L'aube était encore loin, et la chambre des « Deux Licornes » baignait dans une pénombre veloutée. Les paupières closes d'Eren tressaillaient, engluées par un cauchemar dont il ne parvenait à s'extraire. Le jeune homme resta ainsi paralysé pendant de longues secondes, les muscles tendus à l'extrême, avant de s'éveiller en sursaut. L'œil hagard et le corps en nage, Eren cloua son regard sur le blond qui dormait près de lui.
« Il est là, se répétait Eren en s'efforçant de calmer son cœur affolé. Il est là, il est là. »
Le brun se massa lentement les paupières alors que des bribes de sa vision l'assaillaient par flashs. Un corps calciné, méconnaissable, qui tombait, tombait, tombait, tombait, tombait…
- Eren ?
Son ami d'enfance le regardait d'un œil brumeux, mais toute trace de sommeil s'y dissipa aussitôt qu'il remarqua l'agitation d'Eren.
- Ça ne va pas ? s'enquit-il en se levant pour l'entourer de ses bras.
Pour toute réponse, le brun posa sa main sur celle d'Armin en respirant profondément.
- C'est rien, juste un cauchemar… marmonna-t-il d'une voix pâteuse.
En entendant cela, Armin resserra son étreinte et hasarda un baiser dans le cou du brun. Eren inclina la tête et ferma les yeux, retrouvant un semblant de quiétude. Il était là. Son menton reposait sur son épaule. Il pouvait sentir son cœur battre contre son dos. Tout cela était si réel, si présent, qu'il avait envie de pleurer.
Eren tourna le visage vers Armin. Ses yeux bleus étaient pleins de sollicitude, comme le jour où il l'avait extirpé de sa carcasse de titan, après la reconquête de Trost. Aujourd'hui encore, ses bras l'entrainaient loin de ses démons. Eren effleura la joue du blond, comme s'il doutait encore de sa présence, avant de l'attirer dans un baiser langoureux. Alors qu'ils s'embrassaient, les mains d'Armin parcouraient son torse, s'attardaient sur ses tétons, frôlaient son ventre. Lorsque leurs lèvres se séparèrent dans un filet de salive, le blond enfouit aussitôt son visage dans le creux du cou d'Eren. La bouche du jeune homme s'entrouvrit sur un soupir tandis que celle d'Armin embrassait et suçotait, remontant jusqu'à son oreille.
- Tu veux que je continue ? chuchota-t-il, la main lorgnant son bas-ventre.
Un frisson parcourut l'échine du brun. La voix d'Armin était une caresse à elle seule, son souffle chaud câlinait sa joue. Le jeune homme sentit sa poitrine gonfler d'excitation languide.
- Oui… laissa-t-il échapper, les yeux mi-clos.
Un nouveau soupir glissa de ses lèvres lorsque celles du blond attrapèrent le lobe de son oreille. Armin s'était installé de manière à ce qu'il puisse reposer entièrement contre lui, et Eren se laissa aller dans son étreinte. Il se sentit alors comme absent de son propre corps, comme s'il n'existait plus que sous le toucher d'Armin, qui changeait chaque parcelle de peau en un tissu de félicité. Ses doigts qui descendaient avec une lenteur délibérée de son torse à son nombril, puis à son sexe, rachetaient toutes les blessures qu'il avait reçues au cours des expéditions. Eren se sentait tellement… bien. Il n'y avait pas d'autres mots. Pas de mots. Juste Armin. Son corps chaud contre le sien. Sa langue, qui taquinait sa nuque, ses mains, qui essayaient différents rythmes d'attouchement. Armin n'avait pas à fournir le moindre effort pour le faire vibrer. Ils s'accordaient à la perfection.
- Armi-i-i-in… gémit le brun en remuant sous les caresses.
- Oui ?
Rien que ce murmure, si proche, l'étourdissait.
- Juste… t'arrête pas… supplia Eren alors que le blond raffermit sa prise sur son membre, provoquant un soubresaut de plaisir.
Armin caressait de bas en haut, massait les bourses, prenait son temps. Eren geignait et se cambrait, tentant de s'accélérer contre ses paumes. Leurs bouches se joignirent un instant, puis Armin reprit d'assaut la peau sensible du cou, arrachant des gémissements toujours plus prononcés au brun. C'était trop bon, vraiment, vraiment trop bon. Eren ne savait plus s'il était éveillé ou si c'était un rêve, seulement qu'Armin le faisait jouir au point de ne plus s'entendre crier.
La bouche encore entrouverte sur son prénom, le jeune homme s'affaissa contre Armin. Sa poitrine se soulevait lourdement et il avait la gorge sèche, mais Eren ne doutait pas que jamais encore il ne s'était senti aussi bien. Leur première fois avait été comme leur premier baiser : précipitée. Il a fallu réitérer l'expérience pour la savourer vraiment. Si leur deuxième fois se révélait aussi incroyable, comment serait la troisième ? Et la quatrième ? Et la centième ?...
- Sérieux, Armin, si tu meurs, j'te bute, marmonna Eren, les yeux mi-clos.
- Arrête de dire n'importe quoi, le sermonna doucement le blond.
Ils s'étaient rallongés. Eren fit un mouvement de la main que son ami arrêta aussitôt.
- Tu ne veux pas que je… ?
- Eren. Dors. Il est encore très tôt, bailla Armin en joignant ses doigts aux siens.
Le brun réprima un petit rire en regardant la face ensommeillée du jeune homme.
- Qu'est-ce qu'il y a ? s'étonna-t-il.
- Rien, dit Eren avec un sourire songeur. Je viens juste de me rappeler de la toute première fois où on avait partagé un lit. On devait avoir sept ou huit ans. Je t'avais invité pour dormir à la maison et tu étais mort de trouille parce que t'avais oublié ton doudou.
- Comment tu fais pour te rappeler de trucs comme ça ? bougonna Armin, rougissant mais souriant au souvenir.
- Hé, c'est pas tout. Tu m'as même cassé les pieds pour que je te tienne la main jusqu'à ce que tu t'endormes, le taquina Eren. Dire qu'à l'époque ça me gênait…
A ses mots il embrassa ses doigts. Armin sourit et se rapprocha de lui, pressant son front contre le sien.
- Fais de beaux rêves, Eren, murmura-t-il les yeux fermés.
- Je vais essayer, souffla le brun en frôlant ses lèvres.
« Ça ne va pas être difficile, grâce à Armin, pensa-t-il en se sentant glisser dans le sommeil sans efforts. Puisqu'il est là… »
Voilà pour le deuxième jour du Voyage ! Je ne suis toujours pas sûre de savoir écrire du bon smut mais une chose est sûre : écrire du Eremin me permet d'être en harmonie avec moi-même et le monde -surtout vu les évènements du manga- J'ai adoré imaginer cette scène donc j'espère que ce chapitre vous aura plu malgré le fait qu'il soit deux fois plus court que le premier.
