Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, Spartacus est une création Starz! et de Steven S. DeKnight. Je dois avouer que les scénaristes de Spartacus : Vengeance ont su titiller ma curiosité. Pardonnez les boulettes ou les redites, les fautes ou tournures de phrases...
Beta : Arianrhod
NB : Spartacus donc, violence, relations entre hommes, jurons et compagnie... un joli petit couple aussi, Nasir/Agron.
NB²: Cette histoire est actuellement l'une des plus lues de mon compte, merci de la suivre. P'tite note aux reviewers, c'est grâce à vous si elle l'est autant et grâce à vous si je me remets à l'écriture de cette fic finie depuis presque un an. Merci à tous ! Merci les guest(s) et anonymes et personnes que je n'ai pu remercier comme il se doit... vous êtes des anges !
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Chapitre 14
L'écho de la conversation qui l'avait opposé à Spartacus et Crixus résonnait encore dans l'esprit d'Agron. Les deux hommes lui avaient reproché de s'être entouré seulement de Germains , alors qu'il aurait pu grossir leurs rangs de Damascènes ou de Gaulois. Comme s'il avait pu supporter plus de Gaulois sur le campement ! Ils doutaient encore de lui, de ses motifs et de son cœur, eux avec qui il avait conquis chèrement la liberté. Et cette perte de confiance lui brûlait le cœur comme un poison acide chaque fois que ses yeux se posaient sur le champion de Capoue. Je ne suis pas un chiot, avait-il envie de lui cracher au visage. Je suis un homme qui a fait ses propres choix pour le bien de tous. Mais il doutait que Crixus comprenne sa manière de penser et une discussion maintenant entre eux ne ferait que glisser vers un combat qu'il ne désirait pas. Ce n'était pas le moment de faire éclater au grand jour leurs dissensions. Bien sûr, il sentait qu'ils avaient besoin de définitivement vider leur querelle. Mais comment faire sans aggraver la situation ? Agron se savait parfois trop impulsif mais il savait aussi réfléchir quand il le fallait et remettre à plus tard les choses nécessaires. L'heure était aux festivités, non aux grandes explications, leurs nouveaux compagnons avaient fait rôtir de la viande dont le fumet embaumait l'air et affolait les estomacs. Tout le campement était en fête.
La présence de Nasir adoucit la tension de ses nerfs et le vin qu'il lui servit à nouveau, égaya son visage. Il repoussa ses sombres pensées pour se joindre à l'amusement général. L'énorme Sedullus le provoqua en duel et il accepta d'un rire franc. Le vin coulait à flot tandis qu'il roulait dans la poussière et encaissait les coups du guerrier. Celui-ci ménageait son adversaire et pourtant Agron mordit la poussière en un rien de temps. Les tempes sonnantes, il accepta sa main pour se relever et l'épaule de Nasir pour se soutenir. Une coupe de vin nettoya vite le sang qui maculait ses gencives et lui rendit le sourire. Nasir se moqua de lui, imitant ses grimaces pendant le combat. Tout à la plaisanterie, Agron oublia bientôt les questions de loyauté qui l'assaillaient, heureux d'être en bonne compagnie.
Occupé par les combats et les rires, personne ne prêtait attention à ce qui se passait sous l'atrium du temple, des couples qui se faisaient et se défaisaient, des faveurs échangées, des plaisanteries qui ne portaient pas à conséquence. Pourtant le regard d'Agron fut attiré par un mouvement près de la source, une scène qui lui parut étrange. Sedullus conversait avec Naevia et son attitude menaçante l'inquiéta. Agron sentit que la jeune femme était en danger et avant même de pouvoir réagir, il la vit se défendre. Il grinça des dents et courut vers eux, le cœur saisi par la crainte.
Sedullus frappa Naevia à la volée. Elle plia sous le coup et fut repoussée dans la pénombre, poursuivi par le colosse. Agron, arrivé alors qu'il menaçait de recommencer, tenta de l'arrêter, retournant la fureur du Germain contre lui-même. L'homme était bien plus fort que lui, comme il le lui avait démontré plus tôt. Il sentit sa mâchoire et ses côtes craquer de manière presque audible avant que Crixus n'intervienne à son tour. Il fit basculer le guerrier sous son poids, libérant Agron de l'étreinte d'ours qui menaçait de le briser.
