Titre : Des Fleurs pour Luna

Auteur : Meish Kaos

Rating : PG pour mort d'un oiseau innocent

Genre : Hurt/Comfort/Angst

Pairing : Luna/Dean

Disclaimer : Je ne sais pas si JKR a pensé à une telle utilisation des dons du Jobberknoll, mais sinon, je l'ai fait à sa place, tout à fait gratuitement :) C'est-y pas beau, la vie, quand on peut avoir des services gratuits :)

Commentaires : BONNE FÊTE FLORALEGE :) J'espère que tu auras aimé ton cadeau :) Au fait, j'ai changé le titre de ce qui est devenu un recueil à ton intention ! ;)

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Le chant du Jobberknoll

Au début, ce n'était que des crépitements, des sifflements et le bruit des vagues. Rien de vraiment dérangeant. Rien de vraiment menaçant.

Et puis, il y avait eu ce cri rauque, atroce, qui avait déchiré la nuit.

Dean s'était réveillé en sursaut. Une longue plainte mélancolique s'élevait et retombait au loin. Ça n'était pas dans la maison, comme il l'avait d'abord cru. Les battements de son cœur s'apaisèrent.

Impossible de se rendormir.

Il devait être près d'une heure du matin, se dit-il. Aucun de ses compagnons de chambre ne s'était réveillé. Après tout ce qu'ils avaient traversé, ils n'avaient pas volé une bonne nuit de sommeil. Il n'allait pas les embêter avec son insomnie.

À pas de loup, il quitta la petite chambre. Il prit bien soin d'éviter au mieux les lattes qui craquaient. Le couloir était sombre, mais il savait où aller. Dans le salon, il y avait une grande fenêtre qui donnait sur la mer.

Quelqu'un s'y trouvait déjà.

- Tu l'as entendu aussi ? lui demanda Luna.

- Qu'est-ce que c'était ?

Dean n'arrivait pas à décider si la Serdaigle l'amusait ou le mettait mal à l'aise. Elle était terriblement déconcertante. Sur l'heure, elle était magnifique, nimbée du halo argenté de la lune. Mais dans ses yeux brillaient cette lueur fantaisiste qu'il n'arrivait pas à cerner.

- C'était un Jobberknoll, répondit-elle le plus simplement du monde.

- Et… hum… qu'est-ce que c'est exactement ?

Luna écarquilla les yeux.

- Tu n'écoutais pas en cours de Soin aux Créatures Magiques ?

- Non, répondit-il sans la moindre honte. Alors, qu'est-ce que c'est ?

- C'est un tout petit oiseau… il est très rare d'en trouver un en liberté. Il est muet.

Perplexe, Dean haussa un sourcil. La bête qui gémissait ne lui semblait pas particulièrement muette.

- Enfin, jusqu'à sa mort, précisa Luna comme si de rien n'était. Lorsque le Jobberknoll meurt, il régurgite tous les sons qu'il a entendus dans sa vie… à l'envers.

- Tu veux dire que celui qu'on entend, là, est…

- Oui, confirma-t-elle. Il est mourant.

À ce moment, un grand cri indistinct retentit à nouveau. Les mots étaient indiscernables, mais ils reconnurent la voix.

- Mais c'est Harry !

- Le Jobberknoll était probablement dans les environs lorsque Dobby est mort.

La voix de Luna était paisible, mais Dean pouvait voir les larmes sur ses cils. Il se sentit désolé pour elle et posa sa main sur son épaule, par sympathie. Elle lui sourit.

Dehors, le Jobberknoll criait toujours.

- j'ai peur pour eux, avoua-t-elle d'un ton anodin.

Il ne s'y trompa pas. Il savait à quel point cet aveu lui coûtait.

- Moi aussi, répondit-il doucement.

- Mais il vaincra, reprit-elle, une foi inébranlable dans la voix.

- Qui ? Harry ?

- Oui.

Elle lui sourit.

