Amor caecus est


Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, Spartacus est une création Starz! et de Steven S. DeKnight. Je dois avouer que les scénaristes de Spartacus : Vengeance ont su titiller ma curiosité. Pardonnez les boulettes ou les redites...

Beta : Arianrhod (allez faire un tour sur sa magnifique fic : http : / /www .fanfiction .net /s/7125496/1/A_la_croisee_des_chemins en enlevant les espaces. Je vous jure, c'est excellent ! )

NB : Spartacus donc, violence, relations entre hommes, jurons et compagnie... un joli petit couple aussi, Nasir/Agron.

NB²: chapitre résumant encore le 3ème épisode, désolée pour les afficionadas, piqûre de rappel très dosée et Alternance de Pov.


«==========((=0oooO ~~ N ~~ Oooo0=))==========»

- Pourquoi lui avoir dit ! s'emporta le Germain en entraînant le Syrien sous le péristyle de la villa qu'ils occupaient.

Nasir le regarda les yeux remplis de peur. Son visage était blanc de fureur, sa joue marbrée du sang que Spartacus avait fait couler en lui donnant un coup. Il tenait le jeune homme par les épaules, le foudroyant du regard. Nasir baissait la tête, le cœur saisi par la crainte. Il ne se débattit même pas. Il avait déjà connu ça. Il savait qu'il ne devait pas bouger alors qu'Agron le secouait.

- Qu'as-tu fait ? Maintenant Spartacus va partir et ils vont se faire tuer. Par ta faute, pourquoi ?

Le jeune homme se sentait paralysé, son ami pouvait faire ce qu'il voulait de lui. Il était à sa merci, incapable de se défendre. Paralysé par la peur, il ne se débattait même pas. Des années d'esclavage avaient laissé des traces profondes. Puis, quelque chose en lui se rebella. Avec sa liberté, était revenue sa fierté et l'envie de se battre. Il fit front, plongeant dans ses yeux verts qui le regardaient durement.

- Mes excuses, dit le Syrien, nous avons parlé et je n'ai pas pu lui cacher la vérité plus longtemps. Je ne pouvais pas continuer à lui faire subir ce chagrin.

- Pourquoi ? demanda le Germain d'une voix plus contenue, charriant néanmoins de la glace.

- Pour toi... si tu disparaissais, je désirerais connaître ton sort et j'irais te chercher, mon ami.

Nasir se perdit dans les iris incroyablement verts du Germain, écarquillés par le choc. Le jeune homme se sentait perdu. Ses mots avaient dépassé la limite de sa pensée. Il attendit la réponse d'Agron avec appréhension et impatience. L'homme avait pris peu à peu une place cruciale dans sa vie. Il l'avait laissé le diriger comme son maître l'avait fait. Il avait laissé son libre arbitre à sa direction. C'était le choix le plus simple. Les sentiments remplaçaient le collier de fer qui le liait à son maître. Il avait laissé parler son cœur. Le visage sans expression du Germain lui faisait peur, les mots qu'il prononça d'une voix sans tonalité le ravagèrent.

- Nous ne sommes pas amis.

Le cœur de Nasir sombra. Toutes ses espérances s'écroulaient avec ces simples mots. Il n'était pas digne du Gladiateur, pas même de son amitié. Il allait s'éloigner pour panser son âme blessée lorsqu'une main calleuse se posa sur son épaule et le força à faire demi-tour. Il s'abattit contre un torse dur, des muscles fermes glissant sous une peau chaude. Ses mains se refermèrent sur un dos strié de cicatrices, répondant à l'injonction de son cœur. Leur proximité lui fit sentir le désir d'Agron. Un désir auquel il ne s'attendait pas. Il leva les yeux sur son visage, pour y trouver une expression si douce que son cœur fondit littéralement avant d'être conquis par ses mots.

- Non, nous ne pouvons pas être réellement amis, dit l'homme en posant ses lèvres sur les siennes, les dévastant dans son urgence.

