TINTINTIIIIIIIIIIIIIIIIN! Voici le chapitre 3!

Et aussi dingue que cela puisse paraître, je trouve que je gère bien mes délais quand même! Parfois je m'impressionne moi-même, hohoho *sors de chez elle en courant et hurle à qui mieux-mieux qu'elle est mille fois plus forte que Superman*

Bon, ben sinon, je ne vais pas faire l'hypocrite, je l'ai super mauvaise de ne pas être l'heureuse détentrice de Jack Frost. Ben ouais, faut bien le dire quoi...

Beuref! Merci de votre lecture et de vos éventuelles reviews en tout cas, et j'espère que la suite vous plaira! Voila. (Oh, et pssst, faites pas attention aux fautes hein^^)


-WEEK-EEEEEEEEEND ! HALLELUIAAAAAAAAAAA !

Celle qui crie là, eh bien croyez-le ou non, mais c'est PAS MOI ! Je sais, ça fait un choc, mais ce n'est rien à côté de la tête que vous allez faire quand vous comprendrez que c'est ma cousine qui crie comme ça ! Et moi, je fais tout mon possible pour courir derrière elle alors quelle dévale les escaliers du lycée pour se ruer dans la rue en hurlant sa joie au monde entier.

-Jo ! Attends-moi ! Mais attends-moi bon sang ! tentai-je de la rappeler en faisant bien attention de ne pas tomber dans les escaliers

Manque de pot, je glissai sur la dernière marche et atterris sur les fesses. Un élève qui passait par là m'aida à me relever et s'assura que j'allais bien, je le remerciai et rejoignis ma cousine cinglée qui hurlait, dansait, et chantait gaiement dans la rue. Je l'avais rarement vue aussi ravie.

-Qu'est-ce qu'il y a de si exceptionnel ce week-end pour que tu sois aussi starbée ? demandai-je en arrivant à sa hauteur

-Je vais à une excursion spéciale : on va passer une journée en pleine nature pour photographier "l'hiver" ! Et en bonus, devine qui sera là ?

-Ah… Owen…

-Oweeeeeeen ! dit-elle en jubilant

Je souris devant son enthousiasme. C'était marrant de voir ma cousine amoureuse. Elle qui avait passé son enfance à répéter en long en large et en travers que l'amour c'était pour les niais, qu'il n'y avait rien de tel que le célibat, et que plus tard, elle voulait vivre toute seule dans un château immense avec une serre remplie d'oiseaux exotiques. D'ailleurs c'était en photographiant des oiseaux au zoo qu'elle s'était découvert cette passion pour la photographie… Comme quoi !

-Bianca and Owen, sitting in a tree, commençai-je

-K-I-S-S-I-N-G! termina-t-elle d'un ton exalté

On rigola toute les deux en se donnant des coups de coudes complices.

Arrivées à la maison, je fus accueillie par un petit Zack qui me fit un grand sourire édenté en levant les bras vers moi :

-Lia !

-Zackie ! m'écriai-je en posant mon sac par terre avant de prendre dans mes bras mon petit cousin adoré qui me fit un gros câlin

-A moi ! Passe-le-moi ! réclama Jo en tendant les bras à son tour

Je lui passai son petit frère qui lui fit un gros câlin à elle aussi.

-Bana ! l'appela-t-il quand elle le prit à son tour

-Banana split ! ajoutai-je en riant

-Arrête avec ça, c'est pas sa faute s'il n'arrive encore à dire mon prénom parfaitement ! Il t'appelle bien Lia, toi !

-Oui, mais Lia ça ne fais pas penser à BANANA !

J'avais dit ce mot en imitant le cri des Minions, et elle me lança un regard irrité avant de reposer son petit frère qui commençait à crier « BANANA » dans ses oreilles, lui aussi. Je continuai de crier « BANANA » avec lui pendant que ma cousine se dirigeait vers sa mère, assise à la table du salon, en train de repriser des vêtements :

-La journée s'est bien passée ? demanda-t-elle

Je relevai la tête vers ma tante qui hocha la sienne avec son joli sourire.

-Tant mieux. Je vais faire mon sac pour demain, je vais à une excursion, tu sais je t'en ai parlé par message.

Elle hocha de nouveau la tête et lui prit la main qu'elle pressa un peu.

-Mais oui, je serai prudente ! soupira ma cousine en levant les yeux au ciel. Et je ne serai pas toute seule tu sais, on sera un groupe de dix environ, alors ça va.

