Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, Spartacus est une création Starz! et de Steven S. DeKnight. Je dois avouer que les scénaristes de Spartacus : Vengeance ont su titiller ma curiosité. Pardonnez les boulettes ou les redites, les fautes ou tournures de phrases... Spartacus donc, violence, relations entre hommes, jurons et compagnie... un joli petit couple aussi, Nasir/Agron
Beta :
Note : Merci à tous ceux (celles) qui ont lu le dernier chapitre, vous avez été nombreuxes ! j'espère que celui-ci vous plaira (en tout cas, moi, je l'ai préféré au chap 20) Bonne lecture.
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Chapitre 21
Le dos collé à Spartacus, Agron pataugeait dans le sang. Encerclés par les soldats romains qui appliquaient leurs foutus manœuvres traditionnelles, ils étaient en passe de se faire capturer. Vivants de toute évidence. Le sort de la bataille dépendait de leur capacité à conserver leurs liberté.
Spartacus avait les traits tendus à chaque fois qu'il croisait son regard déterminé dans lequel surnageait la volonté de sortir de cette nasse. Agron grimaça en faisant volter à nouveau son glaive. Le sang d'une écorchure au front l'aveuglait. Il ahanait en s'épuisant sur les boucliers et les pilums qui les acculaient. Il jetait de fréquents coups d'œil autour de lui, cherchant une issue qui se faisait de plus en plus chimérique. Où était sa brigade ? Où était Crixus et la sienne ? Il aurait juré apercevoir Naevia faire voler une tête d'un coup d'épée, non loin d'eux. Mais dans la folie d'un champ de bataille, elle aurait pu se trouver à des milles de là, comme leurs éventuels secours. Il entendait le souffle lourd de Spartacus derrière lui, l'odeur de sang mêlée à celle de la terre avide de la boire. Le désespoir lui griffa le cœur. Les Romains ne laisseraient échapper aucun d'entre eux, le mur de boucliers hérissés de pilums se rapprochait petit à petit, une sensation grandissante d'oppression lui obscurcissait l'esprit où rugissait un seul ordre : fuir cette nasse ! Fuir !
Fuir comme Nasir !
Dans une bouffée de souvenirs fulgurants, il revit le dernier moment où il avait posé les yeux sur Nasir. Celui-ci l'avait regardé sans mot dire avant de disparaître dans le dédale de tentes du campement. Le syrien l'avait délibérément ignoré alors même que lui, partait combattre pour la liberté. Merde, c'était comme si le jeune homme lui reprochait quelque chose. Depuis plusieurs semaines, il ne parvenait pas à lui parler, comme si la blessure de Nasir avait freiné net leur relation. L'affection qu'ils avaient l'habitude d'échanger semblait comme retenue par un barrage. Que se passait-il donc entre eux ?
Le jeune homme s'était détourné et lui avait rempli le cœur en le voyant se détourner. Il parlait à Gannicus l'instant d'avant et avait déguerpi l'instant d'après. De quoi avaient-il parlé ? Merde. Il aurait aimé pouvoir lui dire au moins au revoir, adieu peut-être, l'embrasser sûrement. A l'heure où il craignait le baiser de la mort, il aurait préféré les lèvres de son foutu Syrien.
Spartacus frappa contre son épaule et il tourna la tête en sa direction. Un sourire dément éclairait le visage de son ami. L'homme montrait un point derrière les lignes ennemies. Agron ouvrit de grands yeux en découvrant un trio avancer vers eux, tels des séides de la mort.
Gannicus broyait les têtes, abattait les torses qu'achevaient Saxa et, - il n'en crut pas ses yeux- Nasir. Le jeune homme habité par la fièvre des combats, bondit à travers une percée effectuée par Gannicus et atterrit aux côtés d'Agron, fier et dangereux. Son sourire l'éblouit tant qu'il tomba en arrêt avant de fondre à son tour dans l'exaltation de la bataille.
Il ne sentait plus le poids de son glaive, ni celui de ses coups sur la muraille romaine qui finalement s'effondra sous la bravoure du quintet. Libéré, Spartacus les entraîna en direction de Crixus, piégé à son tour. Il fut extrait de sa nasse de la même manière. Après de longues heures de combat, le sort de la bataille basculait enfin en leur faveur.
Spartacus rassembla en rugissant ses guerriers autour de lui et contre-attaqua rapidement, cherchant des yeux l'éminence où les généraux Cossinius et Furius observaient la bataille. Attrapant un cheval qui trottait sans cavalier, Spartacus monta à l'assaut de la petite colline, suivi à pied par ses lieutenants. Agron courait aux côtés de Nasir, armes et boucliers en main, hurlant de concert, tels des loups à la curée.
