Amor caecus est


Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, Spartacus est une création Starz! et de Steven S. DeKnight. Je dois avouer que les scénaristes de Spartacus : Vengeance ont su titiller ma curiosité. Pardonnez les boulettes ou les redites...

Beta : Arianrhod (allez faire un tour sur sa magnifique fic : http : / /www .fanfiction .net /s/7125496/1/A_la_croisee_des_chemins en enlevant les espaces. Je vous jure, c'est excellent ! )

NB : Spartacus donc, violence, relations entre hommes, jurons et compagnie... un joli petit couple aussi, Nasir/Agron.

NB²: chapitre résumant encore le 3ème épisode, désolée pour les afficionadas, piqûre de rappel très dosée et Alternance de Pov.


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Après l'attaque du transport d'esclave, les rebelles de Spartacus se replièrent entre les murs d'une villa abandonnée. Les portes étaient solides mais délavées par la pluie et le soleil, le pluvarium rempli d'herbes folles. Après s'être trop longuement contenu, Crixus hurla sa peine et sa douleur, pleurant la disparition de sa femme. Apprendre par la bouche d'Agron le sort fatal de sa Naevia lui avait brisé l'âme. Le cœur de tous les anciens esclaves fut meurtri par ce son primal. Spectateurs malgré eux de ce chagrin dévastateur, ses compagnons vinrent l'emporter pour le calmer.

Agron jeta un coup d'œil inquisiteur à Nasir qu'il sentait bouillir à ses côtés. Il était aussi nerveux qu'un animal. Il considérait comme profondément injuste la manière dont souffrait le Gaulois. Ils étaient responsables de cette détresse et le Germain se demanda si le jeune homme allait tenir sa langue. Ses yeux étaient étincelants de larmes et de fureur. Il l'avait laissé parler de Naevia. Il l'avait laissé masquer la vérité à son propos sans un mot. Mais Agron pouvait lire sa désapprobation dans toute son attitude. Cela le blessa car il n'avait pas fait ça de gaieté de cœur.

Il savait combien la perte de celle qu'il considérait comme son épouse était destructrice pour le Gaulois. Il n'aimait pas l'homme, mais le respectait. De plus, Naevia était une femme gentille et douce, une véritable rose dans un parterre de ronce. Mentir sur sa mort était une chose difficile même pour le bien de tous et le jeune homme ne lui facilitait pas son choix en refusant de le laisser s'expliquer.

Il s'éloigna de l'ancien esclave de drap pour se rapprocher de Spartacus et lui demander un moment pour parler. Les événements se précipitaient et il devait profiter du mouvement pour proposer au Thrace de suivre son idée. Attaquer Neapolis pour faire le plein de bras armés. En libérant une seule cargaison de prisonniers de guerre, ils pourraient renforcer cet embryon d'armée. Un à un, il présenta ses arguments à l'oreille attentive de son chef de guerre. L'homme était à l'écoute, il comprenait leur nécessité. Il savait qu'ils avaient besoin d'une position où se réfugier et des hommes capables de défendre leur cause. Spartacus se rallia à son idée, raffermissant ainsi la volonté du Germain.

Son accord était des plus importants, car cela lui confirma la raison et le bien-fondé de ses actes. Le Syrien pouvait aller se faire voir. Il avait eu raison d'agir ainsi, c'était la seule chose sensée à faire ! Il ne pouvait pas laisser leur cause s'éteindre pour une femme, même la plus aimée. Son regard se porta sur les quelques personnes occupées à préparer la maison à leur occupation. Tous n'étaient pas des combattants. Des esclaves domestiques, des femmes et des vieillards avaient eux aussi embrassé la cause de Spartacus, espérant une vie meilleure. Agron se résolut à défendre leurs vies et leurs libertés, même au prix d'une vie.

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Agron se sentait comme un animal en cage. La présence de Nasir, auquel il avait pris goût, lui manquait terriblement. Le jeune homme le fuyait et le Germain se rendait compte que l'avis du jeune homme lui importait décidément beaucoup. Il aurait aimé avoir eu le temps de lui expliquer pourquoi ils devaient partir pour le Vésuve, pourquoi il leur fallait trouver un refuge, pourquoi il souhaitait le garder en vie. Le jeune homme et beaucoup d'autres n'étaient pas suffisamment aguerris pour faire face à des Romains rompus aux armes. Cacher la vérité à Crixus n'était que le moyen de les protéger. Il avait néanmoins un poids amer sur les épaules et les deux hommes s'éloignaient l'un de l'autre. Ce mensonge menaçait de briser cette relation naissante dont il prenait peu à peu conscience. Il ne pouvait nier les sentiments qui les liaient. Agron grogna en le voyant se diriger vers Crixus discutant avec Spartacus.