- Tu-Sais-Qui ne m'a pas souhaité la bonne année. Ça porte malheur.

Dean ne pu s'empêcher d'éclater de rire.

- Tu prédis la chute de Tu-Sais-Qui comme ça, toi ?

Elle contempla la lune, son éternel sourire sur les lèvres, et ne répondit pas.

Le Jobberknoll faisait inlassablement entendre le bruit des vagues à présent, ainsi que le vent. Il était presque indiscernable de la mer et de la brise véritable, mais une tension dans l'air indiquait qu'il vivait encore.

- Il est à bout de souffle, reprit Luna tristement.

Son ami hocha la tête.

- Pourquoi est-ce si rare de les trouver en liberté ? demanda-t-il.

- Étant muets, ils ont du mal à trouver une compagne, expliqua-t-elle d'une voix éteinte. Et puis, autrefois, on se servait d'eux comme espions.

- Comme espions ?

- Oui. Les sorciers s'en procuraient deux, tu vois. Ils envoyaient le premier là où ils souhaitaient recueillir des informations. Ensuite, ils tuaient le pauvre oiseau en présence du second et le forçaient à entendre son chant d'agonie. Puis, ils tuaient aussi le second, qui restituait le chant du premier Jobberknoll avant le sien propre. Ils pouvaient alors entendre l'intégralité du message… à l'endroit. Le Ministère a passé des lois à ce sujet il y a quelques dizaines d'années à peine, alors que la race était presque éteinte. Ils ont constitué des réserves et ils les élèvent en cage maintenant. Tu sais, si les plumes des Jobberknoll n'avaient pas été l'ingrédient principal des sérums de vérité, le Ministère n'aurait rien fait. Ils essaient encore d'étouffer le scandale, de faire comme s'ils ne s'étaient jamais servis d'eux de cette façon. Que pouvons-nous attendre d'autre du Ministère ?

- Mais c'est horrible ! s'écria Dean, nauséeux.

- Oui, acquiesça Luna. Beaucoup de choses que font les sorciers sont horribles.

Ce qu'elle venait de lui dire ressemblait beaucoup aux autres histoires sans queue ni tête que racontait la jeune fille à volonté. Peut-être était-ce le chant qu'il entendait toujours au loin, ou alors l'accent de sincérité désespérée qui s'était glissé dans le récit de Luna, mais cette fois, Dean sentait que c'était la vérité.

Dans la nuit, de faibles craquements retentirent, et ce fut tout. Le Jobberknoll était mort. Luna éclata en sanglot.

- Il était très jeune, balbutia-t-elle. D'habitude, leur chant peut durer des mois, parfois même des années. Et celui-là, il… il…

Incapable d'articuler une parole supplémentaire, elle enfouit son visage dans ses mains. Dean savait qu'elle ne pleurait pas que pour l'oiseau. Elle était triste pour la créature, certes, mais le destin du Jobberknoll lui rappelait que quelqu'un qui lui était cher possédait un destin semblable, et malgré sa foi, elle était terriblement inquiète.

Une inquiétude qu'il partageait totalement.

- Allons, allons, dit-il maladroitement en passant son bras autour de ses épaules.

A part lui, Dean songea fugitivement qu'avec elle, au moins, il se sentait utile. Elle appuya sa joue contre lui. Elle ne pleurait plus.

- Ça va aller… ? demanda-t-il presque timidement.

- Dans quelques mois, peut-être, fut la réponse.

- Il vaincra, Luna.

- Oui.

- C'est certain. Tu vois, grâce à toi, Tu-Sais-Qui a la poisse collée au…

- Dean !

Elle éclata de rire. Il sourit.

- Il vaincra, dit-elle, sa foi renouvelée.

- Oui, répondit simplement le garçon.

Et cela suffisait, pour le moment. En observant les étoiles, sa tête contre celle de son camarade, Luna songea qu'un visage s'ajouterait sur son mur, lorsqu'elle retrouverait une maison à elle.

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