Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, Spartacus est une création Starz! et de Steven S. DeKnight. Je dois avouer que les scénaristes de Spartacus : Vengeance ont su titiller ma curiosité. Pardonnez les boulettes ou les redites, les fautes ou tournures de phrases... Spartacus donc, violence, relations entre hommes, jurons et compagnie... un joli petit couple aussi, Nasir/Agron

Beta :

Note : mon 1er chapitre écrit sur smartphone (bon, remis en forme, correctionné par word et relu maintes et maintes fois, mais mes brouillons sont passés à l'ère du 3ème millénaire, Geeka Powa ! )

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Chapitre 19

Oenomaus tendait l'oreille, attentif au moindre bruit. Derrière lui, prêts à bondir se tenaient la troupes d'esclaves libérés par Spartacus. Ils attendaient du Doctore l'ordre d'attaquer, frémissant d'impatience, et pourtant obéissant à leurs consignes. Ne pas lancer l'attaque avant le bon moment, ne pas bouger sans l'ordre d'Oenomaus, ne pas démériter. Spartacus avait donné le commandement au Numide et l'ordre de se jeter sur les romains afin d'ouvrir un second front lorsqu'eux-même auraient rempli à bien leur mission. Il n'en avait pas raconté plus, préférant appliquer son plan plutôt que l'expliquer longuement. Il avait besoin seulement de confiance et les rebelles avaient à nouveau accepté de remettre leur sort entre ses mains.

Nasir, pris par l'ennui de l'attente, laissa ses pensées vagabonder jusqu'à son amant. Il revoyait son visage juste au moment de passer l'aplomb de la falaise. Agron l'avait cherché d'un regard débordant d'amour, lui offrant l'espoir de vaincre et de le serrer à nouveau dans ses bras. Le jeune homme avait tenu la corde si fermement, si fortement, si profondément conscient que la vie d'Agron dépendait de cette corde confectionnée de ses mains. Il avait suivi chacun de ses gestes, suspendant son souffle en retenant ce lien si fragile. A peine la corde s'arrêtait-elle que son cœur stoppait sa course folle. Sa peur atteignit des sommets lorsque les cordes se relâchèrent brusquement. Tous tombèrent en avant, les uns sur les autres. Le jeune homme s'extirpa vaille que vaille de l'amas de bras et de jambes, pour ramper au bord de la falaise et apercevoir, tout en bas, aussi petit qu'une statuette de Dieu lare, la silhouette de son amant.

L'angoisse relâcha ses griffes lorsqu'il comprit que Spartacus et ses compagnons avaient accompli leur exploit. Dans un battement de cœur, il aperçut les dernières secondes de leurs combats et confirma à Oenomaus qui s'était approché de lui, la première victoire des rebelles. L'homme sourit et l'aida à se relever, ordonnant au reste de la troupe de se séparer en deux groupes, respectivement sous le commandement de Némétes et de lui-même. Ils obéirent aux ordres laissés par Spartacus avec détermination, frémissant dorénavant à l'idée de se battre.

Les pensées de Nasir revinrent à son amant. Loin de ses yeux, il craignait pour sa vie. Que devenait-il? Que faisait-il? La mort l'avait-elle retrouvée? Il la trompait depuis si longtemps en suivant les pas de Spartacus. Il sourit en se rappelant que Gannicus les accompagnait, lui, le danseur de Mort saurait le protéger. Ils formaient avec Crixus, l'invincible Gaulois et Spartacus, un quatuor terrible qui sèmerait la mort et la peur dans le cœur des légionnaires. Masqué par la nuit, les guerriers s'approcheraient des gardes aux oreilles assourdis par le tonnerre. Un éclair plus violent que les autres le surprit en le faisant sursauter, le replaçant instantanément dans l'instant présent, prêt à en découdre. Un regard sur Oenomaus tandis que le tonnerre roulait dans la vallée, le rassura. Il n'avait pas manqué l'assaut que l'homme attendait de donner depuis les hauteurs sinistres du volcan.