De tous, il avait fallu que ce soit lui ! Il allait entendre les Gaulois en faire des gorges chaudes. La tête lui tournait, le vin revenait dans sa bouche avec un goût aigre. Il tenta de se relever, entendant le choc des corps qui se battaient près de lui. Il devait arrêter ce combat avant que cela ne dégénère plus avant. Il n'en eut malheureusement pas l'occasion.
La confusion régna et en quelques instants seulement, tous se battait, guerriers contre gladiateurs, esclaves contre guerrière, comme répondant à un signal tacite. Agron, sonné, assista à l'arrivée de Spartacus et Oenemaus qui s'empressèrent de mettre bon ordre à cette bataille rangée à grand coup de poing. Sedullus, débarrassé de Crixus, se releva et ramassa une arme au sol. Agron comprenant son dessein, se jeta sur lui pour la lui arracher. Il fut repoussé comme fétu de paille. Sedullus allait l'achever d'un coup d'épée lorsque Spartacus vint le secourir et coupa littéralement court à la querelle. Le visage de Sedullus tomba à terre suivi de sa cervelle et de son corps. L'acte choquant suffit à calmer l'assemblée. Spartacus parla alors et le poids de ses mots furent renforcé par le sang qui abreuvait la poussière. Il énonça des règles, fustigeant les nouveaux comme les anciens.
- ça suffit ! C'est ce que nous sommes ? Des animaux, demandant un massacre ? Nous vous avons offert la liberté. Et vous nous remerciez par le sang et le déshonneur ! Si vous ne pouvez pas vous tenir à nos côtés comme un frère en qui nous croyons, si vous ne pouvez pas suivre les ordres, alors partez maintenant. Ou rejoignez Sedullus dans la mort.
Agron, le cœur battant encore de terreur, comprit que la moitié des mots s'adressait à lui. Il baissa la tête, conscient d'être responsable de cette colère. En libérant des guerriers Germains, il aurait dû s'attendre à un tel désordre et prévoir la réaction de Spartacus. Les hommes de son peuple sont peut-être courageux et forts mais ils manquent totalement de discipline. Les yeux de Nasir le troublait, il y lisait son désarroi et son incompréhension. Celui-ci l'avait prévenu quelques temps auparavant et il avait ignoré son avertissement. Agron comprit qu'il devait parler, annoncer ce qu'il ferait et effacer ainsi le doute vis à vis de sa loyauté.
- Je suivrai Spartacus. Et Celui qui ne prendra pas la même position, je ne l'appellerais plus frère.
Son regard balaya l'assemblée, l'heure était grave, les anciens esclaves et les guerriers sentirent planer en l'air une menace indistincte qui poussa Lugo à ramasser une arme et un bouclier à terre et parler à son tour.
- L'homme qui a tué Sedullus est un grand guerrier. Et Lugo suivra !
Par ses mots, il acheva de lier le destin des guerriers germains à celui des hommes de Spartacus. Ils battirent leurs torses, prêtant allégeance sur le sol ruisselant du sang de Sedullus.
Les yeux de Nasir ne quittaient pas ceux d'Agron qui se sentait plus stupide que la merde d'un Gaulois. Il avait failli briser leur groupe en accordant confiance un peu trop rapidement. Leur désaccord et la perte de sa confiance avait failli le faire vaciller. Le petit homme avait tenté de le prévenir mais il s'était alors trompé sur ses intentions. Il avait cru que le jeune homme se rangeait stupidement à l'avis de Spartacus. Les soupçons de celui-ci, ajouté à la rancœur toujours vivace dans l'esprit de Crixus, l'avait profondément blessé et comme à son habitude, il s'était violemment emporté.
Il se sentait si misérable à présent sous le regard lumineux de son amant. Il y lisait une compréhension et une détermination étonnante. Il détourna le regard honteux de s'être laissé entraîné par ses mauvais instincts. « Je ne mérite pas une telle indulgence, se dit-il, le visage sombre, se baissant pour ramasser une poche de vin. J'ai failli détruire tout ce pourquoi nous avons lutté par orgueil. Plus jamais, je ne contesterai les ordres de Spartacus. »
La main de Spartacus se posa sur son épaule alors que le calme retombait sur le campement enfin unifié.
