Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, Spartacus est une création Starz! et de Steven S. DeKnight. Je dois avouer que les scénaristes de Spartacus : Vengeance ont su titiller ma curiosité. Pardonnez les boulettes ou les redites...

Beta : Arianrhod

NB : Spartacus donc, violence, relations entre hommes, jurons et compagnie... un joli petit couple aussi, Nasir/Agron.

NB²: Ok, ligue des champions, un peu de temps pour mes fics, désolé pour le manque d'update de toute sorte, ch'suis débordée. Mais comme je l'avais promis, le voici (avec tous ses défauts)

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Chapitre 9.

Mêlée à l'allégresse d'avoir porté un coup meurtrier à la République, la joie de revoir Nasir allégeait les pieds du Germain. Il marchait d'un pas sûr et guilleret aux côtés de Spartacus, flanqué de son inséparable compagne Mira. La jeune femme avait démontré tout son courage et toute la force de son âme durant cette journée où ils avaient fait trembler Capoue et mit à terre son arène. Les regards qu'ils échangeaient, les chansons de victoire qu'ils entonnaient gonflèrent le cœur d'Agron de fierté et de gloire. Son manque de foi oubliée, il avançait parmi les hommes de Spartacus.

Porté par deux hommes, Oenomaus était couvé du regard par une légende parmi les légendes, Gannicus lui-même, le champion de Capoue. Le seul libéré par les Romains pour avoir survécu aux sables de l'arène. Celui-ci avait choisi de les accompagner, pour parler une dernière fois au blessé. Mais l'ancien Doctore du ludus des Batiatus refusait de quitter les limbes qui le protégeaient des questions qui attendaient de lui être posées. L'heure n'était pas aux réponses, mais à la joie pure, féroce qui grondait dans leurs ventres. L'impatience gagna les jambes du Germain. S'il l'avait osé, il aurait couru jusqu'au temple abandonné qu'il voyait se dévoiler derrière la colline brulée par les vents de l'été.

Leur retour était attendu avec impatience. Des garçons braillèrent l'heureuse nouvelle et ils furent accueillis par des cris de joie, en héros revenus des enfers. Ils avaient mis à terre l'arène de Capoue et Rome saignait. Ils lui avaient porté un coup féroce au nom de tous. Ils le clamèrent aux anciens esclaves, hurlant de joie.

- Tu ne souffres d'aucune blessure, l'accueillit Nasir d'une voix mâle et espiègle, souligné d'un sourire malicieux.

- Les Dieux m'aiment, petit homme ! répondit Agron, le cœur battant de la joie de le revoir.

- Appelle-moi encore une fois, petit homme et ils se détourneront de toi !

Le Syrien était là, debout à l'attendre ! Le sourire d'Agron s'agrandit en dévorant du regard le visage ouvert et visiblement heureux de Nasir. Dans un geste identique, ils se capturèrent les lèvres, mêlant leurs respirations d'un même souffle. Il se sentit enfin en paix avec lui-même en le serrant contre lui. Il enfouit ses doigts dans l'épaisse chevelure avant de sentir le Syrien se tendre et reculer légèrement

- Ta blessure ?

- Horrible, dit Nasir en nichant plus confortablement contre lui, mais je vivrais. Je ne peux même pas tenir une épée. Je ne peux plus m'entraîner.

- Laisse-lui le temps de guérir, tu auras bien le temps de t'inquiéter de ton entrainement.

- Que va-t-il se passer maintenant ? demanda Nasir toujours au creux de son bras.

- Nous avons abattu l'arène de Capoue, Rome laissera jamais cela impuni. Il nous faut d'autres hommes, suffisamment pour lui tenir tête et emporter le plus de Romain possible dans l'autre monde.

- Nous pourrions partir du monde Romain, dit Nasir en le regardant dans les yeux, le soleil se lève aussi sur d'autres Terres que la République.

- Retourner chez nous ? demanda Agron avec une pointe d'espoir.

- Pourquoi pas ? Serait-ce possible ? s'interrogea pensivement le Syrien, je n'ai jamais connu d'autres pays que celui-ci.

- Rome ne pourra nous oublier aussi vite, ce que nous lui avons infligé brûlera longtemps dans sa mémoire. Elle craint le nom de Spartacus désormais. Elle cherchera à se venger mais nous serons là.

