Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, Spartacus est une création Starz! et de Steven S. DeKnight. Je dois avouer que les scénaristes de Spartacus : Vengeance ont su titiller ma curiosité. Pardonnez les boulettes ou les redites, les fautes ou tournures de phrases...
Beta : Arianrhod
NB : Spartacus donc, violence, relations entre hommes, jurons et compagnie... un joli petit couple aussi, Nasir/Agron.
NB²: Cette histoire est actuellement l'une des plus lues de mon compte, merci de la suivre. P'tite note aux reviewers, c'est grâce à vous si elle l'est autant et grâce à vous si je me remets à l'écriture de cette fic finie depuis presque un an. Merci à tous !
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Chapitre 13
Assister à un nouveau départ d'Agron broya le cœur et les entrailles du jeune syrien. Depuis leur réveil, il n'avait pas quitté ses côtés, tous les deux enlacés dans leurs quartiers. Malgré leur discrétion, le camp tout entier apparut être au courant de leur romance. Mira lui avait souri, Naevia s'était mordu les lèvres, les yeux brillants de larmes. Il n'avait pu empêcher ses joues de le brûler en croisant le regard rieur de Spartacus. Agron paraissait plus fier que jamais, paradant avec les autres gladiateurs qui le faisaient vaciller avec des bourrades enthousiastes. Ils paraissaient heureux pour eux. Qu'importe où trouvaient-ils l'amour, tant qu'ils en saisissaient la substantifique moelle. Il lisait dans leurs regards leur tacite approbation. Il semblait apporter à leur compagnon un équilibre certain. Nasir tourna la tête vers le Germain qui se préparait à l'attaque de Néapolis et des galères chargées d'hommes, prêtes à jeter l'ancre. Il resta ébloui par la force et la joie dont celui-ci irradiait. Il ne semblait nullement préoccupé par sa prochaine mission, les détails avaient déjà été discutés et il savait qu'il devait faire. Non, le gladiateur préférait rester à ses côtés, partageant le pain et l'entraînement que le jeune homme avait décidé de reprendre, bien qu'avec modération.
Spartacus avait haussé le sourcil en le découvrant dans la boue. Nasir avait cru qu'il lui refuserait le port de l'épée mais accepta d'un hochement de tête après un moment de réflexion. Il lui fut permis d'échanger quelques passes avec le Germain qui le ménagea tout du long. Il était encore convalescent, après tout. Sa blessure au flanc le tiraillait encore, d'autres parties de son corps également mais croiser le glaive apaisa son esprit. Il mit à profit de chaque instant volé au temps pour être aux côtés d'Agron. Ils passèrent la journée ensemble, riant, plaisantant, échangeant baiser et paroles sans penser au départ imminent. Les adieux brefs et martiaux lui mirent le cœur en charpie. Jusqu'à ce moment, il pensait encore pouvoir les accompagner. Mais selon Agron, le syrien n'était pas encore suffisamment en forme pour cela. Il comprenait qu'il agissait dans son intérêt mais cela ne le réconfortait guère. Il observa leurs silhouettes se perdre dans les ombres de la nuit, son cœur battant la mesure de l'absence.
Il passa la nuit seul, s'inquiétant pour son Germain tandis qu'une des premières tempêtes de l'automne se déchaînait bruyamment au-dessus de lui. Il s'étonnait encore de la manière dont il s'était attaché à ce étranger. Perdre ses chaînes avait également libéré son cœur où s'épanouissaient peu à peu des sentiments inédits. Il se remémora les yeux émeraudes dont le suivaient constamment le Germain et sombra dans un sommeil peuplé de rêves luxurieux.
Au matin, il se sentit plein de vigueur et d'espoir. La nuit pluvieuse avait fait place à une belle journée, pleine de promesses. Nasir se sentait joyeux. Agron ne leur ferait pas défaut. Il savait qu'il reviendrait et qu'ils fêteraient son retour tous les deux. Il salua Mira et ses compagnes qui lui sourirent en signe de bienvenue. Le jeune homme avait charmé les femmes du camp et était estimé parmi les anciens esclaves. Sa bonne humeur et sa loyauté en faisait un homme très apprécié, même parmi les gladiateurs qui entouraient Spartacus. Ceux-ci lui avaient accordé leur confiance au même titre que leur chef de guerre et le saluait avec chaleur alors qu'il déambulait parmi eux.
