Amor caecus est
Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, Spartacus est une création Starz! et de Steven S. DeKnight. Je dois avouer que les scénaristes de Spartacus : Vengeance ont su titiller ma curiosité. Pardonnez les boulettes ou les redites...
Beta : Arianrhod (allez faire un tour sur sa magnifique fic : http : / /www .fanfiction .net /s/7125496/1/A_la_croisee_des_chemins en enlevant les espaces. Je vous jure, c'est excellent ! )
NB : Spartacus donc, violence, relations entre hommes, jurons et compagnie... un joli petit couple aussi, Nasir/Agron.
NB²: chapitre résumant encore le 3ème épisode, désolée pour les afficionadas, piqûre de rappel très dosée et Alternance de Pov.
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- Putain de Syrien ! laissa encore échapper le Germain.
Les hommes qui le suivaient sur la route du Vésuve s'écartèrent de lui et de son humeur massacrante. Il ne décolérait pas depuis leur départ de la villa abandonnée. Il n'acceptait toujours pas la manière dont Nasir avait choisi de mettre ses pas dans ceux de Spartacus. Il avait passé la nuit dans ses bras et était parti au petit matin pour retrouver le groupe de gladiateurs promis à une mort certaine. Il l'avait abandonné à son sommeil pour les suivre, pire, les guider ! Ils étaient partis à la recherche de Naevia dans le pire lieu du pays, un endroit hostile où la mort était la seule échappatoire.
Pourquoi être parti avec Crixus ? Pourquoi s'être porté volontaire pour cette marche vers l'autre monde ? Il avait cru que le gamin l'aurait suivi après ce qu'il s'était passé entre eux la nuit dernière. Il avait partagé son corps et sa couche. Pourquoi ne pas être resté à ses côtés ? Sa survie passait par lui ! Comment le protéger là-bas ? Pourquoi était-il parti sans parler de sa décision ? Ils auraient dû en parler. Agron était persuadé avoir pu le ramener à la raison. Au lieu de ça, il l'avait quitté sans un mot d'adieu, seulement un regard qui lui avait saisi l'âme. Son cœur lui sembla brusquement peser plus que pierre. Il ne voulait pas penser à Nasir, il n'était pas encore le moment de pleurer son départ.
Il s'arrêta et contempla la troupe qui l'accompagnait. Toutes ces personnes étaient sous sa responsabilité, et pourtant il cherchait du regard le visage d'un absent. Il cracha encore une fois sa déception, faisant sursauter la matrone du ludus qui traînait en arrière.
- Plus vite, plus vite, jappa-t-il, le Vésuve ne viendra pas jusqu'à vous. Allez ! Plus de nerf, bandes de mollusques.
Donar ricana en passant devant lui sur la piste desséchée où le vent faisait bruisser la poussière sous des rafales. Il s'arrêta à la hauteur de son ami et porta ses yeux dans la même direction. Il voyait la villa, qui marquait la croisée des chemins entre les deux groupes rebelles. Spartacus avait choisi l'Est tandis qu'ils suivaient le sud pour se rapprocher du mont volcanique.
- Regretterais-tu ta décision ? Demanda Donar, narquois.
Le Germain le dévisagea, l'air courroucé. Il ne sembla pas émouvoir l'autre Germain qui le connaissait bien. Il attendit patiemment qu'Agron réponde.
- Non ! Ils ont fait le choix de passer dans l'Autre Monde de leur plein gré.
- On pleurera leur départ lorsqu'il n'y aura plus d'espoir, reprit le blond. Crixus et Spartacus ont de la ressource. Ne parie pas aussi légèrement sur leur mort.
L'espoir, Agron ne voulait pas y penser par crainte d'être blessé. Mais songer à leur mort probable le torturait aussi sûrement. Il aurait dû les accompagner, il aurait dû ne rien cacher à Spartacus. Il avait pris une décision avec laquelle il devait vivre désormais. C'était pour le bien de tous, la survie de cette troupe qui cheminait lentement à travers la plaine ensoleillée.
Une cohorte d'esclaves n'avance pas aussi rapidement que des hommes bien entraînés. Il comprit à l'heure du déjeuner qu'ils n'arriveraient jamais au Vésuve avant la nuit. Au rythme du plus lent des marcheurs, ce serait un miracle qu'ils y arrivent en moins de deux jours. Sa grogne s'accentua en remarquant que le nom de Spartacus était sur toutes les lèvres, les conversations ralentissant encore le rythme. Il n'était pas le seul à se poser des questions. Un sentiment d'impuissance s'empara de lui.
Son regard se perdit sur les bois qui assombrissaient les pentes naissantes du volcan. Une main s'abattit sur son épaule. Donar lui tendit une jarre de vin. Il but à la régalade avant de s'essuyer la bouche de la main.
- Doucement l'assoiffé ! Ça te rappelle des souvenirs ? Fit le blond aux cheveux ras en récupérant la jarre en riant.
