Coucou les p'tits gars!

Bon... Eh bien on dirait que je viens de finir un nouveau chapitre, et que je suis ENCORE just in time dans le délai que je m'étais fixé! Mais c'est pas dingue, ça? Franchement, je m'impressionne moi-même. Mère serait fière de moi *essuie un larme de crocodile qui perle au coin de son œil en fixant son tatouage en forme de cœur transpercé d'une flèche avec écrit "môman" dedans*

Beuref, passons aux choses sérieuses (... Euh... J'ai écrit "sérieuses" là?... Pardon, je voulais dire: DÉLIRONS!) mais avant tout, je vous annonce officiellement que je ne suis pas l'heureuse détentrice des personnages des cinq légendes, et que, donc, par conséquents, Jack non plus ne m'appartient pas... (Snif, hic, beuuuuh... POURQUOI TANT DE HAINE?!). Enfin il me reste quand même Lyra et sa petite famille, alors je ne vois vraiment pas pourquoi je me plains, hahaha... Haha... Ha... *saute de sa fenêtre en hurlant "adieu monde cruel" et se rend ensuite compte qu'elle est au rez de chaussée... FAIL!*

Bonne lecture en tout cas, merci à vous de lire cette humble fic, et merci de votre soutien pour ceux qui laissent des reviews!^^ Je vous bénie tous très fort!


-J'AI RETROUVE MA CHAUSSETTE FÉTICHE ! VICTOIRE !

Mon cri résonna dans toute la maisonnée avec une force et une conviction digne d'un char d'assaut (NDA : je rappelle ici que les chars d'assaut ne parlent pas, pas plus qu'ils ne mangent d'huîtres pour le petit déj, mais prière de ne rien dire à Lyra, ça pourrait la vexer).

-Lyra, il est sept heures du matin, tu crois vraiment que c'est le moment de nous chauffer les oreilles avec tes délires bizarres ? demanda ma cousine en pointant le nez dans ma chambre, Zack dans les bras

-Mais regarde ! MA CHAUSSETTE FÉTICHE ! Je l'avais perdue, et la BOUM ! Je l'ai retrouvé ! C'est dingue, non ?!

-Ben, bof… dit-elle d'un air las

-Lia ! Ssaussette ! s'écria joyeusement mon petit Zack

-Oui, c'est ça ! Lyra a retrouvé sa chaussette fétiche ! Toi au moins tu comprends l'importance de la chose, mon Zackie ! lui répondis-je en lui frottant la tête alors qu'il riait en répétant ces deux mots en boucle

-Pitié, tu vas le rendre maboule mon petit frère ! Arrête avec ça, ce n'est rien de plus qu'une chaussette.

-FAUX ! Cette superbe pièce de tissu est tout sauf une banale chaussette ! Quand j'étais petite, j'ai perdu la deuxième dans un bac de boule en plastique, et depuis ce jour, j'ai gardé celle-ci en symbolique (de quoi, je ne sais pas, mais on s'en fout !). Et elle me suit partout ! D'habitude je l'ai toujours sur moi, au fond de mon sac de cours, mais quand je suis partie en Angleterre l'an dernier, je l'ai oublié, et je pensais l'avoir perdue à jamais (comble de l'horreur, je te dis pas la dépression). Et v'la t'y pas que j'venions d'la r'trouver au fin fond du tiroir de ma commode !

-Tiboi ! Tiboi ! répéta mon cousin en riant

-C'est « tiroir », Zack, soupira ma cousine avant de se tourner vers moi. Bon, c'est bien beau tout ça, mais on a cours à huit heure, alors on fêtera les retrouvailles avec ta super chaussette plus tard. Maintenant, arrête de hurler, je n'ai pas envie que les voisins le sache, j'ai une réputation à tenir moi, et vas te préparer.

-Oh ! Mais oui ! Superbe idée! On va faire une fête avec les voisins ! m'exclamai-je en applaudissant

-NON ! Jamais ! C'est hors de question !

-Lia ! Fête ! applaudit également Zackie d'un air réjouit

-Tiens, tu vois, lui il est d'accord ! C'est bien mon Zackie ça, le félicitai-je en le prenant dans mes bras

-Lia ! dit-il en s'agrippant à mes cheveux alors que ma cousine poussait un profond soupir

-Roh, mais détends-toi un peu BANANA, on s'amuse !

