Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, Spartacus est une création Starz! et de Steven S. DeKnight. Je dois avouer que les scénaristes de Spartacus : Vengeance ont su titiller ma curiosité. Pardonnez les boulettes ou les redites, les fautes ou tournures de phrases...
Beta : Arianrhod
NB : Spartacus donc, violence, relations entre hommes, jurons et compagnie... un joli petit couple aussi, Nasir/Agron.
NB²: Cette histoire est actuellement l'une des plus lues de mon compte, merci de la suivre. P'tite note aux reviewers, c'est grâce à vous si elle l'est autant et grâce à vous si je me remets à l'écriture de cette fic finie depuis presque un an. Merci à tous ! Merci les guest(s) et anonymes et personnes que je n'ai pu remercier comme il se doit... vous êtes des anges !
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Chapitre 16
Un claquement furieux éveilla Nasir profondément endormi dans les bras d'Agron. Toute la soirée, il avait tenté de consoler Mira dont les mots cruels de Spartacus avaient brisé le cœur. Elle n'avait pas voulu lui dire la raison pour laquelle Spartacus avait été si dur envers, tout en se cramponnant à son vêtement comme une enfant punie. Elle pleurait encore lorsqu'elle lui avait demandé de la laisser et de gagner son lit. Épuisé, il avait obéi sans attendre, impatient de retrouver Agron. Cependant le Germain avait monté tard la garde auprès de la prisonnière. Et Nasir s'était laissé capturé par Morphée avant qu'il ne revienne. Réveillé un bref instant, cela lui fut suffisant pour se lover tout contre le torse nu de son amant avant de se rendormir avec un profond sentiment de protection.
Il ouvrit les yeux entendant les claquements se reproduire, un son mat, épée contre bois résonnant depuis la cour intérieure du temple. Quelqu'un s'entraînait violemment au milieu de la nuit, sans se soucier de gêner quiconque. Inquiet, il se leva et enfila son long gilet de toile. Agron gémit en se pelotonnant dans le nid tiède dont Nasir abandonnait les draps pour découvrir ce qu'il se passait. D'une main légère, il caressa le front de son amant avant de déposer un léger baiser sur son front déridé par le sommeil, avant de sortir silencieusement. Il avança dans l'ombre et y demeura caché, en découvrant Spartacus frapper le poteau d'entraînement tel un dément. Perdu dans son propre monde, le visage figé, les muscles tendus et en sueur, le général esclave tailladait rageusement le bois de son glaive.
Son leader agissait ainsi certainement pour endurcir sa volonté. Il ne semblait pas si aisé de verser le sang d'une femme, même ennemie. Nasir se demanda ce qui pouvait bien retenir sa main et amollir son cœur.
- Il hésite à faire couler le sang de la vipère Romaine, fit d'un ton amer Mira soudain apparue à ses côtés.
- Que s'est-il passé tout à l'heure ? Acceptes-tu de m'en parler ?
Les ombres qui s'épaississaient dissimulaient son visage. Mais le jeune homme put distinguer son sec hochement de tête. Elle lui ouvrit enfin son cœur, expliquant la situation à un Syrien abasourdi.
- Elle affirme que son enfant n'est pas celui de Glaber mais celui de Spartacus. Il ne peut lever la main contre son propre sang et refuse qu'on le fasse à sa place.
Nasir se tourna vers elle, surpris par le chagrin qui sourdait de ses mots. Il tenta de discerner son visage, mangé par les ombres de la nuit.
- Qu'as-tu donc fait ? la pressa-t-il de répondre anxieusement en lui prenant la main.
- J'ai voulu prendre sa vie pour libérer Spartacus de son vengeance.
- Elle porte la vie en son sein, murmura doucement le Syrien choqué par l'acte de son amie.
- Il refuse que je l'aide à porter ce fardeau ! Il lui a laissé la vie sauve. Il dit que la tuer ne résoudrait rien, que cela ne ferait que le rabaisser au niveau de Glaber.
- Cela attirerait le malheur sur notre groupe. Tuer un enfant... son propre enfant.
