Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, Spartacus est une création Starz! et de Steven S. DeKnight. Je dois avouer que les scénaristes de Spartacus : Vengeance ont su titiller ma curiosité. Pardonnez les boulettes ou les redites, les fautes ou tournures de phrases...
Beta : Arianrhod
NB : Spartacus donc, violence, relations entre hommes, jurons et compagnie... un joli petit couple aussi, Nasir/Agron.
NB²: Cette histoire est actuellement l'une des plus lues de mon compte, merci de la suivre. P'tite note aux reviewers, c'est grâce à vous si elle l'est autant et grâce à vous si je me remets à l'écriture de cette fic finie depuis presque un an. Merci à tous ! Merci les guest(s) et anonymes et personnes que je n'ai pu remercier comme il se doit... vous êtes des anges !
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Chapitre 15
Le campement vivait désormais dans la paix de Spartacus. Les Germains demeuraient calmes sous sa férule et suivaient les règles qu'il avait édicté. Agron se prêtait aimablement au jeu de l'interprète. Leurs nouveaux compagnons ne maîtrisaient pas encore suffisamment de mots du langage commun pour faire comprendre d'autres besoins que manger, boire ou baiser. Certains se posaient des questions, notamment sur la stratégie de leur chef de guerre. Il était devenu clair pour tous que Spartacus dirigeait cette armée qui s'équipait comme elle le pouvait. Lucius aidait à entraîner les volontaires à l'arc, tandis que les plus solides continuaient d'apprendre à manier les armes sous la direction d'Oenomaus. L'élite des combattants avait le droit de porter des armes forgés, les autres utilisaient de simples bâtons pour se défendre. Mais le niveau de tous augmentait à la grande satisfaction de Spartacus. Mais la plus grande part des esclaves libérés étaient de simples hommes qui vaquaient à leurs tâche en hommes libres. Ils utilisaient leurs connaissances pour améliorer l'ordinaire par la chasse et la cueillette. Tous œuvraient pour le camp qui comptait désormais presque un millier de personnes.
Agron était sur le mur et par habitude jeta un coup d'œil à la montagne que les protégeait de son ombre. Spartacus avait fait envoyé trois vieillards en haut afin de monter la garde chacun leur tour. Ils devaient allumer des feux en fonction des alertes. Le soleil dégagé des nuages de l'orage réchauffait la peau des combattants qui s'acharnaient à suivre les ordres du maître d'arme. Son regard tomba sur son amant. Le gamin mettait tant d'ardeur à se battre que ses adversaires abandonnaient les uns après les autres. Oenomaus fondait de grands espoirs sur lui et lui apprenait maintenant le combat au corps à corps. Agron se méfia de ce qu'il pouvait bien lui apprendre. Il pouvait presque le terrasser s'il le désirait. Bah, tant qu'il était heureux, cela seul lui importait.
Un attroupement l'intrigua et il sauta à bas du mur pour se rapprocher de la source de l' gestes et les regards étaient durs, hostiles, teintés de haine. Une foule en colère entourait Spartacus qui tenait par le bras une femme lourde d'enfant à venir. Il la reconnut pour ce qu'elle était, une habituée du Ludus de Batiatus, la blonde Illithya, épouse de Glaber. Spartacus avait l'air troublé, ses lèvres closes sur une haine farouche.
Agron écouta la rumeur qui demandait la mort, la honte ou la flétrissure. C'était une Romaine, vivante incarnation des maîtres qui les avaient enchaînés en leur retirant toute volonté et espoir d'un jour être libéré. Il cracha de mépris comme les autres. Nasir se rapprocha de lui, tout comme Saxa qui demandait des explications dans sa langue. La haine vibrait dans l'air. Ils détenaient une des représentantes de la caste qui les avait opprimé.
Sa peau douce, soignée, les boucles de cheveux soigneusement frisé, ses vêtements choisis avec soin indiquait avec précision le nombre d'esclaves employés à cet ouvrage. Une femme seule n'aurait jamais pu arriver à un tel résultat, encore moins enceinte. La haine avait réveillé les anciens esclaves. Mais Spartacus voulait se charger lui-même de cette affaire.
- C'est l'épouse de Glaber, leur signifia Mira avec un froncement de sourcil. Gannicus avait frappé fort en apportant l'épouse blonde de Glaber à leur campement. Elle doit mourir de sa main pour que sa femme soit enfin vengée.
- Elle porte un enfant, argua Nasir, pensif.
- C'est de la sale graine de Romain, dit Agron avec un rictus peu engageant. Elle n'aura jamais que ce qu'elle mérite.