Une conversation entre deux combattants lui apprit qu' Oenomaüs était sorti des enfers. Pourtant les deux hommes s'inquiétaient pour leur Doctore dont les blessures s'étaient infectées. Ils craignaient qu'il disparaisse et avec lui toutes chances d'entraîner les esclaves joints à eux. Ils devaient apprendre à se défendre et qui mieux que Doctore était capable de débourrer ces anciens esclaves qui,bien souvent, n'avait connu que les travaux des champs ? Spartacus avait besoin de soldats, pas de paysans, disaient-ils, en regardant avec un peu de mépris les travailleurs qui déblayaient les gravats du tunnel de secours ordonné par Spartacus.
Nasir se détourna d'eux, songeur, jouant avec le flacon d'onguent offert par Agron. Il pouvait sans doute aidé le Doctore avec cette substance qui avait fait des merveilles sur sa propre blessure. De la pensée à l'action, il n'y eut qu'un instant, Nasir entra dans la pièce où reposait Oenomaüs. Son grand corps à la peau noire, luisante de sueur reposait sur une couche désordonnée. Son œil valide brillait d'un éclat enfiévré. Il releva la tête avec lenteur, fatigué par ce seul mouvement. L'homme faisait peine à voir. Nasir lui apporta de l'eau, initiative que le plus âgé remercia d'un battement de cil. Rhéa Gnaea, la matrone du Ludus des Batiatus, glissa la tête dans la pièce pour surveiller leur mouvement. Nasir lui montra le flacon qu'il tenait à la main. Elle sourit, elle savait quel effet cela avait eu sur son jeune patient. Elle le laissa soigner à présent le Numide avec des gestes doux. Les soins et l'attention semblèrent réveiller l'homme qui finit par ouvrir la bouche.
- Je sais qui tu es, dit le blessé d'un murmure, tu es le compagnon d'Agron.
Surpris, Nasir interrompit ses gestes avant de répondre en souriant gracieusement.
- Ne croyez pas toutes choses racontées sur ma personne.
- Pourtant, elles sont honorables, fit l'homme en se redressant. A ta place, je serais fier de mes actions. Crixus et Spartacus t'apprécient pour ce que tu as fait à Lucentia.
-Toutes ne furent pas aussi nobles, dit-il en repensant à l'attaque avortée contre Spartacus ou le malheur de Crixus face à son mensonge. Mais j'aspire à être meilleur.
Oenomaüs comprit son embarras et changea de sujet.
- On m'a dit que tu apprenais à te battre, dit-il, tu n'as sans doute jamais touché un poignard avant de devenir libre et tu es léger par rapport aux autres. Qui t'enseigne les armes ?
- Agron, dit simplement Nasir, étonné de l'analyse du combattant.
- C'est un Germain, autant dire que son style ne te conviendra pas. Trop lourd, trop massif. Il aurait fait un bon Secutor alors que toi, tu manierais mieux les armes légères, comme un rétiaire. Tu manques d'allonge mais tu peux compenser avec la rapidité.
- Je ne sais pas, Doctore, fit humblement Nasir.
- Il n'y a pas de Doctore ici.
- Vous pourriez l'être pour nous, certains ont besoins de vos connaissances, tous ne sont pas des guerriers, mais ils veulent se battre pour leur liberté ou leur honneur.
- Ou bien mourir plus vite, fit l'homme en se rallongeant, pensif.
- Jeunes ou vieux entraîné par vous, ils auraient au moins une chance de se défendre, répondit vivement le jeune homme.
Oenomaüs darda un œil noir vers le jeune homme et celui-ci se tut brusquement, étouffant le feu de son enthousiasme. Il s'était laissé aller à parler franchement et craignit qu'il ne s'en offusque. Il garda la tête baissé sur ses mains, couvertes de pommade odorante, jusqu'à ce que l'homme ouvre la bouche à nouveau.
- Je vois ce qu'ils voient en toi. Tu es un homme d'honneur, Nasir, à parler pour le bien des autres. Je réfléchirais à cette idée. Merci pour la conversation et l'onguent.
