Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, Spartacus est une création Starz! et de Steven S. DeKnight. Je dois avouer que les scénaristes de Spartacus : Vengeance ont su titiller ma curiosité. Pardonnez les boulettes ou les redites, les fautes ou tournures de phrases...
Beta : Arianrhod
NB : Spartacus donc, violence, relations entre hommes, jurons et compagnie... un joli petit couple aussi, Nasir/Agron.
NB²: Cette histoire est actuellement l'une des plus lues de mon compte, merci de la suivre. P'tite note aux reviewers, c'est grâce à vous si elle l'est autant et grâce à vous si je me remets à l'écriture de cette fic finie depuis presque un an.
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Chapitre 11
Une attente impossible à supporter étreignait le jeune homme toute la journée. Chadara et Naevia tentèrent chacune de lui alléger l'esprit. Mais l'échec avait été des deux partie. Il ne parvenait qu'à grand-peine à conserver son calme, s'inquiétant sans cesse du retour d'Agron. Il arpenta la cour du temple transformée en terrain d'entraînement, jalousant les hommes qui s'y exerçaient. Il ne tenait pas en place, cherchant une tâche pour s'occuper. Son esprit ne cessait d'imaginer ce qui pouvait bien les retarder, une rencontre avec les Romains, une blessure. Il allait jusqu'à maudire l'âge de Lucius, rendant ses jambes responsable de leur retard.
- Patience, l'exhorta Mira après l'avoir vu plisser les yeux en direction de l'Est pour la dixième fois de la journée. Ils vont bientôt arriver.
- Ne devraient-ils pas être déjà ici ? maugréa-t-il, il n'y a qu'une demi-journée de marche pour se rendre à Neapolis. Le soleil est déjà haut dans le ciel.
- Ils prennent plus de précaution pour rentrer qu'un Romain seul. Leur délai protège notre sécurité, lui apprit Spartacus, couvert de la sueur de l'entraînement. Comment va ta blessure, Nasir ?
- Mieux, lui répondit-il, en bombant le torse, j'aurais pu les accompagner. Je connais bien la ville.
- Certainement, mais tu les aurais plus sûrement retardé, dit le Thrace en riant, et je ne les verrai pas déjà arriver. Sains et saufs.
- Ils sont enfin là ? s'épanouit le Syrien en s'élançant vers le chemin.
Il ralentit tout de suite son pas en sentant sa plaie le tirailler sous les rires du couple enlacé. Il se fichait des regards amusés qui se portaient sur lui, Agron était de retour !
Le trio revenu de Néapolis poussa les portes du temple, fiers comme des empereurs. La lumière du soleil étirait déjà leur ombre guerrière et faisait briller les yeux du germain d'une lueur joyeuse. Le coeur de Nasir s'emballa lorsqu'un sourire s'accrocha à la barbe du Germain qui s'avançait vers lui.
Agron enlaça le Syrien d'un bras dur, apposant sur ses lèvres comme une marque de possession. Son cœur chavira alors qu'il serrait dans son poing le tissu qui lui couvrait les épaules. Son odeur l'envahit et il s'abandonna à l'étreinte d'ours. Daron émit un petit rire en allant se rafraîchir la tête dans un tonneau d'eau.
- Je savais bien que tu étais attendu.
- Tu le serais aussi si tu la voulais ! dit Agron en relâchant le jeune homme.
Il montra du coin de l'oeil la blonde Chadara qui les rejoignait tout sourire. L'autre Germain grimaça et lui tourna le dos. Refroidie par l'accueil, elle se troubla avant d'annoncer à Agron que Spartacus l'attendait. Elle disparut, tête basse cachant sa déconvenue. Nasir savait que la solitude lui pesait. Elle avait été habituée à être choyée, désirée pour sa beauté et ses talents et n'aimait guère se voir repoussée. Il retrouva le sourire lorsqu'Agron posa la main sur son épaule.
- Nasir, je te retrouve tout à l'heure pour briser le pain.
L'homme rejoignit Spartacus qui lui serra le bras en signe de bienvenue. Nasir les contempla souriant, appréciant leur entente. Avec de tels chefs, leur liberté lui semblait plus réelle que jamais. Il était impatient qu'Agron en ait fini avec le Thrace, il ne désirait que se retrouver seul avec le Germain.
Une main se posa sur son épaule. Naevia lui souriait gentiment, un flacon d'onguent entre les doigts. Malgré leur âge proche, elle agissait avec la douceur d'une mère attentionnée.
- Agron a rapporté cela pour toi. Viens que je refasse ton bandage.
