Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, Spartacus est une création Starz! et de Steven S. DeKnight. Je dois avouer que les scénaristes de Spartacus : Vengeance ont su titiller ma curiosité. Pardonnez les boulettes ou les redites, les fautes ou tournures de phrases... Spartacus donc, violence, relations entre hommes, jurons et compagnie... un joli petit couple aussi, Nasir/Agron

Note : Merci à toi Ashyra ! je crains qu'il n'y a plus que toi qui ait eu le courage de reviewer tout comme P'tite Sissi1789. C'est de ma très grande faute, Rhea culpa ! Je ne suis pas une flèche question écriture, rien que pour écrire cette note, 3 jours (semaines). Je ne suis pas la crème des auteures, je connais les baisses de rythme et de qualité, comme une vieille machine un peu fatiguée et parfois (souvent) la motivation se perd et se disperse.

(ouh que c'est déprimant). MAIS j'ai toujours ce petit frisson au moment de poster un chapitre, cette petite piqure d'adrénaline en pensant à ce que certain(e)s pourraient en penser, partager en somme un peu de mon imaginaire (et ma passion pour les époques latines). Alors, j'ai un peu de temps, un peu de motivation et un chapitre (enfin) terminé. Alors stop au blabla (que vous avez déjà peut-être sauter) et bonne lecture à ceux/celles qui suivent toujours cette histoire-là. (courage, un jour, y'aura une fin).

Chapitre 24

«==========((=0oooO ~~ Nasir~~ Oooo0=))==========»

Sinuessa. Un silence lourd enveloppait encore la cité qui s'éveillait peu à peu, les rues ruisselantes de sang. La frénésie des combats avait marqué la pierre blanche de traces sanguinolentes.

Sinuessa appartenait maintenant aux rebelles qui avaient pris la ville en une seule nuit. Les survivants abasourdis par l'attaque éclair avaient été enchainés aux murs de leur propre cité. Aucun ne s'était attendu à un tel assaut, persuadé par la protection de leurs épaisses murailles et des soldats payés par l'édile. La tête basse, ils semblaient s'interroger sur la manière dont tout avait basculé. De citoyens de la Grande République, ils étaient maintenant ravalés au rang de bêtes à qui on refusait l'eau et le pain, plus bas que leurs anciens esclaves, qui les jugeaient désormais avec haine et mépris.

A mesure que le soleil montait à l'horizon, les rebelles se rassemblèrent, comme ils en avaient pris l'habitude durant leur longue marche, pour manger, discuter ou bien s'entraîner au combat. Les anciens gladiateurs avaient élu domicile près du forum et le métal sonnait déjà contre le métal, offrant une distraction bienvenue aux libérés de Sinuessa. Le goût de la liberté touchaient leurs lèvres et pour la première fois de leur vie, ils étaient livrés à eux-même, ignorant ce qu'ils en devaient faire.

Ils admiraient la force et la puissance que les gladiateurs démontraient. Ceux-ci, accoutumés aux regard, commencèrent à tester ceux qui voulaient rejoindre les combattants. Une tâche qu'ils accomplissaient volontiers. Crixus semblait avoir pris en charge cette partie de la cité tandis que Spartacus et Agron arpentaient la ville pour en faire l'inventaire. Le Gaulois, campé sur ses deux jambes, surveillait d'un air sombre les hommes qui s'essayaient parfois pour la première fois au port des armes.

Nasir participa à l'entraînement jusqu'à ce que Gannicus et Attius n'arrivent pour livrer des armes aux futurs combattants. Les bras encore endoloris par le carnage de la nuit dernière, il n' effectua que quelques passes d'armes avant de se mettre à la recherche d'Agron qu'il n'avait pas vu depuis le lever du jour.

Nasir gardait les yeux et les oreilles ouverts, fidèle à la parole donnée à Spartacus d'écouter le murmure et suivre le mouvement de leur large assemblée. Il sentait monter dans la ville une lourde tension, que les regards jetés sur les otages tendaient à expliquer. Ils exprimaient la haine pour les maîtres romains et le vertige face à une soudaine liberté. Pour l'avoir connu, Nasir savait que ce mélange pouvait être détonnant et Spartacus devait être informé du danger de cette rancoeur.