Spartacus avait déclaré qu'ils comprendraient quand ce moment sera venu. Nasir soupira lourdement. L'impatience lui brûlait les veines alors qu'il étreignait de ses doigts fébriles l'arme qu'il avait gagné de haute lutte. Il jeta de fréquents coups d'œils à Oenomaus qui fixait depuis les hauteurs du flanc du volcan les positions des romains, dont les torches jetaient des ombres farouches.

Un bref éclair de lumière loin dans la foret, près de l'ancien temple, déchira la nuit et Oenomaus leva son arme. Un silence lui répondit, tous attendaient l'ordre final. Un nouvel éclair de lumière apparut et le tonnerre gronda une nouvelle fois. L'orage roulait et tonnait au-dessus d'eux, masquant la mort qui s'abattait sur les Romains. Leurs propres machine de guerre jetaient sur eux le feu grégeois. La peur les désorganisa et le bras d'Oenomaus s'abaissa brusquement, donnant l'ordre d'attaquer les positions romaines qui les narguait depuis tant de jours.

Les premiers gardes tombèrent comme des mouches sous les épées des hommes qu'ils avaient voulu écrasés. Puis les esclaves déferlèrent de la pente du volcan pour écraser les légionnaires qui, pris comme des fétus de paille dans la tempête, tentèrent vainement de lutter contre la force de l'ouragan rebelle.

Nasir utilisait son glaive comme le lui avait appris Agron lors de leurs nombreux entraînements. Il faisait en sorte de rester vivant comme il lui avait promis, espérant que lui aussi tiendrait promesse. Il redoutait de ne pouvoir le retrouver dans cette vie. L'orage rugissait et des rafales puissantes poussaient une grosse pluie qui ruisselait rouge du sang des blessures qu'il infligeait à ses ennemis.
Il frappait, tailladait, déchirait les entrailles des légionnaires qui avaient la malchance de se trouver entre lui et son compagnon. Il affrontait plus fort que lui, plus grand, mieux armé avec la même ferveur assassine. Il ne sentait plus la chaleur écœurante du sang contre sa peau, le glissement feutré et immonde des intestins jaillissant des ventres qu'il ouvrait fiévreusement. La mort l'habitait et il se faisait son prêtre, apportant la délivrance à ses ennemis. Il marchait dans les pas d'Oenomaus, assurant ses arrières aussi fidèlement que celles d'Agron. Il le devait à Gannicus, il le devait à Spartacus. Pourtant cet homme n'avait aucunement besoin d'assistance, il abattait son arme avec une régularité aberrante, comme s'il sentait ses ennemis plutôt que les voir, comme si les dieux l'avaient dotés d'un don miraculeux. Chacun de ses coups faisaient mouche et soufflait une vie. Il irradiait de son corps une ardente détermination qui le poussait en avant.

Le ciel était devenu fou, le monde étrange, lacéré par les flashs des éclairs qui découpaient le monde en scène brutalement mise en lumière. Ici, un Romain égorgé par Donar qui arrachait sa hache avec un grognement guttural. Là, Nævia coupait la tête d'un Décurion d'un seul coup d'épée, rendant hommage à Crixus et son talent de maître d'arme. Là-bas, encore attaquaient deux jeunes rebelles qui mirent à terre un soldat pour mieux l'achever. Nasir cligna des yeux, chassant le sang qui le maculait. Il ne sentait aucune douleur, espérant que ce ne soit pas le sien.
La main d'Oenomaus se leva et et instantanément les rebelles stoppèrent leur élan, laissant échapper l'ennemi qui se rassembla. Des légions de Glaber, il n'en restait plus que deux qui allaient goûter la colère des dieux de l'arène.

Le Numide scrutait la nuit zébré d'éclairs de son unique œil. Nasir à ses côtés tentait de comprendre ce qui se jouait plus loin. À travers l'orage dont le vent agitait les arbres, il lui sembla distinguer des torches et des ombres mouvantes. Il tendit son arme vers l'incendie qui rougeoyait les nuages bas.

