Bonjour à tous!

Voici le Chapitre 3 de College Boy. Qu'en dire? Et bien, les warnings sont toujours les mêmes. Le Geek est torturé, le Patron constamment en colère. Ce chapitre est un peu brutal, mais je vous avais prévenu.

Profitez bien de cette suite en attendant le prochain chapitre les amis. :)

Disclaimer: Ils ne m'appartiennent pas comme vous le savez si bien.


Chapitre 3 : Je me débattais, allongé sur le sol.

La journée avait été longue, trop longue.
Lorsque le jeune garçon rentra chez lui, le goût de fer demeurait encore sur sa langue. Il avait fermé sa veste et enfilé sa capuche par-dessus sa casquette dans l'espoir, peut-être, de masquer ses blessures. En entrant dans l'appartement, il avait baissé la tête par automatisme.
Que personne ne le regarde, ne voit ses plaies… Sa honte. Dix-neuf heures quarante. Il était en retard. Il ne s'étonna même pas d'entendre un raclement de gorge lorsqu'il pénétra dans le salon.

« Tu as vu l'heure qu'il est? Demanda la voix mi-inquiète, mi-agacée du chanteur de la famille. »

Le gamer ne répondit pas, hochant la tête d'un air désolé, fuyant le regard de son ainé.

« Geek, tu sais très bien que Mathieu n'aime pas quand tu rentres aussi tard après les cours… Soupira le Panda en croisant les bras. »

L'interpelé sentit ses poings se serrer. Bien sûr qu'il le savait. Mais son créateur, bien qu'irrité de son retard et soi-disant alarmé, ne prenait jamais la peine de comprendre pourquoi. C'était facile de s'inquiéter, de faire semblant et de ne pas s'intéresser au pourquoi du comment. L'enfant de la famille hocha de nouveau la tête, ses dents plantées dans sa joue pour contenir sa rage. Il se dirigea vers les escaliers, s'arrêtant une nouvelle fois sous les mots de son ami.

« Où vas-tu? On va manger, Geek.

-Je vais me doucher, murmura le lycéen d'une voix tremblante.

-Mathieu est déjà suffisamment en colère comme ça, allez viens! Insista le Panda en agrippant son bras. »

Le Geek sursauta, repoussant brusquement la main de son colocataire.

« Je vais me doucher ! S'écria-t-il, redressant la tête une fraction de seconde, dévoilant ses blessures. »

L'Ursidé fût choqué, autant par le ton du gamer que par ses marques violacées qu'il aperçut brièvement sur son visage. Il voulût poser une question, comprendre, mais l'adolescent ne lui en laissa pas le temps.

« Juste… Quinze minutes… Finit-il par murmurer avant de s'enfuir en courant dans les escaliers. »

Qu'ils aillent tous au diable, le lycée, le Panda, et même Mathieu. Il prendra cette foutue douche qu'il le veuille ou non, qu'il se fâche ou non…

L'eau coulait lentement sur sa peau.

Tarlouze !

Il prit une faible inspiration, en passant une main lasse sur ses plaies.

Vas-y, dis-le !

Il avait mal, terriblement.

Mais tu sais très bien qu'on te retrouvera.

Il étouffa un sanglot dans la paume de sa main, la mordant de toutes ses faibles forces.

T'aimes les bites, non ? Je peux bien en dessiner une alors.

Avec rage, il frotta son bras, à tel point que sa peau devint rouge, brûlante. Les marques du feutre semblaient encore là. Invisible et pourtant il les sentait toujours.

Espèce de tordu… T'es vraiment dégueulasse. Sale PD. Tu connais la Bible ? Si je te frappe assez fort, peut-être qu'elle rentrera enfin dans ton crâne d'attardé…

Il sortit de la cabine de verre. Elle le rendait presque claustrophobe. Il se sentait suffisamment prisonnier.

« Geek ! Allez ! À table ! L'interrompit une voix derrière la porte.

-J'arrive, murmura-t-il simplement. »

Crème, fond de teint, correcteur. Autant de peinture sur son visage que sur celui des pimbêches qui le frappaient à l'école. Il soupira et fin prêt, il sortit.

Tocard.


Lorsque le Patron arriva, Mathieu et les autres venaient juste de se mettre à table, pourtant il était vingt heures passé. Fronçant les sourcils, il se contenta de rejoindre ses colocataires, prenant place, comme à son habitude, en bout de table.

« Quoi de neuf, les pucelles ? S'enquit-il pour parfaire son entrée. »

Le Panda lui lança un regard dédaigneux, le Hippie se contenta de pouffer de rire, son créateur lui, semblait trop occupé à passer un savon au gamin. Et le gamin, d'ailleurs, n'avait même pas réagi à sa vanne, fixant son regard sur son assiette qu'il avait peine a entamé.

