Bonjour ou bonsoir!

Ne vous inquiétez pas, je ne compte pas arrêter cette fiction. Je sais que je mets du temps à poster. Vraiment navrée.
Alors, alors, déjà, merci beaucoup pour vos reviews. J'espère que ce chapitre vous plaira également.

J'aimerais relever quelques points avant que vous lisiez.
Tout d'abord, lorsque je parle de mutilations, et que je le justifie, en quelque sorte, ce n'est pas une incitation. Comprenez que le Geek est dans un cas de figure très malsain et qu'il se sent libérer par cet acte, oui. Mais cet acte est dangereux et si vous en êtes également victime et bien je vous conseille clairement d'en parler. La mutilation est un problème grave et je sais pertinemment que l'on en est pas responsable. Voilà.

De même que pour la drogue, je la normalise pour le besoin de la fiction mais c'est tout de même extrêmement dangereux. (Et illégal d'ailleurs xD)

Voilà! Enjoy?

Chapitre 2 : Mais il y a un cri dans ma tête, celui qu'on essaye tous de cacher.

Son ventre était noué. Habituellement, il restait une vingtaine de minutes aux toilettes avant d'entrer dans son premier cours de la journée. Vingt minutes où son corps tremblait comme une feuille, où il souffrait de sueurs froides et où la crainte de ce qu'il attendait revenait le tourmenter. Il dût retenir une nouvelle nausée, la peur lui broyait tellement le ventre qu'il avait beaucoup de peine à garder le pain au chocolat qu'il avait avalé en arrivant. Au bout d'une dizaine de minutes, il sortit de la petite pièce et bût une gorgée d'eau, croisant brièvement son regard dans le miroir. Il s'arrêta et leva de nouveau les yeux. Son regard vide de poisson mort… Il se retint de frapper dans la glace, ses ongles plantés au creux de sa paume. Lorsque la sonnerie retentit, son sursaut lui rappela qu'il devait sortir de la salle.

Il marcha lentement dans le couloir, serrant son sac bandoulière contre son ventre. Chaque pas qu'il faisait semblait revenir à ses oreilles comme le tic-tac incessant d'une horloge un peu trop bruyante. Il sentait les regards sur lui, il entendait les moqueries murmurées, les rires étouffés, les pas se rapprocher …

Il arriva finalement devant la salle de cours et entra sans plus attendre, s'installant confortablement dans le fond de la pièce. Il sortit son téléphone, regardant rapidement l'heure : encore huit minutes avant le début du cours. Les premiers élèves finirent par arriver et la journée infernale commença.

Tout d'abord, ils ne firent pas attention à lui, discutant sur leur week-end et autres sujets banals. Mais lorsque la discussion des plus superficielles se termina, deux jeunes hommes s'approchèrent de lui.

« Salut la Tarlouze, comment ça va aujourd'hui ? Demanda l'un d'entre eux.

- T'approche pas trop, Adrien, il pourrait essayer de te rouler une pelle, répliqua l'autre. »

Le Geek tapota la table du bout des doigts, ses jambes tremblant sous le bureau. Ce n'était que quelques mots, c'était ridicule. Pourquoi est-ce que ça le touchait à ce point ? Il déglutit doucement au moment où Adrien donna un coup dans la visière de sa casquette, lui retirant brusquement. Il retint un grognement de colère, la peur broyant ses intestins un peu plus fort à chaque seconde.

Au soulagement du jeune gamer, le professeur entra dans la salle à cet instant précis et chacun dû regagner sa place. Les minutes défilèrent lentement, trop lentement… Et à peine son téléphone affichait 8h23 qu'une boule de papier s'écrasa contre son front. Il se mordit la langue pour ne pas crier, se contentant de sursauter sous le rire moqueur de son tortionnaire. Ouvrant lentement la boulette pour en lire le contenu, sa gorge se serra plus durement. Au centre de la feuille, écrit à l'encre rouge, trônaient cinq lettres majuscules : E.