-Owen la protégera, ajoutai-je avec un sourire moqueur

Sa mère haussa un sourcil et ma cousine rougit comme une tomate bien mûre avant de filer dans sa chambre en me maudissant avec tout ce qui lui passait par la tête.

Je m'approchai de ma tante et m'assis à une chaise à ses côtés avant de prendre un des vêtements troué sur la pile et de saisir une aiguille pour l'aider dans son travail.

Elle posa sa main sur mon épaule comme pour me dire que ce n'était pas la peine.

-Oh, c'est bon, j'aime bien coudre de toute façon ! Tu te rappelle de la peluche en forme de chat que je t'avais fait avec des chaussettes pour un noël ?

Elle sourit en hochant la tête et me pressa un peu l'épaule avant de reprendre son ouvrage. Elle mettait toujours de la musique quand elle travaillait, exactement comme moi, et j'écoutai la voix de James Young qui diffusait une ambiance calme et apaisante en piquant mon aiguille dans le tissu. J'adorai cette atmosphère sereine qu'il y avait toujours avec ma tante, comme une bulle de douceur qui nous coupait du monde. On passa la soirée à repriser tous les vêtements, tout en surveillant du coin de l'œil Zack qui avait fini par s'endormir au milieu de son tas de lego (selon lui c'était un château, mais bon, tout est relatif). Puis, l'oncle Carter rentra du travail, Trois pizzas dans les bras, et on s'installa à table. Andy dormait chez un copain, il ne rentrerait que demain dans l'après-midi, ce qui nous faisait un peu plus de pizza pour nous ! On passa tranquillement le reste de la soirée devant un bon film, puis tout le monde parti se coucher.

Le lendemain matin, je me levai vers neuf heure (je m'étais endormie vers deux heure du mat parce que je voulais absolument finir un livre avant…) et trouvai la maison incroyablement calme. Ma cousine était partie pour son expédition, Andy était chez son copain, oncle Carter devait encore dormir, seul Zack et ma tante était dans la cuisine en train de déjeuner.

-Bonjour ! dis-je d'une voix toute gaie en m'installant avec eux

Ma tante vint déposer un baiser sur mon front et je fus accueillie par un « Lia ! » ravi de mon petit cousin. On mangea tranquillement, puis je partie m'habiller et redescendis prévenir ma tante que j'allais passer la journée dehors. Je me fis un sandwich, pris un paquet de biscuits et une bouteille d'eau, et sortie dans le froid glacial, toute contente de passer une journée toute seule avec la neige.

Ce que j'aimai dans cette petite ville, c'est qu'elle était justement petite. Pas trop de monde, pas trop de voiture, calme, tout ce qu'il me fallait pour ne pas me sentir trop étouffée.

Je parti dans le fameux parc, et sorti un scooby-doo que j'avais à peine entamé. Je m'amusais donc à faire mon scooby-doo dans le froid mordant. Ô bonheur, ô félicité céleste, qu'est-ce que j'étais bien ! Apaisée… Aaaaaaaah…. Le calme, le silence, la neige, le froid, le…

SPLAF ! fit le bruit de la boule de neige qui m'arriva en pleine face. Je m'essuyai le visage d'un geste rageur et cherchai du regard cet abruti profond de Jack Frost qui devait bien se marrer d'où il était. Je me levai et criai à la cantonade :

-MONTRE-TOI, ESPÈCE DE LÂCHE ! TU VAS VOIR CE QUE TU VAS PRENDRE !

-Derrière toi. fit une voix au ton espiègle dans mon dos

Je sursautai en poussant un petit cri de surprise et me retournai pour tomber face-à-face avec l'ami Jackie, perché dans l'arbre contre lequel je m'étais adossée, à environ deux mètre de moi.

-TOI ! fulminai-je en le pointant d'un doigt inquisiteur. Fais gaffe, t'es en train de me faire regretter la belle époque où tu n'étais que dalle dans ma vie de rêve !

-Et je suis quoi maintenant ?

-Rien de plus qu'un obstacle sur le chemin de la réussite ! déclamai-je en prenant un air théâtral

-C'est mieux que rien j'imagine…

-En effet ! Dans la vie, on se contente de ce qu'on a ! Estime-toi heureux que j'ai bien voulu faire l'effort d'accepter ta présence en ce bas-monde ! Tu devrais me baiser les pieds pour ça ! PAS ME LANCER DES BOULES DE NEIGE DES QU'ON SE CROISE !