- Et l'enfant ? c'est attirer le mauvais œil que de tuer un enfant à naître.
- Pour tes dieux, sans doute, mais pour nous, ce n'est qu'un futur Romain, un futur tyran.
- Das ist reicht, fit la Saxe en hochant vigoureusement la tête. Némétes, viens ici, j'ai envie de me battre !
- Elle va finir par user ce pauvre homme, dit Nasir en la regardant s'éloigner en compagnie du petit Germain.
- Les hommes de mon sang sont solides car nos femmes ont un grand appétit.
Nasir releva le visage vers Agron avec un sourire moqueur.
- Les hommes aussi ont un grand appétit, reprit le Germain en posant le bras sur les épaules du Syrien et le rapprochant de lui.
- Es-tu assez solide pour combattre ? fit celui-ci en le déstabilisant à l'aide de sa jambe.
Agron vacilla et se rattrapa en ceintura le jeune homme, riant aux éclats et le faisant virevolter.
Le Syrien se rejeta en arrière avec un feulement. le feu du combat renaissait dans ses yeux. Agron sourit avant de lui lancer un défi.
- Essaye de me battre et je te montrerai mon appétit !
Le petit homme se jeta à nouveau dans la bataille, le faisant tomber sous son poids. Agron, le cœur en fête roula dans la poussière, mais reprit rapidement avantage en le maintenant sous son propre poids. Ses lèvres à quelques pouces des siennes, respirant avec avidité l'odeur qui montait du corps mince luttant contre le sien, il se figea.
- Vaincu ? demanda-t-il haletant, les yeux perdus dans ses prunelles noisettes, pailletées d'une émotion joyeuse.
Il croyait le tenir mais le Syrien souple comme une loutre et traître comme une truite glissa entre ses mains et rapprocha la tête de la sienne, l'embrassant rudement sous les vivats de la foule qui admirait leurs exploits.
- Vainqueur ! cria-t-il en maîtrisant Agron à l'aide de ses jambes enroulées autour de sa taille.
Celui-ci éclata de rire et frappa le sol du plat de la main en signe de reddition.
- Vaincu, dit-il, Oenemaus t'a trop bien appris.
- Il dit que ma petite taille doit être un atout.
-Méfiez vous des petits hommes, dit Agron à la compagnie qui les huait joyeusement. Ils sont plus hargneux et plus vifs que les grands. D'ailleurs...
Agron fourragea sous ses vêtements, l'embrassant dans le cou. Le Syrien le relâcha hâtivement en se rendant compte de l'ambiguïté de leur position.
- Agron ! Nasir, appela Spartacus depuis les marches du temple. Venez ici !
Les deux hommes se relevèrent, encore couverts de poussière et s'approchèrent de leur chef de guerre.
- Je dois réfléchir, leur dit-il. Gardez la prisonnière.
Il les laissa ainsi, quittant les marches du temple à la recherche de Gannicus. Agron et Nasir échangèrent un sourire désolé, ils étaient certes ravis d'avoir une mission à effectuer pour le Thrace, mais aurait sans doute préféré un moment d'intimité, histoire de vider définitivement leur "querelle".
Ils montèrent la garde, se jetant fréquemment des regards vibrant de désir. Agron souriait, heureux, bien plus qu'il ne l'avait jamais été, même libre dans ses forêts natales. Jamais encore, il n'avait connu un tel emballement du cœur. Il avait déjà aimé, baisé, mais jamais encore avec une telle intensité.
Un seul de ses regards valait toutes les victoires remportées; un seul de ses baiser rachetaient ses défaites, une seule caresse et il oubliait tout sous l'élan de la tendresse. Ce petit homme possédait son cœur et un pouvoir sur lui dont il ignorait tout. Il lui sourit doucement, son visage clairement illuminé par l'amour. Il allait ouvrit la bouche pour lui parler lorsque Lucius se présenta devant eux, apportant du gruau pour la prisonnière.
- Elle doit manger, dit-il en s'excusant presque.
Nasir le laissa passer d'un signe de tête approbateur. Agron se rapprocha du vieil homme, prêt à lui reprocher son attention à une Romaine. Mais il avait déjà disparu dans le réduit où la femme était tenue prisonnière. Il attendit qu'il sorte pour lui faire part de son mécontentement. Lucius ne se laissa pas gourmander sans répondre.
- Ce qu'elle endure est déjà extrême pour elle. Elle subit déjà la perte de sa liberté et de ses repères. L'enfant n'a pas à souffrir des torts de sa mère.
