La fin de l'histoire de Mary!

Disclaimer: Detective Conan ne m'appartient pas, c'est un manga de Gosho Aoyama

Chapitre 3

Les secondes s'écoulent, suivies des minutes. Cette fois, Sera n'ose prononcer sa gêne. Nous attendons en silence que Mary reprenne son récit. L'instant tant attendu arrive enfin, l'histoire continue.

« Quelques mois après, Sera naquît. En même temps que toi apparemment. »

Cette phrase me révèle une chose à laquelle je ne peux croire : ma mère n'avait pas informé sa sœur de ma naissance. Cela m'attriste et pourtant, dans ma tête, la pensée la plus importante est une autre :

Pourquoi ne lui avoir rien dit? A' elle, sa propre sœur?

Je laisse Mary continuer son récit, espérant que je comprendrais par la suite.

« Je n'aurais jamais pu imaginer que seulement quelques semaines après, la mort d'Elena et Atsushi aurait fait la une de tous les journaux… La mort de ma sœur failli me faire tomber dans la dépression, j'y avais résisté bien plus mal qu'à celle de mon défunt mari. Et pourtant, quelque chose d'autre avait la priorité sur ma douleur : Akemi. Je ne pouvais certes oublier la requête de ma sœur et, après avoir découvert l'adresse à laquelle elle avait jusque-là habité et avoir laissé mes enfants à mon mari, je partis en route pour sa maison. Comme tu l'auras compris, je n'étais pas au courant de ta naissance. Je n'ai appris ton existence que très récemment. C'est pourquoi je pensais ne trouver que ta sœur en arrivant mais j'eu une bien mauvaise surprise en arrivant.

La maison était déserte et surtout, carbonisée. Je m'empressai d'en demander la raison aux voisins qui m'apprirent qu'après la mort des propriétaires, des hommes habillés en noir étaient venus prélever les deux autres habitants. Ils m'expliquèrent que le jour suivant, la maison avait brûlé à cause d'un accident dont ils ne connaissaient pas la cause.

J'ai honte de l'avouer mais je ne fis absolument pas attention au fait qu'il y avait deux autres habitants à part Elena et son mari. Dans ma tête, tout ce qui comptait était qu'apparemment, Akemi s'était faite enlever par l'Organisation.

Je commençai à mener des recherches qui n'aboutirent à rien et au bout de trois mois je… J'ai laissé tomber. »

Mon cœur s'arrête. La phrase se répète en boucle de ma tête. « J'ai laissé tomber »..? Je sens mon corps commencer à trembler.

De déception ? Oui. De tristesse ? Sans doute. Mais surtout de rage.

Elle avait laissé tomber. Elle avait laissé tomber Akemi ! Si elle avait poursuivi ses recherches, peut-être que… Peut-être que… Akemi ne serait pas morte… Je n'aurais pas été arraché de ses bras alors que j'étais si jeune… Je n'aurais jamais appris à tuer… Je n'aurais jamais conçu l'APTX4869… Tellement de gens ne seraient pas morts… Kudo ne serait jamais devenu Conan Edogawa…

Tout ça aurait pu être évité!

Mon sang bouillonne mais j'essaye de me contrôler. Que ce soit Shiho Miyano ou Sherry, aucune des deux n'a le droit de perdre son sang-froid.

Un sourire attristé plie mes lèvres. Shiho a dû disparaître si jeune et a été obligée de laisser place à Sherry. Les seules fois ou' elle réapparaissait était auprès de sa sœur. Et encore.

Shiho avait dû apprendre à maîtriser ses émotions pour ne pas céder à la colère, la honte et la tristesse qu'elle éprouvait à cause de l'Organisation.

Sherry était alors apparu, lui offrant apparemment son aide. Dès qu'un de ces hommes était près d'elle, la petite Shiho se cachait derrière son alter-ego. Celui-ci ne se contentait pas d'être indifférent aux criminels, il leur tenait tête.

Shiho était froide, sans émotions, mais n'osait s'imposer à cause de la peur qui régnait dans son esprit.

Sherry revêtait constamment un masque, comme sa jumelle, mais c'était un masque défiant. Elle se moquait des gens autour d'elle, peu importe qui ils soient. Son sourire narquois ne la quittait jamais, la protégeant de toute attaque émotive.

Mais Shiho commença à relier trop souvent sur Sherry et finit par lui laisser la place. Shiho n'apparaissait quasiment plus, et les rares fois qu'elle le faisait, on ne pouvait la distinguer de Sherry.

Je soupire intérieurement.

Ce sont des choses que je sais depuis longtemps mais il y a une question à laquelle je n'arrive toujours pas à répondre.

Qui suis-je ?

Je ne sais plus. Je sais seulement que je suis une personne qui n'a pas le droit de monter ses émotions, sa peine, sa rage.

J'agis en tant que telle. Mon corps arrête de trembler. Je renferme ma colère au plus profond de moi. Le calme revient dans mon esprit.

Je suis prête à supporter la suite mais c'est sans compter ma voisine qui m'a observée depuis le début.

Je sens la main de Sera doucement enlacer la mienne. Je sens qu'elle hésite, sans doute pensant que c'est une geste que l'on fait seulement lorsqu'on est en confidence. Sur ce point, je suis pleinement d'accord. Pourtant… Pourtant je serre sa main. Je sens de la chaleur me réchauffer. Je sais que c'est à peine si je me retiens de me jeter sur elle pour pleurer sur son épaule. Mais justement, je me retiens malgré tout.

Je pensais que Sera s'était assise à côté de moi parce qu'elle cherchait un soutient émotif. Peut-être que je me trompais. Peut-être que celle qui avait et a toujours besoin d'un soutien émotif c'est moi. Peut-être que Sera l'a compris mieux que moi.

