Voila le deuxieme chapitre après beaucoup de retard ... je suis le seul responsable ... encore merci à Eileenlep pour m'avoir donné l'idée de départ et à Vinvin pour m'avoir corrigé ce chapitre


Chapitre 2

Ron se déshabillait lentement en contemplant d'un air absent la porte de la salle de bain où Hermione se brossait énergiquement les cheveux. Ginny venait de partir après avoir dîner avec eux, Kareen et James en avaient été ravis alors que ce n'était pas du tout le cas de Charlie. Il adorait sa tante et passait des heures à l'écouter parler de son travail mais c'était la présence de James qu'il redoutait. Cela signifiait généralement que son cousin, avec la complicité de sa sœur, allait lui rendre la vie impossible.

Ron était certain que son fils aîné attendait avec impatience et fébrilité de recevoir sa lettre de Poudlard, ce qui aurait pour lui le sens que pendant trois ans et huit mois par ans, il n'aurait pas à les supporter. Encore qu'il n'était pas convaincu que son fils n'est réalisé que pendant quatre ans, cela serait douze mois par ans qu'il aurait sa sœur et son cousin sur le dos, bien que Ron ne fut pas absolument sûr que Charlie aille à Gryffondor, il avait une tempérament plus digne d'un Poufsouffle ou d'un Serdaigle alors que Kareen et James étaient de pur Gryffondors jusqu'au bout des ongles. Si on devait faire une photo de deux Gryffondors typiques, James et Kareen auraient été désignés d'offices pour en être les modèles, reléguant le trio qu'il avait formé avec Harry et Hermione ainsi que les Maraudeurs ou même ses frères George et Fred pour de vulgaires imitateurs.

-Ginny a rencontré quelqu'un, fit soudain Hermione en entrant dans la chambre.

-Bien, marmonna-t-il en achevant de boutonner sa chemise de pyjama.

Il entendit dans son dos Hermione soupirer en s'allongeant dans leur lit.

-Je t'annonce que ta sœur a rencontré quelqu'un et c'est tout ce que ça te fait ?

-Tu aurais préféré quoi ? Que je me mettes à hurler en disant qu'il était hors de question qu'un homme la touche ? Elle est grande désormais, non ? Elle fait ce qu'elle veut.

-Tu as changé Ron, constata Hermione avec tristesse.

-Tout le monde change en vieillissant, murmura Ron en s'allongeant avant de lui tourner le dos.

-Tu sais très bien ce que je veux dire… Tu es différent depuis qu'Harry est mort …

Ron savait où Hermione voulait en venir, aussi préféra-t-il couper court à toute discussion. Il se releva et tendit la main pour attraper sa robe de chambre.

-Qu'est ce que tu fais ?

-Je vais dormir sur le canapé puisque de tout manière, c'est là que je vais finir la nuit…

Il traversa la chambre sans un regard pour son épouse et lorsqu'il referma la porte, il l'entendit murmurer d'une voix humide :

-Je veux juste que tu me parles, Ron …

-Et moi, je n'en ai pas le droit, répondit-il d'une voix encore plus faible.

Sur le chemin du salon, il vérifia au passage que la couche d'Argan n'avait pas besoin d'être changée, que Kareen ne s'était pas relevée pour aller jouer ou que Charlie ne lisait pas en cachette… Cependant ses pensées revenaient sans cesse à Harry. Qu'est ce qu'il y avait d'étonnant à changer quand on voyait son meilleur ami mourir sous ses yeux sans pouvoir esquisser un geste pour l'aider ? Et c'est ça qui le tourmentait, ne pas avoir aider Harry. Il était le seul à savoir ce qui s'était réellement passé, bien qu'il y ait eu une dizaine de témoins. Aussi s'en tenait-il à la version officiel : Harry Potter avait été tué par le Mangemort Drago Malfoy qu'il venait apparemment de désarmé, l'auror Potter lui avait tourné le dos un instant pour laisser à d'autres le soin de l'arrêter et le Mangemort Drago Malfoy avait subrepticement sortie une baguette avant de lâchement le foudroyer et de transplaner.

Le grand public avait pleuré son héros pendant des semaines mais Ron savait que le Ministère avait passé sous silence certaines négligences d'Harry et puis il se doutait que d'une certaine manière, cela les arrangeait. Un héros mort était plus facilement gérable qu'un héros vivant.