-BANANA ! commença à hurler mon cousin alors que je me mettais à rire devant son enthousiasme

-Ça suffit avec ça ! beugla ma cousine en pointant un doigt menaçant sur nous deux

Mon cousin se calma illico presto, et je lançais un regard noir à Jo :

-Tu lui fais peur !

-Et toi tu vas me le rendre abrutis ce pov' gosse !

Je lui tirai la langue, ce qui redonna le sourire à Zack qui commença à m'imiter. Jo leva les yeux au ciel.

-Bon, j'ai assez perdu de temps comme ça, si tu es en retard, tu ne viendras pas dire que je ne t'ai pas secouée ! déclara-t-elle avant de tourner les talons pour retourner dans sa chambre s'habiller

Je souris alors que Zack continuai de tirer la langue à la porte :

-Hé, Zackie, tu sais dire « je t'aime » en singe ?

-Ze t'aime, Lia ! s'écria-t-il en passant ses deux petits bras autour de mon cou

Je ris avec attendrissement. Il est trop cake ce petit !

-Oui, mais il y a une manière encore mieux de dire « je t'aime », expliquai-je en m'asseyant sur le lit et en l'installant sur mes genoux

Il me regarda avec un air curieux. Je souris et frottai mon nez contre le sien :

- Aba daba daba daba daba daba dab! chantonnai-je alors

Il rit et répéta avec moi en frottant son nez également:

-Aba daba daba daba daba daba dab! Aba daba daba daba daba daba dab!

-Ouais, tu sais le dire! m'exclamai-j avec ravissement

-Ouiiiiiiiii ! Aba daba daba daba daba daba dab! répéta-t-il en souriant de plus en plus

Je souris et lui collais un bisou sur la joue.

-C'est mon Zackie ça ! T'iras loin mon grand !

- Aba daba daba daba daba daba dab!

-Haha, je sens que tu vas nous le ressortir longtemps celui-là! Faudra que je te chante la chanson complète un de ces quatre ! Mais en attendant, moi, faut que je me prépare, c'est que tu comprends bonhomme, j'ai cours aujourd'hui.

-Lia, Lia ! Aba daba daba daba daba daba dab! dit-il gaiement alors que je le posais par terre

-Oui, c'est ça ! Aba daba daba daba daba daba dab, moi aussi ! confirmai-je en riant franchement

Je m'habillais rapidement pendant qu'il continuait de répéter en boucle sa nouvelle phrase préférée. Puis, une fois prête, je le pris dans mes bras et on parti déjeuner.

- Aba daba daba daba daba daba dab! cria-t-il en entrant dans la cuisine tandis que je l'installais sur sa chaise:

-Ça veut dire quoi, ça ? demanda Andy, qui avait déjà presque fini

Ma tante Leslie sourit d'amusement alors que je chantais le refrain de la fameuse chanson.

-"Aba, daba, daba, daba, daba, daba, dab"
Means "Monk, I love but you"
"Baba, daba, dab," in monkey talk
Means "Chimp, I love you too"
Then the big baboon, one night in June
He married them, and very soon
They went upon their aba, daba honeymoon!

-C'est n'importe quoi, comme toujours venant de toi… conclut mon cousin en haussant les épaules alors que Zack répétai de nouveau la phrase en boucle

-Oui, comme tu dis, soupira Jo qui entrait dans la cuisine

-Bana ! Aba daba daba daba daba daba dab!

-Oh, il te dit qu'il t'aime ! C'est trognon ! Réponds-lui, BANANA !

-ARRÊTE AVEC CA ! me hurla-t-elle en me donnant une petite tape derrière le crâne avant de se retourner vers son plus jeune frère. Je t'aime aussi mon Zackie. dit-elle tendrement en lui collant un bisou sur le front

-Vous êtes complètement gaga avec lui, constata Andy en soupirant

-Il est trop mignon ! s'écria-t-on en chœur

-Jaloux, ajoutai-je pour la forme

Il me tira la langue et je lui lançais des miettes de pain

-Oh, Lyra, arrête ! On ne joue pas avec la nourriture ! En plus tu donne le mauvais exemple à Zack !

Je lançais un regard au gamin qui commençait à faire effectivement comme moi.

-Oups… Non, Zackie, tout ce que je fais n'est pas forcément une bonne chose ! Arrête, loulou !