J'abandonne ces pensées pour me remettre à l'écoute de Mary.

Quand est-ce qu'elle avait arrêté de parler d'ailleurs ? Je ne me soucie pas de trouver une réponse à la question.

« Je pensais que mes problèmes étaient finis mais ce n'était pas le cas.

Après quelques années, je découvris que mon mari était devenu… Un véritable membre de l'Organisation. Il n'était plus un infiltré de l'FBI dans l'Organisation. Il était un infiltré de l'Organisation dans l'FBI.

Et ce n'était pas tout. Il était aussi responsable de la mort de mon premier mari, même si à l'époque il ne l'avait tué que pour faire croire à l'Organisation qu'il lui était fidèle. Qui aurait jamais pu penser qu'il nous aurait ensuite trahis ?

Je ne voulais pas mettre en danger mes enfants, alors je décidai de les envoyer chez James Black, un membre très important de l'FBI et un ami de mon premier mari. Celui-ci accepta immédiatement de m'aider et m'offrit son aide en ce qui concernait mon enquête. Ne voulant pas le mettre en danger plus que nécessaire, je refusai son offre.

Ce que je n'avais pas prévu, en revanche, était que dès qu'ils le purent, Shuichi, Shukichi et Kohji partirent chacun de leur côté.

Shukichi et Kohji décidèrent de partirent à l'étranger afin de devenir des joueurs de shogi professionnels. Peut-être en mémoire de leur vrai père avec qui ils jouaient souvent.

Shuichi, lui, commença à voyager autour du monde, surtout en Amérique. Pendant son voyage, il apprit à se servir d'armes diverses, tout en ayant une préférence pour les fusils sans que je ne sache pourquoi. Lorsqu'il revînt auprès de James, ce ne fut que pour lui demander d'intégrer l'FBI.

Je ne sais pas ce qui se passa dans la tête de James, même si j'en ai une vague idée. A' l'époque, tout comme mainteant, Shuichi ressemblait énormément à son père. En plus, l'avoir sous ses ordres aurait permis à James de le protéger plus facilement. Et James accepta. Depuis, ni moi, ni Masumi ,ni Shukichi ou encore Kohji , ne le revîmes plus.

Masumi fut la seule à rester bien gentiment aux côtés de James tout affinant les habilités que lui avaient transmises ses frères : le Jeet Kune Do et l'esprit de déduction de la part de Shuichi, l'analyse des situations autour d'elle de la part de Shukichi.

Masumi put rester au Japon jusqu'à il y a trois ans. Il y a trois ans, malheureusement, Shuichi commença à se rapprocher de l'Organisation afin de l'infiltrée. »

Dans ma tête, je fais le calcul. Il y a trois ans j'avais quatorze ans. Un sourire moqueur s'affiche sur mon visage. Est-ce que par « approcher l'Organisation » elle veut dire sortir avec Akemi ?

« Il commença à fréquenter ta sœur, Akemi. »

Bingo.

« Pour la maintenir en sécurité, nous fûmes obligés d'envoyer Masumi en Amérique. Je me trouvais encore là-bas à l'époque, et menait ma bataille contre l'Organisation.

Peu après son arrivé, je compris que je me trouvais en danger. Comme l'avait bien avant prédit ma sœur, l'Organisation décida de m'éliminer.

Il y eut une longue course-poursuite et au final je me trouvai prise au piège.

Désespérée, je pris la pilule d'Elena, pensant que celle-ci me tuerais étant donné la douleur qu'elle m'infligea. Pourtant, je ne tardai pas à me réveiller et à découvrir que j'avais rétréci.

Encore incrédule, je courus chez Masumi pour lui demander de l'aide. L'Organisation n'était plus un danger pour l'instant mais ma forme allait sans doute provoquer d'autres problèmes.

Nous décidâmes de garder ma transformation secrète et le temps commença à passer sans que l'on y trouve une solution.

De ce moment-là à maintenant, beaucoup de choses se passèrent. Dont une très importante : la mort de mon fils Kohji. »

Ca y est. Je sens que je vais mourir.

« C'est arrivé très récemment. » poursuit-elle d'un ton plein de tristesse

« Mon fils est mort pour des causes retenues naturelles par les médecins mais je sais que ce n'est pas la vérité. D'ailleurs, je le savais aussi lorsqu'on me l'annonça pour la première fois.

James mena tout de suite son enquête, la retenant une affaire personnelle. Il découvrit, après des mois de recherches acharnées, que Kohji avait été empoisonné par mon mari. Mon mari qui après tout ce temps était devenu un des membres les plus importants de l'Organisation dont le nom en code était Rum. Malheureusement, avant que l'on ne puisse le mettre sous les barreaux, il fut assassiné par les criminels avec qui il avait jusque-là travaillé.

De plus, il n'y a pas si longtemps que ça, le soi-disant poison commença à affecter ma santé. Tu l'auras remarqué, je ne peux dire une phrase sans que je ne tousse.

Pour toutes ces raisons, moi et Masumi retournâmes ici dans le plus grand secret.

Ensuite, pleins de choses que tu connais arrivèrent. La mort de ta sœur, ta fuite de l'Organisation…

Je crois que tu connais toute l'histoire… Alors ? Quelques questions ? » conclut-elle, un léger sourire aux lèvres.

Mais moi, je ne souris pas. Je me lève du divan, marche jusqu'à la fenêtre et observe mon reflet. J'ai l'impression que la fenêtre est tâchée de sang.

Parce que maintenant je le sais.

J'ai tué mon cousin.