- Là-bas ! indiqua-t-il, Agron et Spartacus !

- Crixus et Gannicus également, fit Nævia d'une voix surexcitée, une lame sanguinolente à la main.

- Les légionnaires se sont rassemblés pour contre-attaquer, dit Oenomaus en plissant son œil afin de mieux voir. Nos amis vont bientôt avoir besoin de nous. Suivons le plan.

- Nous attaquons ? Demanda Naevia inquiète de voir au loin son époux affronter une légion entière.

- Némétes devrait avoir déjà atteint ses positions, dit Oenomaus, Nasir, que vois-tu à l'est ?

- Rien, dit Nasir, angoissé, rien, Doctore, penses-tu qu'il nous a trahi ?

- Ne crains rien. Il va donner le signal. Laisse-lui encore un peu de temps.

Nasir soupira bruyamment, angoissé de ne pouvoir s'élancer à l'aide de son compagnon. Il trépignait, le cœur rempli d'envie d'en découdre. Il essuya discrètement son arme sur son gilet de toile, s'attirant un regard complice d'Oenomaus. Il rougit légèrement comme pris en faute. Le Numide l'impressionnait toujours autant. Il ne le craignait pas, mais sa présence l'écrasait toujours un peu, il se sentait comme un enfant face à lui. Son approbation était pour lui aussi importante que celle d'un père. C'était un homme dont l'amitié lui était très précieuse et combattre à ses côtés était un honneur sans pareil. Celui-ci leva le bras et chacun se tendit dans l'attente des prochains combats.
Le bras d'Oenomaus s'abaissa, lâchant les rebelles à nouveau sur les Romains. Les lames entrèrent en action, s'enfonçant dans les rares parties découvertes de la cuirasse romaine. Pris par surprise sur le flan gauche, les légionnaires n'eurent pas le temps de former une de leurs légendaire manœuvres défensives. D'autant que de l'autre coté, Némétes et ses barbares attaquaient à leur tour. Dépassé, submergé par la fine stratégie de Spartacus, les soldats rompirent les rangs et fuirent l'enfer de la guerre malgré leur entraînement.

Les ordres des centurions furent engloutis par les cris de peur et de douleur. Le sang rouge coula dans la nuit noire. Les flammes brûlante de haine dansaient dans les yeux des hommes libres. L'orage suspendait son assaut comme ébahi par la fureur rebelle. La nasse se refermait sur les légionnaires qui, à présent, sacrifiaient leur vie pour sauver celle de leur général.

Glaber fuyait afin de se réfugier dans le temple qui avait, il n'y a pas si longtemps, protégé les anciens esclaves. Nasir, le regard fou, cherchait de tout côté son amant qui abattait chaque soldat qui se présentait. Il le trouva bientôt. Un regard brûlant le cloua sur place, un cri le fit bouger à nouveau et une gerbe de sang l'éclaboussa. Gannicus lui bourra l'épaule d'une poussée brusque qui le jeta contre Agron. Le jeune homme vit alors tomber l'homme qui avait tenté de lui ôter la vie. Ballotté, il manqua de perde l'équilibre, bien vite rétabli par le gladiateur.

- Gratitude, murmura-t-il en se posant contre le dos du germain, et regardant Gannicus se jeter au secours de Oenomaus en prise avec un des guerriers recrutés par Ashur. Il n'eut guère le temps de suivre leur combat que déjà un autre opposant cherchait à le séparer d'Agron. Il sut cependant se défendre et repousser l'homme qu'Agron décapita d'un seul coup d'épée. Il posa le bras sur le sien et planta son regard vert dans le sien. Il eut la gorge sèche en y découvrant tant d'émotions graviter au fond de ses prunelles.