Malgré ses sombres pensées, il sombra dans le sommeil dès qu'il s'allongea sur le canapé. Pourtant son sommeil fut perpétuellement coupé par des cauchemars récurrents où il voyait Harry sortir de sa tombe dans un état de décomposition avancé et pointant un doigt décharné vers lui en hurlant qu'il était son ami et qu'il aurait du le sauver. Dans d'autres, il voyait toute sa famille, même Charlie et Percy pourtant tués par Voldemort, lui tourner le dos en murmurant qu'il était un traître et un menteur. Les personnes et les mots changeaient mais le sens restait le même.

Ce fut Charlie qui vint le sortir de son sommeil en le secouant.

-Maman dit que si tu ne te dépêches pas, tu vas être en retard au travail, murmura tristement le garçonnet.

-Merci fiston, bailla Ron en s'étirant.

Le petit rouquin fit quelques pas en direction de la porte avant de se retourner vers son père.

-Tu t'es encore disputé avec Maman ? Demanda-t-il, visiblement habitué à trouver son père dormir sur le canapé après une dispute entre ses parents.

-Pas du tout, murmura Ron en évitant de croiser le regard de son fils.

-Arrête de me mentir Papa ! J'ai presque l'age d'aller à Poudlard, je suis assez grand pour savoir !

Ron examina son fils, il avait beau avoir sa carrure au même age, il avait le caractère d'Hermione sans son coté miss je sais tout.

-On ne s'est pas disputé, fit Ron puis voyant que son fils ouvrait la bouche, il s'empressa d'ajouter : J'avais du mal à dormir alors je me suis promener dans la maison avant de m'endormir ici mais je te promets que je ne me suis pas disputé avec ta mère.

Le garçonnet parut lui lancer le regard qu'Hermione lui lançait plus jeune, celui qui disait « Je ne te crois pas et je sais que tu le sais » puis il ressortit sans un mot. Ron soupira avant d'aller dans la salle de bain, Hermione devant faire prendre leur petit déjeuner à Charlie et Kareen tout en donnant son biberon à Argan avant les emmener tous les trois rejoindre James au Terrier, chez ses parents.

Après s'être laver et habiller, il alla embrasser ses trois enfants sur le départ devant la cheminée avant de transplaner à son tour vers le Ministère. Il n'avait pas échanger un mot avec Hermione, pas même un regard, pourtant il savait qu'elle n'attendait que cela de sa part. Cependant il ne pouvait pas le faire même s'ils ne s'étaient pas engueuler la veille, c'était pour lui tout comme si ça avait été le cas. Il savait qu'il avait eu tort de partir mais il ne pouvait en expliquer les raisons à la femme qu'il aimait.

-Toi, tu as encore dormi sur le canapé, s'exclama joyeusement Kingsley Shaklebolt lorsqu'il le vit arriver dans le quartier des aurors.

-Ouais, marmonna Ron en se servant une tasse de café noir en guise de bonjour. Des nouvelles de Malfoy ?

-Il a été vu hier soir dans le Nord de Londres.

Ron avala sa tasse en grimaçant avant de s'en servir une seconde.

-C'est Tonks qui a fait ce café ?

-Ouaip ! S'esclaffa Kingsley. Je me demandais au bout de combien de tasse, tu allais t'en rendre compte.

La seconde tasse fut bu presque aussi vite que la première, toutefois après ce traitement, Ron se sentait plus réveiller qu'il ne l'était à son arrivé, tellement le café de Tonks était imbuvable.

-Dans le coin de Sainte Mangouste alors ?

-Il y a de grandes chances…

-Je crois que je vais aller y faire un tour avec Cassidy… il est où celui là d'ailleurs ?

-Il m'a prévenu par hibou qu'il repassait justement à Sainte Mangouste à cause de sa blessure… dit Kingsley en faisant un clin d'œil.

-Il y va pour une fille quoi, marmonna Ron avec un sourire aigre alors que son supérieur éclatait de rire. Bon, je vais le rejoindre pour poser quelques questions au personnel.

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Quand Ginny pénétra dans la salle de consultation, elle reconnut tout de suite la personne qui y patientait.

-Déjà de retour, auror Cassidy ? Dit-elle avec un grand sourire. Où vous êtes-vous blessés cette fois ?