-Ça va tes chevilles ? Pas trop gonflées ?

-Bientôt c'est ton nez qui va être gonflé, maugréai-je en tentant de lui donner un coup de pied, mais il s'envola juste à temps et je ne touchais rien d'autre que du vide

-Tricheur... soupirai-je en levant le nez en l'air

Il planait tranquillement, juste au dessus de ma tête, et me souriait d'un air amusé.

-Oh, je ne vois vraiment pas pourquoi tu dis ça. Je ne fais que profiter de mes facultés. Si tu pouvais voler toi, tu ne t'en servirais pas n'importe quand ?

-Si, mais le fait est que je ne sais PAS voler ! Ça rend le combat inégal !

-Euh, on se battait ?

-J'étais sur le point de te mettre le raclée de ta vie quand tu as jugé bon de t'enfuir lâchement, donc c'est tout comme.

-Ooooh, pauvre minette, se moqua-t-il en me tapotant la tête avec son bâton

-Arrête-ça ! m'énervai-je en brassant l'air pour essayer de le faire partir

-Quelle petite teigneuse je me suis dégotée, dit-il en riant

-Je serai certainement mille fois plus agréable si tu étais toi-même agréable ! Stupide andouille volante !

-Hé là, doucement le vocabulaire ! rétorqua-t-il en m'assénant un coup un peu plus rude que les autres sur le crâne

-Mais… mais… Mais arrête ! m'énervai-je

J'attrapai le bout de son bâton pour tenter de le lui arracher des mains pour qu'il arrête son petit manège. Il tira de son côté pour le récupérer, et moi du mien pour le lui arracher.

-Lâche mon bâton.

-Et échange tu promets de me foutre la paix ?

Il me regarda un instant d'un air pensif avant de sourire d'un air espiègle.

-Bien sûr.

-Le pire menteur du monde est dans la place… Allez-fini de rire, conclu-je en tirant une bonne fois pour toute sur le bâton

-Quelle force monumentale ! me fit-il remarquer avec sarcasme

-Je t'emmerde !

-Eh beh, ça vole haut le vocabulaire avec toi !

-C'est toi qui vole, pas moi ! Redescend sur terre et rends-moi mon bâton !

-… Ton bâton ?

-… Euh… J'ai dis ça moi ?... Je voulais dire : LAISSE-MOI TRANQUILLE !

Je tentai une nouvelle fois de tirer sur le bout de bois, mais rien à faire, sa poigne de fer ne lâchait pas l'autre bout. Soudain, un éclair de malice passa dans ses yeux et son sourire espiègle s'agrandit :

-Tu veux jouer à « qui tire le plus fort » ? Tu vas être servie…

Je n'aimais pas ce ton du tout. Mais alors, pas du tout. Mon instinct de survie était en Alerte: danger imminent là !

-Mais qu'est-ce que tu… commençai-je

Il ne me laissa pas le temps de prononcer le « manigance » qui devait finir ma phrase, et décolla d'un coup. Prise de cours, je n'eus pas vraiment le temps de réagir, et je me retrouvai soudain suspendue à une centaine de mètre au-dessus du parc, seulement agrippée à un bout de bois que j'espérais franchement solide pour le coup.

-FAIS-MOI DESCEEEEEEEENDRE ESPÈCE DE GRAND MALADE ! hurlai-je en tentant de m'accrocher un peu mieux au bâton

-Oh, elle a le vertige ?

-Non !

-Elle n'aime pas les sensations fortes ?

-Si !

-Ben alors ou il est le problème ? me demanda-t-il avec un sourire toujours plus espiègle

-Euh, j'en sais rien, d'après toi? Est-ce que je n'ai pas l'air un peu suspendue dans le vide, seulement accrochée à un pov' bout de bois, là maintenant tout de suite ? soupirai-je d'un air las

Je n'avais même plus la force de crier tellement il me fatiguait. Il eu un espèce de rictus qui prouvait très bien qu'il avait une nouvelle idée derrière la tête. Hélas...

-Ah, donc tu as peur de tomber !

-Ça t'étonne tant que ça ? T'as déjà entendu parler de la loi de la gravité ? Si je tombe il m'arrive quoi à ton avis ? Allez, je te donne un indice : ça va ressembler à de la compote de fraise, alors tu trouve ?

