La populace déambulait tranquillement dans les rues de la très charmante bourgade de trifouillis-les-oies, quand soudain un jeune garçonnet de neuf ans à tout casser pointa son doigt vers le ciel en s'écriant d'un ai médusé:

-Hé! Mais c'est quoi ça?

Toute la foule présente leva les yeux vers le ciel, curieuse. Les rétines oculaires conjonctivales s'agrandirent, les cavités buccales s'entrouvrirent, les sacs remplis de daucus carota et de solanum lycopersicum (que les petites gens appellent respectivement "patates" et "tomates") fraîchement achetée aux marché tombèrent à terre et une voiture grilla même un feu rouge pour l'occasion (oooooouh la petite coquine! Si elle croit qu'on l'a pas vue, elle se fourre le doigt dans l'œil jusqu'au trognon)!

-C'est SUPER-TLPHONE FISHERPRICE! s'exclama une vieille dame qui mourut d'une crise cardiaque deux secondes après avoir crié cette phrase (elle avait fait son temps la vieille)

Eh oui, c'était bien elle, volant dans le ciel à la vitesse phénoménale d'un avion en papier, sa cape rose avec des petits canards imprimés dessus flottant derrière elle. Elle décrivit trois grands cercle au-dessus de son public qui l'acclamait, tel le peuple acclamant son gladiateur préféré! Puis elle vint se poser au milieu de la foule, dégagea le pigeon qui s'était posé sur son épaule, et d'une belle voix grave (car elle avait attrapé un mal de gorge carabiné à force de dormir la fenêtre ouverte) elle annonça à la flopée de badauds qui s'amassaient autour d'elle:

-Je ne suis pas en retaaaaard!

ET LA FOULE EST EN DELIIIIIIRE!:D

... Ben quoi? Je suis contente de pas être en retard,en fait je dirais même que je suis un poil en avance, et c'est pas tous les jours que ça arrive, alors il fallait que j'ai une entrée en scène digne de ce nom pour fêter ça quand même! Aaaaah... C'est si bon d'être à l'heure pour une fois X)

Bon, reprenons là où je vous avez laissé la dernière fois; Baymax en petit cochon donc. Donc. Bon. Ben. Ben qui c'est qu'à vu Zootopie du coup? Que je puisse bassiner cette personne avec Baymax en petit cochon, non parce que je crois que ma sœur va se faire sauter la cervelle si elle reste la seule à continuer d'entendre toujours ce même refrain.

Mis à part ça: Je disclaim... QUE TOUS LES PERSONNAGES ET TOUT CE QUI CONCERNE LES CINQ LÉGENDES NE M'APPARTIENT PAS! (et flûte et crotte et zut...enfin, j'imagine qu'on peut pas tout avoir dans la vie...)

Bon, allez, je vous laisse lire le prochain chapitou! Et je vous remercie grandement pour les reviews que vous laissez, les p'tits gars!^^ Moi=contente! :D

Good lecture! (Ah, le franglish est une si belle langue, sachons l'apprécier à sa juste valeur!)


Je feulais, tel un chat particulièrement énervé face à son ennemi juré, perchée à quatre patte sur ma table de chevet (mon réveil et ma lampe se sentais un peu l'étroit tout d'un coup). En face de moi, L'ENNEMI (ma cousine) tenant dans ses bras la plus redoutable, la plus horrible, la plus inhumainement odieuse arme jamais créée : UNE IMMONDE ROBE A LA MODE !

-Allons Lyra, arrête de faire l'enfant, tu ne vas quand même pas aller au mariage des voisins vêtue de tes éternels jeans troués ou de ces… Choses que tu aimes tant… marmonna-t-elle en désignant une des choses en questions, que je portais justement aujourd'hui

-LES SALOPETTES RÉGNERONT SUR LE MONDE UN JOUR ! ET JAMAIS JE NE PORTERAIS TA POV' ROBE TROP MEGA MOCHE ! ELLE TOURNE MÊME PAS ! ET Y'A PAS DE JUPONS ! NI DE MANCHES BOUFFANTES !