La respiration du Geek accéléra et il planta ses dents plus fort encore dans sa langue. Levant la tête pour regarder le tableau, il put apercevoir le professeur qui leur tournait le dos. Là, ce n'est pas un mais quatre élèves qui, d'un même geste, le visèrent. L'adulte se retourna au bruit mais il ne vit rien, regardant son tableau de nouveau.

Tocard. Tapette. Dégénéré. Sale pute.

Sa bouche s'assécha soudainement, il avait empilé les petits papiers sur le coin droit de son bureau, souhaitant ne plus les voir. Relevant la tête, il croisa le regard d'Adrien. Il le fixa pendant une minute. Adrien, dans un lent signe de la main, le menaça de l'égorger si jamais il parlait. Le Geek baissa la tête, il se souvenait des coups qu'il avait déjà reçu, il appréhendait ceux qui viendraient ensuite. S'il pouvait être plus fort… S'il pouvait être comme Cet homme…

Une gomme vint stopper la suite de sa réflexion, infligeant une violente douleur au milieu de son front. Un cri de douleur et de surprise brisa le rythme du cours. L'enseignant se retourna brusquement et vit le jeune homme se frotter le front avec insistance.

«Mathieu? Est-ce que tu vas bien ? S'enquit le professeur. »

Le Geek leva brusquement les yeux et se mordit l'intérieur de la joue. Il croisa le regard de l'adulte et les mots voulurent se précipiter en dehors de sa bouche pour tout lui raconter. Là, Adrien se racla la gorge et le jeune gamer se souvint de la menace. Son cœur battait à tout rompre, sa tête ne pouvait plus arrêter de tourner, se levant d'un bond, il quitta la salle en courant alors qu'une main couvrait sa bouche. Le professeur n'eut pas le temps de l'arrêter et il finit par arriver dans les toilettes. Penché au-dessus de la cuvette, une crainte furieuse d'ouvrir les lèvres le prit. Il avait peur de lancer un cri sans fin. Au bout d'une minute, c'est le contenu de son estomac qui parvint à sortir.

Lorsqu'il eût finit, il tira la chasse et il resta là, assis devant la cuvette des toilettes, la tête contre le mur, à suffoquer.

Sa gorge était nouée, sa main tremblait légèrement. Il grommela quelques insultes envers lui-même et ouvrit la porte d'un bar des plus spécial. Avançant sans même saluer la barmaid, il passa par la porte du fond et entra dans un étroit couloir presque lugubre. L'après-midi allait être longue, comme toujours. Il regarda l'heure sur son portable et porta une clope à ses lèvres. Comment allait-il faire pour oublier ces foutues pensées ? Il finit par pénétrer dans le hall tout à fait charmant du bordel qu'il gérait. Il l'avait quitté à 4 heures du matin, expliquant donc sa difficulté à se réveiller pour travailler en matinée. Il marcha un long moment entre les couloirs, faisant le tour des chambres avant d'arriver à son bureau où attendait, sur la table en bois verni, une femme aux longs cheveux bruns, à peine vêtue.

« Qu'est-ce que tu fous là ? C'est mon bureau, il me semble, grogna-t-il en retirant sa veste.

- Vous êtes en retard, Patron, répondit l'ukrainienne avec un accent qui ne trompait pas.

- Et donc ? Reprit-il sur le même ton. Il n'y a aucun client avant au moins 19 heures, et encore… Et comme tu le dis si bien, ma jolie, c'est moi le Patron.

- Peut-être, admit-elle, mais cela n'empêche pas que vous avez encore de la paperasse à remplir. Le contrat que vous avez passé la dernière fois avec la mafia sicilienne est à deux doigts d'expirer, vous savez ? »

Il la regarda une seconde et lui mit une légère tape sur la cuisse. Comprenant où il voulait en venir, la jeune femme descendit du bureau en un bond.

