Chapitre 2
Pourquoi est-ce que je m'étais prêté à ce jeu. S'il y avait bien quelque chose que je détestais, c'était le mensonge. Et je baignais dedans ce qui me fit encore plus détester cette famille.
- Isabella! Tu veux bien venir ? M'a appelé René quand on sonna à la porte.
J'ai traîné des pieds jusqu'au salon où se trouvaient les invitées. Un couple et trois ados de mon âge, je dirais. Ils étaient justes magnifiques. Est-ce que je suis tombé sur la ville où il y a pas un seul moche ? Les fils étaient justes canons, et la fille était incroyable avec ces longs cheveux blonds. Personne n'avait des cheveux pareils. Mais en voyant les géniteurs, il n'y avait pas de quoi être surpris. Ils étaient classes, pas comme les Swan, ils étaient simples mais ... Nom de dieu, c'est la famille parfaite sous toutes les formes ? Il y avait forcément un problème ... Mais je ne suis pas là pour ça.
- Isabella, je te présente M & Mme Cullen et leurs enfants... Rosalie, Edward et Dimitry.
- Enchanté. J'avais fait un sourire forcé que tous me retournèrent sauf l'un des fils trop concentré sur son téléphone.
- Installons-nous. Dit Charles. Comment étaient les vacances ? Demanda-t-il.
- Magnifique. Répondit Mme Cullen tandis que sa fille levait les yeux au plafond.
On était tous dans le grand salon et on se faisait chier. Les parents discutaient entre eux de leurs vacances. Et il semblait y avoir un problème entre Jane et les gosses Cullen. Bien que Jane et Rosalie étaient installées l'une à côté de l'autre, ce n'était pas pour autant qu'elles se parlaient. Dimitry semblait vouloir être le plus loin possible de Jane ce qui me fit me demander s'ils n'étaient pas un jour sorties ensemble et puis il y avait Edward accrochait à son téléphone comme à une bouée de sauvetage. Il ne l'avait pas quitté des yeux. Ce qui me permit de le lorgner sans gêne.
Edward ressemble à ces mecs aux cheveux fous qui sortent d'une baise intensive. Il était grand et plutôt musclé vu comment son t-shirt était étiré sur ses biceps à se demander quand est-ce qu'il allait craquer. Il soupira le regard toujours sur son téléphone et passa une main dans ces cheveux nerveusement. À croquer! Quoi ? Qu'est-ce que je dis moi ?
- Excuse- moi. Ai-je dit en le levant. Je dois appeler ma grand-mère.
- Bien sûr chérie, prend ton temps. Me dit gentiment madame Cullen en souriant.
- Je viendrais te chercher, si tu n'es pas de retour quand on passe à table.
Je ne réponds pas parce que de toute façon si elle croit que je vais descendre alors que j'ai l'excuse parfaite pour ne pas être en bas à vouloir mourir d'ennuis, elle rêvait! Je montai rapidement jusqu'à ma chambre. Ma chambre. Au foyer, on partageait les chambres à deux ou trois. Ce n'était pas toujours pratique. Ma coloc et moi avions instauré un code. Ainsi, on se croissait jamais et c'était parfait pour moi. De toute façon, elle était toujours dehors. J'ai passé environ 45 min en haut avant qu'on ne vienne me chercher. Je descendis sans prêter le moindre regard à Jane. Je me retrouvais assise à côté de Jane et en face d'Edward toujours sur son téléphone.
- Edward, tu veux bien lâcher ce téléphone s'il te plaît ? On est à table. À demander M. Cullen.
- Une minute.
- Maintenant, Edward!
- C'est important.
- Je te le demande une dernière fois. Range ce téléphone s'il te plaît.