Ils grimpèrent l'éminence rocailleuse et soutinrent Spartacus dans son combat. Agron admira le talent avec lequel Nasir ferraillait avec les gardes des deux consuls. Il glissait souple comme un serpent venimeux, parait chaque attaque et plongeait rapidement sa lame dans la chair ennemie. Un véritable tueur dont la férocité attirait le regard.
Agron, remarquant qu'il n'était pas le seul à observer le jeune homme et ses prouesses, fronça les sourcils. Gannicus semblait le surveiller d'un air qu'Agron identifia comme de la fierté. Pourquoi était-il si fier de Nasir? La question sombra dans l'oubli. Il se replongeait déjà dans les combats, se créant un chemin de mort jusqu'à ce qu'il n'y ait plus ennemis à affronter.
Le terrain était désormais à eux, les généraux fuyaient vers l'ouest. Le soleil se couchait peu à peu, noyant le monde de sang alors qu'il hurlaient à la victoire.
Ils achevèrent les blessées romains dans la liesse, récupérant leur souffle peu à peu. Agron haletait encore lorsqu'il vit Nasir s'approcher de lui. Une main s'enroulant autour de son cou et approcha son front du sien. Ils partagèrent un même sourire avant de se détacher l'un de l'autre. Agron vibrait encore du rythme de la bataille et le regarda s'éloigner le regard plein de flammes. Il se sentait irrésistiblement excité, brûlant encore de la fièvre des combats.
- Spartacus ! s'écria Crixus, visiblement dans le même état que lui. Les Romains ont sonné la retraite. Nous avons gagné aujourd'hui.
- Nous n'avons rien gagné, répondit sombrement Spartacus, Cossinius et Furius se sont encore échappés.
Le général regardait en direction de l'ouest, là où se découpaient les silhouettes de deux cavaliers qui s'enfuyaient. Tout dans son attitude montrait sa rage et sa haine d'avoir encore manqué d'abattre une de nombreuses têtes militaires de Rome. Il se releva avec lenteur, arrachant le porte-étendard de la tête qu'il avait cloué au sol.
- On ne peut pas en dire autant de bon nombre de leurs hommes, fit Gannicus, d'un ton apaisant. Le champ de bataille est couvert de morts.
- Destin mérité de tous ceux qui veulent nous revoir aux fers et sous le fouet, ajouta Spartacus serrant plus fort l'enseigne dégouttant de sang, symbole de la légion qu'ils venaient de défaire. Prenez tout ce qui peut être utile, tentes, armes ou provisions, avant de retrouver nos compagnons au campement.
Les combattants s'activèrent sur le champ de bataille, achevant les mourant et récupérant leurs équipement. Le tribut du vainqueur, riche de vins pris à la tente des généraux. A la nuit tombée, les rebelles marchaient en direction du camp, terriblement fatigué par la longue journée qui avait vu une nouvelle fois la chute des romains.
Agron chercha du regard son amant, qu'il n'avait plus vu depuis l'annonce de la victoire. Le Germain était resté auprès de Spartacus, à faire le bilan de leurs pertes et préparer les futurs plans de bataille. Il était épuisé mais ressentait le besoin de retrouver son amant. Il le retrouva en train de tirer une mule récalcitrante, trop lourdement chargée de provision à son goût. Il râlait et grognait tout en luttant avec l'animal au sale caractère.
- C'est à se demander qui est le plus têtu de vous deux ? demanda-t-il, le dominant depuis sa selle.
Le jeune homme ne répondit pas, lui décochant un regard acéré afin de s'informer de son humeur. Un masque vide d'émotion lui répondit, ne lui apprenant rien. Agron rit intérieurement de sa moue de désappointement. Ses épaules bombées par la fierté d'avoir vaincu, retombèrent, tandis que sa tête se baissait légèrement.
Agron vit son attitude fière s'effondrer alors qu'il baissait la tête pour cacher son regard blessé. Il remarqua son embarras, alors qu'il déroulait et enroulait les rênes de ses mains, puis flattait le cou de la mule dans l'espoir de cacher son désarroi. Il avait manifestement peur qu'il ne lui reproche son arrivée sur le champs de bataille en compagnie de Gannicus et Saxa.