-Mais qu'est-ce que tu raconte ? soupira-t-elle en jetant un œil à la robe… Euh, non, pas « la robe » mais plutôt « la mochrobe ! » ! Ah, en voilà un surnom qu'il était parfaitement trouvé !

-Je veux dire que moi, quitte à porter une robe, j'exige qu'elle soit à mon goût ! C'est-à-dire une robe de princesse, comme dans la belle et la bête ! Ou alors dans la princesse et la grenouille ! Ou Cendrillon ! Un grosse robe bouffante avec des jupons et des paillettes et qui tourne et…

-J'ai une tête de marraine la bonne fée ? Tu crois que ce genre de robes apparaissent en claquant des doigts ? Puisque tu es si maligne tu n'as qu'à t'en faire une, une robe de princesse ! Mais dans tous les cas, on va à un mariage, pas à un carnaval, alors fais-moi le plaisir de porter ceci afin d'avoir l'air présentable !

-NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON ! J'ai dis.

-Ne fais pas ta difficile et mets cette robe ! insista Jo en s'approchant de moi avec la mochrobe

Je me remis à feuler comme jamais, effrayant Fizziwig qui fila se cacher sous mon lit, et au fur et mesure que ma cousine approchait je fis donnais des coups de griffes en direction de la robe. Agacée, Bianca finit par jeter sa stupide serpillière sur mon lit en soupirant.

-Très bien, à ta guise, libre à toi d'y aller en salopette si ça te chante, mais je te préviens, durant toute la cérémonie, je ne te connais plus !

Je continuais de feuler le temps qu'elle sorte de ma chambre en marmonnant « une robe de princesse… non mais franchement ! Qu'est-ce qu'il en faut pas entendre! » et une fois qu'elle eut fermé la porte je lui hurlais à plein poumon :

-DE TOUTE FAÇON JE VEUX PAS Y ALLER MOI A CE MARIAGE DÉBILE !

-MAIS TU ES IN-VI-TEE ! hurla-t-elle en retour

-LES MARIAGES C'EST NUL ! COMMENT ON PEUT RÊVER DE PASSER SA VIE AVEC UNE SEULE ET MÊME PERSONNE PLUS UNE TRIPOTÉE DE BAMBINS BRAILLEURS DANS LES PATTES ?! MOI JE VEUX FAIRE LE TOUR DU MONDE EN ROULOTTE ET PARLER AU MOINS SEPT LANGUES ET DÉCOUVRIR DE NOUVELLES CONTRÉES ET DEVENIR ASTRONAUTE ET…

-ON S'EN FOUT DE TES RÊVES BIZARRES PRINCESSE ! C'EST MÊME PAS TOI QUI TE MARRIE ALORS ARRÊTE DE TE PLAINDRE ! METS CETTE ROBE, VIENS AU MARIAGE, TIENS-TOI A CARREAUX PENDANT LA CEREMONIE ET APRES TU RENTRERAS !

-JAMAIS ! TU PEUX PAS ME FORCER D'ABORD !

-PENSE AUX VOISINS ! ILS T'AIMENT BIEN ET SERONT CONTENTS DE TE VOIR !

-MOI AUSSI JE LES AIMAIS BIEN ! JUSQU'À CE QU'ILS DÉCIDENT DE M'INVITER A LEUR STUPIDE MARIAGE !

-MAIS… TU… AAAAARGH, JE LAISSE TOMBER, T'ES TROP CHIANTE !

Et sur ces mots excédés, j'entendis ses pas énervés s'éloigner dans le couloir. Je tirai la langue à ma porte avant de sourire d'un air satisfait. Jamais on ne me ferait porter quelque chose que je n'aimais pas. Je jetai un coup d'œil à la mochrobe qui gisait sur mon lit.

