Euuuuh... Oups? On dirait bien que j'ai encore failli à mon devoir, héhéhé!^^ (nan mais c'est bon kouah, vous êtes habitués maintenant, pas vrai les potos?! hahahaha *rire gêné*)
Beuref, oui, j'avoue, je suis en retard (et pas qu'un peu, scrogneugneu) mais en même temps je me suis mise au point de croix aussi! Vous vous rendez pas compte parce que dis comme ça ça semble complètement hors sujet, mais je peux sérieusement passer des heures sur mon tambour à piquer et repiquer des fils de toutes les couleurs dans ma toile en écoutant Frank Sinatra, Lana del Rey et tant d'autres éminents artistes ! Non mais croyez-moi ok? JE VOUS JURE QUE C'EST VRAI D'ABORD! (bon, je fais pas que ça de mes journées non plus, mais voilà quoi!)
Et sinon, pour la petite parenthèse inutile (parce que celle d'en haut ne m'a pas suffit, non non non, et j'ai tant à dire depuis le temps aussi!) qui c'est qu'a été voir "Zootopie"? Hein? C'est kiki? Parce que figurez-vous que MOI j'a iété bien évidemment le voir (en bonne Disnerd qui se respecte) et que je l'ai A-DO-RÉ sa mère la dinde! Je l'attendais depuis siiiii longtemps en plus! Et depuis j'arrête pas d'écouter "try everything" qui est absolument géniale! Ça faisait bien longtemps que je n'avais pas écouté de Shakira en boucle tiens, ça me rappelle ma lointaine jeunesse (mes jeuuuuuneuh annéeeeees...) Et je vais vous spoiler une truc pas croyable: à un moment on voit Baymax en petit cochon XD Inutile de vous dire que je c'est en gros tout ce que j'ai retenu du film (non, c'est faux. Je me rappelle de chaque détail. Mais on s'en tape!). En sortant de la séance, tout le monde parlait de la scène avec les paresseux, et moi j'ai pas arrêté de répéter "BAYMAX EN PETIT COCHON CROMEUGNON"! Non parce que... Baymax en petit cochon quoi! EN PETIT COCHON!... Vous saisissez l'importance de ce que je dis, n'est-ce pas? Y'AVAIT BAYMAX! ET IL ÉTAIT EN PETIT COCHON! (oui, bon, je pense que vous avez compris, mais juste au cas où... BAYMAX EN PETIT COCHONOUUUUUUUU! :D)
Bon, passons à la case disclaimer vu que je vous ai assez harceler avec BAYMAX EN PETIT COCHON! Donc... Ben... Euh... Hem... Jenedétienstoujoursaucundroitd'auteursurquoiquecesoitconcernantlescinqlégendes... Voilà, ça y est, je l'ai dit, c'est fini! Le mauvais moment est passé!
Et sur ce, je vous souhaite une très bonne lecture, et je vous fais part de mes plus plates excuses pour ce très moche retard de... Euh... De beaucoup de jours! Et puis aussi... Je vous nems les gars!^^ Merci de lire cette amas de connerie monumentale avec autant d'appétit, et merci pour les reviews et les follows et tout le tralala tsoin tsoin habituel quoi! Vous êtes des gentils! :)
Je me réveillais non pas en entendant le thème de Shaun le mouton que j'affectionnais tant, mais plutôt à cause de ce filou de Fizziwig qui me hurlait dans les oreilles que « MIOUUUUU MRAOUUUUU » ! (traduction approximative : nourris-moi, ou je te bute). Je n'eu donc d'autres choix que de m'exécuter en grognant. Je sortais d'un super mauvais rêve en plus, un dindon avec une horrible cravate verte pomme à rayure orange me harcelait pour que je signe un contrat qui devait faire de moi une salariée à vie de son usine de mathématiques !