- tu ne crains pas que d'autres hommes ne viennent et détruisent tout ce que pour quoi nous nous battons ?

- Ne crains rien, petit homme, je serais là, Ouch ! s'écria-t-il.

- Je t'ai dit que les Dieux se détourneront de toi si tu m'appelais comme ça encore une fois.

- Mais tu es petit, riposta Agron en riant, minuscule même, aussi petit qu'une femme.

- Je ne suis pas une femme, s'offusqua Nasir, un sourire ourlant néanmoins ses lèvres0.

- Crois-moi, je le sais, dit le Germain, caressant de ses lèvres sa joue râpeuse. Va te reposer, je dois parler à Spartacus un moment.

Nasir acquiesça, des flammes dans les yeux semblables à celles qui embrasaient son cœur. Agron le regarda s'approcher de Mira avec un autre sourire, la serrant dans ses bras avec douceur. Ce gamin était d'un naturel réellement enthousiaste, s'intégrant maintenant à ce groupe de rebelles comme s'il en avait toujours fait partie. La liberté lui seyait comme à tous.

Les jours passèrent alors que le sort d' Oenomaus reposait toujours entre les mains du Dieu Mars, continuellement veillé par Gannicus. Celui-ci ne se liaitguère avec les membres du campement, repoussant les bavards d'un regard si tranchant qu'ils fuyaient en tremblant. Spartacus tenta de se faire écouter, avant de comprendre que celui-ci n'attendait que le réveil d'Oenomaus. Le mot se répandit rapidement que le Vainqueur de Capoue ne souhaitait parler qu'au maitre d'Arme, Doctore. Ce dont ils devaient discuter noyait les prunelles de Gannicus d'une ombre amère que même Agron avait remarqué, malgré ses tâches de second auprès de Spartacus. Celui-ci lui accordait à nouveau sa confiance et Agron insistait pour discuter de plans d'attaques. Il poussait désormais ses idées en faveur d'une attaque à Neapolis.

Plus d'hommes, plus d'armes, plus de chances de résister à la puissance romaine outragée. La louve avait été blessée mais la bête n'était pas morte. Plus d'homme ne serait pas un luxe. Ses propos trouvaient l'oreille thrace attentive mais l'oeil gaulois restait méfiant.

Depuis leur retour tonitruant au temple, l'animosité entre les deux hommes demeurait assoupie. Pour avoir aidé à l'arracher aux sables de l'arène, Crixus semblait lui avoir pardonné son silence. Pour avoir pris les armes et l'avoir défendu, il accepta de faire taire les Gaulois querelleurs et de respecter les liens de leur fraternité. Spartacus parvint à tirer la même promesse aux Germains batailleurs. Or sous le terreau de la liberté, remuaient les vers des querelles intestines.

Les journées d'été s'allongèrent à mesure que les orages les survolaient sans jamais laisser éclater leur colère. Les esprits s'assombrissaient autant que les cieux tandis qu'ils discutaient sans fin du plan à suivre. Agron réussit si bien à exposer l'idée de se rendre à Néapolis pour y délivrer d'autres esclaves, que Spartacus se laissa convaincre par son enthousiasme. Quelques hommes seulement seraient nécessaires pour faire le plein de combattants, aigris par leurs si soudaines captivités. Les armées de Rome n'étaient jamais en repos et fournissaient force d'esclaves à l'insatiable cité et ses villes thuriféraires. Le projet de lui ravir ses proies faisait étinceler les yeux du Thrace de joie guerrière.

Le vieil romain déchu qui les avait accompagné jusqu'ici, lui avait rappelé que des épées n'étaient pas les seuls à être nécessaires. Ils devaient tous être prêts pour le pire. Rome ne laisserait pas impunie la chute de l'arène et les futures attaques qu'ils concoctaient. Lucius avait promis d'entrainer à l'arc quiconque le désirerait. Mira s'était empressée d'accepter l'offre du romain déclassé. Il lui semblait se venger ainsi du malheur causé par Sylla. Sa place était auprès de ces esclaves révoltés, où il trouvait plus de vertus réunies qu'à la Curie. Il appréciait Spartacus et la manière dont il parvenait à maîtriser les divers éléments de sa troupe.