Foutre non, sans leur intervention, Spartacus et lui aurait été capturé et sans doute déjà mis à mort pour avoir oser se rebeller contre leurs maîtres. Ils avaient sauvé leurs putain de culs et la bataille toute entière. Il n'allait certainement pas le sermonner pour cela. D'autant qu'il était devenu un foutrement bon combattant. Il observa plus attentivement sa tenue, une armure de cuir qu'il ne lui avait encore jamais vu. Et cet équipement, coûteux pour ce qu'il en savait, rendait Nasir plus dangereux d'aspect, plus audacieux et plus viril. Son regard plein de feu au moment de la victoire était gravé dans sa mémoire et il rêvait de le revoir à nouveau. Il ne pouvait pas laisser ainsi se morfondre le jeune homme qui lui avait sauvé la vie.
Agron toujours à cheval, tendit la main vers Nasir. Celui-ci, surpris par le geste, tourna la tête en sa direction. Le sourire charmeur, le Germain lui fit signe de monter derrière lui. Le jeune homme le regarda avec stupéfaction avant de rendre les armes et jeter la longe de la mule à l'un des nombreux gamins qui les accompagnaient.
Il grimpa d'un bond derrière Agron. Celui-ci sentit ses mains se refermer sur son ventre, ses cuisses se serrer contre les siennes. L'homme partit à fond de train, heureux de sentir la prise se resserrer sur son estomac. L'une d'elle remonta vers son cœur, tandis que la seconde jouait déjà les délicieuses intruses sous son équipement guerrier. Agron accéléra l'allure de son cheval d'une pression de genoux. Il passèrent à hauteur de Gannicus et Saxa qui s'amusèrent de les voir passer d'un trot enlevé.
- Hé Agron, moi, à quoi aurais-je droit pour avoir sauvé ta foutue vie ? demanda Gannicus moqueur.
- Ferme-là, laisse-leur le temps de se retrouver. Je trouve même qu'ils perdent déjà trop de temps à t'écouter.
Nasir éclata de rire, en talonnant à son tour le coursier. Saisi d'une urgence primale, Agron se foutait des moqueries de Gannicus que Saxa embrassa avidement pour le faire taire. Agron n'écoutait plus que le désir et la vie qui bouillonnait en lui. Nasir semblait avoir trouvé une faille dans sa cuirasse et malmenait un de ses mamelons, le torturant sans prendre son assiette. Il était meilleur cavalier qu'il ne le pensait.
Agron sentait transpirer le désir de Nasir de tous les pores de sa peau. Il devait arriver le plus vite possible au campement pour apaiser cette fièvre qui les enflammait tous les deux. Il passa en coup de vent devant l'avant-garde dirigée par Spartacus lui-même sans s'arrêter de peur de devoir, encore, parler des plans de batailles. Il avait d'autres plans, plus intenses que la mobilisation et l'entraînement des nouvelles recrues. Il entendit rire Nasir derrière lui, ravi par cette cavalcade vers la félicité.
Ils approchèrent enfin du camp, premiers à délivrer l'annonce de la victoire, provoquant un déferlement de joie qui enivra les rebelles restés au campement. Contre leur volonté, ils furent immédiatement soulevés de cheval pour être félicités. On leur donna du vin pour étancher leur soif et fêter la victoire sans comprendre leur besoin de se retrouver seuls. Les deux hommes célébrèrent avec les autres, échangeant des regards chargés de braises, attisé par le souffle du désir, quelques caresses tendres qui se transformèrent en baisers enflammés sous les yeux de tous.
L'intérêt qu'ils avaient suscités s'effaça cependant vite devant le retour victorieux du général Thrace. Ils en profitèrent pour déguerpir loin de la liesse générale et de retrouver l'intimité relative de leur tente. L'idée que Spartacus ait accéléré son pas pour revenir plus vite s'agita un instant dans l'esprit d'Agron avant de disparaître sous les lourdes vagues de désir. Les mains enfouies dans les cheveux de Nasir, il embrassa son cou, le dévora de baisers mordants, qui agacèrent le petit homme au point de lui faire prendre la direction des opérations. Il chercha à dénouer les protections des épaules du Germain, s'énervant de ne pouvoir réussir.
Agron sourit avant de tirer sur une boucle, faisant chuter sa cuirasse qui tomba avec un tintement mat, accompagnée des ceintures de cuir qui ceignaient son torse. Nasir retint une exclamation lorsqu'il le déshabilla avec le même brio. Les armures et les équipements guerriers n'avaient pas de secret pour lui, un jeu d'enfant à retirer. La manica rejoignit son armure légère et Nasir retira lui-même ses ocrea tandis qu'Agron achevait d'ôter tout vêtement inutile. Ils se retrouvèrent l'un face à l'autre dans un état d'excitation rarement approché.