Nasir vit un éclair lumineux derrière Agron et le repoussa alors qu'il se penchait vers lui pour l'embrasser. Il fendit l'air avec son épée, rencontrant l'acier chantant d'un glaive. Le légionnaire qui le tenait à bout de bras, sembla étonné de ne pouvoir abattre le grand rebelle par derrière. Nasir le vit grimacer de dépit et s'empressa de pousser son avantage. Plus rapide que jamais, aussi souple qu'un félin, il attaqua flanc droit puis directement à la gorge lorsque l'ennemi ouvrit une brèche dans sa défense. Agron en profita pour l'assaillir à son tour et d'un tour de main professionnel le désarma avant de lui broyer la gorge, seul espace bien découvert.

Nasir soupira de soulagement avant de reporter son regard sur Gannicus et Oenomaus qui se battaient contre un géant. Les coups volaient, les épées tintaient, les hommes hurlaient. La mort roulait ses dés avant de les jeter et choisir quel homme l'accompagnerait pour son voyage aux champs Élyséens. Les dés furent tirés et une vie soufflée. Oenomaus tomba sous ses yeux choqués tel un arbre abattu par la foudre. Agron rugit derrière lui et il dut retourner à leur propre combat. A mesure que leur nombre diminuait, les Romains devenaient désespérés, tels des loups acculés. Les rebelles se battaient comme des lions, repoussant les velléités de regroupement ou de vaines manœuvres. Les soldats furent peu à peu poussés vers le temple d'où montaient des ordres. Agron s'arrêta lorsque la porte claqua et sourit férocement.

- L'oiseau est dans le nid et ne s'attend pas à ce qu'on le cueille.

Nasir sourit largement, comprenant le plan de Spartacus qui semblait se dérouler sans anicroche. L'excitation brûlait à travers son corps irradiant le long de ses os. Il sentait la ferveur des combats le rendre fiévreux, il bouillait d'en finir, là, auprès d'Agron d'une manière ou d'une autre. Plus un seul Romain debout autour de lui, seulement des morts et des rebelles qui se rassemblaient pour une dernière bataille. Il vit Gannicus à genoux près du corps meurtri de son ami et son cœur flamba à nouveau d'une rage démentielle. Doctore avait succombé et le monde venait de perdre une âme précieuse. Gannicus se releva finalement, sans essuyer les larmes qui striaient ses joues salies par les combats. Dans son regard, ne se distinguait plus la petite flamme d'audace qui le caractérisait. Il ressemblait à un homme qui n'avait plus rien à perdre et ses ennemis allaient devoir apprendre à le craindre. Les deux amants le laissèrent passer avant de suivre ses pas vengeurs. La mort d'Oenomaus sera célébré dans le sang. Les anciens esclaves encerclèrent le temple et attaquèrent immédiatement, sans laisser le temps aux assiégés de se ressaisir.

Agron aida Nasir à monter sur le mur d'enceinte et le jeune homme fut parmi les premiers à sauter dans la cour et bondir sur les romains. Le chant du sang à leurs oreilles, la peur de mourir associée à l'honneur de se battre, la vengeance guidait leurs mains. Les combats furent brefs mais violents, s'achevant dans le sang. Glaber s'opposa à Spartacus, croyant avoir le pouvoir de vaincre le général gladiateur. Il découvrit que les talents du Thrace n'étaient pas que simple légende mais fait établi et confirmé dans le sang. Il s'opposa à lui, orgueilleux jusqu'au dernier instant, refusant de croire en sa défaite.

- Non. Je ne mourrais pas des mains d'un putain d'esclave ! Déclara-t-il en repoussant une attaque puissante du gladiateur.

- Je suis un homme libre, rétorqua Spartacus en contre-attaquant avec fulgurance.

- Le Romain a enfin appris sa place devant nous ! scanda une voix dans la foule qui regardait maintenant se dérouler le combat. A genoux !

Spartacus accéda au souhait des rebelles en exécutant une manœuvre osée qui lui donna la victoire. Le Romain jeté à genoux devant le Thrace, sut à cet instant que sa mort approchait. Il ne put se garder de narguer son vainqueur. La vengeance les avait opposés l'un à l'autre, favorisant finalement Spartacus.