Déambulant au milieu de la foule, Nasir entendit une rumeur concernant un voilier, qui aurait jeté l'ancre dans une crique non loin du port. La rumeur montait, s'enflait et les rues bruissaient de mille versions et mille voix commentant la nouvelle.

- Qui était- ce ? Quelle cargaison apportait son équipage? Qui donc pouvaient-ils être ? Les questions alourdissaient l'air et les réponses étaient rares.

- Des pirates ! Annonçait un ancien marin qui revenait des remparts.

- Des espions romains, rétorquait un autre, venus nous tuer dans notre sommeil !

Des cris s'offusquèrent de l'affaire. On se rassemblait pour attaquer

- Ils ont raté leur coup alors, tonitrua un gladiateur, car tout le monde sait qu'ils sont ici.

Les rires et les huées suivirent sa moquerie et Nasir écoutait toutes ces rumeurs, toujours aussi étonné du nombre d'anciens esclaves qui suivaient Spartacus désormais.

Il était loin le temps où il les connaissait tous mais il croisa quelques amis de longue date avec lesquels il échangea quelques nouvelles. Il aimait partager avec eux le salut du matin et discuter des dernières nouvelles. Chacun dans la cité avait pu trouvé un lieu à soi et à manger pour tous. Pourtant la nouvelle que la famine pourrait bien menacer avivaient les commentaires. Beaucoup ne comprenaient pas pourquoi Spartacus conservait les citoyens survivants. Ils n'étaient d'aucune utilité désormais, sinon des bouches supplémentaires à nourrir. Nasir s'étonna de la rapidité avec laquelle certains devenaient vindicatifs et vicieux, maintenant que les rôles étaient inversés. Pour sa part, il ne pouvait s'empêcher de les plaindre de les voir ainsi enchaînés.

C'était peut être ds romains mais aussi des hommes malgré tout et ce n'était pas humain de les garder enchaînés tels des bêtes. Ils ne valaient pas mieux que les Romains à se comporter de la sorte.

Cependant les achever, parce que bouche inutile, ne lui plaisait guère. Il pria pour que Spartacus trouvât une solution rapide à leur problème d'intendance. La faim était bientôt sur eux et déployait ses ombres avides dans le regard des révoltés. Il sentait comme un vent de rébellion flotter dans les rangs, à peine voilé par la nouvelle du voilier.

Nasir grimpa rejoindre Sanus sur les remparts. Le soleil du matin inondait le port irradiant de blancheur. Il porta la main à ses yeux pour se protéger de l'éclat lumineux et mieux voir ce qui bougeait sur le navire. Des têtes commençaient à émerger des cales et des voiles où les marins s'étaient abrités pour la nuit. Habits chamarrés, bijoux clinquants et cheveux hirsutes, les hommes qui arpentaient maintenant le pont, ne ressemblait pas à l'idée qu'il se faisait des marins. Armés jusqu'aux dents, quelques uns se préparaient à monter dans une barque pour rejoindre la terre.

Un homme entre deux âges, les cheveux longs et grisâtre semblait commander les quatre autres marins. Son regard fut attiré par la vision d'un jeune homme mince qui se tenait derrière le chef. Ses yeux et ses dents étincelèrent à la lumière, contrastant avec sa peau brune. Celui-ci lui rappela immédiatement Onemaus, dont le souvenir vivait encore en lui.

- Je vais prévenir Spartacus de l'arrivée de ces hommes, ne les lâches pas des yeux et ne les laisse entrer sous aucun prétexte.

- Crois-tu que j'oublierai les ordres de Spartacus, petite merde ? Grogna l'imposant gardien de la porte. Personne n'entre sans son autorisation. Dépèche-toi d'aller chercher notre chef et ton idiot d'amant. Ceux-là seront à la porte dans moins d'une heure.

Le jeune homme gronda en réponse. Le cœur battant, il s'empressa d'alerter Spartacus et Agron qui vérifiaient en compagnie de Donar le niveau des greniers à grain. Nasir entra d'un pas vif et comprit rapidement à leur mines sombres que le blé se faisait rare et que cela les inquiètait.