Nasir le salua. L'homme, même blessé, restait aussi impressionnant qu'une muraille, à peine ébranlée par les assauts du destin. Il comprenait mieux la raison pour laquelle Spartacus lui faisait confiance. Il dégageait une force indéniable, un roc dans la rivière de l'adversité. Nasir ressortit sous le soleil qui montait à travers les nuées du ciel, étudiant le vol des oiseaux comme le lui avait appris son précédent maître pour lire les augures du jour. Il ne vit qu'un vol d'oies en direction du sud, en prévision de l'hiver. Cela lui rappela que la saison froide serait bientôt sur eux. Il se demanda s'il devait en parler avec Mira. Peut-être serait-il prudent d'emmagasiner des réserves ?
Avec les guerriers qu'Agron se promettait de ramener, ils allaient devoir s'activer pour ne pas souffrir de la faim durant l'hiver. Penser à cela était naturel pour lui, il avait été éduqué de manière à servir son maître au mieux. La lecture, l'écriture et le calcul n'avait aucun secret pour lui. Il avait caressé l'espoir de devenir intendant dans ses vieux jours, mourir au service d'un maître, le ventre plein et ses besoins rempli. Il leva la tête vers le soleil de cette fin d'été, se baignant dans sa chaleur et sa lumière, brûlant ces derniers rêves. La vie avait une autre saveur lorsque la liberté l'épiçait. Elle était plus âcre, plus sauvage, plus réelle. Il inspira fortement l'air avant de sourire largement. Il venait d'entendre le cri des guetteurs saluant l'arrivée du groupe de Spartacus, un groupe qu'il attendait depuis déjà trop longtemps.
Nasir se rua vers son Germain dès qu'il le vit sans prendre garde à ceux qui l'entourait, tout à sa joie de le découvrir sauf.
- Tu as fait l'impossible.
- Hey, le héla Agron en se dirigeant vers lui d'un même pas joyeux.
Ses mains entourèrent ses mâchoires afin de l'embrasser sereinement. Il sentit un sourire étirer ses lèvres, écho du sien. Un bras posé fermement sur ses épaules, Agron parla dans sa langue aux guerriers qui le suivait en bandes désordonnées. Ils étaient nombreux, et venaient tous de l'est du Rhin. Par leur parler et leurs manières brusques, il comprit qu'ils étaient tous du même peuple qu'Agron. Il lui sembla qu'il le présentait aux autres, il les accueillit en serrant les mains qui se portaient vers lui, souriant à leur rire et interpellations. Jetant un coup d'œil en arrière, il discerna l'air sombre de Crixus et Spartacus. Il sentit les ennuis arriver mais des mains puissantes le firent décoller du sol et il oublia tout pour se concentrer sur son équilibre précaire. Une bourrade enthousiaste le remit sur ses pieds et il salua une jeune femme blonde à l'air plus sauvage encore que les hommes, une guerrière féroce, lui apprit Agron en riant. Elle lui montra toutes ses dents dans un sourire éblouissant, baragouinant des mots qu'il ne comprenait pas.
Le visage joyeux d'Agron saluant les nouveaux guerriers réjouissait le cœur de Nasir. Le Germain échangeait des rires et des interpellations amusées. Nasir le découvrait d'un autre œil, il paraissait moins sur la défensive au milieu d'hommes de son sang. Il était plus ouvert et ses yeux exprimaient la joie d'être parmi ses frères. Une émotion que Nasir adora immédiatement, se lisait sur son visage, habituellement plus sévère.
Chacun se présentait et son oreille se faisait aux sonorités gutturales des noms qu'il tentait de se remémorer. Son accent fit rugir de rire le dénommé Lugo qui le souleva comme s'il n'était qu'un fétu de paille. Il le reposa à terre l'air tout étourdi. Agron vint le rejoindre, l'air canaille.
- Je suis heureux, je ne pensais pas qu'ils seraient si nombreux sur ce bateau. Une bonne chose pour notre cause.
- Tout le monde ne le voit pas du même œil, lui dit-il en lui désignant Crixus du regard.
L'air sombre du Gaulois augurait les problèmes.
Agron grimaça en foudroyant le Gaulois du regard.
- Il s'y fera. La mission de Spartacus s'est bien déroulée. Nous avons maintenant la force nécessaire pour résister aux légions.
- Nous ne sommes pas assez nombreux, le tempéra Nasir et comment résister ?
- Qu'ils viennent et je te montrerai comment combattent les Germains, lorsqu'ils sont prêts à tout. Mes frères, nous verserons le sang romain jusqu'aux forêts de nos pères.