-T'as cru quoi toi ? Que j'allais gentiment t'enfiler sans broncher ? Tu sais quel sors elle te réserve la terriblifique Lyra ?

Je souris d'un air mauvais alors que la robe restait sans voix sur mon lit. Sûrement qu'elle était trop pétrifiée de peur pour prononcer un traître mot ! Je me dressai lentement sur la table de nuit et continuant de fixer la mochrobe du regard.

-Tu vas souffrir ma petite, gnéhéhéhééééé, je ne vais pas te laisser repartir d'ici en un seul morceau… TU VAS EN AVOIR POUR TON ARGENT, HAHAHAAAAA !

En criant cette terrible menace je sautais sur mon lit (renversant ma lampe de chevet au passage) et me jetai sur la mochrobe qui avait dû tomber dans les pommes en sentant le danger et la peur la submerger !

-NYAHAHAAAA ! Je vais te découper en petits morceaux encore plus riquiqui que le cerveau d'un lapin crétin ! Tu feras moins la fière une fois que j'en aurais fini avec toi ! Après mon passage tu seras méconnaissable !

Je saisis la pauvre mochrobe d'une poigne de fer et la traînais dans ma salle de tortue (en gros je l'installais sur mon bureau et sortis les ciseaux du pot à crayon).

-Treeeeemble mocheté, c'est la dernière fois que tu vois la lumière du jour sous cette forme !

Je m'apprêtais alors à la déchiqueter pour en faire de charmants lambeaux, mais soudain une idée particulièrement géniale naquit dans mon esprit. Je suspendis mon geste et fixai un instant la mochrobe en pesant le pour et le contre. Puis je lui fis un sourire démoniaque.

-Mais avant toute chose, ils vont TOUS souffrir ! TOUS ! Pour commencer, Andy… C'est lui qui a été en course avec tante Leslie et qui a probablement choisi la robe après tout ! Je reconnais bien là son style… Quel petit morveux… Ce morpion n'a aucune idée du terrible destin qui l'attend ! TU PEUX FAIRE TES PRIÈRES MON VIEUX ANDY ! clamai-je en commençant à fouiller dans ma chambre

Je finis par trouver un vieux carton de chaussure vide, je pliais soigneusement la robe (lol, en fait je la jetai en boule dans la boîte, ce chiffon ne méritait pas meilleur traitement de toute manière) et fermais le carton avant de le fixer avec un joli ruban rouge (la couleur de l'amour diront certain, la couleur du père noël dirai-je moi-même! Comme ça Andy croira que c'est une bonne et délicate attention et il ne verra rien venir du tout ! Et là PAF ! UNE MOCHROBE SAUVAGE SURGIRA ! Et dire qu'il ne se doute de rien, le pauvre petit innocent, hohoho !). Je descendis ensuite discrètement jusqu'à la chambre du mon petit cousin, déposai soigneusement la boîte devant sa porte avant de me rendre compte que j'avais oublié de mettre une petit mot gentil pour faire plus vrai que nature et remontai donc en trombe dans ma chambre, la boîte sous le bras (et j'espérais bien qu'avec tous ces allers et retours la mochrobe avait le mal de mer ! Ce ne serait que justice ! Bien fait pour elle !).

J'écrivis un rapide mot de ma plus belle écriture (je précise qu'en temps normal j'écrivais comme un petit cochonou, donc c'est dire à quel point je pouvais faire des efforts quand il s'agissait de quelque chose qui me tenais à cœur ! En l'occurrence ma vengeance actuelle me tenait particulièrement à cœur !). Puis je redescendis sur la pointe des pieds pour aller devant la chambre de mon cousin et poser la boite en me retenant de pouffer trop fort pour ne pas me trahir. Puis je frappais trois petits coups à sa porte et me dépêchai de remonter sur le palier du deuxième étage afin de me pencher par-dessus la rambarde et d'observer tout le spectacle, riant silencieusement de ma bonne farce.