- Ne te juge pas trop sévèrement, dit son général de guerre en serrant amicalement son bras, seul Sedullus a pâti de son sort.
- Il le méritait, cracha Agron, il n'était qu'un animal. Naevia...
Elle n'a rien, grâce à toi, fit Crixus en tendant son bras pour le saluer à la manière des frères d'armes.
Les deux hommes s'affrontèrent du regard, la défiance entre eux avait laissé des traces profondes. Puis Agron attrapa le bras tendu avec un claquement sec. Nasir sourit bravement en regard son compagnon faire fi de sa haine pour remercier l'autre gladiateur de lui avoir sauvé la vie.
Il faudrait encore sans doute beaucoup de temps pour transformer des mois d'inimitié et de préjugés en une franche amitié. Mais un pont avait été jeté au travers du fossé qui les séparait. Nasir s'approcha d'Agron alors que tous partaient se coucher dans le calme. Le Germain était touché par le geste de Crixus et il tentait de cacher le soulagement d'avoir conservé la confiance de Spartacus. Celle-ci comptait pour lui autant que celle du petit homme qui le regardait d'un air qu'il ne parvenait pas à déchiffrer.
Le Syrien paraissait tendu. Il se plaqua tout à coup contre lui et attira son visage contre le sien et lui ravit la bouche d'un baiser ravageur. Agron, surpris par l'urgence qu'il lisait dans ses gestes, le serra dans ses bras. Il sentait sous sa main son cœur battre sourdement.
- Que t'arrive-t-il ? Lui demanda-t-il tendrement, son souffle soulevant ses boucles de cheveux.
- Spartacus a son armée maintenant, mais...
- Nous aurions pu payer tous le prix de mes actes, l'interrompit le Germain pour exposer ses pensées, cela a presque brisé notre groupe. Spartacus est notre chef, il a prouvé qu'il le méritait. Je resterai à ses côtés !
- Comme je le serai, reprit Nasir, j'ai cru te perdre.
Agron rit tendrement, soulagé sous le baiser qui se fit audacieusement vorace.
- Viens, murmura le Germain en le prenant par la main.
Il l'entraîna jusque dans leurs quartier. Sa loyauté à Spartacus s'était renforcée, comme le besoin qu'il avait du jeune homme. Il avait beau être jeune, il était sage, plus sage que lui. De plus, il faisait preuve d'un extraordinaire talent pour les relations humaines. En quelques semaines seulement, il avait tissé des liens avec beaucoup de gens. Il était proche de Naevia et Mira, tout comme Onnemaeus qu'il voyait tous les jours. Le petit homme avait trouvé sa place dans cette petite communauté comme dans son cœur. Cette pensée frappa son esprit avec la force du tonnerre. Il l'aimait. Pas simplement pour ses caresses et son corps habile, mais aussi pour son esprit et ses qualités. Nasir lui était devenu aussi nécessaire que l'eau pour survivre dans une mine de sel. Il l'étreignit d'une force d'ours. Son cœur battait si fort, comme prêt à rompre la cage d'os qui l'emprisonnait.
Il se jura que jamais, jamais il ne lui serait arraché. Il se jeta sur ses lèvres surprises de tant de férocité. Il se laissa pourtant dévoré, haletant sous des caresses de plus en plus précises, le corps cambré baigné par la lumière chiche des lampes. Agron jubilait de provoquer de tels transports. Ce fut en se libérant à son tour de sa propre jouissance qu'il murmura trois mois qui laissa Nasir les yeux ronds. Sans répondre.
Agron eut la peur de sa vie, bien plus qu'en combattant dans l'arène, bien plus qu'en protégeant Duro, bien plus qu'en devenant esclave. Il se sentait sur le fil du rasoir, suspendu aux lèvres du jeune homme, craignant qu'il ne lui brise le cœur.
« Je t'appartiens. »
oOoOo
A suivre...