-Tu n'as rien gagné, siffla Glaber, Rome va envoyer des légions dans mon sillage. Et un jour, bientôt, vous tomberez à la fin méritée.

- Peut-être. Mais pas aujourd'hui, énonça simplement Spartacus en enfonçant sa lame dans la gorge de Glaber, lui ôtant la vie avant de s'avancer l'épée dégoulinante de sang vers les rebelles qui se redressèrent à leur tour, fier de ce qu'ils avaient accompli cette nuit-ci.

Spartacus rassembla ses pensées avant de se lancer dans un discours destinés à honorer les guerriers et les révoltés qui avaient lutté pour leur liberté.

- Que Rome envoie leur légions ! On les affrontera ! Et ils suivront tous Glaber dans la mort !

- Ouais ! Hurla les hommes en saluant leur chef.

- Maintenant nous allons devenir une armée !

- Ouais !

- Spartacus !

La clameur s'éleva plus forte, alors que le soleil levant baignait Spartacus d'une orbe ensanglantée, digne d'un dieu barbare. Les armes étincelèrent à la lueur de plus en plus vive de l'astre solaire. Ils allaient devoir se battre pour conserver cette liberté chèrement acquise. Le vacarme retentissait dans l'enceinte du temple qui les avait vu combattre deux fois, l'une fut une défaite sévère et l'autre une victoire éclatante. Les nuages de l'orage s'étaient enfin dispersé après avoir nettoyé sous des pluies torrentielles le sang versé durant la nuit. Le matin se levait enfin sur un monde nouveau, où l'espérance prenait enfin son essor.

Spartacus descendit les marches souillées de sang et salua à la manière des combattants toute personne qui se présentait à lui. Il honorait les vivants, le visage empreint d'une nouvelle gravité. Il semblait prendre conscience de ce qui avait été réalisé sur ce champs de bataille. Les survivants se congratulaient, heureux d'être simplement en vie. Déjà ceux qui pouvaient encore levé un bras déblayaient la cour, séparant les morts entre ennemis et amis.

Les membres las, Agron s'étira. La fatigue des combats l'envahissait lentement comme la marée la plage. Ses yeux cherchèrent Nasir. Ils avaient lutté l'un près de l'autre, l'un pour l'autre. Ses yeux profonds paraissaient plus sombres à la lumière des torches et pourtant Agron y voyait des flammes qui n'avaient rien à voir avec les feux qui brûlaient un peu partout à l'intérieur du temple repris à l'ennemi. Il le trouva beau et l'image du jeune homme se grava fortement dans son esprit. Il garderait toujours cette trace dans sa mémoire, comme un souvenir de cette victoire.

Sa main se crispa sur la poignée de son glaive. Le jeune homme était face à lui, un sourire tendre aux lèvres. Agron ne résista pas, il l'enveloppa de ses bras, soulagé qu'il soit toujours en vie. Il enfouit son visage dans les cheveux de l'ancien ilote, se gorgeant de l'odeur de son amant. Malgré le sang et la crasse des combats, il la retrouvait enfin, subtilement mâle et musquée. Une odeur qui lui était familière, douce et attirante, terriblement attirante. Entre ses bras, il se sentait chez lui.

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Spartacus décida de hâter leur départ. Il fit récupérer ce qui était possible sur les cadavres des romains qu'ils achevèrent. L'équipement même disparate et de mauvaise qualité des mercenaires de Glaber était les bienvenus. Les casques, les plaques d'armures, trouvèrent vite acquéreur et les armes une main pour les tenir. Ils rassemblèrent tout ce qui pouvait être utile, chevaux, mules, vivres et ustensiles de cuisines. Au midi de la journée, ils furent prêt à partir, emportant les corps des guerriers tombés au combat. Spartacus savait que rester allait attirer à nouveau l'attention sur eux et ses lieutenants Agron et Crixus partageaient son avis. Cette victoire aussi belle fut-elle pour eux allait être une gifle insultante à l'orgueil de l'inébranlable cité.