Nasir frémit, il ne pouvait se résoudre à imaginer cette mort inutile. Alors s'il était le fils de Spartacus... Que pouvait faire le Thrace ? Attenter à sa propre lignée ? Conserver la mère en vie jusqu'à la délivrance ? Que ferait-il dans la même situation ? Il n'osait à peine se poser la question.
Il vit Spartacus rejoindre Lucius près de la ligne de pieux installés pour leur défense. Il semblait déterminé, qu'avait-il décidé alors ? Sa question, posée à mi-voix parvint aux oreilles de Mira qui répondit tristement.
- Je l'ignore. Le cœur de Spartacus m'est dorénavant obscur. Suis-les, si tu veux découvrir ce qu'il veux faire.
Le jeune homme acquiesça et suivit d'un pas de chat les deux hommes qui s'éloignaient dans le crépuscule. Ils dépassèrent les murs du temple, les pieds lourds des pensées qui les assaillaient. Ils gagnèrent la lisière du bois avant de plonger dans une profonde conversation. Nasir se dissimula derrière le fût d'un chêne afin d'épier leurs discussion, dont le sujet lui tenait décidément à coeur.
- Illythia m'a proposé de retrouver ma vie perdue en échange d'un service, commença abruptement Lucius.
- Quel service ? lui demanda hâtivement de préciser Spartacus.
- Celui d'avertir le préteur de l'endroit où se trouve son épouse et son fils à venir. Elle m'a promis richesse, terre et pouvoir en échange d'une simple parole.
- Un juste échange, déclara Spartacus, les yeux rivés aux siens, je comprends l'hésitation de tes pensées.
- Qui ne devrait pas te troubler autant ! riposta Lucius, le prêteur ne peut pas inverser le cours du temps et de la mémoire. Le sort de ma famille restera toujours gravé dans mon cœur. Je ne reviens pas sur le choix de te suivre. Mais je pensais... Mes excuses, Spartacus, mais la mort d'une femme est-elle vraiment nécessaire à ta cause ?
Nasir comprenait trop bien sa réticence. Cependant les paroles de Spartacus apaisèrent son cœur. L'admiration qu'il éprouvait pour le Thrace atteignit des sommets en entendant sa réponse.
- Non, si je le faisais, je ne serais jamais libre, je serais comme Glaber. Sa mort seule est mon but et elle seule me libérera de ma vengeance.
- Alors ?
Nasir se rapprocha pour mieux entendre, faisant craquer des feuilles sous son poids. Il se figea immédiatement, en voyant le chef de guerre s'immobiliser et jeter des coups d'œil alentour.
- Alors, que proposes-tu ? insista Lucius après quelques instants.
- Alors, je pense que nous devrions utiliser les sentiments de Glaber pour son épouse. Je gage qu'il voudra la retrouver. A sa place, je ferais tout mon possible pour libérer la mère de mon enfant. Nous devrions lui proposer un échange. Des armes contre son épouse.
- Un échange contre des armes ? Crois-tu réellement qu'il acceptera ta proposition ?
- Il n'aura pas d'autre choix que de s'y résoudre, s'il veut la revoir. C'est ce que tout homme d'honneur ferait pour retrouver celle qu'il aime.
- J'espère que tel est bien le cas, fit Lucius en regardant autour de lui, les yeux aux aguets.
Spartacus tourna les yeux vers le chêne qui dissimulait Nasir et le jeune homme fit tout petit. Le regard fulminant du Thrace lui fit peur, la haine luttait contre une si puissante détermination dans ses prunelles qu'il en trembla. La main sur son glaive, cet homme était terriblement impressionnant.
- Sors de ta cachette, jeta le Thrace d'une voix forte, qui que tu sois.
Nasir sortit prudemment de l'abri où il se terrait. Il s'approcha des deux hommes qui le regardait avec reproche.
- Mes excuses, dit l'ancien esclave, baissant les yeux. J'ai tout entendu. Spartacus, c'est un plan astucieux mais qui repose seulement sur l'assurance que Glaber accepte.