-Oh, quel ton autoritaire… fit Andy d'un air narquois

-Mais comment ça se fait qu'il connaisse déjà les sarcasmes à son âge ! Sale gosse !

-Bon, quand vous aurez fini de vous chamailler, vous pourriez peut-être vous dépêcher, suggéra ma cousine en soupirant alors que sa mère s'occupait de faire manger Zackie tandis qu'il lui répétait entre deux bouchées « Aba daba daba daba daba daba dab! »

Une demi-heure plus tard, on partait enfin pour l'école. J'étais de tellement bonne humeur, entre la chaussette retrouvée et la chanson qui me trottait maintenant en tête, que je n'arrêtais pas de la chantonner tout le long du trajet, au grand dam de Jo qui n'en pouvait littéralement plus. Imaginez son soulagement quand on arriva enfin au lycée et qu'on dû se séparer pour retrouver nos classes respectives !

La journée passa tranquillement, puis on rentra à la maison. Et on fut accueilli par un « BANANA ! Aba daba daba daba daba daba dab! » de la part du petit Zack qui jouait avec ses legos dans le salon. Le combo parfait pour taper sur les nerfs de ma pauvre Jo. Elle me lança un regard noir :

-Je. Te. Hais. Profondément.

Je lui fis un grand sourire :

-Et ben moi… Aba daba daba daba daba daba dab!

-TAIS-TOI ! hurla-t-elle en se bouchant les oreilles de désespoir

Je ris un peu avant de filer dans ma chambre poser mon sac. Puis je redescendis en bas.

-Oh, oncle Carter, tu es déjà là ? constatai-je en entrant dans la cuisine me préparer un cappuccino

-L'usine a fermé plus tôt aujourd'hui, pour une histoire de travaux. Comment s'est passé ta journée ? me demanda-t-il

-Comme on peut s'y attendre d'une journée de cours normale, c'était extraordinairement ordinaire. Je peux manger le dernier muffin ?

Il hocha la tête et je filai dans ma chambre avec mon butin. Je commençais par ouvrir mon sac, observer mes devoirs, soupirer, refermer mon sac, et allumer mon ordinateur. A bas l'école ! Oui au cinéma !

Alors que j'étais plongée dans l'âge de glace, j'entendis trois petits coups frappés à ma porte. Je mis le film en pause et tournai la tête en criant « entrez ».

-Lyra, j'ai perdu une dent ! m'annonça Andy en déboulant dans ma chambre

-Vrai ? Oh, chouette de chouette ! On va pouvoir tenter de voir la fée des dents !

-Oui ! On dormira ensemble ce soir ? J'ai aussi proposé à Jo, mais elle s'en fiche de la fée des dents…

-Je suis sûre que si la fée des dents s'appelait Owen elle serait venu sans chercher plus loin, soupirai-je en levant les yeux au ciel. Mais tu peux compter sur moi ! Tope-là mon gars ! En plus, j'ai déjà un plan du tonnerre… On attachera ta dent à un bout de ficelle, lui-même attaché à une petite clochette, et dès que la fée prendra la dent…. DING DING DING ! La clochette clochettera et on se réveillera, et là PAF ! On la prend la main dans le sac (ou plutôt sous l'oreiller) et je sortirai mon appareil photo pour IMMORTALISER NOTRE VICTOIRE TOTALE ! Des questions ?

-Juste une remarque : t'es débile.

Je lui fis les gros yeux.

-Tu veux voir la fée des dents, oui ou non ?

Il exécuta donc mon plan (en rechignant quelque peu), et quand tout le monde parti se coucher, je me faufilai discrètement dans la chambre de mon cousin.

-Alors, tout est prêt ? demandai-je à voix basse

-Oui ! Tout est paré ! On a plus qu'à attendre.

-Huhu, que c'est excitant, jubilai-je en m'installant dans le duvet qu'on avait posé dans l'armoire

Bon, on avait connu plus douillet, mais c'était pas grave ! Pour une nuit comme celle-ci, c'était sans importance.

J'attendis donc. Pour m'occuper, j'avais ma Nintendo dont j'avais éteins le son et je jouais à animal crossing (même si y'avais pas grand-chose à faire la nuit... à part pêcher de la poissecaille que je pouvais même pas vendre une fois mes poches pleines… l'arnaque, quoi !). Au bout d'un moment, j'entendis la respiration de mon cousin se faire incroyablement calme. J'entrouvris l'armoire et jetai un œil. Il s'était endormi. Je souris d'attendrissement et sortie de ma cachette pour aller le couvrir.