L'urgence, l'envie subite de ne faire qu'un, de célébrer à leur façon le fait d'être en vie rendirent leurs gestes un peu brusques. Un hymne composé de soupirs d'aise et de gémissements de douleur les enveloppait et les coupaient du monde. La guerre avait laissé des marques qu'Agron tenta d'adoucir sous des baisers légers. Nasir, tout aussi enivré de désir, pétrissait ses muscles, cartographiant la moindre bosse, le moindre creux de ce corps parfait.
Leurs corps étaient un creuset d'émotions qu'ils brûlaient de partager. La frénésie de la bataille flamboyait toujours dans leurs veines en fusion. Une lave amoureuse se propagea en eux, les jetant littéralement l'un sur l'autre. Nasir sauta dans ses bras, s'accrochant à son corps, griffant la peau de ses épaules à mesures que le Germain traçait son chemin en lui. Ils se battaient encore, luttant pour dominer la bouche de l'autre, tordant les mains pour atteindre plus de chair. Agron qui supportait le poids de Nasir, les entraîna sur la couche qui leur tendait les bras. Elle craqua sous leur poids conjugués quand il écrasa Nasir sous lui, approfondissant sa possession. Le jeune homme feulait son plaisir et l'implora d'aller plus vite, plus loin, plus fort. Ils luttèrent encore contre le besoin irrépressible de s'assouvir, de faire durer ce moment exceptionnel mais bien vite la nature fut victorieuse.
Nasir céda le premier, traîtreusement vaincu par son membre serré par une main guerrière. Il entraîna à sa suite le germain arc-boutée au-dessus de lui. Agron s'effondra sur le jeune homme, la frénésie laissant place à une plénitude rieuse.
- C'est moi ou nous venons d'atteindre de nouveaux sommets dans le sillage de la bataille ? demanda Nasir, une voix moqueuse qui attira le sourire d'Agron.
- Comme font tous les hommes, baignés de sang et de victoire, répondit Agron en l'embrassant langoureusement avant de glisser ses lèvres dans son cou et de le taquiner.
- Quand Rome tombera, ajouta Nasir en fermant les yeux sous la caresse mutine, nous ouvrirons les cieux en célébration.
-Et baiserons Jupiter, reprit Agron, traçant un chemin de baisers de son torse à son front, lorsqu'il tombera sur la terre.
- Oh, tu penses baiser comme un Dieu maintenant ? fit narquoisement le Syrien, semblant s'amuser de son expression.
- Je me vante mais les faits le prouvent, répondit-il sûr de lui, prêt à lui montrer à nouveau le feu qui couvait dans ses veines.
- Associe ces paroles arrogantes à du vin, et je les recevrai mieux.
Agron se leva gracieusement du lit, prêt à exaucer tous ses désirs. Nu comme au jour de sa naissance, il marcha en direction du vin, passant à côté de l'armure de cuir abandonnée. Le dos tourné, sentant son regard posé sur son fessier et les muscles de son dos, il eut envie de le féliciter.
- Tu t'es bien donné sur le champ de bataille aujourd'hui.
- Ça te surprend ? rétorqua Nasir d'un ton un peu tendu.
Agron sentit le nœud de leur précédent différent se resserrer. Il ne laisserait pas la situation se détériorer à nouveau entre eux. Il était trop heureux de l'avoir retrouver pour abandonner ce parfait compagnon.
-J'ai toujours cru en toi, Nasir, dit-il en se tournant vers lui, dardant ses yeux verts dans les prunelles noisettes, si pleines d'expectative et lui apportant une coupe de vin. Même quand tu n'étais encore qu'un petit esclave syrien rétif.
- J'étais encore dans l'obscurité, répondit Nasir, les yeux étincelants de plaisir à entendre ces mots, Je suis à jamais l'obligé de Spartacus, qui m'a montré la voie.
Agron, touché par son regard, prit son menton dans sa main pour accrocher son regard et qu'il prenne la mesure de son serment.
- Une dette partagée également par tous. Et que nous rembourserons avec des vies romaines.
