragonnier ne connaissait point de limite et il se présenta de lui-même au château de son ennemi, désarmés, les mains levées, la tête baissée. Sous bonne garde, il fut conduit devant celui qui avait libéré les hommes de la magie. Balinor renouvela alors sa demande. Vie sauve et liberté contre le dernier Dragon de la Vallée. Et pour preuve de sa bonne foi, il appela le Dragon, qui, bientôt, calmement, arriva.

La traîtrise du Dragonnier ne connaissait point de limite car, soudain, Balinor cria et le Dragon redevint ce qu'il avait toujours été. Une bête monstrueuse et terrifiante. Une créature du fond des âges à la cruauté sans pareille. Un animal dont la rage n'avait pas de fin.

Et il attaqua tous ceux qui se trouvaient là. Hommes, femmes, enfants. Sa rage ne faisait aucune distinction. C'était ce que voulait le Dernier des Dragonniers. C'était l'ordre qu'il lui avait donné. Tous devaient connaître la colère de la Vallée. Tous devaient payer. Tous brûleraient et mourraient.

Et tandis que la bête semait le désordre, la panique et la mort, le Dernier des Dragonniers, dont la lâcheté n'avait pas de fin, en profita pour échapper à ceux qui le retenaient. Il s'enfuit mais fut vite rattrapé.

Et une fois de plus, Balinor fit montre de sa couardise car en voyant sa vie menacée, il ordonna à sa bête de ne plus bouger. Ils furent tout deux emprisonné et de longues années s'écoulèrent sans qu'il ne fut plus jamais question de ces traîtres.

Mais la Vallée n'avait toujours pas eu sa vengeance.

Et la Vallée sut faire montre de patience.

La Vallée n'eut qu'à attendre l'évasion de ce qu'il restait de son engeance.

Et quand le Dragon de Balinor réussit à se libérer, il reprit ce qu'il avait, vingt ans plus tôt, commencé.

Et quand le Dragon de Balinor réussit à s'échapper, il se retourna contre la cité qu'il avait, vingt ans plus tôt, attaquée.

Et quand le Dragon de Balinor réussit à s'évader, il sema à nouveau la mort, partout, où il passait.

Mais le Roi, sans qui nous serions toujours sous l'emprise de la magie avait un fils tout aussi puissant, courageux et clairvoyant que lui.

Et comme son père, ce fils luttait contre ceux qui possédait le Don.

Et comme son père, ce fils se battit contre le Grand Dragon.

Et comme son père, ce fils revint victorieux de la confrontation.

Le Dragon, ultime survivant de la Vallée, avait été écrasé.

Cette guerre, depuis si longtemps commencé, était terminée.

La paix pouvait enfin régner.

Et c'est elle que nous célébrons aujourd'hui. Bien sûr, nous n'avons pas oublié. Nous pensons toujours à ceux qui sont tombés. Nous pleurons toujours la perte de nos êtres aimés. Et nous honorons encore ceux qui se sont sacrifiés. Mais nous n'oublions pas non plus que, sans ce Roi et son allié, sans ses deux frères qu'ils ont envoyés, sans ce fils et ses chevaliers, aucun de nous n'aurait pu vivre en paix.

Car aujourd'hui, Prêtresses, Druides et Dragonniers ne sont plus.

Car aujourd'hui, l'Île, les Pierres Debout et la Vallée ont disparu.

Car aujourd'hui, la magie est vaincue.