Encore dans les vapes, les yeux bouffis de sommeil et les pensées volant dans tous les sens, je posais mes pieds par terre et me levais difficilement. Je fis à peine trois pas avant de marcher sur un lego à Andy qui traînait par terre… (on avait fait un hôtel 10 étoiles dont il était le gérant hier soir). Ça m'apprendrai à avoir la flemme de ranger, ruminai-je intérieurement en me mordant la lèvre pour ne pas hurler et alerter toute la maisonnée, pour ne pas dire voisinage, pour ne pas dire la ville, pour ne pas dire le pays, pour ne pas dire le monde, pour ne pas dire l'homme de la lune...
Je sortis enfin de ma chambre, le chat sur mes talons, continuant de geindre en me lançant des regards pressés. Je lui intimais de se la boucler, mais peu lui importait, tant qu'il n'aurait pas mangé il continuerait de couiner. Je descendis prudemment les marches, pas envie de me chuter dès le saut du lit, et finalement je réussis à parvenir jusqu'à la cuisine où je nourris enfin le patapouf. Je soupirais de soulagement en pensant naïvement pouvoir me poser tranquillement et manger un morceau ! Erreur ma petite Lyra… Quand j'ouvris le frigo je me rendis compte que Jo n'avait pas racheté de lait alors qu'elle avait promis de le faire hier (on pouvait toujours compter sur elle quand il n'y avait rien à faire)… Et la machine à café était momentanément hors d'usage depuis qu'Andy avait piqué un des morceaux de celle-ci le temps de réaliser son projet d'art plastique pour la classe…
Je soupirais de nouveau. La journée commençait bien… Comme sur des roulettes même (ou devrais-je dire lego…) ! Pas de beau rêve, pas de réveil en douceur, le chat qui fait chier, et pas de petit dèj… Sans parler du chauffe eau qui faisait grève… Et une douche froide, une ! Je jetais un coup d'œil à mon reflet. Je me trouvais encore plus laide que d'habitude, mes tâches de rousseurs semblaient s'être multiplier fois cent-mille-douze et mes cheveux bouclés que ma cousine comparait souvent à ceux de Merida me rappelaient un amas de lacets de chaussures emmêlés… Je poussais un soupir agacé en les tressant, mais malgré ça ils y avait toujours des mèche rebelles qui trouvaient ça sûrement très fun de me donner des airs de folle à lier… Même Bellatrix aurait l'air moins timbrée à côté…
Je retournais dans ma chambre et m'apprêtais à enfiler mon jean préféré (le bordeaux qui se dégrade en rose quand on arrivait aux pattes d'éléphant et que j'avais customisé avec des froufrous au niveau des poches et des extrémités des jambes) sauf que je le déchirais bêtement... Je lâchais alors le plus frustré et exaspéré des « lol ». Ma salopette adorée était au sale, mes deux autres pantalons aussi, et la seule option qu'il me restait c'est le truc top classe et méga tendance que les filles de mon lycée trouvaient sublime mais que je méprisais au plus haut point… Mesdames et messieurs, laissez-moi vous présenter le seul « skinny » de mon armoire ! Et quand moi je mettais un skinny, je prenais automatiquement le ravissant surnom de Skinnyx première du nom ! Non parce que je me dois de rappeler qu'étant petite, plate et maigrelette, les skinny prenaient sur moi des allures SUPER MEGA TROP MOCHE (oh, regardez, un coq avec un pantalon ! Lançons-lui des cacahuètes, vite !)! Pour essayer de cacher la misère, j'enfilai un de mes pulls préférés, celui-en-laine-avec-des-couleurs-pastels-et-un-motif-de-licorne-que-j'avais-trouvé-dans-une-friperie-et-qui-était-trop-grand-pour-moi-mais-c'était-pas-grave-c'était-fait-exprès ! En temps normal ça me donnait un petit côté « Mabel » dans gravity falls dont je n'étais pas peu fière, mais là… Ben là… Avec cet immondice qui me servait de pantalon… Bref.
Je re-re-re-soupirai. Non, décidément, c'était bien une journée de merde ! Je sortis de ma chambre en ronchonnant intérieurement et croisais Jo qui m'interpella.