Le sourire de Nasir appela le sien et sa bouche plongea pour lui voler un baiser. Nasir y répondit avec plaisir, sa langue accueillante se lovant bien vite contre la sienne. Quel bonheur de le retrouver ! il sentit son corps se réveiller sous les attentions de plus en plus charnelles de son amant. Visiblement se promener nu sous son regard l'avait émoustillé à moins que ce ne soit son approbation. Celle-ci comptait-elle autant pour cet homme? Son cœur s'en émut et il le serra plus fort, glissant son bras sous sa taille. Il chassa de son œil, une mèche qui s'y était égarée. Il longea du doigt la cicatrice qui mutilait son sourcil droit. Il avait eu si peur de le perdre lorsqu'ils avaient libéré Lucentia, comme il avait eu peur lui-même sur le champ de cette dernière bataille. Une véritable angoisse qui l'avait questionné sur ses choix.
Être secouru par l'homme qu'il tenait dans ses bras, avait été une telle surprise, un tel choc qu'il avait eu quelques instants d'arrêt, face à sa pire peur, voir Nasir se battre, patauger dans le sang et mourir. Mais le jeune homme avait enchaîné les combats, achevant d'un geste terriblement rapide le moindre de ses assaillants, plus combatif et plus mortel qu'une vipère aux crocs aiguisés.
Agron fit courir ses doigts sur ses bras, son torse, caressant les nouveaux muscles. Le toucher fit frissonner le jeune homme qui releva les yeux vers lui.
- Tu as pris de jolis muscles, à ce que je sens.
Les paupières de Nasir voilèrent ses prunelles,quelques instants seulement, comme s'il avait eu quelques choses à se reprocher, avant de le fixer d'un air incertain.
Agron plissa les yeux. Son sourire se fit plus lupin alors qu'il attrapait les poignets de Nasir pour les écarter, laissant à la merci de sa langue les pectoraux sans doute douloureux à force de soulever l'épée.
- Tu t'es entraîné très dur, lui fit-il remarquer, glissant du sternum aux clavicules.
- Je ne pouvais pas venir sur le champ de bataille sans préparation, dit Nasir en souriant faiblement.
- ni protection, évidemment. Merde, c'est une armure de scissor que cela, ajouta-t-il en lui montrant sa cuirasse, idéale pour ton gabarit.
Il vit cette fois clairement l'évitement, comme s'il se rapprochait d'une vérité qui le dérangerait. Nasir était trop franc pour lui cacher quelque chose, il le savait. Il lui faisait confiance. Mais maintenant que son cerveau s'était attaché à une idée, il ne pouvait plus la lâcher, comme un molosse son os.
- Cet équipement est une armure de scissor, tu as clairement suivi un entraînement approfondi, de la main d'un maître, me semble-t-il, énuméra-t-il avant de se tourner vers lui pour l'interroger. Qui ?
- Gannicus, répondit platement le jeune homme
- Gannicus ? grommela Agron, je comprends mieux ses propos sur Apix et ses créateurs d'armures. Je pensais que c'était pour Saxa. Les conneries d'un homme amoureux. C'était pour toi ?
L'incrédulité dans sa voix fit frémir le jeune homme . Agron était un naturel sanguin et une idée agaçante venait de surgir. Gannicus et Nasir ! Est-ce donc pour cela que l'homme restait au campement ? Pour s'occuper de son amant ? Gannicus a toujours eu mieux à faire qu'à écouter et participer aux réunions après la bataille.
- Etes-vous amants ? Demanda-t-il d'une voix mordante, le cerveau soudain empli d'affreuses images de Gannicus et Nasir qui roulait sur le gladiateur au torse musclé en riant, l'aimant comme... Non ! Il ne pouvait pas croire cela.
- Tu dis n'avoir jamais douté de moi, lâcha Nasir d'un ton blessé, comme s'il avait suivi chacune de ses pensées sur son visage. Et poutant, tu crois cela.
Agron se secoua, reprenant Nasir dans ses bras. Non, Gannicus aimait trop les femmes pour l'approcher de cette manière. Et Nasir n'aurait pu le trahir de cette manière. Jamais.
- Cette armure, c'est le don d'un ami à un ami, ajouta le jeune homme qu'il serrait trop fort.
- J'ai compris, putain ! Je te fais confiance comme je te l'ai dit, reprit plus doucement Agron en caressant son visage, comme étonné par ce qu'il découvrait dans ses yeux. Je veux que tu la porte à chaque combat, et que je te la retire moi-même le soir venu.
- Si tu le désires, murmura amoureusement Nasir, à son oreille, sa main se refermant sur son membre. Je ferais ce que tu désires.
- Nasir, râla le Germain quand son pouce en caressa la tête, le faisant se contracter involontairement.