- Un navire a jeté l'ancre près de la côte, annonça-t-il, se redressant de toute sa taille.

La nouvelle qu'il leur apportait les surprit fortement. Ils se précipitèrent dans ses pas pour voir ce qu'apportent ces nouveaux venus. Spartacus donna l'ordre d'ouvrir les portes et quatre pirates entrèrent, l'un d'eux portant un tonneau.

Nasir calqua son comportement sur celui de Spartacus, dans l'attente. Il conserva sa main sur son pilum, prêt à attaquer au moindre geste de menace. Les pirates s'attendaient à un pareil accueil et tout dans leur attitude respirait l'arrogance des voleurs. Le plus âgé prit la parole et appela Spartacus d'une voix rogue. Il débita un discours aux accents ironiques. Nasir détaillait les quatre pirates qu'il n'avait vue que de loin, leur fierté, leur postures droite et le rictus amusé sur leur lèvre. Comme s'il étaient témoins d'une bonne plaisanterie.

Il sursauta en voyant l'homme, le capitaine sans doute, donner l'accolade à Spartacus, surpris. Le pirate disait ne souhaiter rien d'autre que les appeler frère et boire en leur compagnie.

Spartacus ne se laissa pas tromper par le sourire factice et la comédie. Il les entraina à l'abri des regards dans une pièce de la maison de l'édile. Nasir se plaça immédiatement devant l'entrée en compagnie de Donar, interdisant le passage à quiconque. Il mourait d'envie de suivre leur conversation mais d'autres curieux cherchaient à passer leur barrage et le forçsaient à les repousser. Il se contenta de jeter de brefs coups d'oeil pour apercevoir Agron au fond de la pièce. Il n'apercevait que la ligne tendue de ses épaules et le sourire du noir Sicilien qui étincelait dans l'ombre et qui semblait ne jamais vouloir quitter ses lèvres pleines.

Les pirates quittèrent avec arrogance l'ancienne maison de l'édile, l'Ethiopien bousculant Agron pour faire bonne mesure. Il pressentit de lourdes difficultés à venir, ces hommes-là, une idée bien précise devait les avoir guidé jusqu'ici.

Agron en quelques mots lui relata l'entrevue avec les pirates et le motif de leur venue, le sceau de l'édile. Cet objet pouvait être l'instrument de leur salut. Il pouvait servir à les sauver de la famine. Il lui apprit également que Spartacus avait fait parler Laeta pour qu'elle donne la liste des biens appartenant à son défunt époux et ses hommes fouillaient en ce moment-même les anciennes possessions de l'édile pour retrouver le sceau disparu.

- Nous pourrions aller aux bains, fit Nasir en réfléchissant.

- Aux bains ? s'exclama Agron, que veux-tu qu'on y trouve ?

- Les bains sont des lieux propices aux rencontres commerciales.

- Ah, il est courant de discuter affaire cul nu ? se moqua Agron.

- Ou en se faisant masser, continua Nasir, imperturbable. C'est quelque chose dont raffolent les citoyens.

- Je ne suis jamais allé aux bains, dit Agron, en posant son bras sur l'épaule de son amant, je ne suis pas un citoyen romains. Les esclaves du Ludus n'avait pas le droit de s'y laver.

- Tu ne t'es donc jamais lavé ? Je comprends mieux dorénavant, dit-il d'un air malicieux.

- Que comprends-tu ? demanda Agron en le serrant un peu plus fort. Tu insinue que je pue ?

- Mais non, c'est viril, ajouta-t-il rapidement, mais je pourrais te faire découvrir les plaisirs du bain. Tout ce que font les Romains n'est pas forcément mauvais.

- Quand cela repose sur la force de l'esclave, c'est mauvais. déclara le Germain, sans ambage.

- L'exploitation de l'homme par l'homme, Rome a construit son monde, grâce à cela. Ce que je te propose, là, c'est le summum de la civilisation. D'anciens esclaves se chargent d'entretenir les thermes pour les rebelles. Allons goûter les plaisirs décadents des citoyens Romains.