-Arrête de piailler, j'ai compris, je vais arranger ça.

A ces mots «rassurants », il leva son bâton d'un coup sec et vif, ce qui me fit lâcher prise, et deux secondes plus tard, je planai dans les airs avant d'entamer une descente vertigineuse. Et la seule chose que j'étais capable de faire, c'était beugler comme un cochon qu'on égorge… La classe et la prestance en toute circonstances, mes amis. Z'êtes jaloux, hein ?! Sauf qu'au lieu de m'écraser comme prévu sur le sol, je me retrouvai dans les bras de Mr Frost en personne qui me fit un sourire ravageur (mais plutôt mourir que de le lui faire remarquer) :

-Ça va mieux ? demanda-t-il d'une voix taquine

-JE. TE. HAIIIIIIIIIIIIS ! répondis-je en donnant des coup de poings sur son torse

-Arrête de gigoter ou je te laisse tomber. prévint-il

Ne voulant pas tenter le diable, je m'arrêtais illico presto et croisai mes bras sur ma poitrine en fulminant. Dès qu'il me dépose : JE L'ÉTRIPE ! Mais en attendant, pas le choix, faut se tenir à carreaux.

-Je préfère ça !

-Tu m'énerve…

-Je prends ça pour un compliment ! fit-il en riant

-Ben tant mieux pour toi, au moins t'es pas difficile ! soupirai-je en levant les yeux aux ciel

Il sourit avant de me déposer par terre. Histoire d'en faire des tonnes, parce que moi j'aime bien en faire de tonnes, je me mis à genoux et commençai à baiser le sol tout en me relevant de temps à autre pour remercier un dieu quelconque de m'avoir accordé cette seconde chance.

-T'exagère jamais, toi… remarqua Jack

-Ben non. Pas mon genre ! Toi, par contre t'es un sacré xomongrin.

-Un… Un quoi ? demanda-t-il perdu

-Ça veut dire « crétin » en martien, expliquai-je avec un rictus moqueur

Il fronça les sourcils et commença à sourire d'un air malicieux. Encore.

-A ta place j'éviterai de me provoquer, je suis plutôt susceptible.

-Ah vraiment ? Donc si je dis que t'es moche, que tu sens la marmelade de pansements usés et d'œufs pourris et qu'en plus t'as l'air aussi malin qu'un pot de fleur, tu t'énerve ?

-Devine, me dit-il sans se départir de son sourire avant de taper son bâton contre le sol, faisant ainsi apparaître une large flaque de verglas sous mes pieds

-Hé, mais qu'est-ce que… commençais-je avant d'avoir l'idée saugrenue de vérifier si ça glissait réellement

Et oui, CA GLISSAIT RÉELLEMENT !

-T'AURAIS PAS PU RAJOUTER UN PANNEAU « ATTENTION CA GLISSE » A CÔTE ?! NON, HEIN ! J'IMAGINE QUE C'ÉTAIT TROP DEMANDE AU PRINCE DE L'HIVER ! explosai-je une fois que je me retrouvais les quatre fers en l'air sans pouvoir me relever puisque je glissai à chaque tentative

-Prince ? Moi j'aurai plutôt choisi « roi », mais bon, glissa-t-il entre deux éclats de rire devant mes chutes désastreuses

-Rira bien qui rira le dernier, marmonnai-je entre mes dents en tentant une énième fois de me relever

J'y parvins plus ou moins et tentai de maintenir mon équilibre précaire sous les applaudissements sarcastiques du jeune homme.

-Bravo. C'est épatant. J'suis époustouflé.

-Pour les autographe on verra ça un autre jour, je peux pas écrire les doigts gelés, on serait tenté de se demander qui on doit remercier pour ça, d'ailleurs ! rétorquai-je en levant les yeux au ciel

-Je croyais que tu adorais l'hiver.

-Oh, super, voilà qu'en plus il lit dans les pensées ! soupirai-je en commençant à me balancer d'avant en arrière pour tenter de conserver l'équilibre

-C'est ton cousin qui me l'a dit. Mais j'aurai adoré pouvoir lire dans tes pensées, je suis sûr que ça regorge de choses intéressantes.

-C'est la caverne d'Ali Baba ! acquiesçai-je avec un sourire avant de me rendre compte de ce qu'il avait dit. Attends une minute… Mon cousin t'a parlé de moi ?