-Hé, j'ai une urgence, faut que je passe chez une amie malade lui amener les devoirs et les cours d'hier. J'ai pas pu y aller hier soir comme prévu…
-Concrètement, qu'est-ce que t'as foutu hier soir à part zapper tout ce qui était prévu ? grommelai-je avec mauvaise humeur
-... Peu importe. Tu peux aller faire les courses à ma place ?
Elle ne me laissa pas le temps de répondre, elle me refila une liste de course et partie sans rien ajouter dans la salle de bain. Heu… Euké…
-Mais pourquoi moi ! me plaignis-je à voix basse en fixant le plafond comme s'il pouvait me donner la réponse suprême
Le seul résultat fut un morceau de plâtre qui se décolla pour atterrir comme par hasard sur mon front.
-SÉRIEUSEMENT MEC ?! TU TE FOUS DE…
-LYRA ! tonna la voix de mon oncle depuis sa chambre
Je me tus immédiatement en me rappelant qu'on était samedi et que tout le monde dormait encore à part moi et ma cousine. Je pris donc sur moi pour ne pas ensevelir le plafond sous un tas d'injures et descendis au salon allumer la télé. J'irai faire les courses dans une heure, j'avais pas envie de sortir avant neuf heure et il n'était que huit heure… j'avais du temps à tuer par grappe…
Je m'affalais donc dans le canapé et contemplai l'écran une bonne dizaine de minutes avant de comprendre que la télé était éteinte et de trouver la force de me lever pour chercher la télécommande, sauf que je la fis tomber et que les piles roulèrent sous le buffet du salon… Bref, une autre dizaine de minutes perdues à les récupérer et les remettre en place (je t'en foutrais moi du positif et négatif !) et je m'enlisais de nouveau dans le canapé. Je zappais, de chaîne en chaîne, m'attardant par ci par là pour changer à nouveau. Les infos… Non merci, trop indigeste après un petit dèj' inexistant… Téléachat ? Migraine en vue… Des dessins animés ? Ben oui, normalement oui, mais là y'avait que des trucs que j'aimais pas (voui, je sais, je suis difficile quand je suis pas d'humeur). Les top 50 ? Beeeeurk… Je finis par laisser mon cerveau se liquider en regardant une série à l'eau de rose absolument tarte dans le style « les feux de l'amour ». C'était vraiment super naze… Mais là au moins je n'avais pas à faire trop d'effort pour réfléchir, j'avais peut-être une chance de rattraper ma grasse mat' finalement.
Et en effet, le sommeil commença doucement à me gagner, bercée que j'étais par les péripéties de John, trente-trois ans, marié et divorcé cinq fois et tentant de se remettre avec sa première ex parce qu'apparemment c'était l'amour de sa vie, sauf qu'elle était devenue alcoolique et qu'elle avait menacé de le taper avec une bouteille alors vous comprenez que le pauvre n'avait pas de vie et OH bon sang elle lui avait claqué la porte au nez, et ça, ça se fait trop paaaaas, sauf que la douce et agréable voix de ma cousine retenti soudain dans mes oreilles, brisant à jamais mes délicats tympans (RIP mes vieux amis… Je vous aimais bien…) :
-Toujours pas partie depuis le temps ?
J'ouvris un œil fatigué, puis deux, et finis par ronchonner en me redressant dans le canapé.
-Toi non plus apparemment…
-J'ai mis plus de temps que prévu dans la salle d bain, je voulais essayer de changer de tête. Qu'est-ce que tu pense de mon nouveau maquillage ?
Je le regardais en plissant les yeux. Je n'avais même pas fait gaffe qu'elle portait du maquillage jusqu'à présent…
-Euh…
-Ok laisse tomber. Soupira-t-elle. Bon, vas me faire ces courses sinon on ne pourra pas manger ce midi.
