Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, Spartacus est une création Starz! et de Steven S. DeKnight. Je dois avouer que les scénaristes de Spartacus : Vengeance ont su titiller ma curiosité. Pardonnez les boulettes ou les redites, les fautes ou tournures de phrases... Spartacus donc, violence, relations entre hommes, jurons et compagnie... un joli petit couple aussi, Nasir/Agron

Note : Merci à toi Ashyr, je connais les même soucis avec les tablettes et les doigts qui glissent. Merci aux courageuxes qui ont reviewé, aimé, lu et parfois relu cette histoire. J'espère que ce chapitre vous plaira et je retourne plancher sur le prochain, pour une fois que je peux consacrer 1h à mon péché mignon, ça serait dommage de ne pas s'y mettre. J'en profite également pour vous souhaiter une très belle et bonne année 2015, qu'elle vous soit pleine de plaisirs, de joie et de bonheur et non, techniquement, je ne suis pas en retard pour les voeux : )

Chapitre 23

«==========((=0oooO ~~ Agron ~~ Oooo0=))==========»

Telle une meute de loups, guettant impatiemment l'hallali, les rebelles scrutaient les murs de Sinuessa et de son port. La faible clarté des étoiles et de la lune suffisait à peine à en découper les remparts dont ils connaissaient les contours par cœur. Impatients, ils attendaient un signe de Spartacus car celui-ci leur avait ordonné de se tenir cachés jusqu'au moment venu. Des jours plus tôt, Agron avait accepté de diriger les rebelles à sa rencontre. Ils s'étaient alors déplacés à travers la Campanie et campaient dorénavant à quelques lieues seulement de la cité. Ce long voyage avait enfin atteint son but, épuisant forces et nourritures, malgré deux attaques de convois de marchandises, des attaques éclairs qui n'avaient laissé aucune chance à leurs opposants. Les provisions et le vin ainsi obtenus avaient permis de soutenir leur progression mais les ventres sonnaient creux désormais. Malgré la faim, la détermination faisait briller les yeux des hommes de Spartacus. Ils étaient prêts à agir.

Crixus les avait rejoint dans l'après-midi, les enjoignant à prendre position auprès de la ville, promettant aux troupes sang et vengeance. Il avait résumé en quelques mots le plan de Spartacus, distribuant les rôles de l'attaque. A la faveur de la nuit, les rebelles s'étaient rassemblés dans les collines environnantes et depuis contemplaient les remparts, en attendant que Spartacus leur ouvre les portes. Agron leur avait interdit le moindre feu pour ne pas risquer d'alerter les Romains. L'hiver était bientôt sur leurs épaules et dans l'air montait la fumée blanche de milliers de respirations tandis qu'ils patientaient tant bien que mal, attendant le signal de Spartacus pour attaquer.

Crixus et Naevia circulaient à travers leurs positions, vérifiant que chacun soit bien armé, motivant les plus angoissés par le futur combat. Plus loin à quelques lieues de là, d'autres attendaient, conservant leur maigres possessions et les rares animaux ayant échappé au couteau de boucher de Diotimus. L'homme, blanc d'inquiétude, se tenait auprès de Nasir et lui parlait d'une voix sourde de la ville où il avait ouvert les yeux. Il lui avait raconté le conciliabule tenu avec le chef de guerre et ce qu'il avait déduit de la conversation.

- Spartacus semblait persuadé qu'il pouvait prendre la ville de l'intérieur. J'ai partagé avec lui mes connaissance de la cité. Mais il peut se passer tant de choses lors qu'un homme est seul face à l'ennemi, même pour le Faiseur de pluie.

- Ne sous-estime ni Spartacus, ni Gannicus, je les ai vu au combat et ce ne sont pas des hommes à prendre à la légère. Ils savent que nous sommes là et que nous sommes prêts à attaquer.

- Ta confiance en Spartacus est louable, mais ce n'est qu'un homme face à un système qui fonctionne depuis des siècles. Rome s'est faite sur le sang et sur la chair des esclaves. Elle ne tolérera pas la rébellion de ceux qu'elle considère comme des êtres inférieurs.

- Nous lui démontrerons que la liberté sied plus à l'homme que les fers !

Diotimus ricana, le visage sombre et incapable d'arrêter de se tordre les mains.

- Sans doute, mais que fera Spartacus après cette bataille ? Il enchaînera les Romains comme nous l'avons été. Et que se passera-t-il ensuite lorsque les vivres se feront trop rares ? Le sang coulera...