Edward souffla bruyamment et rangea son téléphone dans son jean. Je ne sais pas pourquoi, mais j'avais le sentiment qu'Edward était le genre de mec qu'il ne fallait pas fréquenter malgré ces apparences parfaites. Il colla un sourire sur son visage et commença une conversation avec son frère. Rosalie parlait avec Jane et moi, je mangeais, parce que de toute façon, je ne voulais parler avec personne. Je ne me sentais pas à ma place entourer de ces inconnus et je n'aimais pas ça. J'avais presque envie de monter pour appeler ma grand-mère imaginaire. Je finis mon assiette et attendis. Ils avaient à peine touché à leurs assiettes trop occupés à parler les uns avec les autres. Je perdis patience et quittais la table sans un mot sous leurs regards surpris.
Je vais jamais tenir 6 mois dans cette maison, je vais craquer et tout casser sur mon passage.
Une fois dans ma chambre, je me suis dit qu'avec un peu de chance si je me comporte comme une garce, ils me renverraient au centre et je n'aurais plus à supporter de jouer cette comédie. Ma porte s'ouvre laissant apparaître Jane.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Je veux juste m'assurer que tout aille bien, tu es parti sans rien dire.
- Parce qu'il n'y a rien à dire!
- Bella, on veut que tu te sentes chez toi ici.
- Ce n'est pas chez moi. Chez moi, c'est le foyer. Elle commence à me taper sur le système celle-la.
- Pourquoi es-tu comme ça ? Je veux juste être là pour toi et être ton ami.
- Je ne veux pas devenir amie avec toi. Tu ne m'intéresses pas, ta vie ne m'intéresse pas. Je ne veux pas être là et si tu te sortais les doigts du cul, tu le verrais. Alors maintenant. Je l'ai poussé gentiment vers la porte. Tu vas me foutre la paix, faire demi-tour et plus jamais franchir cette putain de porte. Les gens qui pètent plus haut que leur cul, non merci. Toi et ta tronche façon pot de peinture, vous dégagez. Toi et moi, on a rien à ce dire.
J'ai claqué la porte devant son nez. Bordel! C'est quoi son problème avec moi ? Est-ce trop difficile d'avoir la paix ? D'être seul ? J'ai besoin de décompresser bordel! J'ai besoin de courir, très vite pour me barrer loin d'ici. J'ai mis des baskets, pris mon iPod, mes écouteurs et j'ai descendu les escaliers en courant, prenant la porte avant même que les invités n'eurent le temps de dire ouf. Et j'ai couru comme une dératée, a m'en brûler les poumons.
Quand je sens mes jambes prêtes à me lâcher, je m'arrête et me penche en avant pour respirait puis remise, je me mets à marcher sans réellement savoir ou je vais. J'ai l'impression de tournée en rond. Je m'arrête et observe autour de moi. Il n'y avait personne sur le trottoir à part un vieux couple promenant leur chien qui me dépassait sans même me regarder. Sur ma droite, il n'y avait que des magasins chics fermés, de l'autre côté de la rue, il y a une grande plaine avec tout un tas de jeu pour gamin, des toboggans, des cages à poules, des tourniquets et plus loin entourés de sables, des balançoires, un tas de balançoires où se trouvait un couple.
Les balançoires étaient mes jeux préférés parce que j'avais l'impression que si je montais assez haut, je pourrais voler comme les oiseaux. Pathétique! Je sais! Jalousement, j'ai observé le couple. De loin, on pouvait voir une fille assis sur la balançoire et son copain devant elle, les mains sur les chaînes au-dessus de sa tête. Je n'ai jamais eu ça, ni petit copain, ni promenade le soir sur la balançoire.
Au foyer, on n'avait pas de jardin, il y avait une cour où les autres joués au football, mais il n'y avait pas de balançoire, quant au petit copain ... Sérieusement, on était tous cassées là-dedans. Il y a bien eu ce garçon, mais ... Nan enfaîte, je n'ai jamais eu de petits copains.
Mon regard est attiré par eux, alors quand je vois le garçon bougé doucement, au début, j'ai cru qu'il était en train d'avoir un petit plaisir et j'étais franchement dégoûté.
Mais quand je l'ai vu reculer plus fort, de quelque pas et revenir vers la fille. J'ai compris que ce n'était pas son petit copain et que visiblement, elle n'avait aucune envie de lui faire plaisir.