-T'inquiète pas mon grand, t'en auras d'autre des occasions de voir la fée des dents, autant qu'il te reste de dents de lait ! murmurai-je en l'allongeant un peu plus correctement

Je le bordais, posais son doudou dans ses bras, et déposai un baiser sur son front. Je le regardai dormir un instant, le sourire aux lèvres. Il avait vraiment l'air d'un enfant de sept ans quand il dormait. Plus de sarcasme, ou de grande théorie, ou d'avance sur son âge. Juste un petit garçon qui espérait encore voir la fée des dents mais qui s'était endormi trop tôt. C'est alors que je vis quelque chose d'incroyable. De magique. De magnifique. Un long fil doré se glissa dans la chambre et arriva au dessus de la tête de mon cousin. En me penchant de plus près, je vis que c'était du sable.

-Le marchant de sable, marmonnai-je, ébahie

Je regardai avec émerveillement le petit rêve de mon cousin danser au dessus de sa tête.

-Depuis quand tu adore les girafes, toi ? Tu aurais pu nous le dire, il n'y a pas de honte à ça tu sais mon grand, dis-je en riant tout en caressant tendrement ses cheveux

Il poussa un petit grognement dans son sommeil et je levai les yeux au ciel.

-Woh, alors ça, même endormi tu reste susceptible ! Quel caractère !

J'entendis soudain la fenêtre s'entrouvrir. Je tournai la tête et tombai nez à nez avec une toute petite… Euh… Chose à plume ?

-Whouah, cool, une perruche ! m'exclamai-j à voix basse avec enthousiasme

La petite bête me lança un regard noir.

-Euh… t'es pas une perruche, c'est ça ?

Elle secoua négativement la tête. Je plissai les yeux pour mieux la distinguer. Ce que j'avais pris pour un bec était en fait… Plus un… Nez.

-Pinocchio ! En plume et en os ! Mais… je croyais que tu étais en bois ? La légende disait donc faux…

« Pinocchio/perruche » se plaqua une petite main sur le visage.

-Quoi, j'ai encore faux ? Mais c'est pas possible enfin ! T'es quoi alors ?

Elle s'envola vers l'oreiller de mon cousin et en ressorti avec la dent perdue, sans même faire sonner la clochette (elle était plus maligne qu'elle en avait l'air), puis elle déposa une petite pièce à la place. Et c'est là que ça fit « tilt ».

-Ah… Bien sur… Ça tombait sous le sens… Désolée, d'habitude à cette heure-ci je suis avec Morphée, alors tu comprends…

Elle se retourna vers moi et sembla me lancer un regard interrogateur.

-Tu me demande pourquoi je ne suis pas au lit ? Ben justement, c'est de ta faute, mon cousin et moi, on voulait veiller pour te voir. Mais bon, faut croire qu'il est encore un peu jeune pour tenir trop longtemps, conclu-je en souriant d'un air attendri en regardant Andy dormir. Au fait, tu dois avoir du travail, non ? Je ne devrais pas te retenir plus longtemps…

Elle hocha la tête et me fit un grand sourire (malgré sa petite taille) avant de filer vers la fenêtre. Je me précipitai vers celle-ci pour la voir s'envoler vers le ciel, ce qui me permit en même temps de voir un petit nuage doré dont des dizaines de fils semblables à celui de mon cousin s'éparpillaient un peu partout.

-Whoaaaaaah… m'extasiai-je en ouvrant de grands yeux éblouis

-C'est chouette, pas vrai ? confirma une voix aux accents taquin à mes côtés

Je tournai la tête vers Jack, perché dans un arbre en face de la fenêtre.

-Et on peut savoir ce que tu fais là, toi ? demandai-je d'un ton amusé

-J'ai croisé Andy quand il rentrait de l'école, il m'a dit qu'il avait perdu sa dent. J'ai voulu voir s'il réussirait à tenir assez longtemps pour voir la fée des dents. Et c'était plutôt une bonne idée, ça m'a permit de tomber sur ma gaffeuse préférée !

Je roulai des yeux en soupirant avec irritation.

-Ha. Ha. Ha.