- Il coulera bien avant ça, gronda Crixus en écrasant du regard le boucher qu'il n'appréciait guère. Cette nuit est la nuit des loups et nous massacrerons nos ennemis.

Diotimus le regarda avec dégoût, prêt à répondre vertement avant de se rendre compte de la carrure de son interlocuteur, peu commode.

- Libres ou enchaînés, Romains ou esclaves, c'est un même sang qui coule dans nos veines, rétorqua-t-il d'une voix adoucie.

- Je n'ai rien de commun avec ces putains de Romains, cracha Crixus en posant la main sur son glaive.

- Paix, Crixus, l'interpella Agron en saisissant son épaule. Retiens ta colère et ton impatience pour le combat.

- La porte s'ouvre! s'écria Nasir.

En effet, même à cette distance, ils virent les portes solides de Sinuessa s'entrouvrir avant de retomber. L'inquiétude marqua les visages des lieutenants. Que se passait-il ? Spartacus aurait-il été découvert ? Crixus tendit l'oreille de même qu'Agron, faisant taire les murmures incrédules.

- Il y a un combat, préparez-vous. Préparez-vous à combattre !

Nasir tira son arme, la soupesant en pensant aux victoire qu'elle lui avait assurée, priant pour qu'elle lui sauve une nouvelle fois la vie. Agron leva le bras, Crixus l'imita et dans un bel ensemble, libérèrent les forces rebelles contre les murs de la cité. La course parmi les taillis et les éboulis les ralentit légèrement mais ce fut plus facile une fois la route atteinte. Nasir talonnait Agron aux longues enjambées, luttant pour ne pas se faire distancier. Ils arrivèrent les premiers aux portes de bois. Crixus tambourina sur le lourd vanteau qui ne bougeait plus.

- Qu'est-ce qui se passe, gronda Crixus en tournant une tête grimaçante en direction d'Agron qu'il semblait vouloir tenir responsable de cette attaque avortée.

- Putain, je l'ignore, lui répondit acidement le Germain, je ne suis pas à l'intérieur que je sache.

- Chut, je les entends, s'écria Nasir, l'oreille appuyée contre le bois de la porte. Des combats... des gardes qui appellent à l'aide.

- Je croyais qu'ils étaient peu nombreux, grogna Agron en assassinant du regard le Gaulois fulminant.

- Prends garde, Germain, riposta celui-ci, l'épée levée. Je ne tolérerai pas que tu me manques...

- Attendez, attendez, elle bouge, l'interrompit Nasir. Soulevez-la. Allez-y.

Les paumes d'Agron et Crixus se posèrent sur le fer bardant la porte, leurs ongles s'enfoncèrent dans le bois et ils poussèrent ensemble, dans un même effort. Dès qu'il y eut un espace suffisant pour s'y glisser, Crixus se jeta au sol et roula sur lui-même pour se précipiter dans l'arène où Spartacus et Gannicus dansaient déjà. Il bondit sur ses pieds et pirouetta sur lui-même pour affronter les gardes romains. La porte soutenue par les fortes épaules des gladiateurs venus en renfort, les rebelles déferlèrent dans la ville, emportant la mort dans leur sillage.

Nasir suivait Agron en protégeant ses arrières. Pourtant ils n'étaient pas en danger. Ils étaient le danger que craignaient les romains. Les esclaves rebelles revendiquaient la ville comme la leur, exterminant jusqu'aux plus jeunes, semant la mort sur leur passage. La nuit hurlante tomba sur les habitants. Leur plus grande crainte avait pris corps avec une férocité qu'ils n'imaginaient absolument pas. Nombreux furent ceux qui périrent sous les coups d'esclaves auxquelles ils n'accordaient pas plus de valeur qu'à un meuble. Nombreux furent ceux qui partirent pour l'autre monde dans l'incrédulité. Incapable de croire en ce cauchemar qui laissait des citoyens se faire massacrer.

Un soleil cramoisi s'éleva bientôt à travers un brouillard étrangement teinté de sang et la frénésie du carnage s'apaisa peu à peu. Spartacus parcourut les ruelles de la cité, reprenant peu à peu le contrôle des ses partisans.