- N'oublions pas d'enquêter sur l'existence du sceau, lui rappela Agron, souriant peu à peu alors que le jeune homme l'entraînait vers les thermes.

Les bains de Sinuessa étaient relativement petits pour une cité de cette taille car ils étaient antérieurs à l'expansion de la ville. Cependant leur ancienneté était contrebalancée par un parfait entretien. Nulle moisissure ne ternissait le sol fraichement brossé, où pénétrait la lumière par un toit creux. Ces étuves ne pouvaient guère rivaliser avec les thermes de Rome. Composés de quatre salles seulement, ils n'étaient en rien aussi fastueux. Mais pour un Germain qui n'avait connu que les forêt de son pays et le ludus de Batiatus c'était le comble du luxe.

Une bouffée de vapeur parfumée les accueillit dès l'entrée. Le Germain marqua un temps d'arrêt, se rendant compte que les bains étaient toujours en activité, comme annoncé par Nasir. Celui-ci le poussa dans le vestibule en souriant. Sur les murs, scintillaient des mosaïques représentant Hercule entouré de naïades. Une chaleur infernale nimbait ce lieu d'une fine vapeur d'eau qui semblait donner vie aux mosaïques. Une vieille femme sortit d'une alcove en portant un bassin d'eau agrémentée d'écorces d'orange et de citron.

- Bienvenue, dit-elle, en les saluant d'un sourire et les invitant à se nettoyer les mains dans le bassin.

Le Germain la dévisagea, l'air intrigué par sa présence dans ce lieu. Personne ne semblait lui avoir dit qu'elle était libre désormais et qu'elle n'avait nul besoin de continuer à s'occuper de ce lieu. Elle dut lire sur son visage son interrogation car elle sourit pllus largement et se redressa en faisant saillir ses maigre épaules.

- J'ai vécu ici 50 années à servir mes maîtres et ces bains sont toute ma vie. Dominus m'a affranchie avant de mourir, il y a dix ans. Et j'ai continué à travailler ici auprès de son épouse. Quand vous êtes arrivés, Domina a été tuée ici-même. C'est moi qui ait même dû nettoyer tout le sang, termina-t-elle d'un ton qui donna envie à Nasir de s'excuser. Et depuis, je m'occupe de tout ici, et il n'y a personne pour m'aider.

- Vous n'avez pas besoin de faire tout ça, si vous ne le souhaitez pas, tenta faiblement Nasir.

- Comment ? s'insurgea la vieille femme, mais que deviendrait les thermes ? Non. Il faut se laver, c'est une nécessité. Et les thermes sont faits pour cela.

- C'est un luxe des Romains, maugréa Agron sous le regard furieux de la femme qui s'énervait tant et plus, agitant l'eau du bassin qu'elle portait.

- Un bienfait des dieux ! s'excita-t-elle, le regard sombre.

Nasir l'apaisa d'une main sur le bras.

- Nous souhaiterions utiliser vos bains.

Cette phrase sembla la calmer. Elle lui sourit tout à coup et s'effaça pour les laisser entrer dans une pièce avec des bancs de pierre et des cellules dans le mur, permettant de déposer ses affaires. Nasir se précipita sur les casiers et fouilla le linge abandonné. Quelques rouleaux de papier se déroulèrent sous ses doigts, mais il ne trouva aucun sceau. Dépité, il se retourna vers Agron qui achevait tranquillement de déboucler son épaulière et se tenait nu devant lui.

- Que ? commença le jeune Syrien, troublé par le regard brûlant du Germain.

- Tu lui as dit que tu voulais utiliser ses bains. Un bon bain se prend nu.

- Evidemment, répondit Nasir en se mordant la lèvre inférieure.

Ses vêtements volèrent derrière lui alors qu'il le rejoignait. Ses bras fermement enlacé, il sentait ses muscles jouer sous les siens. En riant, il l'entraîna dans la pièce contigüe d'où sortait une épaisse vapeur.

- La gardienne doit activer les feux pour que l'eau du caldarium chauffe, expliqua Nasir à un Agron qui ne s'en préoccupait guère.

- Activons les feux de la chair, répondit-il en lui mordillant le cou et le poussant dans la vapeur.