« Tu sais pourquoi je t'ai engagé, Tatiana ? Demanda le criminel en s'affalant dans son fauteuil.

- Parce que vous vouliez goûter à mes dons de belle prostituée ukrainienne, sourit-elle avec le même accent charmant. »

Elle soutira un léger sourire à l'homme avant qu'il ne pose ses pieds sur son bureau.

« Non, parce que tu es une putain de petite génie qui a un diplôme de je ne sais quoi, bailla-t-il. Donc ce genre de connerie, tu peux t'en occuper... »

La jeune femme soupira et attrapa le dossier qui gisait sous les pieds du criminel.

« Oh, et au sujet du chasseur de têtes de lundi dernier ? S'enquit l'homme de nouveau.

- Il m'a demandé de vous faire savoir que la cible avait été éliminé, répondit Tatiana avec une certaine lassitude. Il m'a également précisé qu'il n'avait laissé aucune trace d'un quelconque assassinat. Incendie accidentel, vous savez ce que c'est.

- Eh, ôte-moi d'un doute, la cible n'avait pas un gamin par hasard ? Interrogea le Patron.

- Si, en effet, dans tous les cas maintenant il n'y a plus ni cible, ni gamin. Répliqua l'ukrainienne. »

L'homme en noir resta silencieux pendant plusieurs longues minutes, lorsqu'il sentit le regard de Tatiana sur lui.

« Quoi ?Grogna-t-il.

- Seriez-vous en train de culpabiliser ? Suspecta la jeune femme.

- T'es sérieuse là ? Ricana le criminel. Non, je regrette simplement de ne pas avoir assisté à ce spectacle des plus attrayants ! »

Tatiana soupira en se dirigeant à la porte, mais en sortant, elle ne pût s'empêcher de murmurer.

« Foutu psychopathe. »

L'homme sentît sa poitrine se comprimer sous la terreur. Ce mot, ce foutu mot, elle l'avait prononcé ! Il se mordit la lèvre et prit d'une soudaine adrénaline, il se leva pour frapper violemment dans son bureau. Un grognement de rage lui échappa, suivit d'une trombe d'insultes. Il ne pouvait pas l'accepter. Pas ça.
Il était certain qu'il n'était pas quelqu'un de gentil. Il était sûr qu'il était un sadique sexuel et même légèrement narcissique.

Mais était-il vraiment ce que les gens s'amusaient à nommer « psychopathe » ? Est-ce qu'il était condamné à ne rien ressentir, jamais ? À être une carcasse vide de conscience morale mais surtout vide de sentiments humains ?

Il se mordit la langue et se servit un verre de whisky pur. Là, il regarda sa montre. 14h23 c'était la bonne heure pour commencer à boire. Il avait besoin de plus fort, beaucoup plus fort. Se rasseyant dans son fauteuil en cuir, le Patron déverrouilla un tiroir afin d'en sortir une petite boîte argentée. L'ouvrant rapidement, il en fit sortir une poudre blanche qu'il tassa et aligna devant lui.

Un rail de coke, quoi de mieux pour commencer une journée de boulot ? Une fois la ligne totalement absorbée, le Patron s'installa plus profondément dans son siège, le visage tourné au plafond pour fixer le lustre. Là, il s'essuya le bout du nez et lécha la poudre blanche qui était restée sur son doigt. Sa tête tournait légèrement et il sentit comme une envie d'éclater de rire.

Ses réflexions précédentes l'avaient quittées et la seule chose qui vint hanter ses pensées fût la voix gémissante du Geek.


Voilà! J'espère que ce second chapitre vous aura plus.

Le fait que le professeur nomme le Geek "Mathieu" est un choix du fait qu'il ne puisse pas se faire appeler Geek à l'extérieur de la maison. Je ne pense pas que lui donner un nom autre soit nécessaire puisqu'il est Mathieu. Ils le sont tous. :D

N'hésitez pas à laisser une review, on se retrouve au prochain chapitre! Bye!