Leurs dents s'entrechoquèrent, partageant un même souffle ardent, une faim attisée par une intimité naissante. Agron savait ce qu'il voulait et n'hésita pas à le lui faire comprendre. Nasir se retrouva captif de son emprise, prisonnier de ses propres sentiments. Ils laissèrent la rancœur et les querelles brûler sous le vent du désir. Haletants, ils se séparèrent, les poumons embrasés par le manque d'air. Agron lui fit signe de le suivre dans un lieu moins fréquenté.

Nasir souriait, l'air euphorique, le cœur battant à tout rompre. Il avait cédé à son instinct lorsqu'il l'avait embrassé. La signification de ses mots avait pénétré son cœur. Il avait répondu de la seule manière qu'il connaissait, le langage du corps qu'il maîtrisait. Il se révélait incapable de résister à la passion.

Son sentiment d'allégresse s'évanouit brusquement en rencontrant les yeux étincelants de Chadara briller dans le soleil couchant. Cachée près d'un pilastre, elle semblait ne pas avoir manqué un seul mouvement. Nasir évita son regard narquois. Son teint déjà chaud s'assombrit de gêne. Elle s'était aperçue plus tôt des sentiments qu'il nourrissait envers le Germain. Elle s'était moquée de lui et il avait compris qu'elle jalousait les attentions d'Agron à son égard et les conversations qui les tenaient éveillés la nuit.

Elle ignorait ce dont ils parlaient, supputant une histoire de fesses, comme elle le faisait toujours. C'était une belle femme dont le cœur était rempli de rumeurs et de revanche. Elle avait remarqué la manière dont il suivait le Germain des yeux à travers la villa. Elle avait vite compris les sentiments qu'il éprouvait. Malgré leur différent, le Germain faisait toujours battre son cœur et il avait préparé ses bagages pour le départ pour le Vésuve. Elle s'en était amusée comme elle en avait toujours eu l'habitude. Nasir se souvint de la manière dont elle était entrée au service intime de leur maître, écrasant les autres, distillant son venin pour parvenir à ses fins. Elle s'était garanti une place de choix et avait eu pour but de le remplacer dans ses tâches et attributions. Elle n'avait jamais caché vouloir devenir la favorite de Grassus. Celui-ci aurait pu -dû- lui apporter beaucoup. Aujourd'hui, tous ses plans avaient été bouleversés. Il ne lui restait plus que sa beauté et ses charmes pour survivre. Elle leur adressa un dernier sourire avant de rejoindre les hommes qui discutaient au coin du feu de la stratégie à mettre en place pour le lendemain à Lucentia.

Agron se pencha vers lui pour lui murmurer « viens, trouvons-nous un lien moins fréquenté » à l'oreille. Nasir sourit faiblement en voyant les gladiateurs les regarder en hochant la tête d'un air railleur. Le Thrace avait le visage illuminé par le feu et l'animation. Crixus lui répondait, les yeux enflammés par la rage et l'espoir. Nasir se sentit une nouvelle fois coupable d'avoir menti au Gaulois. Avoir avoué sa faute n'avait pas apaisé son malaise. Il se sentait partagé entre l'éclosion de ses sentiments et l'injustice qu'il ressentait envers Crixus. Il ralentit le pas en observant les hommes qui discutaient de leur départ. Ils avaient décidé de partir chercher Naevia et élaboraient une stratégie pour entrer dans les mines de Lucentia sans se faire capturer.

Le cœur partagé entre Agron et Spartacus, il prit une résolution. Il voulait se racheter et continuer de mériter leur confiance. Il était lié à cette communauté et désirait prendre part à leurs combats. Agron le regarda, surpris par son retard. Nasir l'apaisa d'un sourire doux et vint le retrouver d'un pas plus joyeux. Il avait trouvé une solution à son dilemme.