-Ca t'étonne ?

-Non, ça m'inquiète… Qu'est-ce qu'il a dit d'autre exactement ? m'enquis-je en appréhendant la réponse

-Pas grand-chose. Que tu adorais les gnocchis, et tout ce qui était composé de près ou de loin de sucre. Et que tu avais peur des punaises. Et des dindons.

-IL A DIT QUOI ?!

La séquence qui suivit mon cri de rage restera certainement une des plus humiliantes de toute ma vie. Comme j'étais trop occupée à maudire mon cousin, j'ai perdu de nouveau l'équilibre, et, dans un geste désespéré, je tentai de m'accrocher à la première chose qui se trouvait à portée de main. Cette chose fut en fait le sweat de Jack. Donc Jack lui-même indirectement. Qui n'eut absolument pas le temps de réagir, le pauvre (enfin, je dis le pauvre, alors qu'à l'origine c'est UN PEU de sa faute quand même). En bref, je suis tombée, en m'accrochant au sweat de Jack, qui du coup, fut entrainé dans ma chute, et le résultat fut des plus lamentables… De une, je me massacrais le coccyx en tombant, de deux, Jack est tombé sur moi, bloquant ainsi momentanément ma respiration, et de trois, SON VISAGE DEVAIT ÊTRE A QUELQUE CHOSE COMME DIX CENTIMETRE A PEINE DU MIEN ! POURQUOI ? POURQUOIIIIIIIIIIIIIII ? J'AI RIEN DEMANDE MOI !

Un peu sonnés, on resta un instant sans rien se dire, à se fixer dans le blanc des yeux, et ça aurait fait une putain de scène romantique dans un film bien niaiseux, sauf que dans la vraie vie, ça ne se passe pas comme ça. Tout d'abord, je manquais cruellement d'air, ensuite, ce n'était pas super confortable une flaque de verglas, et enfin j'étais. Franchement. Gênée. Morte de honte. Ma dignité était partie voir ailleurs pour un moment, m'abandonnant à mon triste sort de cataclysme ambulant… Pourquoi ? M'enfin, pourquoi, quoi ? Et les choses seraient quand même plus simples s'il n'était pas aussi BEAU ! (à couper le souffle… Littéralement dans mon cas, je rappelle…). MA VIE EST UN FIASCO MONUMENTAL !

-Finalement je crois que j'aurais préféré que tu sois un vieux barbu avec un gros pif, réussi-je à expirer, mettant ainsi fin à l'ambiance « scène de baiser cliché avec l'homme de votre vie » (seulement d'un point de vue externe, parce que dans ma tête c'était TOUT sauf ça)

-Pourquoi tu dis ça ? demanda-t-il en haussant un sourcil

-Je me meurs ! signalai-je soudain, histoire de changer de sujet (comme si j'allais dire dans le blanc des yeux à un type que je venais à peine de rencontrer qu'il était pas trop moche ! FAUT PAS POUSSER MÉMÉ DANS LES ORTIES NON PLUS)

-Comment ça, tu te meurs ?

Non mais il était idiot ou quoi ? Je suis une humaine ! J'ai besoin d'air pour respirer, et pour ce faire, mes poumons ont besoin d'un minimum d'espace vital, mais c'était trop long à lui expliquer, alors je me contentai de porter une main à mon cou en mimant une coupure d'oxygène (Appelez EDF ! Vite !). Mais, ou j'étais une mauvaise mimeuse, ou il était encore plus idiot que prévu, ou il était impossible de mimer « une coupure d'air », dans tous les cas de figure, il se contenta de froncer les sourcils d'incompréhension. Bon sang, mais il allait rester planté là encore combien de temps lui ?! Il s'était rendu compte au moins de la situation embarrassante dans laquelle on était ? Il attendait quoi pour bouger ?!

Et c'est là, le moment tout sauf idéal, que choisi mon petit cerveau complètement cramé pour imaginer la réaction des potentiels passants. Moi je voyais un jeune homme bien de sa personne qui m'écrasait de tout son poids. Eux, ils verraient une pauvre niaise qui s'asphyxiait toute seule, allongée sur une plaque de verglas… Ce fut plus fort que moi. J'explosai de rire. Et ça faisait vachement mal de rire avec une cage thoracique compressée, pourtant je pouvais pas m'arrêter…

-Mais qu'est-ce qui te prends ? me demanda Jack d'un air perplexe puissance dix

-HAHAHAHAHA ! Les gens ! HAHAHAHA ! Mon pauvre thorax… WOUAHAHAHAHA !