(Nan, je plaisante, en revanche, on change de point de vue. Parce que tel est mon bon plaisir, enfin le leur, enfin le votre, enfin bref. Peut être considéré comme très chargé en glucose, Z'êtes prévenu(e)s.)
oOoOo
Nasir plongea ses yeux dans le regard anxieux, rendu plus vert encore par l'anxiété. Il venait de lui offrir définitivement une place, celle de son cœur. Il leva la tête pour capturer ses lèvres qui s'entrouvrait déjà sur un sourire heureux. Il laissa échapper un rire amusé, puis utilisant ses jambes et son bassin déstabilisa le gladiateur qu'il renversa sur leur couche. Il le dominait à présent, assis sur ses hanches. Grisé, il glissa ses mains sur son corps encore humide de sueur. Il frémit en humant leurs odeurs mêlées qui faisait leur ce recoin du temple. Il sourit plein de fierté et lui vola à nouveau un baiser. Agron grogna de soulagement, succombant à la douceur de ses lèvres. Il l'acceptait et cela lui plaisait.
Nasir sentit que le Germain avait rassemblé tout son courage pour lui signifier ses sentiments. Il lui faisait un serment, plus intime que celui prêté à Spartacus. Mais il le devinait de même valeur. Il posa à nouveau une main sur son torse, l'autre sur son propre cœur, conscient des battements identiques qui animaient leur corps. Ils s'aimaient, s'appartenaient au même titre que Crixus aimait Naevia ou Mira Spartacus.
- A toi, pour toi, dit le Syrien en revenant l'embrasser tendrement.
Agron se suréleva pour approfondir le baiser, faisant courir ses mains sur son corps, mordant presque les lèvres de Nasir qui ne demeurait pas en reste. Les caresses plus sulfureuses que jamais attisaient leur désir et le Syrien entendit soudain une demande inattendue, criante d'urgence.
- Enracine-toi en moi, comme tu l'es dans mon cœur, feula le Gladiateur, oubliant qu'il n'avait jamais tenté une telle expérience.
Le cœur de Nasir s'emballa, il choisit d'être alors le plus doux des initiateurs, subjugué par ce corps offert. Les lampes léchaient sa peau claire de flammes envieuses, le nimbant d'une lueur alléchante. Il sentait l'homme, la sueur, le sang et la poussière. Il se releva et les yeux d'Agron scintillèrent dans l'ombre, remplis d'appréhension et d'un désir puissant. Sa bouche s'ouvrit pour protester quand Nasir s'éloigna pour saisir une lampe allumée. Il l'éteignit en pinçant la mèche. L'huile était chaude et parfumée. Il fit glisser ses doigts sur la peau offerte, émouvante. Il effleura les cicatrices profondes qui lui contaient l'histoire pleine de fureur du gladiateur.
Il caressa son ventre, son torse, remontant jusqu'aux épaules dont il massa les tendons jusqu'aux omoplates. Il s'arrêta sur la jugulaire offerte et comprit combien Agron lui faisait confiance. Il sut à ce moment-là que le Germain abandonnait sa vie entre ses mains. Il sentait les battements de cœur se précipiter. Il lui sourit tendrement et lui demanda de se retourner.
Le dos musclé du Germain le subjugua. Il adora le toucher de ses mains, cartographier les muscles douloureux, masser du cou au cul. Ses doigts glissaient comme mus par un désir propre, s'enhardissant peu à peu à s'approprier le Germain qui grondait le visage enfoui dans les couvertures.
Agron se tordit sous le plaisir inédit que lui faisait découvrir le Syrien qui approfondissait graduellement le geste de ses doigts. Ses mouvements indécents firent réagir la chair du jeune homme qui se dominait péniblement, presque douloureusement. Créer cet état d'abandon chez le Germain le soumettait à la torture et bientôt, il devrait assouvir la faim qui lui taraudait les reins. Il positionna le Germain confortablement face à lui. Leurs regard s'accrochèrent et un courant inexplicable passa entre eux. Ils partageaient une intimité totale qui les remplissait de bonheur. Nasir l'investit en douceur, repoussant une inévitable douleur en caressant son membre et mêlant leurs bouches en un baiser dévastateur.