Andy ouvrit enfin la porte en se frottant les yeux (il n'avait fait que lire un livre de math stupide durant toute la matinée, alors forcément il devait avoir mal aux yeux… Et au cerveau ! Comment pouvait-on être aussi maso à seulement sept ans ? Bref, là n'était pas là question !). Il ne vit pas mon paquet au début et cogna son pied dedans. Je ne pus retenir un petit cri de triomphe en pensant à la pauvre mochrobe qui venait de se faire méchamment houspiller une fois de plus ! MUAHAHAHAHAAA ! T'avais qu'à naître avec un jupon ma vieille, et rien de tout ça ne serait arrivé ! Mon cousin baissa les yeux vers le paquet, fronça les sourcils d'un air suspicieux et prit la petite carte que j'avais accrochée au ruban avant de l'ouvrir et de lire à voix haute.

-« Pour mon cher petit cousin. Je t'aime très fort et je pense bien à toi. Signé : ta gentille cousine Lyra. P.S : Bisous ».

« Alors ça c'est super louche » marmonna-t-il en fixant la carte un moment tandis que je me retenais d'exploser de rire dans mon coin. Puis, le grand moment arriva. Il prit le paquet et défit le ruban avant d'ouvrir la boîte. Sa réaction ne se fit pas attendre. Il soupira bruyamment avant de m'appeler d'un air las.

-Lyraaaaa… T'es trop nulle…

-HAHAAA ! MA VENGEANCE MACHIAVÉLIQUE EST PARRRRFAITE EN TOUT POINT ! HAHAHAAAAA ! hurlai-je glorieusement avant de me rouler de rire sur le palier

-C'est complètement débile oui ! T'as quel âge à la fin ? Elle a vraiment du temps à perdre elle… termina-t-il en soupirant avant d'abandonner la robe dans sa boîte et de rentrer dans sa chambre en refermant la porte

Quand à moi je riais toujours en pointant la robe du doigt du haut de mon deuxième étage.

-Alors ? Alors ? Je te l'avais pas dis que ma vengeance serait terrible ? Stupide mochrobe qui se croyait mieux que tout le monde va ! Tu peux aller te rhabiller, minable !

Et c'est ainsi que je rentrai dans mon antre, tête haute, l'esprit tranquille, ma dignité vengée. Adieu mocheté, place à Lyra l'imprenable !

Je remis ma lampe de chevet en place avant de sauter sur mon lit en riant.

-Wouhouuuu ! J'ai vaincu la terrible mochrobe (qui était pourtant un boss de niveau dix au moins !). Je suis une putain de WARRIOOOOOOR ! T'en pense quoi mon Fizzie ? lançai-je au chat qui me regardait d'un air las, assis sur mon tapis en forme de nuage.

Il lâcha un vague « mrou » que je traduis par « Humaine. Tais-toi.» avant de se rouler en boule sur le tapis et de me tourner ouvertement le dos. Je haussai les épaules, arrêtai de sauter sur mon lit (la dernière fois que j'avais fait ça j'avais finit par casser trois lattes d'un coup…) et allais chercher un bon livre dans ma bibliothèque afin de célébrer dignement ma victoire (Alors voyons… Un truc glorieux pour la glorieuse Lyra… Le journal d'un dégonflé ce sera très bien !).

Je bouquinais depuis une petite demi-heure quand SOUDAIN on frappa à ma fenêtre. Je sursautai avant de foudroyer du regard Jackie-ce-gros-naze. Cette andouille me faisait de grands signes accompagnés d'un sourire particulièrement idiot… Pauvre Jackie… Il n'avait vraiment rien pour lui…

Je parti quand même lui ouvrir, de toute façon rien ne pourrait entacher ma superbe victoire, pas même cet empaffé volant !

-Bonjour tête de piaf, qu'est-ce qui t'amène dis-moi ? demandai-je à peine la fenêtre ouverte

-Je viens de voir Andy et il m'a raconté tout le foin que tu as fais pour une simple robe. Je viens juste m'assurer que ta victime est encore en un seul morceau.