Le Germain était heureux, non content d'avoir l'oreille de Spartacus, il avait les lèvres de Nasir qu'il pouvait dévorer à loisir. Assis près de lui, à l'ombre du temple abandonné qu'ils avaient investi, il savourait les moments passés l'un et l'autre. Son cœur se réchauffait grandement lorsqu'il plongeait dans ses yeux si sombres, si délicatement ourlés de cils noirs. Ce gamin ne se doutait même pas du pouvoir qui résidait dans ce regard. Il aimait le regarder, le toucher, frustré pourtant de ne pouvoir le serrer plus fort contre lui. Sa blessure était trop fraîche, trop neuve, trop horrible sur cette peau dorée et charnue. Il était bel homme et le savait. Il n'attirait pas que son seul regard et d'un baiser parfois mordant tentait d'en marquer la propriété.

- Tu es trop gourmand, Gladiateur, lui susurra le Syrien, après une morsure un peu trop vive pour un sourire charmeur de la blonde Chadara.

- Tu es trop admiré pour mon bien, grogna-t-il dans son cou, mordillant le lobe d'une oreille qui s'esquiva vivement.

- Chadara ne pense pas à mal, elle et moi sommes de vieux compagnons. Nous avons partagé souvent la couche de notre maitre, insista-t-il encore, attisant le feu de la jalousie dans le vert de ses prunelles.

- Trop souvent ! Jappa le Germain sèchement, tu n'as plus de maitre désormais ! Seulement moi !

- Est-ce la liberté dans ce cas ? répondit Nasir avec un sourire néanmoins amusé. Aurais-je quitté un maitre pour un autre. Je ne le crois pas.

Agron se perdit dans sa contemplation, réfléchissant sérieusement à ses paroles. Etait-ce cela qu'il lui offrait ? Un autre esclavage sous les liens de la jalousie ? Pourtant, le jeune homme était le maitre de son propre cœur. Peut-on être à la fois maitre et esclave ? Il l'ignorait et préféra finalement laisser Nasir libre de choisir, libre de vivre comme il le désirait.

- Tu as raison, lui dit-il finalement, ponctuant sa réponse d'une caresse tendre. Je ne t'aime pas en esclave. Je préfère l'homme libre tant que tu es heureux.

- Je le suis, dit Nasir en lui serrant la main doucement. Cette chaleur me rend fou et ma plaie ne me laisse aucun répit.

- Laisse-la en paix, elle ne guérira que mieux si tu ne fais aucun effort. Quelqu'en soit le prix...

Il se délecta d'un baiser langoureux, sentant frémir le jeune homme sous ses caresses. Il s'écarta néanmoins avant de reprendre d'un ton goguenard.

- Donc Chadara et toi avaient emmêlé vos corps ? Elle est plutôt gironde et seule depuis la mort de ce Raskos qui lui remplissait le con. Aurait-elle envie de gouter du Germain ?

- Ne t'avise pas de t'approcher d'elle ! Pas sans moi, reprit-il avec un sourire moqueur en découvrant le visage sidéré du Germain, surpris par sa réplique.

Il éclata de rire et ce son résonna aux oreilles du Germain comme la plus douce des mélodies. Il remercia les dieux de la forêt de lui avoir envoyé un tel compagnon, capable de rire aussi facilement. Il happa ses lèvres en un baiser fugace, heureux simplement de le sentir près de lui. A cette sensation, il comprit dans une épiphanie la raison pour laquelle Crixus avait cherché son amante jusqu'aux mines de Lucentia. Ses sentiments. Naevia possédait son cœur et il avait fait tout ce chemin pour la récupérer.

Il découvrit qu'il serait lui aussi capable de se jeter sur la piste du Syrien s'il lui était enlevé. Cette découverte le laissa sans voix, le cœur battant une chamade inconnue. Il ne sortit de cet état de stupeur qu'en s'avisant que le jeune homme s'était levé. Spartacus leur demandait de se rassembler afin de les informer de sa décision. Il s'approcha afin d'écouter ses paroles, non loin de Naevia et de son ombrageux compagnon.

Sombre et tourmenté, l'ancien gladiateur demeurait silencieux. Agron, comme tout le camp, savait qu'il ne pouvait qu'à peine serrer la jeune femme dans ses bras. Ses larmes coulaient dès qu'il la touchait, la replongeant dans le cauchemar éveillé qui avait rempli ses jours loin de lui. Brisée, elle le repoussait constamment. Et la peine de Crixus touchait même le cœur le plus endurci. Agron, encore illuminé par sa découverte, se résolut à lui parler pour alléger son chagrin. Il comprenait désormais comme une évidence la force de son amour pour Naevia. Comme pourrait-on abandonner ? Il regarda Naevia, Nasir et prit son courage à deux mains pour parler au farouche Gaulois.