- Que tes paroles soient louées ! s'écrièrent en Germain, les membre de cette nouvelle armée en entonnant un chant guerrier parlant de vin, de femmes et de combat.
La coda enflamma les esprits de tous, lançant le signal d'un banquet de bienvenue. Malgré leurs maigres réserves et la fatigue des guerriers, les festivités s'étirèrent jusque tard dans la nuit.
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Nasir eut la tête bourdonnante en se réveillant le lendemain matin, accusant la fatigue et les folies de la nuit passée. Il se demanda brièvement quel était le pire entre ses courbatures, liées à un excès de chair et sa langue pâteuse et alourdie, liée à un excès de boisson. La fête avait été mémorable, libation sur libation, alors que les anciens esclaves et les anciens prisonniers se découvraient en partageant le pain et le vin. Mis à part le départ des Gaulois qui n'avait fait qu'hausser les épaules d'Agron, le campement avait accepté l'arrivée de ces nouvelles forces avec plus ou moins de joie.
Il tâtonna la couche et la découvrit vide. Agron s'était donc levé sans un bruit. Ils s'étaient couchés la veille rompus avec tout juste la force de s'enlacer avant de s'endormir.
Il se demanda pourquoi Agron ne l'avait pas réveillé, le cœur inexplicablement serré. Il se leva, les membres lourds. Leur nuit avait été épique et pourtant il sentait un voile ternir leur bonheur. Ce n'était pas la perspective de devoir se battre pour leur liberté. Non, c'était autre chose, comme un nuage de mauvaise humeur de tromperie et de déception qui pesait sur son esprit. Il lui sembla que les vents soufflaient dans tous les sens sans pouvoir trouver une direction. Il s'aperçut rapidement que beaucoup sur le campement partageait son sentiment. Plus nombreux encore furent les détracteurs des nouveaux venus. Les compagnons d'Agron heurtaient leurs sensibilité et leurs habitudes. Ils étaient trop nombreux, trop braillards, trop plein de morgue, de trop tout simplement.
Les petites conversations lui apprirent qu'ils étaient parti chasser tôt ce matin, sans même avertir quiconque de leur départ. Un peu comme s'ils avaient voulu les quitter, à peine le goût de la liberté retrouvé. Un prétexte pour disparaître, selon certains. Nasir écoutait, le cœur meurtri, il n'arrivait pas à croire qu'Agron l'eût abandonné; pas après tout ce qu'ils avaient partagé. A voir l'expression de Crixus et Spartacus, il voyait bien qu'ils doutaient eux aussi du Germain. Il ne pouvait leur en vouloir. Agron avait passé le plus clair de son temps avec eux la veille à palabrer dans une langue intelligible.
Qu'avaient-ils pu se dire, choisir, décider ? Il l'ignorait et cette ignorance le troublait. Connaissait-il si bien Agron ? Que connaissait-il réellement d'Agron ? il doutait soudain de lui et de sa loyauté. Le Gladiateur détestait la compagnie des Gaulois et aurait pu choisir de partir avec son peuple. Nasir eut peur de son choix. Mauvais calcul que de quitter Spartacus; lui qui les avait libéré. Sans lui, il serait encore esclave. Nasir secoua la tête, libérant son esprit de ses pensées parasites. Il ne pouvait pas croire qu'Agron ait trahi sa confiance. Il décida d'occuper sa tête à d'autres tâches que douter continuellement.
Il marchait à pas lent vers le terrain d'entraînement, portant une lourde amphore d'eau lorsqu'il vit Agron et les germains pénétrer le temple. Ce dernier avait les yeux brillants de fureur et la ligne figée de sa mâchoire tendue par la colère n'augurait rien de bon. Pourtant, Nasir se sentit soulagé de le voir. Il ne l'avait pas abandonné, finalement. Les autres le suivaient portant vin et viandes. Agron se porta à sa hauteur et lui prit des mains l'amphore, le récipient qu'il tenait. Nasir remarqua son regard s'adoucir alors qu'il l'enlaçait de l'autre bras.
- La chasse a été bonne. Nos compagnons sont de bons guerriers.
- Tant mieux, nous risquons d'avoir du mal à nourrir tant de monde, lui dit-il avant de baisser la voix pour le prévenir, je crois que Spartacus s'inquiète de leur loyauté.