Il faisait avancer une femme sous la contrainte. Jeune, avenante et terriblement paniquée par la situation, elle s'attirait les moqueries des vainqueurs de la cité. A ses yeux pleins de larmes et ses lamentations en arrivant près des réserves de la cité, tous comprirent qu'il s'agissait de la femme de l'édile, la femme de l'homme même qui menaçait de brûler le grain. Celui-ci refusait d'abandonner le cœur même de sa ville. Malgré les menaces d'Agron, l'homme restait déterminé à mettre le feu à la poix renversée. Il semblait savoir que tout espoir était vain désormais mais hésitait encore sur ses actions à venir.

- Agron, baisse ta lance, l'enjoignit Spartacus en s'avançant au milieu de la foule en colère qui hurlait en demandant la tête de l'édile.

La rage de la bataille, la haine et la convoitise faisaient briller les yeux et montrer les crocs. La présence de Spartacus les calma quelques instants, avant que les cris ne redeviennent sonores. Le général rebelle fit alors quelque chose qui étonna visiblement Agron. Il envoya son épouse négocier avec l'homme aux abois.

Malgré les hurlements rageurs qui ponctuaient la colère de la foule, Agron entendit les douces paroles de la jeune femme à la peau laiteuse. Elle tentait de tout son cœur d'apaiser son époux, assailli par le désespoir et la haine. Le jeune homme jeta un coup d'œil à son chef de guerre qui ne regardait pas la scène mais un point situé plus en hauteur. Crixus se faufilait sur les toits, pour attaquer l'édile à revers. Il comprit alors que Spartacus avait gagné du temps en laissant son épouse parlementer.

L'attaque de Crixus prit les Romains par surprise et l'édile s'affola, agitant sa torche pour enflammer la poix qui noyait le grain. Laeta hurla et le Romain se tourna l'espace d'un instant vers elle. Spartacus planta alors un pieu dans son œil, volant sa vie en lui défonçant le crâne.

- Oh, non ! S'écria-t-elle, les mains désespérément tendues vers le corps qui s'agitait encore de soubresauts. Il allait ouvrir la porte ! Je sais qu'il le voulait. Il aurait voulu ouvrir la porte pour moi, se perdit-elle en lamentations.

- Je ne placerai pas ma foi en ceci, lui jeta le général Thrace avant de se retourner vers la foule agitée. Nous avons eu notre lot de sang et de vengeance cette nuit. Cria-t-il en levant la voix. Aucun Romain qui respire encore ne souffrira aucun tort. La cité est à nous !

Mille voix lui répondirent alors dans un écho joyeux et victorieux.

"La cité est libre !'' ''Une fois encore les romains chutent !'' ''victoire !"

Spartacus dévisagea la jeune femme dont les larmes coulaient sans pouvoir s'arrêter. Son visage portait un masque de désespoir et d'inquiétude qui la défigurait presque. Les traits du Thrace s'adoucirent quelques brefs instants avant de se raidir à nouveau.

- Voir un être aimé mourir est une chose difficile. Chose que les Romains m'ont fait à plusieurs reprises. Cela ne te réconfortera pas, mais sache que je porte tout le poids de ta perte. Enchaînez-la !

L'ordre adressé à Nasir et Agron fut exécuté dans l'heure. Les deux hommes l'escortèrent vers les files de romains prisonniers, dont la ville, la vie et le grain leur appartenaient désormais.

Le discours de Spartacus avaient calmé définitivement les esprits. Nul ne souffrirait plus ici des avanies romaines. Ils étaient libres et s'assurèrent de trouver un logis dans les maisons désertées. Les esclaves libérés en même temps que la ville, fêtèrent leurs libérateurs avec joie et ferveur.

Les hommes apportèrent vin, pain et viandes de leurs anciens maîtres, les femmes parfumèrent les combattants d'huiles aux fragrances lourdes et capiteuses comme le vin qui coula à flot. Après le sang versé et la violence des combats, la liesse emplissait les cœurs en les faisant battre d'une même ferveur.

Le soleil était déjà haut dans le ciel, lorsque Nasir et Agron se retrouvèrent enfin seuls dans une pièce vaste et richement décorées. Tous deux profondément épuisés, ils se jetèrent sur la couche qui leur avait été offerte pour goûter en plein midi une sieste méritée. Enlacés l'un contre l'autre, ils sombrèrent rapidement dans le sommeil, inconscient du travail qu'ils leur restaient à accomplir.

Le lendemain viendrait bien assez vite.

A suivre...

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