La chaleur les entoura et les caressa de ses bras immatériels, nettoyant leur organisme de la poussière et de la saleté accumulée. Attrapant la chevelure de son amant, Agron lui dévora les lèvres, sentant sa peau glisser contre sa peau dans un mouvement exquis. Leurs épidermes s'échauffaient, leurs muscles se détendaient sous les vigoureuses étreintes qui les rapprochaient et attisaient leur désir.

- Après cette pièce, il est de coutume de se jeter dans l'eau glacée, chuchota Nasir à l'oreille d'Agron, qui le hissa contre lui, l'enveloppant de ses bras, laissant ses doigts tracer un sillage enivrant jusqu'au coeur de son intimité brulante.

Le glissant bien vite en lui, Nasir râla son plaisir dans son cou, s'arqueboutant contre le plaisir qui menaçait de l'emporter. Il lutta pour se défaire de l'étreinte. Agron grogna et le conservant accroché à son cou l'emmena dans la pièce voisine, plus froide avant de se jeter dans l'eau avec un grand cri. Nasir sentit ses chairs se contracter et entraîner la jouissance d'Agron.

Ecumant, choqué par le contraste de température, Nasir s'échappa à son étreinte et gagna le bord, moitié marchant, moitié flottant. Agron se reprit et se lança à sa poursuite, afin de l'attraper. Aussi glissant qu'une anguille, le petit homme sortit de l'eau et domina le Germain, son membre quémandant des attentions qu'Agron fut plus qu'heureux de lui offrir. Sa bouche se posa sur lui, le plaisir remontant peu à peu dans ses veine, avant d'exploser et lui laisser les genoux mous, les mains posées sur les épaules d'Agron qui se pourlécha les lèvres avant d'éclater de rire.

- Je pense que nous avons bien réchauffé cette pièce, dit-il en se hissant à son tour hors de l'eau. Que dirais-tu de continuer nos fouilles ?

Il lui embrassa le cou, remontant jusqu'à l'oreille qu'il mordilla pour jouer. Le petit homme inclina, encore dolent de plaisir. L'embrasement des sens ne leur faisait pas oublier leur priorité, retrouver le sceau de l'édile.

Ils regardèrent de chaque coté du frigidarium où des tentures masquaient des espaces dédiés au massage. Plus loin, des alcoves permettaient le repos ou la lecture. Des parchemins trainaient sur le sol, abandonnés là comme si leur propriétaire allaient revenir d'un moment à l'autre. Nasir compulsa les documents, comprenant bien vite qu'il s'agissait d'un inventaire des ressources de la cité. Ses yeux attirés par un éclat lumineux sous le lit de repos, il se glissa à genoux derrière la tenture. Agron ricana.

- Encore, tu es insatiable, mon ami.

- Je suis surtout... beaucoup plus souple que toi, dit Nasir en se glissant sous le lit pour en ressortir avec un morceau de métal en main.

- Je crois que j'ai trouvé ce que Spartacus recherche.

- Comment la matrone ne la-bas ne l'a pas trouvé ?

- Elle ne voulait sans doute pas toucher aux affaires de l'édile. Emportons tout cela à Spartacus, je pense que cela l'intéressera fortement

Agron les poings sur les hanches le considéra avec un sourire amusé.

- Quoi ?

- Rien, seulement que tu viens de résoudre le problème de Spartacus.

- Et ? reprit le jeune homme en se relevant tout sourire.

- Je suis fier de toi, c'est tout. Arrête ça, tu as déjà eu ta récompense, gronda Agron en le voyant se rapprocher d'un pas félin.

- il y a une autre pièce, souffla le Syrien en enroulant sa main autour de ses hanches, le tirant vers la gauche et ses bassins plus tempérés. Le Germain résista pour le principe avant de céder avec un doux sourire. Le Syrien en faisait ce qu'il voulait et les bains étaient décidément très attrayants pour l'un comme pour l'autre. Le tepidarium était vide lui aussi. Personne ne semblait avoir senti la nécessité de se laver dans cette ville. Cela ne les dérangeait pas, au contraire. Ils plongèrent l'un et l'autre dans le bassin, dont l'eau leur arrivait à la taille. Agron étonna son amant en enchaînant quelques mouvements de nage qui l'éloignèrent rapidement. Nasir ne savait pas nager et admira la manière dont Agron faisait corps avec l'eau, un véritable poisson qui réveilla à nouveau son désir.