- Pour avoir vu tes yeux se fixer à nouveau sur ton coeur, glissa-t-il à son oreille, je comprends maintenant pourquoi un homme risquerait tout pour une chose pareille.

Surpris par cette phrase, Crixus fronça des sourcils avant de répondre d'une voix contenue.

-Sans toi et les autres, je serais tombé dans l'arène, sans jamsi contempler son visage dans cette vie, c'est une chose que je n'oublierai pas, Ni le mensonge qui l'aurait maintenue dans ce lieu une autre putain de journée…

- Elle est en sécurité maintenant. Tout le reste m'est égal.

- penses-tu que quelques mots peuvent changer tout ce qui s'est passé ? Tu es plus con que je ne le pensais !

Spartacus continuait de parler à la foule à galvaniser la foule amassée sous le soleil, ignorant la querelle qui menaçait derrière les rangs. Il s'enflammait pour son propos, les conjurant à se battre et se préparer à la guerre.

- Mes excuses ! grimaça Crixus, en évitant son regard, une attitude méprisante qui ralluma la

flamme de la fureur dans le cœur du Gladiateur dont la langue se fit venimeuse.

- l'erreur était la mienne, articula-t-il, se contrôlant avec peine avant de cracher subitement reste de sa phrase, la colère l'enflammant brusquement, de soutenir à un putain de Gaulois.

- Tu ne sers à rien ! dit Crixus qui n'avait attendu qu'une infime provocation pour se ruer sur lui. Agron l'enlaça et le fit chuter. Ils roulèrent tous deux tels des garnements dont les poings étaient de fer. Le bruit de la bataille interrompit Spartacus qui vint lui-même les séparer

- Ke pensais qu'on avait dépassé ceci.

- Ces plaies continuent de tirailler, expliqua rageur Crixus en se relevant. Agron le

mépris à la bouche, cracha le sang qui maculait ses gencives et quelques mots.

« Je pars pour Néapolis et remplirait les rangs avec de meilleurs hommes. »(merci Addic7ed)

Enragé, il quitta la place publique. Les regards lui glaçaient la peau pourtant brulante.

Un bruit de pas le fit se retourner les poings serrés, la rage au cœur. Qu'ils viennent encore le retenir de partir et il se battrait pour le faire, même contre Spartacus. C'était le dernier souffle sur un incendie de colère haineuse. Il haïssait les Gaulois, leurs manières, leurs dieux et leurs coutumes. Il se retourna et vit le visage étrangement lisse et sans émotion de Nasir. Il semblait ne pas vouloir se rapprocher plus de lui.

Agron renifla, sans lever les yeux sur le petit homme, les dents serrées, le visage assombri par la colère. Nasir s'accroupit en grognant sourdement auprès de lui, et passa un linge humide le long de sa mâchoire.

-Le cuir des gladiateurs est vraiment très dur, tu n'as même pas une marque. Mon visage serait terrible si j'avais reçu les mêmes coups. Pourquoi l'avoir provoqué ?

- Ke ne l'ai pas provoqué, cracha Agron, les mâchoires serrées, et lui saisissant les poignets. Nous avons eu un désaccord.

- Qui s'enracine dans le mensonge dont nous l'avons nourri, fit Nasir en tombant à genoux dans la poussière, subjugué par la force de son regard.

L'incompréhension et la colère y faisait rage, alimenté par la rancœur. Le colosse Germain mangeait du regard le visage fin du Syrien, les dents blanches et larges qui mordaient ses lèvres. Il le sentait frémir sous ses doigts, une tension qui ressemblait trop à la peur. Son attitude l'attendrit et il s'adoucit soudain. Un sourire s'étira, éclairant son visage. Son emprise se fit plus douce, presque caressante. Il l'aida à s'assoir près de lui, dos contre torse, partageant la même chaleur. La colère s'évanouit au contact soyeux de la peau de cet homme tendre.

Les murmures du campement les bercèrent dans une paix retrouvée. Nasir niché contre lui, Agron recouvra son calme. Il reprit la parole d'une voix mélancolique.