-C'est ma coupure d'hier qui me lance et je me suis dit que vous, mieux que quiconque, seriez à même de l'examiner correctement.

-Retirez votre chemise.

-Déjà ? Mais nous nous connaissons à peine, dit l'auror sur un ton égrillard mais en s'exécutant.

Tout en examinant la coupure, Ginny ne put s'empêcher de sourire.

-Vous ne m'avez pas encore dit votre prénom, guérisseuse Weasley.

-Potter, répondit automatiquement Ginny avant de se mordre la langue.

-C'est original comme prénom … Potter… se moqua allégrement l'auror.

-Je voulais dire que je me prénommais Ginny Potter.

-Pas comme Harry Potter ?

-C'était mon mari.

-Toutes mes condoléances… Je ne l'ai jamais connu mais j'ai très souvent entendu dire au bureau qu'il était très bien.

Ginny le remercia mais elle n'avait pas le sentiment que son interlocuteur pense réellement ce qu'il venait de dire. Il remettait sa chemise quand son frère Ron entra.

-A te voilà, Cassidy ! Ça fait une heure que je te cherche dans cet enfer.

-Je te manquais tant que ça, Weasley ? C'est trop d'honneur pour moi, se moqua celui-ci.

-Très drôle ! Ce n'est pas pour tes beaux yeux que je suis là ! Malfoy aurait été vu dans les parages, il faut interroger tout le personnel.

-Salut, Ron ! Dit soudain Ginny en se plantant devant lui.

-Ah ! …Tient, salut Ginny… qu'est ce que tu fais là ?

-Je bosse ici ! Si tu ne te rappelles pas ça, je crois qu'il est temps que tu rends visite au cinquième étage…

-… Excuse-moi, j'ai les idées ailleurs…

Brusquement elle vit son regard aller d'elle à son collègue, qui avait un sourire goguenard, avant de revenir sur elle. Ginny était certaine qu'il venait de réaliser quelque chose, elle voyait presque les rouages de son cerveau tourner à plein régime.

-Cassidy, va faire ton enquête, il faut que je parle à ma sœur.

-Bien patron ! Se moqua Cassidy en adressant un dernier clin d'œil coquin à Ginny avant de refermer la porte.

-Méfie toi de ce mec, Gin. C'est un coureur de jupon.

-Je ne vais pas sauter dans son lit, si c'est ce à quoi tu penses, rétorqua-t-elle sèchement.

-Je te dis simplement de te méfier, répliqua Ron en haussant le ton.

Ils se défièrent quelques secondes du regard en silence sans qu'aucun d'eux ne cèdent.

-Malfoy a réellement été vu par ici ? Demanda-t-elle avec des trémolos dans la voix.

-Il paraît… fit Ron en détournant enfin le regard qui commençait à la gêner singulièrement.

-Promet-moi que tu vas l'attraper, fit la rousse en serrant son frère contre elle.

-Je vais tout faire pour, sœurette, murmura-t-il en répondant à son étreinte.

Aucun des deux Weasley ne sut vraiment combien de temps ils restèrent ainsi, ce fut des coups secs à la porte qui vint troubler leur silence.

-Hé ! Weasley, tu te grouilles !

Ron se détourna d'elle non sans l'avoir embrassé sur le front avant.

-Méfie-toi de Cassidy …

Il s'apprêtait à ressortir quand elle le retient.

-Que ce passe-t-il avec Hermione ?

-Rien, répondit-il après une brève hésitation.

Ginny douta une seconde du bien fonder de poser la phrase qui lui brûlait les lèvres avant de finalement se décider.

-Hermione pense que tu la trompe…

Au lieu de répondre immédiatement comme il le faisait généralement, elle vit son frère aîné passer par toute une palette d'émotions, on lisait depuis toujours sur son visage comme à livre ouvert mais jamais avec l'intensité qu'il y eut ce jour là…. Peur, douleur, incompréhension, déception … tout passa.

-Dis-lui que je ne la … que je n'ai pas de maîtresse…

-C'est plutôt à toi de le faire !

Ron ouvrit la bouche avant de la refermer et de sortir sans une autre parole.

-Weasley a enfin fini ! Nous allons enfin pouvoir nous mettre à bosser sérieusement, entendit-elle Cassidy railler son frère.

