Je l'avais promis, la voila, la suite de Renaissance et Faux-Semblant. Je suis inexcusable, surtout que j'avais fini de l'écrire depuis plus d'un an mais pour essayer de me faire pardonner, j'ai quasi fini de taper cette histoire, il me manque le dernier chapitre.

bonne lecture, Uchronos


Chapitre 5

Les mots que Ron venait de prononcer résonner à ses oreilles sans qu'elle ne veuille en accepter la réalité de leur signification.

-Harry allait parfaitement bien, il venait juste de se marier et Ginny était enceinte, il ne se serait jamais suicidé !

-Tu n'étais pas là bas ! Tu ne l'as pas vu ! sanglota Ron en s'affaissant. Harry était fatigué de tous les massacres qu'il avait vu… il ne voulait qu'une chose, la paix et la tranquillité ! Et moi, son prétendument meilleur ami, je n'ai pas pu l'aider, je n'ai pas vu son mal être…

-Arrête ! murmura Hermione.

-… et ses yeux… il s'excusait de nous laisser seuls, il s'excusait d'abandonner ainsi Ginny et James mais chaque combat, chaque tuerie le déprimais encore un peu plus…

-Arrête Ron ! fit-elle un peu plus fort mais ce fut sans effet sur son mari qui avait apparemment décidé d'enfin tout lui révéler.

-… Si seulement j'avais compris ça plutôt, si je n'avais pas fait passer mon bonheur avec toi et Charlie avant mon amitié, Harry serait certainement encore vivant…

-Ron tais-toi ! hurla-t-elle en le giflant.

Son rouquin de mari se tut enfin et leva des yeux noyés de larmes vers elle, qui put y lire tous les remords, les regrets et la peine qu'il avait retenu toutes ses années. Maintenant qu'elle savait cela, elle comprenait mieux son attitude.

-Tu vois, tu me hais maintenant ! Je le savais … mais ne t'inquiète pas, je ne t'importunerai plus, je laisserai les enfants tranquille… dès que je boucle cette enquête, je partirai et plus personne n'entendra parler de moi, murmura-t-il en se relevant.

Elle s'attendait à tout sauf à ça… Ron se sentait responsable d'Harry car d'après lui, il ne s'était pas montré à la hauteur de leur amitié. Pendant des années, il avait ruminé cette idée sans oser l'avouer à quiconque. Il avait même réussit à se convaincre que c'était uniquement à cause de lui qu'Harry était mort et que tout le monde le haïrait si on apprenait sa prétendue faute… Il en avait tellement fait son quotidien qu'il s'était peu à peu éloigner de ceux à qu'il tenait de peur de souffrir…

-Ron, non !

-Il le faut Mione… Tu me hais ! Je le sais, je le vois dans tes yeux.

-Comment peux-tu le savoir étant donné que tu me tournes le dos ?

Elle savait comment il allait réagir aussi décidé-t-elle de l'empêcher de fuir en se plantant entre lui et la porte.

-Regarde-moi Ron, lui intima-t-elle.

Ron refusa de la regarder mais lentement il tounra la tête vers elle et il la regarda réellement dans les yeux pour la première fois depuis des années. En temps normal, elle aurait frissoné et aurait rougit en détournant les yeux mais elle se força à ne pas le faire.

-Que vois-tu Ron ? lui demanda-t-elle en essayant de faire le maximum de compassion, d'amour et de tristesse dans son regard.

-que tu me hais… commença-t-il avant qu'elle ne pose un doigt sur ses lèvres.

-Si tu dis encore une fois que je te hais, je peux te jurer que là oui, je vais te haïr férocement… Ron, je t'aime et tu n'es pas le responsable de la décision d'Harry.

-Ce n'est pas vrai, Hermione ! C'est de ma faute, murmura-t-il en fermant les yeux.

-Si tu es responsable de sa mort alors moi aussi ! Tes collègues de travail aussi ! Et ne parlons même pas de Ginny !

-Laisse ma sœur ! s'écria-t-il avec colère. C'est de ma faute, Hermione ! C'est entièrement ma faute !

-Pourquoi serait se plus ta faute que celle de quiconque ? Pare que c'était ton meilleur ami ? Parce que vous étiez dans la même section ? Parce que c'était ton beau-frère ?

Ron resta muer et tenta de sortir malgré le fait qu'elle lui bloquait le passage.

-C'est à cause de ça ? lui demanda-t-elle une seconde fois en le repoussant.

-Oui ! C'est ça ! s'exclama-t-il avec colère. Maintenant Hermione, laisse-moi partir, je ferais tout ce que tu voudras mais laisse-moi partir !