Je marmonnais un « féchié » et partie en traînant les pieds. A peine sortie dehors j'aperçus le facteur balancer le journal du matin et bien évidemment je me le ramassais en pleine tête… Je le fusillais du regard alors qu'il hurlait un « OUPS DÉSOLÉ » depuis son vélo. C'est qu'il visait aussi bien que Frosty le bougre…
-Non, vraiment, c'est pas mon jour… pestai-je en partant d'un pas résolu vers le centre ville
Et comme pour confirmer un peu plus mes dires, un tas de neige glissa d'un toit pour me tomber sur le bec PILE quand MOI je passais par là, bien sûr ! Non parce que la vieille bique et son toutou emmitouflé dans un superbement hideux manteau en tartan, ils avaient rien eu EUX ! BIEN SÛR HEIN ! MAIS QU'EST-CE QUE J'AVAIS FAIT A MONSIEUR DESTIN POUR MÉRITER PAREIL TRAITEMENT ?!
C'est donc d'un pas rageur que je m'engouffrais dans l'épicerie et ratissais les rayons le plus vite possible pour récupérer tout ce dont on avait besoin. J'avais presque fini et tout se passait plutôt bien… Trop bien. C'était fort louche tout ça… Je repérais le dernier ingrédient manquant pour compléter mon panier, les fameux et indispensables bonbecs, parce que, comme chacun sait, un bonbon vaut mieux qu'un coup de tromblon (vieil adage familial tombé peu à peu en désuétude vu que les tromblons n'étaient plus trop à la mode…). Je repérais le paquet de dragibus et salivais d'avance. Les dragibus faisaient parti de mes petits chouchou (il n'y avait pas qu'eux, bien sûr, mais quand même !) et c'était le tout dernier paquet ! La chance me souriait enf…
Quand soudain, un petit monsieur sorti de nulle part passa avec son chariot et dévalisa le dernier paquet juste sous mon nez ébahis. Je le regardais partir vers les caisses, la bouche entrouverte, trop ébaubie pour dire quoi que ce soit. Et finalement, je poussai un cri rageur en levant les bras au ciel avant de me taper la tête contre le rayon.
-Ô monde cruel ! Pourquoi tant de haine ?!
Je finis par tomber à genoux d'un air abattu en ignorant les regards choqués des quelques clients qui avaient eu le courage de venir à cette heure-ci.
-Ça y est, c'est la fin… Je vais finir morte de froid et de faim sous un pont avec pour seule compagnie Bana ma chaussette fétiche, je serais moche, vieille et déshéritée et je baverai parce que j'aurai plus de dents ! Et tout ça à cause d'un papy qui ma chipé mes dragibuhuhuhuuuuuuus… Je n'ai plus qu'à creuser ma tombe histoire d'en finir au plus vite… balbutiai-je en griffant le carrelage d'un air mollasson
Parce que j'avais la flemme de faire ça bien en plus…
-A ta place je me ressaisirai tout de suite avant que quelqu'un n'appelle la sécurité. Me suggéra placidement une voix masculine que je ne connaissais ni d'Ève ni d'Adam
Je levais les yeux vers un jeune homme à peine plus âgé que moi (de deux ou trois ans tout au plus) et que je n'avais absolument ja-mais vu de ma vie.
-Je sais pas qui t'es alors j'ai pas de raison de t'écouter… dis-je mollement
Le garçon sourit d'un air amusé.
-Je suis Geary Byrd.
-C'est moche… répondis-je toujours aussi platement
-Merci… Et toi tu es… ?
-Il fut un temps où l'on pouvait m'appeler Lyra. Mais là je ne suis plus qu'un simple cadavre… Laisse-moi mourir en paix Mr j'ai-un-prénom-moche. Déclarai-je en me roulant en boule sur le sol et en tournant le dos à Geary-beurk
-T'en fais pas un peu trop pour un simple paquet de dragibus ? remarqua-t-il avec perspicacité
-Naaaan… J'ai accumulé les injustices depuis sept heures tapantes ce matin… Là, c'était le coup de poignard de trop… Genre c'est Brutus qui vient d'achever César.
-Très jolie comparaison… Bon, à ta guise alors, si tu préfère te faire virer du magasin, c'est ta vie après tout.