« La prochaine fois que tu rentres aussi tard, préviens nous au moins, Geek ! Grogna le maître des lieux. Où étais-tu sérieusement ?!
- Ça ne te concerne pas… Marmonna le jeune gamer en serrant légèrement les dents, si bien que personne ne fût sûr d'avoir compris.
- Pardon ? S'enquit Mathieu, persuadé d'avoir très mal entendu. »

La Geek fixait son repas, jouant rageusement avec sa fourchette.

« Pourquoi je dois toujours me justifier, hein ? S'exclama le Geek en levant soudainement la tête vers son créateur. Pourquoi tu demandes jamais au Patron où est-ce qu'il était ? »

Tous se turent devant la soudaine agressivité du gamer. Le Patron fronça légèrement les sourcils. Cette soirée était de plus en plus étrange. Mathieu restait bouche bée, refusant de croire que le Geek ait réagit aussi assurément.

« Hé, petit, commença le Panda. On était juste inquiets pour toi. Alors détends-toi, ok ? »

Sa voix n'avait pas été froide juste suffisamment ferme pour faire comprendre au jeune homme qu'il allait un peu loin. Le criminel observa la scène, tiraillé entre l'amusement et la gêne. Cette soirée était beaucoup trop étrange. Le gamer lança un regard sombre au Panda. Une fraction de seconde plus tard pourtant, il baissa la tête, bredouillant des excuses. L'homme en noir fronça les sourcils, le Geek semblait effrayé, comme si la peluche avait en son jeu un argument des plus convaincants.

Plus personne n'ouvrit la bouche, Mathieu ne s'était pas remis des mots du Geek, il semblait presque blessé, pauvre petite chose… La peluche s'était remise à manger tout en toisant le gamin d'un œil autoritaire. Le Hippie, détestant toutes formes de conflits, avait préféré avaler sa bouteille de bière cul-sec avant de jouer à regarder ses mains. Et le gamer, que le criminel semblait un peu trop apprécier de fixer, était retourné à ses réflexions en faisant rouler les pommes de terres qui étaient dans son assiette.

« Bordel ! Y a de l'ambiance ce soir ! S'exclama le Patron pour briser le silence pesant paré de tintements de couverts et de tapotements de doigts.
- Sérieux, Patron, t'es vraiment lourd, répliqua le Panda. D'ailleurs c'est vrai, ça ! T'étais passé où toi aussi ?
- Bah je viens de le dire, boule de poils, sourit le criminel de toutes ses dents. Bordel.
- C'est d'ailleurs pour ça qu'on lui demande jamais où il était lui, grogna Mathieu à l'intention du Geek. »

L'homme en noir leva la tête vers son créateur. C'était donc ça, Mathieu se foutait totalement de ce qu'il pouvait faire et où il pouvait être. Le Patron ne pût s'empêcher de penser que le jour où il serait vraiment dans la merde à cause d'une guerre des gangs, ou un conflit avec la mafia, son créateur s'en branlerait totalement. Un léger rictus cynique pris place sur ses lèvres. À quoi t'attendais-tu mon cher Patron ? Mathieu est comme les autres, il pense juste que t'es un psychopathe… Le criminel serra les dents en se rendant compte que ses pensées les plus sombres étaient revenues à la vitesse de la musique. Comme il voulait les étouffer…

Le fil de sa réflexion se brisa soudainement lorsqu'une petite voix geignarde s'éleva subitement.

« J'ai plus faim, dit simplement le gamer avant de s'enfuir dans sa chambre.
- Geek ! Appela Mathieu, en se levant brusquement, dans l'espoir de le faire revenir. »

Mais seul le claquement brusque du bois lui répondit. L'assiette du Geek était encore pleine, il avait à peine avalé trois bouchées. Le vidéaste se rassit en soupirant de fatigue et de tristesse. Son visage arborait cette expression de victime qui allait si bien au Nolife. Le Geek était parti. Il était dans un état pitoyable et Mathieu l'avait fait fuir. Le Patron retint difficilement un éclat de rire alors qu'il commença lentement à taper des mains. Ses colocataires levèrent brusquement la tête vers lui et un sourire narquois apparut sur le visage du criminel.