Je roulai des yeux. Quel petit rapporteur ce fichu cousin… Et quelle commère cette andouille de Frosty !

-De quoi je me mêle ? Tu vas pas me faire croire que tu es comme toutes ces pintades qui raffolent de vieux ragots moisis dans mon école quand même !

-Roh, c'est bon, je veux juste voir, c'est tout ! Ça va être marrant ! dit-il en se faufilant par la fenêtre que je refermais derrière lui.

Du coin de l'œil j'aperçus Fizziwig frissonner quand Jack passa près de lui.

-Oooh, regarde un peu ce que tu fais à ma pauvre petite boule de poil adorée ! Tu ne sais donc pas qu'il est frileux ce petit loupiot ? m'exclamai-je en me ruant sur Fizzie pour le couvrir de câlins et de bisous, au grand dam de ce dernier

Jack me lança un regard blasé.

-Si tu veux mon avis tu deviens vraiment gâteuse avec l'âge.

-Tu veux vraiment qu'on se lance sur le sujet de l'âge, papynou ?

-Papynou… Super, j'adore. Soupira-t-il en roulant des yeux. Bon, elle est où cette fameuse robe ?

-Alors tout d'abord, ce n'est pas une robe à mes yeux, mais une mochrobe. Et tout ensuite je l'ai laissé telle quelle sur le palier, devant la porte de la chambre d'Andy. En gros t'es monté pour rien, gros malin !

Et pile quand j'eu fini, on toqua à la porte. Je dis « entrez » et mon oncle entra… Avec la mochrobe dans les bras.

-Dis-moi Lyra, c'est pas à toi ça ? Je l'ai trouvé par terre dans une boîte, toute chiffonnée, mais ne t'en fais pas je te l'ai repassée ! Tiens, fit-il en me tendant la mochrobe que je pris machinalement, trop hébétée pour protester, elle est comme neuve ! Tu pourras la mettre demain sans problème ! C'aurait été bête que tu ailles au mariage des voisins en salopette quand même ! termina-t-il en riant avant de repartir en fermant la porte

J'en restais pantoise un bon bout de temps. Je fixai bêtement la porte, ma bouche entrouverte, le cerveau grillé à jamais. Paix à son âme. C'était dans ce genre de moment qu'on voyait à quel point le hasard avait un humour de merde… Puis Jack, n'y tenant plus, finit par exploser de rire.

-OUHAHAHAHAHAAAAAA ! Alors ça ma vieille, CA, ça c'était… C'était… MAGIQUE ! HAHAHAHAAAAAA !

Bon. Force m'était de constater qu'il n'avait pas tord, c'était trop gros pour être ignoré… Je soupirai avant de lui tendre la robe.

-Tiens, je te l'offre si tu veux. Parait que ça met les tailles de guêpe en valeur. Autrement dit elle est taillée pour toi.

Le garçon essuya une larme de rire qui perlait au coin de son œil en lançant un regard à la mochrobe. Avant d'exploser de nouveau de rire.

-ET DIRE QUE TU VAS PORTER CA ! HAHAHAAAAAAAA ! TU VAS PROBABLEMENT AVOIR L'AIR D'UN ÉPOUVANTAIL DANS UN SMOKING !

Là c'en était trop… Je lui balançais la mochrobe à la figure. Trop mort de rire pour réagir, Jack se contenta de se la prendre en pleine de tronche et continua de se bidonner, la robe sur la figure.

-Tu es ridicule… lui fis-je remarquer

-Attends de te voir avec cette robe sur le dos ! répliqua-t-il entre deux éclats de rire

Je le fusillais du regard. Dommage qu'il ne le voyait pas avec sa robe sur la tête… Puis je m'affalai sur mon lit en soupirant. Il était tout bonnement hors de question que je porte cette chose informe… Tout comme il était hors de question de briser le cœur de mon oncle et ma tante ainsi que des voisins qui pensaient toujours à moi quand ils faisaient des gâteaux (monsieur était pâtissier professionnel alors autant vous dire que je ne crachais jamais sur ce qu'il m'amenait) en ne venant pas au mariage… En bref : j'étais dans le pétrin, une fois de plus…

-Non mais c'est vrai quoi, c'est pas juste en fait ! Pourquoi Andy il a le droit d'y aller en jean-chemise alors que moi je dois me saper comme une star de cinéma ?