Il sourit d'un air espiègle (comme toujours, ne changeons rien surtout).

-Tu as vu p'tite Quenotte ? C'est mignon hein, ces petites bête-là.

-P'tite Quenotte ? répétai-je en riant à moitié. Si tu parle de ce que j'ai confondu avec une perruche, alors oui, j'ai vu « p'tite Quenotte ». Mais je ne voyais pas la fée des dents comme ça…

-Normal, ce n'est pas la fée des dents, c'était une de ses assistantes. La fée des dents et bien plus grande que ça.

Il sembla réfléchir un instant avant d'ajouter d'un air narquois.

-Et puis elle est très belle, elle, elle à un très beau visage, et une très jolie voix, si tu vois ce que je veux dire, dit-il en me lançant un regard appuyé

-Si tu t'attends à ce que je trépigne de jalousie, tu peux te gratter mon vieux… répondis-je d'un ton blasé

-Haha, j'vois ça ! Tu voudrais la voir ?

-La fée des dents ? Pour de vrai?

-Elle est encore dans le coin. Depuis quelque temps elle raccompagne les p'tites Quenotte sur le terrain. Mais décide-toi vite avant qu'elle ne change de ville.

-J'arrive tout de suite !

Je m'apprêtais à refermer la fenêtre et descendre par la porte, mais il retint le battant.

-Qu'est-ce que tu fais ? Je croyais que tu voulais venir.

-Ben oui ! C'est pour ça que je ferme la fenêtre, je ne vais pas laisser mon cousin mourir de froid ! Et j'étais partie chercher des chaussures aussi… Et tu ne pensais quand même pas que j'allais passer par la fenêtre ?! On est au premier étage ! Je ne sais pas voler, moi !

-Mais moi, si, dit-il avec un sourire badin

Je haussai un sourcil et il rouvrit la fenêtre avant de me tendre la main.

-Prête à prendre le risque de remettre ta vie entre mes mains ?

Je lui lançais un regard navré.

-Ah parce que maintenant j'ai le droit de pas être d'accord ? Les règles ont changés depuis la dernière fois…

-Il n'y jamais de règles avec moi.

Je souris et saisis sa main glacée. Un frisson me parcourut, mais ce n'était pas désagréable du tout.

Il prit son envol et sans même m'en rendre compte, je me retrouvai dehors, dans le froid d'une nuit de fin novembre, à survoler des maisons que je voyais d'un angle nouveau. Je ne pus m'empêcher de rire. C'était vraiment génial de voler.

-Hé, criai-je à Jack, tu pourrais descendre un peu, je voudrais bien glisser sur les faîtages !

Il sourit d'amusement et s'exécuta.

-YOUPI ! Alors ça c'est top ! clamais-je alors qu'il me tirai la main, ma faisant glisser sur le haut d'un toit

-Ca y est, t'es contente ? On peut y aller ? Sinon on va rater la fée des dents

-Au galop mon gars ! File comme le vent ! ordonnai-je d'un ton impérieux

-Je ne sais pas si tu es au courant, mais tu as un de ces humouuuur ! dit-il avec sarcasme alors que je lui faisais les gros yeux

-Dépêche où je te prédis des baffes !

Il roula des yeux et s'envola à toute allure. Sauf qu'il était resté assez bas, et qu'il fit exprès de passer au dessus de toute une rangée d'arbre… Je me pris donc une série de branches dans la tronche, ce qui n'était pas vraiment la définition « d'agréable ».

-JE TE MAUDIS ! SALETÉ DE FROSTY !

-Entre nous, tu l'as bien cherché, répliqua-t-il en riant avant d'ajouter en prenant de la hauteur, je crois qu'elle est avec Sab'.

-Euh, ouais, super, et c'est qui « Sab' » ?

-Le marchand de sable. me répondit-il d'un ton qui semblait dire « ça tombe sous le sens enfin »

Je roulai des yeux.

-Oh, d'accord, excuuuuuuuuuse-moi de ne pas connaitre toute ta liste de surnom par cœur !

-On l'appelle tous Sab', c'est pas que moi.

-C'est qui, « on » ?

-Moi plus toutes les autres légendes.

-Oh, dis, je pourrais rencontrer le père-noël ? réclamai-je soudain avec des yeux plein d'espoir

Il me lança un rapide regard avant de regarder de nouveau devant lui, histoire qu'on ne se prenne pas d'arbre, de poteau, ou autre danger public du genre.