- Je voulais seulement m'excuser et lui expliquer que je comprenais. Le mépris avec lequel il m'a repoussé ... j'ai laissé ma colère parler. Ils me prennent tous pour un gosse !

- Deux hommes qui se roulent dans la poussière... effectivement, très adultes en effet, se moqua Nasir, caressant son bras dur enroulé autour de ses épaules.

- Je pars pour Neapolis, ce soir. Nous avons besoin d'hommes frais, des hommes aguerris, là-bas nous trouverons ce dont nous avons besoin. Crixus me traite comme un enfant. Mais je sais que j'ai raison. D'autres viendront suivre Spartacus. Petit homme, tu n'arriveras pas à me faire changer d'avis. Je suis décidé !

- Je le sais, dit-il en bondissant sur ses pieds, tu n'iras pas seul cependant. Je me joins à toi. Nous serons plus forts à deux.

Le Germain s'attendrit en le voyant aussi décidé que lui à se mettre en route. Il cachait mal, cependant, la douleur qui devait lui labourer les flancs.

- Combien de fois devrais-je te dire que ta blessure demande du temps pour cicatriser ? Tu ne viendras pas. Mais je ne pars pas seul, Donar m'escortera sûrement.

- Le Romain peut aussi t'aider. Il dit qu'il connait mieux que quiconque le port de la cité et les habitudes des quais.

- Soit ! Je n'aime pas les Romains, mais lui, il a quelque chose dans le regard qui me plait.

- La haine que nous partageons, sans doute, prends le avec toi, il te sera utile. Il vous fera entrer sans peine.

- Tu t'inquiètes, petit homme ? dit-il avec un grand sourire.

Un air malicieux illuminait son visage et Nasir ne retint pas l'élan de son cœur. Il se jeta sur lui et écrasa sa bouche contre la sienne. Elle avait gout de sang et de vin. Agron ne résista aucunement en lui ouvrant les bras. L'urgence et le désir leur dévoraient le corps de ses flammes infernales. Leurs gestes saccadés leur arrachèrent des gémissements. Nasir enfouit son visage dans son cou et le Germain grogna en sentant ses dents mordiller sa peau tendre.

L'odeur âcre de la laine brute de son vêtement, mêlée à celle de la sueur de ses cheveux lui emplit le nez.

Agron caressait le dos du Syrien, puis remonta les mains jusqu'aux cheveux qu'il agrippa pour calmer son ardeur dévorante.

- Ta blessure ne te fait pas souffrir ?

- Parfois, pas en ce moment, rétorqua le jeune homme farouchement avant de siffler bruyamment quand le germain appuya ses doigts délicatement sur ses bandages.

- Petit homme, tu dois laisser le temps à tes blessures de guérir.

Agron posa son front contre celui du Syrien, leurs souffles se mêlaient, l'enivraient. Il se languissait de pouvoir le toucher.

- Les excuses, je pensais que c'était ce que tu désirais, fit Nasir d'un ton doux.

- Non.

Nasir sauta sur ses pieds, le rouge aux joues, l'air honteux. Il ne put s'éloigner bien loin, Agron l'avait déjà rattrapé. Il le plaqua contre le mur sans douceur.

- Nnon, ce n'est pas ce que je veux. Je ne te veux pas comme un esclave bon à assouvir mes besoins. Je ne veux pas être le seul à jouir de ce moment.

- Mais ce n'est pas grave.

- Peut-être, mais je ne suis pas un Romain qui prend uniquement ce qu'il désire. Je peux attendre. Je ne veux pas te faire souffrir.

Nasir le regardait comme ébloui, il ne s'attendait visiblement pas à une telle retenue. Ses mains se desserrèrent leur prise, prenant conscience qu'il le maintenait trop fort. Leurs cœurs s'interpellaient au travers de leurs cages d'os. Leurs lèvres se soudèrent une nouvelle fois avec plus de douceur que d'ardeur.

- Reste près de moi cette nuit, lui ordonna tendrement Agron.

Nasir succomba à sa demande. Il ne pouvait rien lui refuser. Le matin les trouva tous les deux enlacé l'un à l'autre sur les paillasses du temple, enlacé l'un contre l'autre confirmant les soupçons des moins observateurs. Que ce soient deux hommes qui s'accordent un mutuel réconfort ne choqua personne. Spartacus les avait tous libéré et rendus libre d'aimer comme ils le souhaitaient.

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A suivre (je vise Noël...si possible)