- Nous pourrions avoir les armes qui nous font tant défaut. fit Spartacus, l'excusant de sa témérité d'un mince sourire. Lucius va lui proposer un échange. Mon ami, je vais t'accompagner jusqu'à la lisière de la ville. Nasir, tu préviens les hommes de notre plan, qu'ils soient prêts à tout. Nous allons réussir cet échange.
- Que les dieux t'entendent, dit Nasir avec respect, soufflé par sa détermination brute.
- Ce ne sont pas les dieux qui nous conduit jusqu'ici. Mais un peu d'aide ne serait pas superflue. Retourne au temple prévenir les autres de notre départ.
Le jeune homme hocha la tête et repris le chemin en sens inverse, laissant les deux hommes disparaître sur les sentiers de la forêt. En marchant le reste de la nuit, ils arriveraient à Capoua vers le milieu de journée, et même en se hâtant, ils ne seraient de retour que la nuit suivante.
Lorsque Nasir revint à ses quartiers, il s'aperçut qu'Agron était levé et dévorait un morceau de pain. Il paraissait affamé et heureux de le voir. Nasir le regarda tendrement lui sourire pour l'accueillir.
- Où étais-tu, petit homme, dit le Germain en l'étreignant d'une accolade à rendre jaloux un ours. Je me suis réveillé parce que tu n'étais pas à mes côtés.
- Tu ronflais, fit Nasir en lui chipant un baiser et une croûte de pain.
- Il faudra t'y habituer, petit cœur, philosopha l'homme en lui dédiant un sourire lumineux.
- Appelle-moi encore une fois petit et je te promets que tu auras des nuits bien calmes !
- Des menaces, mon petit ? se moqua le grand Germain en se reculant avec prudence.
Heureux mouvement car Nasir se jeta sur lui avec un sourire féroce. Les deux hommes roulèrent à terre, riant de tout leur cœur, heureux de leur proximité et de leur , aussi vif qu'un chat sauvage, de ses ongles laboura les côtes du germain qui le serrait contre lui. Celui-ci roula sur lui-même, s'imposant par le poids et la force, les lèvres à quelques pouces des siennes buvant avec délice son souffle saccadé. Nasir, le premier, céda à son envie dévorante et mordit la lèvre qui le narguait d'un sourire triomphant. Agron se cacha la tête dans son cou, mordillant la peau tendre, faisant frémir le Syrien.
- Tu es pire qu'un chat sauvage, gronda-t-il à l'oreille, savourant l'odeur chaude et virile qu'il exhalait. Mais ce que j'aime te capturer.
Nasir, terriblement conscient de l'effet qu'il lui faisait, lutta pour se libérer, se faisant saumon dans la patte d'un ours. Peine perdue. Agron avait l'avantage de la force brute et de l'expérience du combat. Nasir relâcha ses muscles, guettant un moment d'inattention pour s'arracher à son emprise. Mais le Germain commençait à bien le connaître, lui et ses méthodes peu orthodoxes. Avec l'entraînement poussé qu'Oenomaus lui faisait subir, il devenait un adversaire redoutable. Agron laissa un peu de bride et Nasir le renversa d'un coup de rein, puis le domina. Leur chair pressée l'une contre l'autre demandait grâce. Agron leva une main en signe de reddition, secoué de rire.
- Que faisais-tu en dehors du temple, demanda Agron lorsqu'ils s'aidaient mutuellement à se relever.
- J'espionnais Spartacus, avoua le jeune homme, secouant la poussière de ses vêtements.
- Spartacus, pourquoi ? Fit le Germain les sourcils froncés.
- Il a un plan pour exiger des armes en échange de la prisonnière.
- Il pense vraiment que Glaber acceptera ? demanda Agron songeur.
- S'il l'aime autant que Spartacus aimait sa femme, nous avons de l'espoir.
- Pourquoi ne m'as-tu pas parlé de ça ?
- Tu ne m'en as pas laissé le temps, maugréa le Syrien, Spartacus m'a demandé de vous avertir de son absence. Il accompagne Lucius sur lequel repose tout son plan.
Échanger la prisonnière contre des armes, c'est une idée dangereuse , fit Agron en jouant avec une mèche de cheveux.
- Mais nécessaire, continua Nasir en mussant sa tête contre sa main. Nous avons besoin d'armes.