-Parce que t'es une fille. Me répondit Jack qui s'était enfin calmé, du tac au tac

-Ô, société indigne, pourquoi opprimer la femme et la conditionner pour la vaisselle et le ménage ! déclamai-je solennellement en m'effondrant sur mon lit et en me couvrant le front de ma main. POURQUOI ! expirai-je avant de faire la morte

-T'en fais pas trop, soupira Jack

-laisse-moi reposer en paix Jackie ! Je suis morte là !

-Ca nous fait un point en commun. Allez viens, on va fêter ça autour de ta dépouille.

Je me redressai en lui tirant la langue, ce qui le fit exploser de rire, ce qui me fit exploser de rage, et pour le coup je lui balançais mon oreiller dans la face.

-En plein dans le mille, haha ! M'écriai-je en faisant la danse de la consécration avant que Jack ne me rebalance mon oreiller, m'aveuglant momentanément, juste le temps qu'il me fallait pour trébucher sur Fizziwig et finir par me crouter lamentablement sur le plancher

-Lyra ! Que tu joues et parle toute seule passe encore, mais fais-le EN SILENCE BONTÉ DIVINE ! hurla Jo depuis sa chambre (Parler en silence ? Elle en avait de bonne la cousine… Et dire qu'il fut un temps où on avait toutes les deux sautées de joie en apprenant qu'on serait voisine de chambre…)

Je me fis une note mentale pour penser à me venger de cette satanée Bianca un de ces quatre et une autre pour jeter au feu la stupide branche qui servait de canne à pépé Frost dès qu'il aurait le dos tourné…

-Hé, hé, hé, hééééé… m'appelait Jack en me tapant sur la tête, comme toujours, avec sa fameuse vieille branche, comme toujours

-Qu'y-t-il encore mon bon ami congelé? soupirai-je en levant les yeux vers lui

-Tu vas faire quoi du coup ? Tu vas la mettre cette « mochrobe » ou pas ?

Je fronçai les sourcils en cherchant un moyen de résoudre mon dilemme… Puis je levai des yeux suppliants et pleins d'espoirs vers Jack :

-Dis donc le roi des glaces, tu saurais pas faire apparaitre des robes magiques comme Elsa dans la reine des neiges par hasard ?

Le glaçon… Ou le garçon, (je n'ai jamais été trop capable de déterminer à laquelle des deux espèces il appartenait), me fixa comme si j'étais l'abrutie la plus abrutie de toute les abruties du pays des abruties…

-Et sinon, tu compte faire quoi concrètement ? T'as une solution concrète ? Tu compte faire quelque chose de concret ?

-Bon, ça va, j'ai compris… C'était juste une question, pas la peine de faire des sous-entendus mesquins ! Bon, alors… Réfléchissons, et réfléchissons bien… LE GRENIER ! m'exclamai-je soudain

-Tu veux te cacher dans le grenier pour fuir tes ennuis ? Tssk, je ne te savais pas aussi lâche… Pleutre. Ajouta-t-il en me lançant un regard hautain alors que je me relevai en le supprimant mentalement avec une bombe nucléaire

-Mais non crétin de Jack Frost ! Je vais aller fouiller dans le grenier à la recherche d'une vieille robe ! Comme dans Cendrillon !