-Je ne sais pas si t'es au courant, mais il vient chaque année livrer ses cadeaux techniquement…

-Non, c'est vrai ? Mais on m'a jamais prévenu, quel culot quand même, c'est abusé quoi ! Heureusement que t'es là Jack, parce que sinon j'aurais passé ma vie dans l'ignorance ! fis-je mine de m'offusquer avant de répondre sur un ton des plus las : tu veux un diplôme pour débiter des évidences pareilles ?

-Et toi, t'en veux un pour poser des questions pareilles ? rétorqua-t-il

-Et pourquoi j'aurai pas le droit de voir le père-noël alors que tu veux bien m'emmener voir la fée des dent et le marchand de sable ! Faut te suivre, toi !

-Eux ils sont sur place, c'est pas pareil.

-Fainéant… grommelai-je

Pour toute réponse, j'eus droit à une nouvelle volée de branche dans la tronche.

-ALORS TOI T'ES VRAIMENT UN SACRE SUSCEPTIBLE QUAND MÊME JE TROUVE ! explosai-je une fois qu'il eut reprit de la hauteur

-Arrête de me traiter de tout ce qui te passe par la tête et on devrait s'entendre, répliqua-t-il. Ah, tiens, on arrive. Accroche-toi

-Avec quoi… T'es pas très fut-fut toi…

-Tu veux refaire un tour au niveau des platanes ?

-Nan, mais c'est gentil de demander, merci ! soupirai-je en levant les yeux au ciel

Il sourit avant de partir comme une flèche vers le ciel. Ma seule pensée à cet instant solennel : j'ai froid… Mais alors froid, quoi ! Et c'est à cet instant précis que je me rappelais que j'étais en PYJAMA, sans CHAUSSONS, ni même BONNET, ÉCHARPE, OU QUOI QUE CE SOIT DE CHAUD ! HOLY SHIT !

J'en étais là de mes réflexions fructueuses, quand Jack ralenti enfin et que je remarquai un nuage de sable doré dont s'échappait encore quelques fils, mais ils commençaient déjà à s'estomper. Et sur ce petit nuage, se tenait un petit bonhomme haut comme trois pommes, et train de… Euh… Discuter, je suppose ? Ou d'envoyer des espèces de diapositives au dessus de sa tête à une fée haute en couleur (littéralement). La fée des dents. Ça ne pouvait être qu'elle.

-Et voici la reine des perruches ! m'annonça Jack avec un sourire moqueur à mon intention

Je lui lançais un regard plus noir qu'un… Qu'une… Que l'écran d'une télé ! Pour la réputation, on repassera… Les deux légendes interrompirent leur échange et nous remarquèrent enfin, c'est-à-dire qu'elles virent un Jack Frost avec un sourire espiègle collé sur la face, et une fille à moitié frigorifiée, en pyjama, et qui pendouillait lamentablement, seulement raccrochée par la main plus ou moins sûre de Jack… Ma vie était donc entre les mains de cette infâme tête de pioche ! Mais qu'est-ce qui m'avait pris de dire oui ?

-Jack, s'exclama la fée, mais qu'est-ce que ça veut dire enfin ?!

-Elle voulait vous rencontrer en chair et en os. Ou en plume et en sable…

-Elle peut te voir ? Elle peut NOUS voir ? Mais quel âge as-tu exactement ? me demanda-t-elle en se tournant vers moi

J'aurai adoré répondre. Sincèrement. Mais tout ce qui peu franchir la barrière de mes lèvres à cet instant-là fut…

-ATCHOUM !

Putain, c'est tout moi ça. Classe et prestance en toutes circonstances…

La fée fronça les sourcils et lança un regard sévère à Jack.

-Ce n'était pas très malin de la trimbaler dans toute la ville à cette heure-ci et par ce froid, lui fit-elle intelligemment remarquer

-C'est ce que j'étais en train de me dire, approuvai-je en reniflant

-C'est toi qui a insisté, me rétorqua Jack

-Eh bien la prochaine fois que je débite des conneries encore plus grosse que moi, essaie de réfléchir à ma place, parce que là on n'a même pas atteint le niveau de réflexion d'un cerveau pour deux… C'est grave quand même… Parfois je m'insupporte ! terminai-je d'un air blasé

Il y eut un léger blanc, puis Jack pouffa avant de me jeter sur le nuage.