- Spartacus a décidé de la tuer, jeta le Germain, Il veut venger depuis si longtemps la mort de sa femme. Ce n'est pas son ventre qui va l'arrêter.
- Pourquoi alors avoir suspendu sa main et demander à la garder ? Fit le vieillard.
- Il veut faire de sa mort un exemple, je suppose, dit Agron néanmoins ébranlé.
- Je ne crois pas, dit Lucius, Je suis certain qu'elle l'a touché tout à l'heure. Spartacus a lui aussi un cœur.
- Ne te fais pas d'illusion. Le coup de Glaber a été profond. Sa vengeance le brûle depuis des mois. Il la tuera.
- Je pense qu'il attendra au moins qu'elle ait donné naissance, dit Nasir en tentant de calmer la querelle qui menaçait de s'envenimer entre les deux hommes.
- Continuez de monter la garde, jeunes idiots, fit Lucius, même si elle aura du mal à s'échapper dans son état.
- Je lui apporterai de l'eau tout à l'heure, dit Nasir précipitamment.
- Pour le moment, elle a eu ce dont elle a besoin. Pourquoi est-ce vous qui montez la garde ?
- Il y a sans doute moins de risque que nous soyons attendri par son joli visage, fit Agron d'un air faussement innocent, avant de grimacer sous un coup de coude de son amant.
- Ah, fit Lucius avec un mince sourire, encore troublé par les paroles de la prisonnière.
- Ce seront Naevia et Crixus qui nous remplacerons ce soir, ajouta Nasir avec un coup d'œil éloquent.
- Oui, oui, fit Lucius préoccupé, je dois marcher, il faut que je réfléchisse.
Les deux hommes le regardèrent s'éloigner du même pas préoccupé que Spartacus, le front lourd de nuage.
- Cette femme ne nous apportera que des ennuis, prophétisa Nasir d'une voix troublée.
Agron le regarda avec un sourire éclatant, s'approcha de lui à pas de loup. Dans son regard se lisait distinctement le désir qui n'avait pas diminuer depuis l'ordre de Spartacus. Nasir sembla tout oublier en prenant son visage entre ses mains, caressant son cœur, s'arquant contre lui, découvrant l'urgence de sa chair.
- Nous devrions attendre que Spartacus nous relève de notre tâche, fit Nasir en lui dévorant les lèvres d'une bouche ardente.
Leurs mains s'affairaient, caresses brutales, baisers précipités, désir incendiaire.
- Le temps passe trop lentement, gronda Agron tout contre lui, s 'enivrant de son souffle haletant, sentant son sourire contre sa gorge.
- Alors nous devrions être rapide alors, fit Nasir en se montrant plus explicite. Sa main musarda contre son flanc avant de saisir carrément son entrejambe gorgée de sang. Agron s'écarta pour le regarder, lui, son sourire éclatant, sa main qui jouait les délicieuses intruses sous les couches de vêtements qui le protégeaient des agressions extérieures. Elles ne le protégeait en rien de lui et de ses doigts agiles. La joie lui fit battre le cœur aux temps, aux tripes et il dut faire un effort de volonté pour ne pas céder à la pulsion de le retourner contre le mur et lui faire l'amour jusqu'à assouvissement. Qui sait jusqu'où il aurait été si une voix amusée ne les avait pas interrompus en pleine parade amoureuse ?
- C'est ainsi que vous montez la garde ?
Ils s'interrompirent brusquement pour se retourner vers Mira. Ils s'embrouillèrent dans leurs tentatives d'explication, incapable de lui répondre d'une manière appropriée. Heureusement, elle parut comprendre la situation et ce qu'ils ressentaient. Son sourire tendre et ses paroles achevèrent de les rassurer. Elle leur proposa de rejoindre leurs quartiers et de les remplacer dans leur gard. Agron ne put que sourire pour exprimer le bouillonnement de joie qui le saisit. Nasir le précéda d'un bon pas, impatient visiblement de ses retrouver entre ses bras, sans trouble-fête.
Les deux hommes se bousculaient et chahutaient dans leurs impatience à retrouver leur lit. Mira avait fait preuve de gentillesse en les relevant de leur charge pour leur permettre de se retrouver un peu seul à seul. La prisonnière ne risquait pas d'attendrir son cœur résolu. Elle avait trop souffert sous la main de femmes romaines pour lui accorder le pardon ou un répit. De plus, elle respectait les ordres de Spartacus à la lettre. Alors qu'ils allaient s'enfermer dans la petite pièce qui leur était réservé, ils croisèrent le Thrace et Lucius, l'un des rares romains à avoir rejoint leur cause revenir d'une promenade qui semblait les avoir chagrinés.