Je restai prostrée dans ma position en ignorant le blabla de Geary-beurk quand j'entendis un bruit de plastique qu'on chiffonnait. Ma curiosité légendaire ne put s'empêcher de me faire tourner la tête vers l'origine du bruit. Le jeune homme était en train d'hésiter entre un paquet de marshmallow classique ou de bonbon à l'anis… En gros Geary-beurk avait des goûts super beurks…
-L'anis c'est pas bon, j'aime pas… ronchonnai-je alors que c'était pas franchement mes oignons (mais en même temps il avait qu'à pas se mêler des miens aussi !)
-M'en fous de tes goûts. Moi j'adore l'anis.
-Ça donne mauvaise haleine.
-Moi j'aime bien. Dis, si t as fini de bouder et que tu as envie d'entamer un grand débat à propos de l'anis, tu ne crois pas que tu pourrais te lever ? Tu vas finir par te faire rouler dessus par un caddie malintentionné si la sécurité ne t'as pas mise dehors avant.
Je soupirai bruyamment. Il était limite aussi chiant que l'ami Jacky celui-là… Néanmoins il n'avait pas tout à fait tord, aussi puisai-je beaucoup dans ma réserve de « force de secours » pour me relever péniblement et finalement secouer mes affaires avant d'agripper un paquet de smarties pour remplacer mes dragibus disparu bien trop tôt (paix à leur âme).
-Eh ben voilà ! Tu vois quand tu veux ! m'applaudis le garçon d'un air moqueur
Je lui lançais un regard noir.
-Quand on a un nom aussi pourri, on la met en veilleuse !
Et sur ce, je tournai fièrement les talons et partie payer mes achats dans la dignité la plus feinte ! Une fois sortie de l'épicerie, la première chose que je trouvais à faire, ce fut de glisser sur une plaque de verglas et de me retrouver sur les fesses, hébétée, mon sac de course dans les bras, et le derrière en compote. Je lançais un nouveau regard au ciel. Ok, ça va, j'avais compris que c'était pas ma journée, mais si on pouvait m'accorder deux seconde de répits entre chaque coup du sort, histoire de me laisser respirer, ce serait drôlement chouette !
Résignée à passer une journée naze archi-naze, je me relevais tant bien que mal et m'apprêtais à reglisser (vu que j'avais que ça à faire de toute façon… laul.) quand un truc se mit à me pousser dans le dos. Je glissais le long de la plaque jusqu'à retrouver sur un sol plus stable. Nul besoin de me retourner pour savoir QUI était derrière tout ça.
-Jack… Super… Manquait plus que toi… soupirai-je en me plaquant une main sur le visage
-Je viens de t'empêcher de revivre l'épisode du parc, aussi me contenterai-je d'un simple merci. répliqua-t-il en me tapotant la tête d'un air désobligeant avec son bâton
Je soupirai en levant le nez en l'air pour l'apercevoir planer au-dessus de moi.
-Hey, Jackie, t'es bien mignon, mais descends un peu, je vais attraper un torticolis là…
Le king du fun haussa un sourcil.
-Tiens, tu t'énerves pas comme d'habitude quand je te tape sur la tête ? Pourtant tu déteste ça…
-Désolée de te décevoir, mais j'ai eu un début de journée tellement minable que même toi tu pourrais pas rendre ça pire… En fait, à bien y réfléchir t'es peut-être même le seul point positif de mon jour de malchance… fis-je, subitement songeuse
-… Gné ?
-Ben ouais, m'exclamai-je en continuant sur ma lancée, ça se tient en fait ! En temps normal, je passe des journées normales ou super, et l'ombre au tableau c'est toujours toi (mais je t'aime bine quand même hein !)! Alors que là, ma journée est déjà au plus bas ! Donc tu ne peux que la rendre meilleure ! conclu-je avant de me tourner vers Jack avec un sourire béat. Dans mes bras mon pote !
« Mon pote » se contenta de me dévisager avec stupéfaction et finit par prendre un air de profonde lassitude.
-Toi, je te conseille vivement de rentrer chez toi, de te coucher, et de dormir jusqu'à demain… Parce que là, clairement, ça va pas.