-Tu vas pas te plaindre, tu peux rencontrer tes idoles de toujours, allez, dis bonjour.

Je le fusillai du regard (la délicatesse n'était apparemment PAS son fort, comme la politesse, le bon sens, le sérieux, la réflexion, et j'en passe et des meilleures) avant de m'asseoir sur le petit nuage. Ouah, c'était super douillet ! Et tellement joli en plus ! Relativement calmée, je relevais la tête vers le marchand de sable et la fée des dents qui m'observaient toujours d'un air abasourdi.

-Euh… Bonne nuit, leur dis-je en secouant poliment la main

J'entendis Jack se marrer comme une baleine dans mon dos et je tournai la tête vers lui.

-Quoi !? Ça tombe sous le sens, non ? Je ne vais pas dire bonJOUR puisque c'est la nuit, donc je dis bonne NUIT ! C'est quoi ton problème à la fin !? m'emportai-je

-Elle a raison d'une certaine façon, c'est très logique. Arrête de l'embêter Jack, intervint la fée avant de me prendre la tête entre les permets? me dit-elle

Mais avant que je n'aie le temps de lui permettre quoi que ce soit ou que je ne lui demande de quoi elle parlait, elle m'ouvrit la bouche et commença une analyse poussée de ma dentition.

-Oh, elles sont bien brossées, c'est bien, ça te fait un bon point ! Et… Ouuuuuuuh, mais quelles canines adorables ! Je les ai déjà vues quelque part… Attends, ne dis rien, que je me souvienne…

Ben, je pouvais rien dire à part « aaaagh » de toute façon, alors bon…

-Ah, j'y suis ! Tu es Lyra Sparkle ! J'ai bon ?

Je hochai la tête, toujours incapable de parler, et elle commença à déblatérer tout ce dont elle se rappelait à mon sujet, pour ma plus grande honte.

-Je me rappelle, quand tu étais petite, tu avais avalé une dent que tu avais perdue, et tu avais laissé un petit mot sous ton oreiller pour t'excuser et demander quand même à avoir un cadeau. C'était adorable, surtout avec toutes les fautes d'orthographe ! Oh, et une fois aussi, tu avais eue une carie, et le dentiste avait du t'arracher une dent, et au lieu de la mettre telle quelle sous ton oreiller, tu l'avais peinte grossièrement avec de la peinture blanche pour faire croire qu'elle était en parfait état ! Haha, les enfants alors, quelle imagination ils ont ! Je me rappelle aussi de la fois où tu avais piqué la dent de ta cousine pour la mettre sous ton oreiller à toi ! Quand mes petites fées m'ont raconté ça, j'ai bien cru mourir de rire !

A cet instant de la discussion, j'étais tellement rouge de honte que j'aurai facilement pu me fondre dans un champ de coquelicot… Pourquoi est-ce que je voulais rencontrer la fée des dents déjà, moi ?

-Je crois que tu peux te permettre de la lâcher maintenant, fit remarquer Jack à la fée

Cette dernière s'interrompue dans son débit de parole, cligna de yeux, baissa la tête vers moi et finit par me rendre ma bouche en reculant d'un air désolé.

-C'est plus fort que moi, haha, dit-elle simplement avec un sourire contrit

-Euh, pas de problème, je comprends. Enfin, je crois… ?

Le petit marchand de sable s'approcha de moi avec un gentil sourire et tenta de me dire quelque chose dans son langage, mais, c'est-à-dire que… J'ai rien pigé…

-Euh… Excuse-mi, mais tu pourrais articuler s'il te plait ? demandai-je en me massant les tempes, j'avais un bon mal de crâne à force d'avoir regardé toutes ces images défiler sous mon nez ébahi

Il soupira avant de recommencer calmement. Alors… Concentration Lyra, con-cent-tra-tion… Alors… Un lit… Une silhouette humaine… Un oreiller… Une pendule…

-Tu es fatigué ! conclu-je fièrement

Il secoua négativement la tête et me pointa du doigt.

-Moi je suis fatiguée ? Oh, non ça va, je t'assure, et puis même si j'avais pu l'être, la petite promenade nocturne m'a bien réveillée figure-toi, surtout la partie « branchage » en fait, ajoutai-je en lançant un regard à Jack qui prit un air innocent

Le petit bonhomme se plaqua une main sur le visage.