- Et toi ?questionnes-tu aussi ma loyauté ? demanda -t-il d'un ton dur.
- Je sais que tu es loyal à tes frères, mais tu oublies un peu vite qui sont vraiment tes frère au profit de la nouveauté. Tu ne les connais pas, pas aussi bien que Spartacus, pas comme tu connais Spartacus, Donar ou même Crixus.
Agron le regarda comme s'il l'avait giflé. Il retira sa main lentement du corps mince et se retourna pour estimer du regard la troupe qui s'installait pour festoyer.
- Exprime ta pensée, cracha t-il, cherchant visiblement à conserver son calme. Il empoignait l'amphore à deux mains, comme pour mieux se séparer de lui.
- Ils se comportent comme s'ils étaient les maîtres, ici. Certes, ils sont plus nombreux mais les hommes de Spartacus ont plus d'expérience. Ils ne connaissent rien à Rome et parlent de la brûler ? s'enflamma Nasir, surpris par sa propre véhémence. Nous sommes encore trop faibles, nous serons heureux de pouvoir seulement résister et survivre à l'hiver !
Le courroux emplit les yeux d'Agron qui s'éloigna orageusement, envoyant voler la lourde poterie contre un muret. Nasir la regarda éclater en morceau et l'eau jaillir et se faire absorber par le sol sans un geste.
Il serra les dents pour ne pas céder à la tentation de ne pas lui courir après. Ils n'étaient pas du même avis et il eut peur que cela n'arrache les faibles racines de leur relation naissante. Malheureusement, il savait le Germain obstiné, têtu, parfois à l'outrance. Son regard désolé croisa celui d' Oenomaüs qui avait suivi toute la scène, à demi-dissimulé dans l'ombre fraîche du temple. Il s'approcha du jeune homme et posa une main amicale sur son épaule. Nasir leva les yeux. Malgré leurs conversations amicales, l'homme l'impressionnait toujours autant.
- Il ne comprend pas que ces hommes pourraient bien nous nuire. Il leur accorde confiance sans même les connaître, expliqua-t-il amèrement.
- Agron est heureux d'avoir retrouvé des membres de son peuple qui partagent son sang et ses valeurs. Il ne comprend pas qu'ils puissent être un danger. Ils ne suivent personne d'autres que leur sang. Agron est un bon guerrier qui accord beaucoup d'importance aux liens du sang. Il a besoin de cette fraternité. Duro lui manque terriblement. Avec eux, c'est un peu de lui qu'il retrouve sur terre.
- Ce sont des barbares qui se comportent comme les Romains. Ils pensent blesser Rome alors qu'ils ne la connaissent même pas. Je n'ai pas confiance en eux.
- Tu n'es pas le seul, mais tous ne sont pas ainsi. Ce sont des hommes qui ont soufferts, comme toi, comme nous. Il sont étrangers, leurs manières sont différentes, mais n'oublie pas que nous avons un ennemi commun.
- Je ne l'oublie pas, fit Nasir en hochant la tête. Il se souvenait de ses années d'esclavage.
Son visage, encore si jeune, se troubla en repensant à ce qu'il avait subi. C'était une période encore profondément inscrite en lui. Il perdait peu à peu les habitudes qu'on lui avait inculqué depuis le plus jeune age. Mais jamais il n'oublierais. Ses yeux se reposèrent sur le Germain, qui l'air sombre, se faisait chahuter. Nasir comprenait qu'il avait besoin de eux et de leur amitié pour se sentir complet. Ils croisèrent leurs regards et le regard du Germain s'adoucit tout à coup. Un simple sourire effaça leur animosité et ne passa pas inaperçu du Doctore.
- Vous vous comprenez l'un l'autre. C'est bien. C'est ce qu'il lui faut en vérité. Un compagnon plus sage que lui, qui n'a pas peur de l'affronter et qui protège ses arrières. Que dirais-tu de t'entraîner maintenant ? Je pense que c'est une bonne idée de vous faire travailler comme de vrais guerriers.
Le sourire du jeune homme remonta jusqu'aux oreilles, alors qu'il emboîtait fièrement le pas du maître d'arme. Apprendre à se battre avec le meilleur professeur l'autoriserait à accompagner Agron. Si les Dieux le voulaient, c'était son seul souhait.
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A suivre...