- Ce plan ne repose que sur la parole de Glaber. Celui-ci est pourtant responsable de son esclavage, fit songeur Agron, au fait de la légende de Spartacus. Comment peux-il lui faire confiance ?
- Spartacus croit en son honneur et en l'amour qu'il ressent pour son épouse et la chair de sa chair, déclara Nasir d'un ton doux.
- J'espère qu'il a raison dans ce cas. L'amour peut faire faire des choses qu'on aurait jamais osé sans cela.
Nasir le regarda avec tendresse, les mots simples du Germain lui touchaient le cœur et l'emplissait de bonheur. Il se lova contre lui, frottant sa joue contre son cou, irritant la peau tendre avec sa barbe naissante.
- Spartacus veut qu'on se tienne prêt et que j'avertisse tout le monde. Crois-tu que je puisse attendre demain matin ? demanda le Syrien en se rapprochant d'une manière significative.
Ses doigts s'enroulèrent autour de son entrejambe et pressèrent sa chair délicieusement tendue. Agron frissonna en sentant la fièvre lutine qui animait son amant. La promenade nocturne dans les bois associée à un début d'espérance affolaient décidément les sens du jeune homme.
- Préviens Crixus et Gannicus, dit-il après réflexion, sans doute soupesant le pour et le contre. Je vais parler à Lugo et Oenemaus. La nouvelle se répandra rapidement et nous serons prêts à leur retour. Je les accompagnerai et nous prendrons leur vie et leur armes aux romains qui ont cru nous enchaîner.
Nasir sourit et l'embrassa avec une infinie douceur, sa langue taquinant ses lèvres ouvertes pour une réponse. Il s'interrompit brusquement et s'écarta de lui avec un sourire bravache alors qu'Agron fronçait de nouveau les sourcils, frustré par ce baiser au goût d'inachevé.
- Pour te donner l'envie de me retrouver rapidement. La nuit file vite et j'aimerais me reposer un peu cette nuit. Surtout si des combats s'annoncent pour le futur !
Il disparut dans la nuit, abandonna une nouvelle fois le gladiateur pour mener sa mission à terme, soudain motivé à l'idée de le retrouver un peu plus tard. Jamais il ne fut plus rapide à avertir ses compagnons de l'idée de Spartacus. Les deux hommes se retrouvèrent en même temps devant le temple après avoir échangé quelques mots avec les lieutenants de Spartacus. Jamais ils n'avaient été aussi heureux de se retrouver.
Agron sourit, subjugué par la même impatience qui grondait en lui alors qu'ils roulaient enfin sur leur couche, emmêlant pied, main, langue dans une lutte sensuelle qui avivait leur flamme. Ils avaient faim l'un de l'autre. Ils se goûtaient, se cherchaient, se buvaient du regard et des lèvres, aveugles à tout autre chose que leur ardente harmonie, poussant l'égoïsme des amants à son paroxysme.
Agron sentier son corps fourmiller tel un brasier, prêt à jaillir hors de lui. Il aimait cet homme, soupirant dans ses bras, offert sous ses doigts. Il le voulait si douloureusement que son cœur faillit lors qu'il s'écarta de lui.
- Reviens-moi, je t'en prie, murmura le Germain, tendant les bras vers lui.
Un rire de gorge lui répondit et un vêtement lourd et encore chaud vint le frapper au visage. Il gronda en relevant la tête et contempla le jeune homme. Les muscles finement dessinés maintenant par l'entraînement quotidien roulaient sous la peau luisante de sueur. Ses cheveux retombaient devant son visage, cachant son sourire. Nasir le regarda avec un tel désir qu'il fut à nouveau difficile à Agron de ne pas céder à son instinct. Il le voulait et il l'aimait, puissamment, violemment. La danse des corps les embrasa sous la musique rythmée de leur cœur. Une seule harmonique primitive les attirait l'un vers l'autre dans un flamboyant final qui les laissa hagard. La force de leur jouissance les acheva et ils roulèrent dans les bras de Morphée, qui, jaloux de leur amour, les sépara dans leur sommeil sans rêve.
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A suivre...