Je ne sais pas pourquoi, sûrement mon côté un peu dérangé du cerveau, mais je me suis avancé à grands pas vers eux. Je ne pouvais pas laisser ce mec agresser cette fille ou pire la violer pendant que je rentrais chez moi. Chez moi! N'importe quoi!
Enfin bref, j'ai avancé et j'ai crié.
- Hey! Lâche-la! Oué, je n'ai rien trouvé de mieux.
- Casse-toi de la salope. Salope ? Est-ce qu'on se connaît ?
- Je suis sérieuse, j'appelle les flics ? Et avec quoi idiote ? Ton iPod ?
Ce qui est bien avec un iPod c'est que de loin, on dirait un iPhone! À moins de s'avance vers moi et de regarder attentivement, il ne pouvait pas savoir. Le mec recula de quelque pas et laissa apparaître la fille, j'ai eu un mouvement de recul quand j'ai reconnu Jane. Le mec est resté face à elle, mais à tourner la tête vers moi.
- Tu vas dire quoi ? Que je traîne avec ma copine ?
Il s'est mis à rire. Est-ce qu'elle sortait avec lui ? Il semblait être un véritable raté, bon, je suppose que je n'avais pas vraiment de quoi juger les gens. J'ai fait un bond en arrière quand le mec s'est retrouvé sur les genoux, les mains entre les jambes.
- Tu viens de lui taper dans les couilles ? J'étais choqué.
- Putain oué, ce pervers m'a touché les seins! Elle jure ?
- Je vais t'enculer salope.
J'étais choqué, est-ce que j'avais jugé trop vite ? Apparemment! Quand le mec a commencé à bouger pour se relever, Jane était prête à en découdre vu sa position. J'ai attrapé son bras et je l'ai tiré vers moi pour qu'on se barre de la vite fait, bien fait.
Si on m'a appris une chose, c'est bien de ne jamais chercher les problèmes. Je ne cherche pas les problèmes et je m'en éloigne. Je l'ai sorti de l'aire de jeux et ne me suis pas arrêté jusqu'à ce qu'on soit dans une rue où le monde vagabondé. Je me suis arrêté essoufflé et j'ai repris mon souffle, je respirais comme un chien assoiffé.
- Pourquoi tu as fait ça ? J'allais lui montrer comment on traite une fille.
- Ok Rocky, on se calme! Tu as eu ce mec par surprise. Il aurait fait de toi de la pâte pour chiens! De rien! J'ai repris le chemin!
- Qu'est-ce que tu fais ? Est-ce que tu sais au moins où tu vas ?
Je me suis arrêté reconnaissant qu'en effet, je n'avais pas la moindre idée d'où j'étais et par où je devais aller pour retourner chez les Swan. Je me suis retourné vers elle et je l'ai vu afficher un sourire moqueur et levé les yeux au ciel.
- Très bien, où est-ce qu'on doit aller ?
- Je ne sais pas, tu m'as traîné ici tellement vite que je n'ai même pas fait attention, j'étais trop occupé à ne pas me casser la tronche sur le bitume.
- Comment ça, tu ne sais pas ? Tu vis ici, non ?
- Ne commence pas à panique. Donne ton iPhone, on va mettre le GPS.
- Je n'ai pas internet, c'est un iPod.
- Tu as menti!
- Oué bah, tu aurais préféré que je le laisse te violer ? Au moins, tu n'as pu t'en débarrasser!
- Grave, tu as vu comment je lui ai explosé les couilles ? Paf. Elle imita son geste du genou et elle me fit rire, elle était vraiment fière d'elle.
- Qu'est-ce qu'on fait ?
- Regarde, il y a le plan de la ville. Elle m'a traîné jusqu'au panneau et à commencer à faire des traits imaginaires avec ses doigts sur le plan de la ville. Ok, on doit prendre à gauche au bout de la rue, puis à la troisième à droite. Et normalement, je saurais nous guider.
- Pas que je n'ai pas confiance, mais ... Je préfère prendre une photo du plan. Ai-je dit en sortant mon iPod.