Nasir avait toujours eu des gestes délicats et experts, encerclant sa longueur, flattant la tête quémandeuse. Le jeune homme se pencha d'une manière parfaitement lubrique, une manière pour l'inviter à s'occuper plus des besoins de son corps que de ses pensées guerrières. Bien sûr, il avait foutrement raison ! Avec un compagnon aussi bouillant, pourquoi s'interroger autant ? Cet homme l'aimait suffisamment pour s'entraîner avec Gannicus et - il savait que ce bâtard pouvait être foutrement dur - et venir lui sauver les miches en pleine bataille.
Si ce n'était pas une preuve d'amour, de quoi s'agissait-il donc ? Il fondit sur son corps, le repoussant sur leur couche et faisant couler l'huile de leur lampe, lui montra qu'il avait bien appris lui-aussi.
Après les combats de cette journée, il pouvait lui apporter plus de réconfort, touchant son corps de caresses glissantes qui peu à peu tracèrent un chemin sinueux sur son épiderme. Agron sentait son propre désir monter à mesure que les mots fous de son amant imprégnaient son oreille. Les gémissements qu'il lui arrachait le poussait à continuer sa tendre exploration.
Il le prit en bouche, continuant de le masser et de torturer de douceur le corps qui se tordait sous ses soin. Le mouvement surprit Nasir qui retint à grand peine ses hanches de bouger, priant pour qu'il prenne plus, beaucoup plus. Alternant jeux de main et jeux de langues, Agron le poussa vicieusement jusqu'à sa dernière limite. Sa langue enfouie là où le soleil ne brille jamais, il le sentait se contracter, repoussant la jouissance qui menaçait de le ravager.
Agron ne lui apporta pas le soulagement requis avec prière, préférant le retourner pour s'occuper des noeuds restant de son dos. Nasir émit une plainte mêlée de désapprobation, qui s'apaisa lorsqu'il redescendit des omoplates à son fessier. Nasir se tordait sur les draps, frottant son bassin contre le lit pour accéder plus vite à la jouissance. Agron lui interdit tout mouvement en pressant ses reins. Agron se laissa emporter par son envie d'aimer son Syrien, glissant son membre suintant à travers le vallon qui l'appelait irrésistiblement. Le jeu dura jusqu'à ce que les nerfs trop longtemps titillés et frustré, Nasir s'empala de lui même, provoquant un double râle de profonde satisfaction.
Profondément encloué, Agron lutta contre l'envie de prendre un rythme plus soutenu. La sensation, la chaleur et la douceur qui enserrait souplement sa queue le grisait complètement mais il voulait plus.
Il se redressa, basculant tendrement Nasir sur ses genoux. Le jeune homme se renversa complètement, une main audacieusement porté sur son propre sexe, totalement exposé. La main d'Agron agaça un mamelon, lui arracha un gémissement qui se transforma en râle lorsqu'elle attrapa son membre et accompagna le mouvement qui porta le syrien très loin. Celui-ci retomba en avant, tandis qu'Agron donnait enfin libre cours à sa propre nécessité. Il retrouva le rythme repoussé tout à l'heure pour clouer son amant au lit qui branlait sous les chocs conjugués.
Emporté par sa jouissance, Agron s'effondra en avant et la couche fragilisé ne résista pas, un pied se cassa, suivi d'un second envoyant bouler au sol le couple recroquevillé sur lui-même. Un rire formidable les secoua d'un bel ensemble, tant causé par l'intense climax que par la chute proprement dite. Secoué de tremblement de rire, Agron se dégagea lentement. Nasir se roula au sol pour venir se nicher dans les bras accueillants.
Une lumière mutine étoilait ses yeux et un sourire franc s'étirait sur ses lèvres rougies et le cœur d'Agron battit plus fort. Le son sembla plaire à son amant qui se lovait contre lui tel un chat joueur. Leurs rires se calmèrent à mesure que leurs cœurs s'apaisaient. Ils partagèrent alors un moment étrange, comme debout devant l'autel d'un dieu barbare. Une bulle de calme dans effervescence dans laquelle était plongé le campement. Main dans la main, leurs doigts se caressaient et s'entrelaçaient, communiquant à leur manière, pleinement conscient de la présence et de l'existence de l'autre. Il s'étaient enfin retrouvé sur les champs de batailles comme sous les draps.
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A suivre
Je poste vite avant de tout modifier à nouveau. J'espère qu'il vous plaira celui-ci. Prochain arrêt. Sinuessa.
Biz R