Ils s'installèrent sous les chauds rayons de soleil de l'après-midi finissant, non loin des deux hommes. Agron faisait son rapport à son chef de garde, parlant des défenses de la cité, des hommes qui remplissaient les cales des navires et de la possibilité d'augmenter leurs troupes. La lumière rasante soulignait ses traits alors qu'il expliquait ses nouveaux plans. Nasir sentit son cœur se gonfler d'un sentiment encore inconnu. Ce n'était seulement le désir qui le faisait aspirer à sa compagnie. C'était autre chose, chose qu'il n'avait jamais encore expérimenté.
L'odeur de l'onguent lui montait à la tête tandis que Neavia faisait pénétrer la pommade. Son visage se crispa de douleur et il sentit ses yeux se faire capturer par le regard inquiet du Germain. Il reprit contenance, il ne voulait pas lui montrer sa douleur. Il serra les poings et le remercia d'un signe de tête léger. Agron reprit sa conversation avec Spartacus. Leurs mots leur parvenaient qu'à peine, emportés par le vent qui soufflait l'orage depuis le volcan qui les surplombait.
- Le Germain et toi, vous vous entendez bien, dit la douce Naevia d'un ton concerné, mais prends garde. Ne suis pas ce que te dit ton cœur.
- Je l'ai pourtant fait pour toi et pour Crixus et je m'en réjouis chaque jour, malgré ceci, dit-il en grimaçant, alors qu'elle appuyait plus fortement sur la plaie cautérisée.
- Je le sais, dit-elle en se tournant involontairement vers le Gaulois, vous n'auriez jamais dû. Je ne suis plus rien de la femme que j'étais. Tout m'a été arraché, même lui.
- Pourtant tu l'aimes encore.
Le Syrien énonçait simplement la vérité, elle acquiesça les yeux humides de larmes.
- Alors parles-lui, fit-il en lui prenant la main avec douceur. Il acceptera d'écouter. Dis-lui ce que tu ressens, ce que tu désires. Tu es son cœur, bats-toi pour lui et cet amour reviendra à la vie.
- Gratitude, dit-elle en caressant sa joue de ses lèvres avant de se retirer et Nasir demeura seul quelques instants seulement avant qu'Agron ne vienne s'asseoir à ses côtés, une miche de pain frais à la main.
- Prends garde, lui dit-il en montrant le Gaulois qui les regardait l'œil noir. Crixus pourrait être jaloux des attentions que te porte Naevia.
Nasir regarda le Gaulois, qui emboîta le pas de son aimée d'un air tendre. Le jeune homme sourit avant de reporter ses yeux sur le Germain dont les yeux pétillaient de malice.
- Non, ce n'est pas de Crixus dont je devrais prendre garde, mais de l'homme jaloux qui se tient devant moi, le taquina-t-il.
- Je suis d'un naturel jaloux, confirma le Germain en lui offrant un morceau de pain encore chaud. Méfie-toi des Gaulois, Nasir. Les Germains sont des hommes plus dignes de confiance.
Nasir réfléchit quelques instants, les yeux dans le vague avant de répondre.
- Je ne connais pas suffisamment le caractère des Germains. Mais un homme est un homme quel que soit son peuple. Et je sais qu'il y a des hommes bons et des hommes mauvais quel que soit le peuple.
- Tu comprendras mieux les mœurs de mon peuple quand tu le rencontrera. Bientôt, nous serons plus nombreux.
- Oh, ta mission a été couronnée de succès. Raconte-moi...
Agron laissa un rire grimper le long de sa gorge jusqu'à sa bouche que Nasir aurait aimé dévorer. Son cœur battit plus vite tandis que le Germain s'exécutait avec un large sourire, ne lui celant aucun détail. Il partagea ses pensées, son plan, en lui montrant sur la carte les possibles stratégies pour ramener en sécurité les hommes qui auront été libérés.
Nasir l'écoutait totalement concentré. Le jeune homme posait ses mains sur son bras, son épaule, penchait sa tête jusqu'à toucher la sienne. Il le sentait passionné par son propos qu'il ne pouvait s'empêcher de saupoudrer de taquineries.
Le soleil sombra, teintant les lourds nuages de mauve et de rouge alors qu'ils continuaient de deviser sans apercevoir les oreilles curieuses qui apprenaient tant et plus. Rome avait des amis jusqu'ici, sur les pentes du volcan qui les protégeait. Qui avait choisi de trahir la cause de Spartacus et ses compagnons ? Qui avait choisi de voler les secrets des rebelles pour son salut personnel ?
OoOoOoOoO
A suivre...