- Ok dépêche-toi, je pus et je rêve d'une douche.
On est parti en silence l'une à côté de l'autre. Elle était concentrée sur le chemin et moi, j'étais trop concentré sur le paysage pour vraiment parler, Santa Monica est vraiment une jolie, surtout le soir, toutes les lumières sont allumées et de nombreux magasins sont encore ouverts, ce qui donne un côté chaleureux à la chose.
J'étais bien contente d'être en baskets sinon mes pieds seraient en train de supplier le bon Dieu. Entre le fait d'avoir couru comme une dingue, d'avoir tiret Jane à l'autre bout de la ville et maintenant de marché depuis 30 minutes pour rentrée ... J'avais ma dose. Je veux ces petites baskets à roulette, s'il vous plaît!
- Ça fait combien de temps que tu es en foyer ?
- 4 ans.
Je ne sais pas vraiment pourquoi je lui ai répondu. D'habitude, je refuse de parler de moi ou de n'importe quoi enfaîte. Je n'aime pas tant que ça discuter. Mais je l'avais jugé en me fiant aux apparences, l'avais mise dans la case petite-bourgeoise et fille superficielle alors qu'après ce soir, elle ne semblait pas être de ce genre de fille et j'avais été méchante. Elle voulait être sympa avec moi et j'avais été une garce. Je suppose que lui parler de mon passé n'était pas problème, je n'avais rien à cacher de toute façon.
- Comment sont morts tes parents ?
- Quoi ?
- Pardon, je n'aurais pas dû te demander ça.
- Comment sais-tu ?
- L'assistante nous en a parlé quand mes parents ont fait les démarches pour devenir famille d'accueil. Je suis désolé.
- Suicide. Ai-je répondu après un moment sans vraiment m'en rendre compte.
- En même temps ? Elle a presque crié. Ces yeux lui sont presque sortis des orbites quand elle a réalisé ce qu'elle disait. Pardon. M'a-t-elle dit en rougissant.
- Ce n'est rien. Et non, ils sont morts à un an d'intervalle. Jour pour jour.
- Je suis désolé
- Il n'y a vraiment pas de quoi.
- Je n'ose pas imaginer ce que je ressentirais si ... Enfin, tu sais.
Je sais! Perdre ses deux parents est la chose la plus horrible qu'on puisse vivre, à mon âge en tout cas. Mais les perdre par suicide, c'est invivable. C'est cruel. Quand on vous apprend que votre parent a perdu la vie, vous êtes triste, inconsolable, mais quand on vous dit qu'il a eu suicide, c'est comme si on vous lancer une masse sur la tête, vous êtes au bout de votre vie, vous ne comprenez pas et vous vous sentez coupable de ne pas avoir vu les signes puis vous êtes en colère contre cette personne, de vous avoir abandonnée. Mais quand votre deuxième parent se suicide à son tour, un an après jour pour jour ... Vous vous sentez comme une merde et vous êtes vide à l'intérieur. La vie craint ! Jane ne pose plus de questions voyant que je ne suis pas à l'aise.
Quand on passe la porte des Swan, les invités ne sont plus là. Renée est devant la porte en train de tournée en rond. Elle se jette sur Jane et inspecte son corps.
- Maman qu'est-ce qui te prend ?
- Ce qui me prend ? Aucune de vous deux n'avaient de téléphone. J'étais morte d'inquiétude, vous êtes partie pendant deux heures comme des furies, sans rien nous dire! Ne refaites plus jamais ça ou je vous punis jusqu'à la fin de vos jours.
C'est quoi ce délire ? Jane lève les yeux au ciel et prend sa mère dans ses bras.
- On est bien man'! J'ai fait visiter la ville à Bella!
- Ça ne pouvait pas attendre la journée ? Que je n'attrape pas une crise cardiaque ?
Quelle visite, on a fui un taré et on s'est perdu. Ok! Je nous ai perdus, pas besoin d'en faire tout un plat.
- Désolée maman, on va se coucher. Bonne nuit.