-Ce que je veux, c'est que tu comprennes que tu n'es pas plus responsable que quiconque de la mort d'Harry ! Le seul vrai coupable, c'est Drago Malefoy ! Ce que je veux, c'est que tu restes auprès de moi et des enfants !

-Je ne peux pas… se mit-il à sangloter.

-Oh si tu le peux ! murmura-t-elle en se blottissant contre lui. Personne ne va te maudire pour ça. Ginny a vécu auprès de lui sans s'en rendre compte alors pourquoi toi, tu aurais du le voir ? J'étais sa meilleure amie et moi non plus, je n'ai rien vu… je t'en supplie Ron, ne détruit pas notre famille pour ça ! Je t'aime et je ne te laisserai pas fuir encore une fois ! Je n'ai pas envie de te perdre comme j'ai pu perdre Harry. Cette fois, je ne suis pas certaine que j'y survivrai…

Elle ne savait pas si ses paroles avaient un quelconque effet sur son mari jusqu'à ce qu'elle sente ses bras l'enserrer et sa tête se coller à la sienne. Là, elle comprit que même si la culpabilité de Ron n'avait pas disparu, il y avait encore une chance de sauver leur couple.

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Ginny ignorait ce qui avait pu s'être dit entre Hermione et Ron mais cela avait été plus que bénéfique pour son frère. Il paraissait se reintéresser à Hermione et était revenu vivre avec elle à la plus grande joie de leurs enfants. Elle les avait surpris plusieurs fois blotti dans les bras l'un de l'autre à se murmurer des mots doux, alors qu'elle venait chercher James chez eux.

Cependant à chaque fois qu'ils remarquaient sa présence, ils se taisaient et Ron semblait se retirer de la discussion, Hermione se montrant anormalement discrète sur le sujet, elle ne laissait filtrer que le fait que Ron viendrait prochainement lui parler. Elle en avait discuté avec ses parents et ses frères et tous avaient eux aussi éludé ses questions en disant que Ron viendrait lui expliquer en détail mais qu'il fallait être patient et surtout lui pardonner. Par réflexe, Ginny avait aussitôt pensé que cela concernait Harry et depuis elle ne cessait de se demander quel lourd secret Ron pouvait-il être le dépositaire… Comme si s'inquiéter pour James ne lui suffisait pas à la préoccuper assez, il fallait que son frère s'y mette aussi ! Depuis qu'elle fréquentait Alan, James lui menait une guerre sournoise faite de silence, de non-remerciement ou en ne lui rendant pas ses baisers. Elle avait tout essayé pour le faire céder, les menaces mais le priver de voir Kareen était quasiement impossible à réaliser, les cajoleries qui avaient paru marcher lorsqu'elle avait appris qu'il allait enfin pouvoir visiter le bureau des aurors, cependant il s'était renfermé comme une huître dès qu'il avait su qu'il devait ça à Alan et qu'en plus il leur servirait de guide. Quant aux explications franches, cela s'étaient montrées une perte de temps, ce qu'elle lui disait entrait par une oreille pour en ressortir par l'autre. Elle avait beau lui dire qu'elle l'aimerait toujours autant et qu'elle n'avait pour le moment aucun intention d'épouser Alan Cassidy, James ne cessait de lui répondre qu'il voulait bien aller vivre chez les parents de Kareen si elle ne voulait plus de lui.

Ginny pouvait comprendre que James n'aime pas Alan, pensant que cet homme tentait de lui voler sa mère ou de prendre la place de son père mais elle ne saisissais pas pourquoi il ne cessait de prétendre qu'Alan était un des hommes qu'Harry tentait d'arrêter. Alan lui avait expliqué qu'à l'époque, il ne vivait pas en Angleterre, James l'avait regardé d'un air froid et lui avait rétorqué avec aplomb, qui n'était pas sans lui rappelé celui d'Harry, qu'il n'était qu'un menteur. Pendant un court laps de temps, Ginny avait cru qu'Alan allait gifler James mais il n'en fit rien et son fils leur tourna le dos pour aller se réfugier dans sa chambre.

-Ça ne va toujours pas mieux avec James ? l'interrogea Ron quelques jours après cette dispute.

-C'est de pire en pire, répondit-elle sur un ton un peu désespérée. Plus je fais d'effort pour me rapprocher de lui et plus il s'éloigne. Je sais qu'il n'apprécie pas beaucoup Alan mais je ne vais pas mettre ma vie sentimentale de coté, tout ça parce que Mossieur James n'accepte pas de ne pas être le seul homme de ma vie.

-Il es bien le fils de son père, fit Hermione. Tu ne l'as pas vu lorsque nous cherchions les horcruxes, il ne cessait de s'inquiéter de toi et du fait que tu puisses l'oublier…

Elle vit Ron se raidir en face de d'elle, il s'excusa et sortit de la pièce en évitant de croiser son regard.

