Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, Spartacus est une création Starz! et de Steven S. DeKnight. Je dois avouer que les scénaristes de Spartacus : Vengeance ont su titiller ma curiosité. Pardonnez les boulettes ou les redites, les fautes ou tournures de phrases...

Beta : Arianrhod

NB : Spartacus donc, violence, relations entre hommes, jurons et compagnie... un joli petit couple aussi, Nasir/Agron. Ici Chaud time, donc prévention d'usage. Rated M

NB²: Cette histoire est actuellement l'une des plus lues de mon compte, merci de la suivre. P'tite note aux reviewers, c'est grâce à vous si elle l'est autant et grâce à vous si je me remets à l'écriture de cette fic finie depuis presque un an.

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Chapitre 12

La pluie tombait enfin, l'orage avait finalement éclaté. L'air gorgé d'humidité rendait l'atmosphère froide et mélancolique. Agron contemplait le jeune Nasir rendre à la terre la dépouille de Chadara. Cette femme avait trahi la confiance de tous pour une récompense de bois. Alors qu'elle tentait de fuir avec les plans de Spartacus, Mira, aussi dextre et rapide que la Divine Diane l'avait traversé d'une flèche en plein cœur.

Chadara avait oublié les liens qu'ils avaient partagé, et pourtant il rendait un dernier hommage à la dépouille de son amie. Elle aurait sans doute apprécié qu'au moins une personne pleurerait son nom et parlerait aux Dieux pour elle. Agron se détacha de l'ombre où il s'était tenu dissimulé pour s'approcher en silence. Nasir se tourna vers lui, les yeux brillants de larmes. Le désespoir qu'il y lut lui remua les entrailles. Il s'approcha pour s'accroupir près du jeune homme dont les longs cheveux dégouttaient d'eau, se tordant comme des serpents sauvages. Il le trouvait beau, se moquant des remarques des autres. Il le découvrit émouvant. Oui, Spartacus avait raison. L'amour était une raison suffisamment forte pour transformer une bête en humain, un gladiateur en homme. Il comprenait la douleur de la perte, des remords et savait ce qu'il endurait.

Sa jeunesse et son inexpérience lui rappelait douloureusement son propre frère disparu mais les sentiments que ce jeune homme lui inspiraient n'avait rien de fraternel. Il l'aida à se relever. Nasir s'accrocher à lui, ses larmes dissimulées par la pluie qui ruisselait des nuages crevés par l'orage.

- Elle ne vaut pas la peine de verser des larmes.

- Ce n'est pas des larmes, c'est l'eau du ciel, mentit Nasir en essuyant son visage d'un geste rageur.

- L'orage s'éloigne, ironisa Agron, levant les yeux aux ciel.

Nasir renifla et se releva avec lenteur, comme roué de coup. Agron accompagna son mouvement en le soutenant d'une main légère.

Le Germain le prit dans ses bras alors qu'il tremblait de froid et de peine et lui insuffla force et chaleur.

- Je ne comprends pas pourquoi sa mort t'afflige autant ? dit-il en entraînant le jeune homme vers les feux qui brûlaient non loin. Elle aurait provoquer notre perte en nous trahissant.

- Je le sais. Mais elle est ce qui se rapproche le plus d'une sœur. Nous étions les esclaves intimes de Dom... Caius Grassus, se reprit-il en voyant le gladiateur froncer les sourcils, nous l'avons servi ensemble, nous occupions une place convoitée. Son monde s'est écroulé et elle s'est effondré.

- Tu as résisté. Elle aurait dû lutter, saisir elle aussi sa chance, sa liberté.

- Tout ce sur quoi elle s'appuyait s'est effondré. Elle n'a pas accepté d'être libre. Elle était toujours enchaînés par ses propres désirs.

- Et toi ? demanda Agron en le faisant asseoir près du feu. Aurais-tu trahi ainsi ?

- Vos mises à prix ne sont pas assez élevées, répondit le jeune homme pince sans rire.

- Maudit Syrien, gronda Agron sans lire la malice dans ses yeux.

- De tout manière, jamais un traître ou un esclave ne pourrait bénéficier de cette récompense.

- C'est tout ce qui te retient ? demanda froidement le Germain, dont le cœur battait douloureusement.

Il le dominait de sa hauteur,le visage figé sur ses pensées, raidi par une peur inhabituelle. Il ne parvenait pas à imaginer le jeune homme le trahir, l'abandonner, mais cette peur le paralysait tout à coup.

- Non, c'est toi qui me retient. Que ferais-tu sans moi ? Il faut un cerveau derrière ces muscles.

Le syrien prit sa main pour la porter à sa boucher, embrassant doucement les callosités de la peau d'un air rêveur. Agron était fasciné par ses gestes, sa douceur. Il se pencha vers lui, impatient de goûter ses lèvres, mais murmura quelques mots qui firent sourire le Syrien.

- J'ai un cerveau et tu verras que je sais m'en servir.

- Je l'imagine parfaitement.

Leurs lèvres se joignirent enfin. Une vague d'émotion les submergea intensément. Le Germain tira légèrement ses cheveux pour le détacher de lui. Il jeta un coup d'œil à la ronde. La pénombre dissimulait les membres de leur compagnie qui s'endormaient après cet orage qui avait tout balayé. Les deux hommes se sourirent avant de rejoindre la petite pièce consacrée à Agron. Être l'un des lieutenants de Spartacus comportait certains avantages, un endroit pour entreposer leurs affaires, un lit pour se reposer. Ce n'était qu'un coin sombre, séparé de l'extérieur par un morceau de vélum, mais c'était intime et accueillant. Nasir lui tint le rideau pour le faire entrer. Agron voyait le jeune homme frémir d'anticipation. Un coffre, une natte faisait office de matelas et une lampe à huile que Nasir alluma avec un geste mal assuré constituait l'essentiel de leur maigre possession.