Ginny ne comprenait décidément pas mas son frère. Il paraissait se désintéresser de tout sauf de Malfoy.

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-On pourrait aller dîner au restaurant tous les deux ?

Cela faisait au moins cinq fois qu'elle se répétait cette phrase. Ron était venu la voir pendant le déjeuner au département des Mystères pour lui poser la question. Elle avait précipitamment répondu favorablement de peur qu'il ne se rétracte, cela n'aurait pas été la première fois qu'il le faisait parce qu'il avait trouvé qu'elle avait été trop longue à lui donner sa réponse. Ron avait paru contrarié mais il avait signalé qu'il enverrais un hibou à ses parents pour qu'ils gardent les enfants et il avait tenu parole.

Hermione n'arrivait pas à croire qu'ils allaient au restaurant juste tous les deux. La dernière fois devait remonter à … Argan n'était pas encore né donc au moins deux ans, si ce n'était pas trois. Non ! Elle s'en souvenait maintenant ! C'était le jour où elle lui avait annoncé qu'elle était justement enceinte d'Argan. Hermione n'avait pas pu effacer de sa mémoire l'expression qu'il avait affiché lorsqu'elle le lui avait appris. Non pas qu'il n'aimait pas leurs enfants mais elle avait l'impression que c'était la dernière chose qui le retenait auprès d'elle. Elle avait alors eu le sentiment qu'elle cassait ses plans, elle, qui avait pensé que ce bébé régénérait leur couple, avait vu ses espoirs déçus. Ron n'avait jamais paru plus lointain qu'après ça.

-Que me vaut cette invitation ? demanda Hermione en s'asseyant.

-Un mari a besoin d'une raison pour inviter son épouse à dîner au restaurant ? … Surtout après une dispute… dit-il avec un faible sourire.

-Non, bien sur que non ! Se défendit-elle vivement.

Cependant le reste du repas se déroula silencieusement jusqu'à ce que Ron se mette à parler juste avant l'arrivée des desserts.

-Je n'ai pas de maîtresse, tu sais ?

-Quoi ? S'exclama Hermione, étonnée par une telle déclaration.

-Je n'ai pas de maîtresse, répéta-t-il en évitant de croiser son regard.

-Pourquoi est ce que tu me dis ça comme ça ? C'est pour cette raison que tu m'as invité ? Pour me dire que tu n'avais pas de maîtresse ? Dit-elle en essayant de garder son calme malgré la colère qui montait en elle.

-Oui, murmura-t-il de manière honteuse, toujours sans la regarder. J'ai croisé Gin, ce matin…

-Ah ! fit-elle en s'affaissant à moitié, comprenant enfin ce qui avait poussé Ron à lui parler.

A nouveau, un silence s'installa entre deux que seul le bruit de la mastication de Ron troublait. Qu'il soit heureux, triste, angoissé, ou désemparé, Ron mangeait, constata tristement Hermione. Ils avaient perdu leur complicité des débuts et cela la désespérait… Elle aimait son mari mais elle regrettait qu'il ne se confie plus à elle. Il avait tellement changé depuis la mort d'Harry. Tout le monde avait été choqué en l'apprenant mais Ron plus que quiconque… plus encore que Ginny alors enceinte de James. Elle avait bien failli ne pas s'en remettre. Elle l'avait cependant fait pour leur enfant à naître. Ce ne fut pas le cas de Ron, il n'avait jamais remonté la pente.

-Pourquoi est ce que tu ne me parles plus ?

Ron releva la les yeux de son assiette et pendant une seconde, une misérable seconde où il la dévisagea, elle crut retrouver son Ron et non pas ce qu'il était devenu … puis il détourna les yeux.

-Je ne sais pas.

-Je pense au contraire que tu le sais parfaitement et nous ne bougerons pas de ce restaurant tant que tu ne me l'auras pas dit.

Une seconde fois, Ron la regarda dans les yeux, non pas une seconde cette fois-ci mais un temps qu'elle trouva à la fois horriblement long et ridiculement cours. Elle voyait des larmes aux coins de ses yeux, sa bouche s'ouvrait et se refermait tel un poisson privé d'eau. Ron secoua la tête comme pour chasser certaines idées.

-Je pense que nous devrions nous séparer, l'entendit-elle murmurer dans un souffle rauque.