-Je crois qu'il est grand temps que vous discutiez, soupira Hermione lorsqu'elle l'interrogea du regard.

-De quoi ? Arrêtez donc tous de me prendre avec des pincettes et dites moi franchement de quoi il retourne ! s'exclama-t-elle avec colère.

-C'est à lui de te le dire mais sache que ça sera très dur pour vous deux, fit sa belle-sœur.

-Franchement Hermione, tu me rassures beaucoup, dit-elle avec aigreur en allant rejoindre Ron.

Celui-ci se trouvait dans la cuisine, faisant les cent pas, tout en se rongeant un ongle et en paraissant répéter un discours.

-Gin, je dois t'avouer… non… Petite sœur, tu dois savoir… Ginny… voilà…Ginny, tu dois savoir qu'Harry n'a pas été tué par Malfoy… Non ! … Harry était sur le point d'arrêter Malfoy lorsqu'il a préféré se suicider…Pas suicide ! Pas ce mot, surtout pas ce mot ! … Il a cessé de combattre et il a préféré se laisser tuer par Malfoy… Cela faisait plusieurs mois voire années qu'il n'allait pas bien….

Ginny n'en croyait pas ses oreilles, son frère prétendait qu'Harry, son Harry n'allait pas bien, qu'il ne voulait pas vivre malgré son amour pour lui et la naissance de leur fils, il avait préféré en finir avec la vie.

-Tu mens, hurla-t-elle en se précipitant pour le gifler. Harry n'aurait jamais fait ça ! cria-t-elle en lui assenant une claque. Harry m'aimait !

Ron restait devant elle sans réaction, ne se défendant pas plus physiquement qu'en parole. Elle aurait voulu qu'il dise qu'il mentais, qu'il tente de se défende, qu'il parle tout simplement mais son silence lui faisait encore plus de mal.

-Je te hais, Ron ! Tu savais qu'il n'allait pas bien et tu n'as rien fait !

Le visage de son frère se décomposa à une vitesse effrayante.

-Je voudrais que ce soit toi qui soit mort à sa place ! Finalement Alan a bien raison à ton sujet, tu es un incapable doublé d'un pleutre ! Tu n'es jamais là quand tes amis ou ta famille a besoin de toi ! Je ne veux plus jamais te revoir ! Tu n'es plus mon frère !

Ginny ressortit de la cuisine en pleurant. Hermione l'attrapa par le bras avant qu'elle ne puisse aller prendre James mais Ginny lui adressa un tel regarde que sa belle-sœur le lâcha.

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L'attitude de sa sœur le peinait certes, Hermione l'ayant toutefois prévenu que cela pourrait arriver mais cela faisait quand même plus d'un mois que Ginny lui faisait la tête, l'ignorait quand ils se retrouvaient dans une même pièce ou faisait demi tout quand ils se croisaient. Toute leur famille ne se privait pas de dire à Ginny qu'elle se conduisait comme une idiote et seul Ron la défendait en disant que c'était sa manière de faire son deuil. Elle ne pouvait s'en prendre à Harry, ne serait-ce que pour James, aussi s'en prenait-elle au messager.

-Ginny commence à accepter, fit soudainement Hermione depuis la salle de bain.

-Ah bon ? Je n'ai rien remarqué beaucoup de différence.

-Tu ne t'es pas aperçu qu'elle t'avait répondu directement au sujet de James ?

Ron réfléchit quelques instants.

-Tu as raison…. Comme toujours.

Il vit Hermione esquisser un sourire devant sa réflexion puis elle ajouta.

-Je crois qu'Alan l'encourage à te pardonner.

-Mouais… grogna-t-il avec aigreur. Je sais aussi ce qu'il lui fait d'autre…

Hermione passa la tête par la porte, une brosse à dent à la main et le regarda d'un air amusé.

-Toi, tu redeviens protecteur avec Ginny, lança-t-elle en riant à moitié.

-Pas du tout, ronchonna-t-il.

-Oh si ! persifla-t-elle en disparaissant dans la salle de bain.

-Je te dis que non ! Tu n'es pas là quand Cassidy prend un malin plaisir à se vanter, se défendit-il. En plus, je suis pratiquement certain qu'il hausse volontairement la voix pour que toute la brigade soit au courant.