- Ta blessure ? demanda le Germain en le voyant s'agiter pour remettre en ordre ce recoin.

- Au diable celle de ma chair, je veux que tu apaises celle de mon cœur.

Il se tenait devant Agron, le visage fier, les yeux remplis de tendresse et une question à laquelle Agron donna réponse en le serrant contre lui. La lumière chiche de la lampe les noyait d'ombres. Leurs gestes étaient lents, ils savouraient la fin d'une longue attente, un moment de paix dans un monde plein de menaces. Ils étreignirent leurs chairs, heureux de ce contact qui bientôt ne leur suffit plus. Leurs bouches se cherchaient, leurs membres se mêlaient alors qu'ils se dépouillaient mutuellement les tissus et cuirs qui entravaient la liberté de leurs mouvements. D'un geste lent, Agron allongea le Syrien, haletant de désir sur leur couche. Il l'embrassa avec ferveur, laissant ses mains découvrir tendrement ce corps frémissant.

Il se sentit brusquement plein de joie et de fougue d'être celui qui le faisait ainsi gémir de bonheur. Ses doigts se perdirent dans l'épaisse chevelure, exhalant un parfum qu'il ne connaissait pas. L'ancien esclave se tordit lorsque ses mains glissèrent sur son corps. Il se redressa pour le toucher à son tour. Son sang se mit à gronder dans ses veines. Ils étaient nus l'un et l'autre et les caresses s'intensifièrent. Les souffles devenus rauques créaient une mélodie antique qui accentuaient le besoin de toucher, posséder, étreindre, ressentir.

Agron se laissait porter par le désir et l'envie de donner du plaisir à Nasir. La confiance qu'il qu'il lisait dans son regard bordés de cils noirs le rendait sûr de ses gestes, sourd à son inexpérience. Il laissait l'inspiration et l'instinct le guider à la découverte de ce corps qui s'offrait sous ses doigts. San langue, sa bouche tracèrent des arabesques sur cette peau douce, mâle, descendant vers un terrain qui n'avait plus rien de neutre.

Nasir étouffa un cri de plaisir en mordant ses doigts lorsque ses lèvres embrassèrent la chair tendue. Agron sourit avant de laisser sa boucher jouer les musiciennes. Il écoutait les gémissements de l'autre homme accompagner le moindre de ses mouvements. Il miaulait de plaisir sous son toucher. Il sentait son corps vibrer, atteignant presque le comble de la félicité et comprit qu'il ne résisterait plus à quelques caresses supplémentaires. Il fut alors surpris de le sentir se débattre et le repousser. Il se redressa le souffle court, le regard éperdu, une main posée sur son torse qui scintillait à la lumière douce.

- Nasir, murmura-t-il, inquiet de lui avoir fait ressentir de la douleur, que ...?

Le jeune homme le fit taire d'un baiser mordant et le poussa en arrière pour lui démontrer sa science en la matière. Le Germain grogna, il brûlait de désir et voulait lui faire connaître la liberté du plaisir.

Agron grogna lorsqu'il plia dos et nuque pour le prendre en bouche à son tour. Le sang chanta à ses oreilles, à peine conscient des mouvements que le jeune homme exerçait sur lui-même. Il le vit approcher la main de la lampe et plonger les doigts dans l'huile, réduisant la flamme qui les léchaient timidement. Le Germain sentit son toucher glissant sur sa virilité. Il frémit d'anticipation lorsque le jeune homme revint l'embrasser. la douceur de leur mouvements empoignait son cœur presque douloureusement. L'instant se gravait dans sa mémoire, comme un cadeau pour les vieux jours.

Il sentait le sourire de Nasir contre sa bouche, ses mains qui le maintenait sûrement contre leur couche, son corps qui se frottait contre le sien, le rendant littéralement fou. Il se sentit happé par une étroitesse brûlante et toucha les étoiles. Il se calma immédiatement en entendant Nasir étouffer un son étranglé entre douleur et plaisir. Il l'entendit souffler lentement et ouvrit les yeux pour le découvrir le chevauchant, sa peau dorée brûlante, le désir encrant ses yeux humides, Agron crut succomber à ce regard qui signifiait tout pour lui. Nasir bougea les hanches et Il s'accrocha à lui tandis que la luxure s'emparait d'eux et leur faisait tout oublier.

Que Rome s'écroule ou les dévore, il ne laisserait personne arracher cet homme de ses bras? Il le protégerait, l'aimerait jusqu'à son dernier souffle, il tuerait pour lui. Son cœur manqua un battement lorsqu'ils succombèrent au brasier de leur sens. Le plaisir reflua lentement les laissant immobiles, vidés, oublieux du monde. Il sentait le souffle de Nasir s'apaiser, ils se dégagèrent, un même sourire flottant sur leurs lèvres, étourdies de baiser. Ils se pelotonnèrent sous la couverture de cuir dont l'odeur les baignaient et plongèrent dans le sommeil, laissant la lampe s'éteindre tout doucement dans l'aube d'un jour nouveau.

OoOoOoOoO

A suivre...