Agron ne résista pas à l'envie d'en savoir plus. Avoir un amant bouillant auprès de lui, ne lui ôtait pas tout sens commun. Spartacus semblait sombre et troublé, sa détermination à l'idée de se venger en retirant la vie de la femme de Glaber semblait s'effacer. Ils s'approchèrent, Nasir était aussi curieux qu'un chat et désireux d'en savoir un peu plus lui aussi.
- Que faites-vous ici ? demanda Le Thrace en fronçant les sourcils, je vous avais demandé de garder la prisonnière.
Mira s'en charge, dit Nasir un peu légèrement, Elle nous a permis de nous retirer. Spartacus ?
Le Thrace venait de partir à grande enjambée en direction de la pièce où il avait enfermé la prisonnière. Il jeta par-dessus son épaule, quelques mots qui figèrent le Syrien.
- C'était à vous que je faisais confiance !
Ils l'entendirent s'emporter à l'intérieur des murs. Les deux hommes croisèrent le regard, penauds comme des gosses.
- Je t'avais dit que nous devions attendre son retour, dit Nasir en se mordant la lèvre en entendant Spartacus tonner contre Mira. Les mots durs du général rebelle retentissait à travers les couloirs du temple.
- Que se passe-t-il ? demanda Agron à Lucius, resté à leurs côtés, s'appuyant sur un lourd bâton ferré. Tout à l'heure, tu paraissais troublé après ta visite à Illythia. Nasir a entendu ce qu'elle te demandait. Un reste de fidélité à ta caste ?
- Il ne s'agit pas de caste ou même de fidélité à Rome. Ce n'est pas pour tuer des femmes enceintes que j'ai rejoint les rangs des rebelles. Je comprends le besoin de vengeance qui vous anime, vous et Spartacus. Je le sens aussi en moi s'agiter comme un serpent aveugle. Mais ce n'est pas ainsi que nous nous sentirons mieux. Nous ne serons pas mieux que les romains en agissant ainsi.
- Que propose-tu alors ? demanda Agron en voyant sortir Mira, l'air furieux et désespérée.
- Moi, je ne propose rien, mais Spartacus a une stratégie, un plan qui pourrait bien être intéressant mais il implique une longue marche vers Capoua.
Spartacus revint vers eux, les yeux fulminants.
- Vous deux, vous mériteriez que je vous sépare ! Vous n'imaginez même pas ce qu'elle aurait pu faire. Myra aurait pu la tuer.
- C'est une Romaine ! Jeta Agron frustré par la colère de Spartacus.
- Elle porte une vie à naître, dit Spartacus en se maîtrisant à grand peine. Comment pourrais-je me supporter après cela ?
- Que veux-tu faire alors ? Demanda-t-il, hargneux,le visage à quelques pouces de celui de Spartacus.
- Je n'ai pas de réponse pour l'heure. Lucius avec moi, je veux te parler. Agron, tu montes la garde près d'Illithia. Personne ne doit l'approcher.
- Oui, Spartacus.
Agron échangea un regard désabusé avec Nasir qui baissa la tête. Leur après-midi s'assombrissait à vue d'œil, par la faute de Myra. Autant Agron l'avait béni tout à l'heure qu'il la maudissait maintenant. Que lui était-il passé par l'esprit ? Pourquoi a-t-elle attenté à la vie de la Romaine ?
Comme Gannicus, elle pensait mettre fin à cette guerre en soldant la vengeance de Spartacus par la meurtre de la femme de Glaber. Une vie pour une vie, la dure loi du talion, chérie par Rome. Agron vit Nasir partir à la recherche de Myra, visiblement inquiet pour la jeune femme. Il avait le cœur bien trop tendre, se dit Agron pour pardonner ainsi les errements de son amie. Agron s'arma de courage pour affronter les longues heures de garde, attendant avec impatience le moment où Spartacus choisirait de le libérer de ses obligations. Ce moment fut long à venir et à peine fut-il allongé aux côtés de Nasir qu'il sombra dans un profond sommeil.
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A suivre...
Note d'information :
Mes brouillons contiennent l'ensemble de la saison 2 et je suis en plein rush Spartacus à cause de la saison 3. En revanche, je ne sais pas encore si je suivrai le canon de la série ou non. On verra. Tempus narrabo.
Biz à tous et bonne Pâques !