Il vit Hermione sortir de la salle de bain en souriant, les cheveux réunis en une queue de cheval et habillée de son t-shirt de Quidditch préféré. Elle le lui avait chipé lorsqu'elle était enceinte de Charlie, prétextant qu'ainsi elle pourrait sentir son odeur pendant ses gardes de nuit et aussi parce que c'était aussi la seule chose qui ne la gênait pas pour dormir. Quant Charlie était né, il avait espéré le récupérer mais elle lui avait opposé une fin de non-recevoir en lui expliquant qu'à part dans ses bras, elle ne dormait jamais aussi bien qu'avec son t-shirt sur le dos. Depuis dix ans, c'était devenu son unique vêtement de nuit, bien qu'elle l'ai remisé dans ses tiroirs ses derniers mois.

-Je reconnais que je n'apprécie pas beaucoup plus que toi Alan et ses manières mais admet tout de même que depuis qu'elle le fréquente, Ginny paraît revivre, fit-elle s'allongeant à coté de lui.

-Elle n'avait pas l'air d'aller si mal que ça avant, grogna-t-il avant de frissonner lorsqu'elle se lova dans ses bras.

-Tu as froid ?

Depuis qu'Hermione l'aidait à accepter qu'il n'était pas l'unique responsable de l'état d'esprit d'Harry lors de son décès, ils s'étaient considérablement rapprochés. Hermione s'endormait de plus en plus souvent dans ses bras, mais jusqu'à présent sa libido était restée endormi. Cela faisait des années qu'ils n'avaient pas fait l'amour, mis à part la nuit où ils avaient conçu Argan et les rares souvenirs qu'il en possédait indiquaient qu'il n'avait été guère performant et qu'il l'avait fait sans passion, presque mécaniquement. Cependant ce soir, il avait envie de rattraper les occasions perdues.

-Pas vraiment, soupira-t-il en reniflant son parfum

-Tu as chaud alors ?

-Non plus, murmura-t-il en dégageant lentement une mèche de cheveux qui barrait à ses lèvres le chemin de cou.

-Qu'est ce que tu aaaaaahh ! s'exclama-t-elle lorsqu'il l'embrassa dans le cou. Qu'est ce qu'il t'arrive ce soir ?

-J'ai juste énormément envie de me faire pardonner par ma ravissante épouse, susurra-t-il en remontant lentement l'unique vêtement de sa femme.

-Oh ! s'écria Hermione lorsqu'il lui mordilla un téton. Tu te doutes que à de nombreuses excuses à me présenter.

-Je sais.

Ron la fit rouler sur le coté et se plaça sur elle, la dénudant entièrement tandis qu'elle faisait rouler son pantalon de pyjama. Elle agrippa ses fesses et l'attira vers elle mais Ron résista à sa tentative.

-Un peu de patience Mme Weasley, chuchota-t-il en faisait glisser ses lèvres le long des courbes d'Hermione.

-Ron, gémit-elle lorsqu'il commença à la dévorer. J'ai envie de toi.

-Chut ! lui intima-t-il en plaquant ses lèvres sur les siennes et s'introduisant lentement en elle.

Ron était comme enivré par le parfum du désir d'Hermione, il s'imposa volontairement un rythme très lent pour lui procurer un maximum de plaisir. Hermione avait enroulé ses jambes autour de son bassin pour l'obliger à se ficher toujours plus profondément en elle. Toutefois la position ne satisfaisait pas entièrement Ron. Il voulait pouvoir la caresser, il voulait voir ses petits seins pommelés bouger.

Sans qu'ils se séparent, Ron roula sur le dos et Hermione se retrouva sur lui. Dans un premier temps, elle fut surprise puis elle parut apprécier le changement de position et elle amorça alors un mouvement de va et viens un peu plus rapide alors que ses mains parcouraient son torse. C'était pour lui une redécouverte. Il ne comprenait pas comment il avait pu perdre l'envie de faire l'amour à sa si parfaire épouse. Tout chez elle lui convenait. Sa gigantesque main épousait parfaitement le galbe de son sein désirable, leur langues jouaient un ballet que des années de disputes avaient parfaitement rodé et lorsqu'ils s'unissaient de telle manière, leurs sexes s'imbriquaient si impeccablement qu'il lui était impossible de déterminer où finissait son corps et où commençait celui de sa compagne. Dans leur moment d'extase, Ron avait le sentiment de ne plus qu'un avec elle…

-Je t'aime, souffla-t-il en prenant une main posée sur son torse et qu'il porta à ses lèvres pour déposer un baiser. Je l'avais oublié ses dernières années…

-Pas moi, répondit-elle de la même manière. Je savais que tu m'aimais.

Ron lui sourit et fit parcourir sa main sur le corps de sa femme.

-Prête à recommencer ? lui demanda-t-il avec un sourire coquin.

-Déjà ?

-Tu m'as signalé à juste titre que je devais me faire pardonner de mon manque d'entrain … alors je m'exécute avec grand plaisir.