Agron ferma les yeux, le nez dans le vent qui ramenait des odeurs de mélèze et de pins.
- Oui, ces bois ressemblent à ceux de nos enfances. Duro aimait tant courir sous les voûtes de la vieille forêt du Nord.
- Et c'est donc uniquement pour respirer l'air pur de la forêt que tu infléchis notre route vers sa lisière, demanda-t-il d'un ton légèrement ironique.
- Nous devons trouver refuge pour la nuit, fit Agron, ignorant la question. Jamais nous n'atteindrons l'ombre du volcan avant deux jours.
- Ils ne marchent pas aussi vite sans Spartacus pour les mener. Ils ont peur et pensent à lui.
Agron le fixa durement, cherchant le reproche, mais l'homme, fidèle compagnon, constatait simplement la situation. Il eut un sourire malin et désigna un point dans le lointain.
- S'ils sortent vivants des mines, ils arriveront par l'Est.
Agron le dévisagea, le visage de marbre, mais ses yeux pétillèrent d'un espoir secret. Le blond lui sourit amicalement. Il semblait comprendre son dilemme, le conflit que menait son cœur contre sa raison. Il luttait contre un sentiment d'urgence qui attirait son cœur vers la forêt. Son ami lisait dans son âme, sans doute partageant son anxiété.
- Conduisons ceux-là en lieu sûr. J'aperçois une bergerie là-bas, dit-il en montrant le nord. Si elle est vide, nous pourrons nous y arrêter.
- Et si elle ne l'est pas ?
- Elle le sera bientôt, fit le Germain en lui offrant un sourire mordant.
oOoOo
La bergerie était vide, l'odeur à peine perceptible des moutons trahissait son abandon. Agron regarda le petit camp s'élever derrière les murs à demi éboulés. S'il ne pleuvait, ce serait suffisant pour la nuit. Les derniers traînards lambinaient sur le chemin, fatigués par la longue route.
- Agron, mes excuses, fit une voix musicale derrière lui. Nasir a laissé ça pour toi.
L'homme se retourna pour regarder qui venait s'adresser à lui. Deux adolescents au visage empreint de crainte respectueuse supportaient le poids d'une large malle. Ils avaient dû la transporter toute la journée. Ils avaient l'air épuisés, mais avaient exécuté cette tâche avec fierté. Ils l'avaient fait de leur plein gré, d'une manière plus efficace que du temps de leur esclavage. Chacun servait sa liberté en fonction de ses capacités. Il leur demanda de le poser et ouvrit le lourd couvercle. Il fouilla du regard le contenu, des vêtements, des lampes, de l'huile, des parchemins et de la nourriture. Nasir avait veillé à son confort, confiant cette tâche aux deux rebelles qui n'avaient osé refuser. Malgré leur désaccord, le Syrien avait pensé à lui.
- Merci, dit-il, ému aux tréfonds de son âme. Attendez reprit-il alors que les adolescents s'éloignaient. Prenez la nourriture, s'il vous plaît.
Ils le regardèrent avec reconnaissance et repartirent auprès d'un feu vite allumé, l'air joyeux de ceux qui allaient bien manger inscrit sur le visage. Ils lui apportèrent une part lorsque le soleil sombra dans une mer de nuages ensanglantés.
L'inquiétude rongeait le cœur d'Agron, un sentiment inexprimable qui avait rempli son âme toute la journée. Il regardait la ligne de frondaison de la forêt avec envie, avec espoir, s'attendant à voir sortir des hommes aussi minuscules que des insectes. Donar vint s'asseoir à ses côtés, échappant pour un temps aux attentions de Chadara. La jeune femme semblait déterminer à remplacer dans sa couche le Gaulois qui lui servait de couverture jusqu'ici. Donar résistait à ses propositions, préférant une autre compagnie. Il semblait avoir perçu le malaise de son ami et interrompit ses pensées en s'en faisant l'écho.
- Un homme bien entraîné pourrait y être en moins de deux heures.
- La nuit tombe, répondit Agron, incapable de cacher son inquiétude et un fol espoir.
- Raison de plus, le danger est partout sauf pour qui connaît les arbres et la forêt.
Les deux hommes échangèrent un large sourire. Ils se comprenaient tout à fait. Amis depuis l'enfance, enchaînés ensemble dans les cales d'un bateau et compagnons d'infortune au Ludus de Batiatus, les liens de leur amitié s'étaient renforcés sous le souffle de la liberté. Un mauvais pressentiment leur ordonnait de bouger, d'agir comme leurs cœurs le désiraient.
- Prépare tes armes, Donar. Nous allons à leur rencontre !
Son ami sourit en lui montrant ses haches de guerre dans un éclat blanc à travers le crépuscule qui noyait de ses ombres la campagne.
- Elles n'attendent que ça !
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A suivre
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