Oh putain, si les gens me voyaient en plus rire toute seule comme une baleine… Mon fou rire redoubla, sous le regard paumé de chez paumé de Jack.

-Tu veux une boussole ? lui demandai-je entre deux éclats de rire

-Quoi ?

-Parce que t'as l'air complètement dé-bou-sso-lé ! expliquai-je avant de hurler de rire

Oh. Mon. Dieu. C'est grave là, les gars ! On me perd, on me perd ! Bon, c'était bien beau, mais ça ne menait à rien, alors y'avait un moment où il fallait agir ma fille !

-Jack, tu m'écrase, tentai-je d'articuler entre deux hoquets de rire

-Qu'est-ce que tu dis ?

-Dégage ! J'étouffe ! réussi-je à crier avant d'exploser de rire à nouveau

Parce que oui. C'était désopilant. Franchement désopilant. Je me serai bien facepalmé moi-même, mais bon… J'étais déjà assez ridicule comme ça…

En tout cas, le garçon finit par se rendre enfin compte du fait qu'il était toujours allongé sur moi (ben oui ! Oui, tu étais en train de m'écraser ! Oui ! Me regarde pas comme ça, j'ai rien demandé moi) et se leva précipitamment en rosissant légèrement. Quand à moi… Ben, pauvre de moi, j'étais toujours pliée de rire… Mais au moins, je respirais un poil mieux ! Je fis mine de m'asseoir tout en continuant d'être secouée de rire et lui lançais une nouvelle bombe :

-T'es vachement lent à la détente quand même… Tu as cryogénisé ton cerveau ou quoi ?

Il me lança un regard navré alors que je retombais dans une crise de fou rire. J'allais jamais m'en sortir, ma parole…

-Ouah, t'as dû te cogner vachement fort en tombant, je crois… remarqua-t-il enfin

-C'est nerveux !... Ben non en fait, poisson d'avril ! WOUAHAHAHA !

Il poussa un profond soupir tandis que je me tordais de rire. Le pauvre. Mais le pauvre, quoi ! Il était quand même vachement patient d'attendre que je me calme, d'autres auraient déjà laissé tomber mon cas depuis belle lurette. Il avait dû se sentir drôlement seul pendant toutes ces années pour être capable de supporter un spécimen pareil sans rechigner… Bizarrement, cette pensée me calma presque instantanément.

-Désolée… m'excusai-je en baissant les yeux vers mes pieds

La hooooooooooooonte était de mon côté ! Ô joie ! Ô allégresse ! Où donc était la dignité quand on avait besoin d'elle ? Apparemment elle ne faisait pas d'heures sup' pour les jours de congés…

-Oh, pas de soucis, j'en ai vu d'autre, au moins l'avantage c'est qu'on ne s'ennuie pas avec toi.

-Roh ça va hein ! J'étais en train d'imaginer la réaction des gens s'ils m'avaient vu agoniser toute seule sur la plaque de verglas ! Avoue que ça aurait été tordant ! pouffai-je en tentant de me relever

Il me tendit une main secourable que j'acceptais volontiers.

-C'est ça, hilarant, soupira-t-il en souriant un peu

Je frissonnai en saisissant sa main. Elle était si froide… Puis, il resserra sa prise et… m'envoya valdinguer sans ménagement hors de la plaque de verglas.

-Hé, mais t'es pas bien ? fulminai-je sortant du buisson dans lequel j'avais atterris

Il me fit un parfait sourire ravageur qui aurait pu me faire rougir jusqu'aux oreilles si je n'étais pas déjà rouge de fureur.

-J'ai pensé que c'était une meilleure idée de te tenir éloignée de la plaque de verglas. Ça a un effet très nocif sur toi, apparemment.

Je fronçais les sourcils.

-Crois-le ou non, mais je suis une as en patin à glace et en roller…

Il éclata franchement de rire alors que j'époussetai mes vêtements en le maudissant de tout mon petit cœur sanguinolent. Il m'en faisait vraiment voir de toutes les couleurs, ce gus… Je me rendis soudain compte que son rire s'était tu. Je relevai la tête. Il était parti. Je soupirai. La politesse n'était pas son fort apparemment…