Le visage d'Agron se détendit brusquement, les yeux écarquillés sur un plaisir nouveau. Nasir lui laissa le temps de s'habituer à cette nouveauté. Il maîtrisait lui-même un besoin d'aimer, de s'enfouir en lui et faire disparaître cette tension. Les mains du Germain pressèrent ses hanches lui donnant l'autorisation de bouger. Le premier mouvement fit gémir Agron qui s'accrocha plus fort à lui, comme pour ne pas sombrer. Les gémissements se transformèrent en cris étouffé alors qu'ils achevaient de s'unir dans ce lit. Agron semblait toucher l'olympe et tutoyer les dieux. Son visage éclairé par un sourire émerveillé apparut être la plus belle des choses existantes pour Nasir qui continua ses mouvements, perdu dans ses propres sensations. Ils sombrèrent bientôt dans un plaisir brûlant qui les baigna de longues minutes encore, vidés de toute énergie, absent à tout ce qui n'était pas eux.
- Est-ce toujours ainsi ? demanda Agron après avoir récupéré quelques bribes de conscience. Il serra dans ses bras tendrement le jeune homme qui l'avait emporté aux Champs-Elysées.
Nasir se lova contre lui, picorant sa peau de baisers.
- Grâce aux Dieux, oui, murmura-t-il en se lovant contre lui.
- C'était ... magnifique, dit le Germain à court de mot.
Il se figea soudain et ouvrit grand les yeux, comme si une idée venait de le frapper au cœur.
- C'était de cette manière que tu servais ton maître ? C'est une chose dont tu as l'habitude ?
Nasir ne répondit pas, mal à l'aise à l'idée d'aborder ce sujet à ce moment précis. Cela le troubla, ses pensées s'agitèrent, cherchant à comprendre ce que voudrait entendre Agron. Pris par surprise, les vieux réflexes de survie de celui qui fut un jour esclave revinrent à la surface. Agron se redressa pour l'interroger du regard. Nasir ne trouva qu'une réelle inquiétude dans ses yeux émeraudes.
- Réponds... l'enjoignit-il doucement.
Nasir se releva et s'assit en tailleur sur leur couche, s'appuyant contre le mur comme pour se rafraîchir. Il ne quitta pas des yeux l'homme qui attendait patiemment qu'il réponde.
- Oui, j'ai été éduqué à cela comme toi à l'épée, répondit-il, à mi-voix. Quel aurait été le prix de ma vie si je m'étais rebellé contre le désir de mon maître ?
- La mort, fit Agron en lui caressant doucement la joue. La mort comme mon frère.
Nasir le regarda, mélancolique, il sentait qu'il regrettait toujours la mort de son frère qui l'avait l'abandonné avec pour seule compagne la culpabilité qui l'entravait aussi sûrement que des chaînes.
- Depuis très jeune, j'ai appris à servir mon maître, à obéir au moindre de ses caprices, à craindre la moindre erreur. J'ai appris à être indispensable, entachant mon âme de bassesses. Je ne vivais que pour survivre.
- Nous l'avons tous fait. Certaines choses nous remplissent encore de honte ou de culpabilité, rétorqua Agron, caressant sa joue râpeuse. Tu es libre maintenant et vivant, tu peux mettre tout cela derrière toi. Tu n'as plus à craindre la main d'un maître.
- Je le sais. Je suis libre de choisir avec qui je m'étends, qui je touche, décréta Nasir, les yeux étincelants, le menton volontaire.
Il s'affranchissait à présent des dernières attaches à sa vie d'esclave sous le regard bouillant d'Agron. Il était libre
Agron frissonna sous l'intensité de son regard, ému jusqu'aux tréfonds.
- Oui, confirma-t-il d'une voix étranglée.
- Alors, j'agis comme je le veux. Je vais là où me guide mon cœur, répondit le jeune homme en l'embrassant doucement. J'ai choisi mon compagnon.
Agron sourit et enlaça Nasir qui se lova contre lui. Ils échangèrent quelques caresses, plus destinées à se prouver la réalité de leur relation. Ils parlèrent jusque tard dans la nuit, partageant leurs plus sombres secret. Nasir murmura tout bas, jusqu'à s'endormir, soulagé de ne plus avoir de secrets pour cet homme qui comblait son cœur. L'axiome se révếlait vrai. Ut ameris, ama, pour que tu sois aimé, aime.
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A suivre...