La main d'Agron se referma sur la sienne, lui faisant éprouver la force de ses doigts. Le petit homme se colla à lui. Le Germain heureux de sa chance l'attira dans l'ombre, vers un coin intime à l'abri des regards. Il encadra son visage de ses mains, cherchant de ses lèvres les siennes, partageant un souffle troublé, savourant la lente éruption de cette alchimie présente entre eux. Le baiser se fit dangereusement envoûtant, au goût de souffre, le sang brûlant comme la lave battait à leurs tempes. L'air manquant embrasa leurs poitrines et ils rompirent l'échange pour se regarder avec émerveillement.

Leurs cœurs semblaient s'accorder sur le même rythme qui les électrisait. Le Syrien se cambra contre le Germain, lui faisant sentir son envie. Agron grogna de plaisir. La découverte de leur mutuel désir les bouleversait. Nasir haletait sous les caresses de plus en plus précises, de plus en plus réelles. Non, ils n'étaient pas amis, se dit-il avec un plaisir évident.
Un peu malhabile, Agron caressa le dos mince, des omoplates aux lombaires, s'attardant sur les os pointus des hanches et le fessier ferme qu'il saisit. Le jeune homme se souleva et croisa les jambes derrière son dos, offrant sa bouche aux baisers féroces. Agron l'appuya contre le mur, il savait ce qu'il désirait, son envie prenait le contrôle de ses mains, de ses sens. Nasir dénoua son pagne et s'empala de lui même sur son membre sans crier gare. Le Germain bascula dans un plaisir immédiat, mordant une épaule pour ne pas crier. Seul un son étouffé leur échappa lorsque le plaisir les transporta dans un lieu de délice. Des rires lointains les firent revenir à la réalité.
Agron se désengagea rapidement. Nasir gémit de douleur et de plaisir mêlés. Tout avait été si rapide, qu'il ne se souvenait plus comment ils en étaient arrivé dans ce lieu obscur. L'ombre lui cachait le visage, mais Agron, aussi peu expérimenté qu'il fut, comprit qu'il aurait dû le ménager. Il l'aida à se relever et se nettoyer rapidement avec une grimace contrariée. Nasir l'effaça bien vite en l'embrassant amoureusement. Son cœur lui dictait la conduite à tenir face à l'ombrageux germain. Il saisit sa main et l'emmena dans la salle commune où ils s'étendirent pour partager la même couche.

La promiscuité les rendit chastes, mais les caresses et les baisers discrètement échangés les charmèrent. Ils s'endormirent l'un contre l'autre, comme deux amants comblés. Nasir s'éveilla lorsque les hommes accompagnant Crixus et Spartacus le lendemain. Il les entendit ironiser sur leur rapprochement. Le Gaulois s'étonna que le Syrien ait si vite pardonné au Germain. Nasir ouvrit les yeux à cet instant, figé par la peur de ne pas être compris par les autres. Spartacus avisa son réveil et lui sourit. Sans le moindre mot, il comprit que ses sentiments seraient acceptés. Aimer et se battre pour la liberté étaient le plus beau des combats.

Ses années d'esclavage avaient laissé de profondes marques, mais il sentait qu'elles s'effaçaient à mesure qu'il prenait conscience de sa liberté. Il découvrait qu'il avait le droit d'avoir ses propres opinions, d'aimer comme il le désirait. Il enlaça Agron qui reposa sa patte sur son dos pour l'attirer plus près de lui. Nasir se sentait bien dans ses bras. Il savoura ce contact qui bientôt lui manquerait. Il avait pris sa décision, il accompagnerait Spartacus le lendemain pour les mines. Agron ne serait sûrement pas heureux de son choix, mais il devait apprendre à agir comme il le jugeait juste. Il oublierait son esclavage en retrouvant son honneur. Vivre pour une cause supérieure à sa propre existence lui donnait une nouvelle détermination, faire ce qu'il lui semblait juste.

«==========((=0oooO ~~ A ~~ Oooo0=))==========»

A suivre