Nasir avait un air compatissant qui lui fit craindre le pire. Agron se précipita pour le retenir au moment où il allait parler. Agron devait lutter contre l'envie que Nasir avait de dire la vérité. Il tenta de lui parler et ils s'affrontèrent pour la première fois au grand dam du Germain.

- Peu importe que ce soit pour le bien de tous, s'énerva Nasir en le foudroyant du regard.

Il conservait un calme factice, serrant les poings pour ne pas frapper le Germain qui lui faisait face.

- C'est la principale raison, la seule qui en vaille la peine. Si j'avoue à Crixus que Naevia est toujours en vie, agonisant dans les mines de Lucentia, que crois-tu qu'il arrivera ?

- Je ne sais pas... mais c'est injuste et...

- Crixus se ruera là-bas, continua Agron sans se soucier de son interruption, avec tous ceux capables de le suivre et nous ne pourrons pas attaquer Neapolis.

- Je croyais qu'on devait aller au Vésuve pour trouver refuge. De quoi parles-tu ?

- Nous avons besoin d'hommes plus nombreux et plus aguerris. Là-bas, nous trouverons des guerriers prisonniers des Romains. Eux aussi méritent d'être libérés, ajouta-t-il rapidement en voyant la réaction étonnée puis songeuse de Nasir. Crixus est prêt à tout pour cette femme, il est capable de tous nous faire tuer.

- Quel est le plus important ? se récria le jeune homme en se ressaisissant. Il a une raison de se battre. Quelle est la tienne ?

- Me venger, venger mon frère et mes amis tombés. Partir pour les mines est une folie.

- Je le sais, mais comment peux-tu supporter de le voir souffrir ainsi ? Il aurait été plus humain de l'achever.

Agron le regarda avec une grimace mauvaise. Il ne cessait de contester son choix et cela l'agaçait.

- Nous devrions lui dire la vérité, dit Nasir, buté.

- Non, lui ordonna Agron d'un ton sec.

Le jeune homme recula, l'air fermé. Agron sentit son cœur se serrer. Il n'avait pas voulu se comporter avec lui comme un maître avec son esclave. Il leva la main comme pour le retenir avant de l'abaisser, pris de honte. Nasir se redressa, les yeux pleins de feu.

- Pourquoi ?

- C'est un sacrifice nécessaire pour mener une cause plus importante.

- Je ne suis pas d'accord ! Je refuse de croire que c'est pour ça que je suis libre.

Il eut l'air si blessé, si troublé par ses motifs qu'Agron sentit quelque chose lui ronger les entrailles. Il fronça les sourcils. Il ne pouvait pas abandonner maintenant. Il devait lui accorder encore un peu de temps, le temps de le mettre à l'abri. Avec plus d'hommes, ils pourraient rechercher Naevia, si elle était encore en vie.

- Tu en as le droit, mais ne lui dis rien, je t'en prie.

Le Germain regardait le jeune homme, implorant son aide. Ils s'étaient rapprochés au cœur de leur entraînement appréciant la compagnie de l'un de l'autre. Ils avaient conversé durant des heures, apprenant à mieux se connaître. Agron s'était épanché de la perte de Duro, auprès de l'esclave qui était une bonne oreille. Leur amitié s'était rapidement liée, comme s'ils s'étaient toujours connus.

Ce mensonge menaçait de tout briser alors même qu'Agron sentait qu'il s'attachait de plus en plus profondément. Il lui devait la vie et ils se déchiraient à cause d'un putain de Gaulois. Évidemment.

Nasir secoua la tête, d'un air terriblement déçu. Il disparut dans les ombres de la nuit qui était tombée le temps de leur dispute. Agron resta seul, ses paroles résonnant dans son esprit. Il espéra que le jeune homme tienne encore sa langue. Il passa les dernières heures de veille à préparer leur départ pour le Vésuve. Il sentait les yeux de Nasir le suivre sans pouvoir capter son regard. Il tenta plusieurs fois de se rapprocher, mais le Syrien ne restait jamais seul bien longtemps, occupé par les préparatifs, le front plissé d'amertume.

A l'heure du coucher, Agron se retrouva seul dans la pièce commune remplie des chuchotis de ses compagnons. Jamais pourtant il ne s'était senti aussi seul depuis des semaines. « Il me manque ce petit con ».

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A suivre

ps. je sais que c'est court, mais la suite avance^^.