S'appuyant sur le bord du tepidarium, il laissa ses jambes flotter entre deux eaux, savourant la sensation inédite. Bien souvent, il avait accompagné son maitre aux thermes, l'homme aimait avoir son propre esclave pour le masser, mais jamais Nasir n'avait connu ce plaisir voluptueux de l'eau tiède qui délassait ses membres fatigués dans une caresse languide. Agron le contemplait silencieux, les yeux brillants d'une lueur vorace. Le jeune homme sentit sa peau frémir et ses muscles se tendre. Le désir à demi-assoupi embrasa son esprit. Agron le souleva à demi hors de l'eau, soutenant son bassin de ses cuisses, découvrant avec un sourire tendre l'étendue de son désir. Nasir s'offrit aux mains cajoleuses et laissa la bouche gourmande de son amant le butiner tout à loisir.

Il sentait les caresses exquises monter des cuisses vers le torse, la peau rendue plus glissante par l'eau. Nasir renversa la tête, escaladant les crêtes d'un plaisir puissant, sous le regard d'Agron. Il exhultait à cette vue, cet appât d'une luxure inouïe qu'il prit dans ses bras, portés tous les deux par l'eau qui s'agitait autour d'eux.

Ils profitaient complètement de cet instant appartenant à eux seul. Oubliées les tensions, les malentendus et les griefs, seuls comptaient le plaisir et l'amour qui inexorablement les tendaient l'un vers l'autre.

Les doigts d'Agron exercèrent un mouvement circulaire sur le muscle de son intimité, pénétrant et ressortant au gré des mouvements de son bassin. Nasir ne contrôlait plus rien, il allait et venait de lui-même sur les doigts soudain plus nombreux qui l'étirèrent jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus. Agron se concentrait sur ses mouvements, sur le son si évocateur de sa respiration haletante, sur le feulement émis lorsqu'il effleura une boule de nerfs. Nasir sembla convulser entre ses bras, le bassin pris de mouvements incontrôlable, recherchant un contact plus intense, plus profond, plus dense. Agron reprit ses mouvement lents et frustrants. Il attendait un ordre, une autorisation pour investir son amant comme on prend une citadelle.

Un ordre bref et rauque retentit et il le pénétra d'un seul coup, mordant l'épaule offerte, subjuguant le jeune homme qui sembla étouffer sous le plaisir ressenti. La chaleur et l'ardeur d'Agron l'envahirent totalement. Il lui sembla alors flotter dans un maelstrom de sensations nouvelles, la sensation de l'eau et de l'air sur sa peau humide, son membre douloureusement plaqué contre les muscles de son amant. Les sens bouleversés par la situation, il sut qu'il n'allait pas tenir très longtemps . Il s'assouvit entre leurs ventres, provoquant la propre jouissance d'Agron, qui éclata de rire en voyant des rubans blancs flotter autour de lui.

- Je crains que la vieille ne soit pas heureuse de ce que nous venons de faire.

- Qui te dit qu'elle ne se trouve pas derrière ces rideaux à savourer le spectacle ? Demanda malicieusement le jeune homme en se suspendant à son cou, le corps délicieusement détendu.

Le Germain fronça les sourcils, peu enclin à avoir un public, scrutant le rideau séparant les salles bouger sous un souffle invisible. Nasir sourit, avant de mordiller sa lèvre inférieure, lui demandant silencieusement un accès à sa bouche pour la dévorer. Ils savourèrent le moment post coitus à sa juste valeur, inestimable à l'aune de leur vie en sursis. Ils se séparèrent à regret pour apporter à Spartacus le sceau retrouvé. Les plans pour Sinuessa s'éclairaient d'un jour nouveau.

Spartucus allait pouvoir négocier avec les pirates grâce à ce sceau et contenter toutes ces bouches à nourrir.

A suivre...

«==========((=0oooO ~~ Agron~~ Oooo0=))==========»