-Ça va très bien, merci de ta sollicitude ! Enfin non, ça va pas du tout, puisque je répète que c'est mon jour de pas chance, mais sinon ça va quand même ! Tu me suis ?
-… Allez, fais dodo. Dit-il simplement en recommençant à me tapoter la tête avec son bout de bois débile
Okay… Là il commençait un brin à m'énerver… Mais qu'était-ce qu'un Jack incrédule face à toutes les injustices qui m'avaient frappés jusqu'à présent ! Exactement, RIEN ! Aussi mon sourire s'agrandit-il un peu plus alors que je m'empressais de lui répondre.
- Tu me fatigue crétin, t'es vraiment congelé du ciboulot toi, y'a pas… Mais RIEN venant de toi ne pourra m'agacer plus que tooooooout ce que je viens de traverser aujourd'hui, alors laisse-tomber !
Le garçon haussa un sourcil perplexe alors que je commençais à poser une main solennelle sur son épaule.
-Et c'est pour ça… Que je fais de toi mon porte-bonheur officiel ! Sois fier. Des tas de chaussettes fétiches tueraient pour être ta place.
-Mais c'est fini oui ? soupira-t-il en se dégageant avant de désigner mon sac de course. Ton machin va pas tarder à se déchirer au fait.
-Ça ne m'étonne même pas. Mais comme maintenant je t'ai toi, ô vaillant porte-bonheur, il tiendra forcément le coup jusqu'à ce qu'on rentre ! Ah, vraiment, merci d'être venu à ma rencontre mon brave, sans toi je serai peut-être encore sur cette stupide plaque de verglas avec une probable jambe cassée, mais tu m'as sauvé ! Si ça ce n'est pas un signe que tu es digne d'être mon porte-bonheur !
-Si t'as vraiment envie d'avoir un porte-bonheur, je peux t'amener Bunny, tu lui coupe une patte de lapin et on n'en parle plus. Mais pitié, ne fais pas de moi ton nouveau délire !
-Ce n'est que justice, crétin de Frosty.
-Pourquoi tu continue de me traiter de crétin si maintenant je suis ton super porte bonheur ? Tu tourne pas rond ! Tu ne suis même pas ta propre logique jusqu'au bout ! m'accusa-t-il en me pointant du doigt (ouh que c'est vilain)
-Hum… C'est pas faux… Attends, je vais te trouver un nouveau surnom… Je sais ! m'écriai-je soudain en claquant des doigts. Désormais tu seras « le trèfle » ! Ou mieux, « quat'feuilles » ! C'est bien ça non, « quat'feuilles » ? Sinon je peux aussi t'appeler « fil-de-fer », en référence au fer à cheval porte-bonheur…
-Okay, oublies-ça, crétin c'était très bien. soupira le garçon en commençant à flotter vers… Euh…
-Hé ! Attends ! Tu vas où ?
-Fort fort loin… De toi.
Je pris un air blasé. Je n'aurais pas dû lui faire regarder Shrek…
-Mais si tu t'en vas je vais recommencer à me faire harceler par l'esprit de la malchance !
-Ça n'existe pas cet esprit là. Allez, ciao. Je reviendrai quand t'auras fini ton cirque.
-Ouh que non ! Tu reste ! Tu vas me coller touuuuute la journée jusqu'à ce que j'aille me coucher, et seulement là tu pourras partir ! Et demain, je me réveillerai fraîche comme un gardon et les oiseaux chanteront devant ma fenêtre et feront même mon lit pendant que je sentirai l'odeur d'un délicieux petit déjeuner à base de puncakes au nutella que ma tante aurait préparé rien que pour moi ! Bref, tout seras parfait ! Et ma malchance d'aujourd'hui ne sera qu'un mauvais souvenir ! Et toi, ton rôle dans tout ça, c'est de jouer le porte-bonheur ! Allez porte-bonheur, je veux et j'ordonne que tu me colle ici et maintenant !