-Et ensuite tu demanderas à tes amis les chaussettes et les sacs de t'aider à la remettre à neuf ? Brillante idée ma petite Lyra, t'es vraiment la meilleure, y'a pas ! Ironisa-t-il en me suivant quand même alors que je quittais ma chambre

-Pourquoi tu me suis ? J'ai pas besoin de t'avoir sur le dos, toi et tes sarcasmes ! Tu peux retourner faire glisser de malheureux passants dans la rue, je ne te retiens pas plus longtemps ! lançai-je en le congédiant d'un signe de la main

-Ooooh, allons, toi et moi on sait très bien que tu adore quand je suis dans tes pattes ! rétorqua-t-il avec un des ces sourires sexy dont lui seul avait le secret avant de me coller un bisou sur la joue. Allez, tous au garage dans la joie et la bonne humeur !

-On va dans le grenier, pauvre débile… grommelai-je d'un air bougon (Lyra pas aimer quand Jack avoir raison! Et Lyra pas non plus aimer quand Jack Frost faire bisous et que Lyra rougir. LYRA FÂCHEE CONTRE ELLE-MÊME ET CE STUPIDE JACK FROST !)

-Au fait, je ne savais pas que vous aviez un mariage de prévu. Remarqua alors Jack

-Moi je m'en suis souvenue qu'hier, quand ma cousine en a parlé. J'imagine que l'info est ressortie aussi vite qu'elle est rentrée dans ma tête il y a des mois de ça…

On finit par échouer dans le grenier après plusieurs essais infructueux pour passer par la lucarne (mais ça, c'était AVANT de découvrir qu'il y avait en fait un escalier pour y accéder, comme me l'expliqua si bien l'oncle Carter en me voyant galérer comme un pingouin qui voudrais passer par-dessus ravin. On commença à fouiller un peu partout avec Jack, mais ça prit un temps fou parce qu'à chaque nouvelle découverte je poussai un cri de joie pour lui montrer ce que j'avais trouvé. Du coup ça donnait quelque chose comme « OH JACK ! Regarde ! Une vielle passoire abîmée ! » « Chouette… » et deux secondes plus tard « OH Jack ! » « Quoi… ? » « Regarde ce que j'ai trouvé ! UN CASQUE DE GUERRE » « Super… » puis encore un peu après « OH ! Jack, regarderegarderegarde !» « Quoiiiiii encore ! » « Une trousse de toilette déchirée ! ». Voilà. En gros. Ça donnait à peu près ça, pendant une bonne heure et demie, tout ça parce que j'adorais les vieux trucs (voilà pourquoi je n'allais jamais dans le grenier. Parce que je savais que si j'y mettais les pieds ça allait durer au moins trois jours). Et ce pauvre Jack qui n'en pouvait plus de mes « OH Jack regaaaaaarde » incessants… Non vraiment on était bien parti pour camper ici, sauf que Jack finit par trouver une valise pleine de vieux vêtements, et qu'il m'appela donc, tout content (il espérait très probablement mettre enfin un terme à toute cette folie).

-Oh, Lyra, regarde ! Des vêtements ! Pile ce pour quoi on était venu à l'origine, tu t'en rappelle ?

-Pas besoin d'être sarcastique l'ami, j'ai compris le message… maugréai-je en reposant le sablier plein de poussière que je venais de trouver et pour lequel je m'apprêtais à repousser un énième « OH Jack regarde »

Je me dirigeais vers la malle que la dinde congelée était déjà en train de fouiller et le poussé un peu pour avoir de la place.

-Gros lard ! lui lançais-je en mettant toute ma mauvaise foie à contribution

Il me lança un regard qui semblait dire « tu es pathétique» avant de brandir un chapeau melon de la malle.

-Tadaaa ! Avec ça, ma cocotte, tu auras la classe à Las Vegas !

Et crotte de cheval, voilà qu'en plus on avait les mêmes goûts vestimentaires ! Non sérieux ! J'adore les chapeaux melon moi !

-Ooooh, trop bien trop bien trop bien trop bien ! DOOOOOONNE ! m'écriai-je en tentant de l'attraper

-Hep hep hep, moi d'abord ! dit-il en posant le chapeau sur sa tête. Ha ! Alors, ça me va comment ?