Rester plus longtemps sur le champ de bataille, n'était pas une bonne stratégie. Ils étaient vainqueur certes, mais combien de frères étaient morts sur les flancs du volcan ou de la main des Romains. Agron cherchait les visages du regard, remarquant l'absence de certains compagnons. Son visage s'assombrit alors qu'ils se mettaient en marche vers le sud. Crixus lui décocha une bourrade, le tirant de ses sombres pensées.

- Tu regrettes le départ ?

- Ce lieu restera toujours dans ma mémoire, autant pour notre victoire que pour nos pertes.

- Nous les retrouverons dans l'Autre Vie, murmura Naevia, toujours proche du grand Gaulois.

- Le plus tard possible ! Maugréa celui-ci en la couvant d'un regard rempli d'amour.

- Les Romains devraient nous prendre plus au sérieux, maintenant, fit Nasir qui, les yeux brillants, marchait aux côtés d'Agron, un bras passé autour de sa taille.

- Et nous serons là pour les vaincre, dit Spartacus, qui arpentait le chemin près d'eux. Crixus, Agron, je vais avoir besoin de votre aide. Nous devons faire savoir que nous, les rebelles, nous ne les craignons pas. Nous devons libérer tous les prisonniers, tous les esclaves sur notre chemin pour tenir tête à Rome. Nous devons être plus nombreux et plus déterminés. Gannicus, attends-moi, je dois te parler.

Il hâta le pas et remonta la petite colonne afin de rejoindre l'affranchi, laissant le petit groupe interloqué.

- As-tu compris ce qu'il voulait ? demanda Crixus aux deux hommes.

- Libérer tous ceux qui sont asservi, dit Agron en souriant, c'est ce que nous faisons le mieux. Qu'en penses-tu, Nasir ?

- Sans votre arrivée à la villa où je vivais, dit-il, en grimaçant, je serais encore esclave. D'autres que moi méritent cette libération. De toute manière, je suivrai Spartacus.

- Et les combats pourraient bien remonter le moral de Gannicus, prophétisa Crixus en voyant Spartacus prendre le Celte par le bras.

- Il a perdu son plus cher ami, dit Agron en l'observant marcher sombrement aux côte de Spartacus. Les deux hommes ne parlaient guère et tous sentaient qu'ils ployaient le poids d'une commune perte.

Seul Saxa osa se rapprocher du Vainqueur de Capoue en lui apportant une poche de vin. Elle sourit en lui offrant une rasade. Il lui répondit d'un petit sourire triste, loin de son habituel charisme.

Elle l'enlaça doucement, comme pour le soutenir, posant d'autorité le bras fort autour de son cou. Agron eut un petit rire qui fit lever les yeux interrogateurs de Nasir vers lui.

- Je parie qu'elle saura le consoler, exposa le Germain, cependant Spartacus n'aura pas cette chance.

- Beaucoup souhaiterait réchauffer la couche de Spartacus, fit Naevia, blottie contre le flanc de Crixus qui la dévisagea interloqué. Eh bien, je veux dire, c'est Spartacus.

Les rires des trois homme la troublèrent et son teint chaud s'assombrit encore.

- Elle n'a pas tout à fait tort, dit Agron, en admirant le corps de son général, avant de prendre un coup dans les côtes, voyons, Nasir, c'est Spartacus !

- Agron ! Le reprirent trois voix à l'unisson, chacune exprimant une émotion différente, le reproche, l'amusement et l'étonnement. Il éclata d'un grand rire qui ravit ses compagnons, heureux de le sentir plus léger. Ils sentaient que dans les pas de Spartacus, s'écrivait une nouvelle page d'Histoire.

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Fin (à l'origine)

A suivre pour l'inter-saison (yes, Rhea a pris une décision ! merci à ceux qui ont argumenté dans ce but, ça ne m'a pas laissé de marbre, loin de là)

allez je poste avant de procrastiner à nouveau !