Monsieur j'ai-pas-froid-aux-pieds-moi-d'abord-wesh-wesh-yo-yo me lança un regard mi-amusé mi-navré.
-Tes vraiment sérieuse ? Comment tu peux croire à un délire pareil ? C'est juste une coïncidence, pas un jour destiné à être « ton jour pourri de l'année ».
-Et croire à un abruti qui se trimbale avec un sweat toute l'année, qui ne connait pas l'existence des chaussures et qui croit que le sens de la vie c'est de jouer des tours à tout le monde c'est pas un peu aberrant peut-être ?
-C'est pas pareil ! C'est normal de croire en moi puisque, comme tu l'as dit toi-même, je suis SI beau gosse ! se vanta l'andouille que je prévoyais déjà de faire griller à la broche dans les prochaine quarante-huit heures
-Tu vas me la ressortir encore longtemps celle-là ? Elle commence à périmer figure-toi ! Si ça se trouve, depuis le temps, je ne te trouve même plus beau ! déclarai-je en croisant fièrement les bras
-Bon, très bien. Je te crois. Tout ce que tu as à faire c'est me jurer sur la tête du père-noël qu'il est vrai ce mensonge.
Je le fixai un instant sans rien dire avant de rougir d'un air furieux et de le pointer du doigt.
-Tu sais quoi ? Tu n'es plus mon porte-bonheur finalement, t'es qu'un pauvre glaçon errant loin de sa banquise ! Retourne jouer les semeurs de trouble, moi je rentre dans mi casa, malchance ou pas ! Je préfère affronter une journée pourrie plutôt que de t'avoir sur le dos !
A ces mots, je tournai les talons et commençais à partir d'un pas furibond. Et E-vi-dem-ment, mon sac craqua… Je regardais son contenu se déverser sur le sol d'un air las. Même plus la force d'accuser une entité quelconque moi…
Je me penchai pour commencer à ramasser mes affaires avant de sentir une boule de neige s'écraser dans mon dos, me faisant lâcher le tout. Je m'écrasais face contre terre en lâchant un « eh bah ?! » surpris. Le rire de Jack ne tarda pas à se faire entendre… Je me relevai et lui lançais un regard noir en essuyant la neige sur mon visage. Ca faisait longtemps le coup de la boule de neige… Mais je mentirais en disant que ça m'avait manqué…
-Alors, je suis redevenu insupportable, pas vrai ? me demanda l'ami Jacky
-Tu tiens vraiment à ce que je te réponde, espèce de congélo sur patte ?
-Nickel ! Donc, puisque je te refais désormais officiellement suer, et que j'imagine que tu ne veux plus de moi pour le moment, j'ai décidé que j'allais te coller touuuute la sainte journée, comme tu me l'a si poliment demandé. Ne me remercie pas, tu aurais fait pareil pour moi. Termina-t-il d'un air modeste en commençant à ramasser quelques affaires
-Oh, ne te sens pas obligé voyons… Je ne voudrai pas gâcher ta journée… raillai-je en ramassant les reste des achats
On commença à se mettre en chemin, et effectivement il avait l'air parti pour me coller du coup… Il se mit à parler de pleiiiiiiiiiin de trucs, en passant des yétis au yaourt à la fraise que ma tante réussissait toujours (c'était la reine des yaourt ma tata) et qu'il avait goûté un jour quand elle avait le dos tourné, et moi je me contentai de l'écouter tout en faisant de grands sourires aux quelques passants qui regardaient un tas de courses voler tout seul à côté de moi. Genre c'est normal m'sieur dame, vous inquiétez pas, ce sont vos lunettes qui vous jouent des tours, z'avez qu'à les nettoyer plus souvent !
Et avec tout ça, je ne savais même plus si j'étais énervée ou pas moi. Finalement je finis par me dire que d'une certaine façon, cette journée n'était peut-être pas si mauvaise et je me résignais à écouter le débit d'ânerie de Jack en agrémentant parcimonieusement ses bêtises de quelques sarcasmes. Ce types était un âne, mais n'empêche que je l'aimais bien quand même.