-Pas mal, oui, on a vu, allez à moi maintenant !

-La patience. Une des nombreuses qualités qui te font défaut Lyra ! soupira-t-il en enlevant le chapeau et en me l'enfonçant sur le crâne

-Ouaiiiis ! Je suis Dupont T avec un T comme dans Théière !

-Ou comme dans Tarée…

-Pff, t'es jaloux parce que ce parfait couvre chef me sied bien mieux qu'à toi ! répliquai-je

-Peu importe… Hé, regarde ça, une cravate rouge !

Il l'enfila autour de son cou et je le regardai faire un nœud de cravate avec une facilité déconcertante d'un air impressionné.

-Génial ! Où t'as appris à faire ça toi ?

-A force de voir les autres faire. Trois cent ans d'expérience que t'as devant toi ma petite ! Autrement dit je suis un puits de science infuse.

-La preuve, tu ne connaissais pas my little pony avant de me rencontrer !

-Je ne suis pas sûr que ça ait beaucoup de répercussion sur un CV ce genre d'addiction…

-Peuh. Pauvre inculte. Tu ne comprends rien à l'art du poney.

-L'art du poney… N'importe quoi…

-Et de toute façon ce n'est pas la capacité de quelqu'un à nouer une cravate qui fait son CV je te signale !

-C'est toujours mieux que préciser qu'on est à fond dans une série pour mioche !

-MIOCHE qu'il ose dire ?! Mon cher Jack, apprenez que la communauté de fan de cette série est essentiellement composée de gens comme moi ! Pas de gamins simplets et trop bêtas pour apprécier My little pony à sa juste valeur !

-Bref, on va pas s'éterniser sur ce sujet… Oh, tiens, mais ne serais-ce pas une robe comme tu en cherchais ?

Je lançais un regard à… Euh… La… La chose que mettent les ménagères de cinquante ans… Comment ça s'appelait déjà… UNE BLOUSE !

-… Euuuh… Non pas que je ne trouve pas ça fun hein, mais je ne suis pas sûre que ça passe crème si je me ramène au mariage habillée comme l'arrière grande tante de l'arrière grand oncle…

-Et difficile avec ça. Arrête de faire ta fine bouche, et enfile cette horreur à fleur et à bouton pression ! Ça s'assortira très harmonieusement avec tes pointillés à relier !

-Ce sont des tâches de rousseurs, CRÉTIN !

-Enfiiiiiiile !

-Nooooon !

Et le même cinéma se reproduisit avec tout le contenu de la valise. Finalement vers 16h de l'après midi, je finis par me rendre compte que j'avais un petit creux (en même temps j'avais sauté le repas avec toutes ces bêtises aussi). Je lançais un regard à la valise, désormais vide en soupirant.

-J'ai faiiiiim… Bon, on va goûter ? proposai-je à Jack qui était en train d'empiler tous les chapeaux qu'on avait trouvé sur sa tête

-Fais comme tu veux, t'es chez toi. T'as trouvé ton bonheur au moins ? Parce que j'ai un peu l'impression qu'on a fini par perdre l'objectif de vue avec toutes ces funeries moi… grommela-t-il en fixant nos déguisements (enfin… Disons plutôt la tonne de vêtements qu'on avait empilés les un sur les autres au fur et a mesure)

J'enlevais la pile de tissu qui m'enrobait et en sorti un vieille robe des années 50 qui était bien plus jolie et attrayante que la mochrobe que m'avait débusqué Andy.

-Ça ce sera parfait. Allez viens, on va manger.

-On range pas ? demanda Jack en voyant le bazar monstrueux qu'on avait mit

Je soupirai, ramassai toutes les affaires qui traînaient, les roulais en boule et les jetai dans la malle avant de refermer cette dernière.

-Voila. C'est rangé. Allez, à table ! conclu-je en sortant du grenier, ma nouvelle robe sous le bras et Jack sur mes talons