-Quoi, c'est pas encore ça ?! Mais c'est pas clair-clair aussi ! m'exclamai-je

Il recommença à pointer lentement les mêmes dessins en me désignant moi. Je ne voyais toujours pas où il voulait en venir… Donc j'essayai un peu toutes les possibilités qui me traversaient l'esprit :

-Tu as des crampes que tu dors ? Ton oreiller à besoin d'être remplumé ? Tu es jaloux du motif de ma couette ? En même temps, je te comprends, en fait, il m'arrive parfois en la regardant d'être jalouse de moi-même ! Alors qu'elle est déjà à moi cette couette ! C'est bête, hein ?

Il s'arrêta d'un coup et me lança un regard morne.

-Je crois qu'il te demande pourquoi tu n'es pas au lit à cette heure-ci, finit par dire la fée

-Oh ? Ah, ben en fait j'étais planquée dans l'armoire de la chambre de mon cousin avec qui on avait essayé de veiller pour voir la fée des… Euh, ben vous en fait, sauf qu'il s'est endormi, alors je suis sortie le border, et là, qu'est-ce que j'ai vu ?! Un fil de sable doré qui a formé des girafes au dessus de sa tête (des girafes quoi!) ! Et ensuite y'a une petite perruche… Euh, une mini fée des dents je veux dire, qui est venue prendre sa dent, et wouhou, c'est la plus belle nuit de toute ma vie ! terminai-je en applaudissant joyeusement

Jack lâcha un petit rire amusé, tandis que Fée et Sab' sourirent.

-Bon, eh bien ce fut un réel plaisir de te rencontrer Lyra Sparkle, mais on a une tournée à finir, et toi une nuit à entamer je crois… Tu as quel âge du coup, au fait ?

-Seize ans.

-Et tu peux encore nous voir ! Ahlala, comme je suis contente ! s'extasia la fée

-Oui, je sais, c'est dingue, répondis-je en souriant. Mais juste au cas où il m'arriverait de douter, je pourrais avoir une preuve de votre existence ? Genre un autographe ? S'il vous plait ! fis-je en joignant les mains en signe de supplication

Elle sembla réfléchir un instant avant d'enlever une petite plume de son beau plumage et de me la tendre :

-Tiens, ça te va comme genre de « preuve » ?

Je pris la plume avec des yeux plein d'étoiles et hochai la tête en souriant.

-Parfait alors ! Jack, ramène-là maintenant, avant qu'elle n'attrape un rhume pour de bon (même si à mon avis, elle est bonne pour une semaine en tête à tête avec des paquets de mouchoirs)

-Oh, déjà ? geignis-je

-Oui déjà, t'as école demain, me dis Jack en se dirigeant vers moi, allez, dis au revoir à la dame.

Je lui tirai la langue, parce qu'il était chiant, et me tournai vers le pâté de sable (ou marchand de sable, c'est selon) et la reine des perruches.

-Au revoir et merci pour la plume, dis-je poliment, en parfaite petite fille bien élevée que j'étais (ahem)

Sab' me fit un petit signe de la main avec un sourire et Fée me répondit un « à bientôt, dis à Andy de bien se brosser les dents », puis, avant que je puisse ajouter quoi que ce soit, Jack me saisit par la taille en me portant exactement de la même façon qu'une baguette de pain… Super… Non, vraiment, ce type était un vrai gentleman…

-Hé ! Ôte tes sales pattes d'idiot congénital de ma modeste personne ! Je ne suis pas un jouet ! m'écriai-je en lui lançant un regard plus noir que noir

Il me lança un regard désabusé avant de relever la tête vers Sab.

-Tu me l'assomme s'il te plait ? Je sens qu'elle va être insupportable sinon…

-INSUPORTABLE QU'IL OSE DIRE ?! PARCE QUE TOI T'ES LA DEFINITION D'UN PETIT ANGE PEUT-ÊTRE ?! CRETIN DE JACK FROST ! TU VAS VOIR UN PEU CE QUE TU VAS PRENDRE QUAND… Ouaaaaaah, baillai-je soudain en recevant un poignée de sable sur les yeux. Quand…

Je ne finis pas ma phrase et m'endormis en plein milieu. Enfin j'ai quand même eu le temps de penser que Jack Frost était vraiment un crétin fini !