« Ô cher créateur, laisse-moi t'avouer une chose, commença-t-il théâtralement. Tes tentatives de copinage avec tes propres personnalités c'est quand même foutrement pitoyable. Les petits repas de familles, les discussions standards et toutes ces conneries, y a que toi que ça intéresse, nous, on s'en branle. Si t'as besoin de remplir tes couilles d'un orgueil paternaliste, je te conseille de prendre un clébard ou d'engrosser une gonzesse qui voudra bien de ton caractère de merde parce que le gamin, tu l'emmerdes avec tes conneries de père raté. »

Il n'y avait plus aucun humour dans sa phrase, juste un grognement étrange, comme une rage contenue. Il n'y eût aucune réponse à son discours et il en fût satisfait en voyant son créateur pâlir à vue d'œil. Enfin, ce fût le Panda qui lui répondit, en se levant subitement.

« T'as un problème la pel… ? »

Il n'eût le temps de finir sa phrase qu'une main vint percuter son visage avec force, faisant tomber ses lunettes, et effaçant brusquement son sourire.

« On t'a rien demandé, foutu psychopathe, articula l'Ursidé en serrant le poing. »

Le criminel resta figé pendant quelques secondes, un temps éternel où toutes sortes de désirs contradictoires le traversaient. Envie de tuer, crier, pardonner, rire, baiser, gémir, envie de crever, boire, frapper, sourire, pleurer…

Il n'était pas un psychopathe.

Sa main se mit à trembler, légèrement tout d'abord, plus violemment ensuite. Ses dents, il les fit grincer en se retenant d'hurler une insulte. Ses yeux, il les gardait fermés, les paupières comme murs de béton pour ne pas transmettre d'émotions. Il prit une légère inspiration alors que chacun dans la cuisine retenait son souffle.

« Mes lunettes, fût tout ce qu'il parvint à exprimer, la voix calme, froide, indiscutable. »

Le Panda l'observa de longues secondes et déglutit difficilement en se rendant finalement compte de ce qu'il venait de faire. Non pas qu'il craignait l'homme sombre, mais il voulait éviter à tout prix d'entrer en conflit avec lui. Rapidement, il ramassa les lunettes noires et les glissa dans la main gauche du criminel, apercevant ses cernes bleutés avant qu'il ne les cache derrière les vitres opaques.

« Patron… Soupira le Panda, épuisé par cette soirée interminable. »

L'homme ne répondit pas, se levant et réajustant fièrement sa veste. Il pensait à l'égorger, là, tout de suite. Il imaginait déjà le liquide rouge qui giclerait soudainement sur le blanc éclatant du kigurumi. Il fixa le couteau sur la table, idée tentante, délicieuse, prenante.

« Gros ! Interpela le Hippie dans un élan étrange de lucidité. Il est où le petit ? »

Le criminel releva les yeux vers lui. Sa question en elle-même avait suffi à mettre un terme à cette envie soudaine... Enfin presque. Le drogué lui avait rappelé en une simple question que le gamin souffrirait de son acte de répression envers la boule de poil. Il passa une main lasse dans ses cheveux, faussement détendu. Il prit un sourire des plus moqueurs et quitta la cuisine avec une simple phrase.

« Bonne nuit, les branleurs. »

Dans sa tête pourtant flottait une ribambelle d'insultes et de menaces plus sanglantes et perverses les unes que les autres, qui auraient résonnées comme des promesses s'il les avait prononcées. Mais cette soirée était déjà beaucoup trop longue.

Il grimpa les marches, lentement, appréciant le grincement du bois sous ses pas comme le gémissement étouffé d'une vierge timide. Puis, sans s'en rendre compte, il s'arrêta devant la porte close du gamer.

Le silence régnait dans l'appartement. Les altercations avaient été trop brutales, trop spontanées pour que des explications en découlent.

Là, fixant le bois verni de la porte, il alluma une cigarette et lorsque le son du briquet s'évapora, il entendit un couinement. Oh, il était discret, étouffé, mais ses sens de prédateurs lui avaient permis de l'entendre. Il tendit l'oreille, approchant d'un pas. Un second pleur, plus appuyée, une plainte de douleurs au milieu de quelques sanglots.

Fronçant les sourcils, il posa une main sur la porte, collant son oreille à la paroi de bois. Les tremblements de ses membres se firent plus appuyés en entendant d'autres gémissements de souffrances. Une image immonde transparue dans sa tête, celle d'un Geek couvert de marques de tortures. La vision l'étourdit, en était-il excité ou dégoûté ? Lui-même ne parvenait pas vraiment à le savoir.

Sa main glissa d'elle-même jusqu'à la poignée, restant simplement posée sur elle, sans jamais l'abaisser.


Le jeune gamer allongé dans son lit, tremblait de rage. Entre ses doigts, une lame de métal, glissant lentement sur son ventre pour en extirper le liquide vital. Il gémissait, oh, bien sûr qu'il souffrait. Mais quelle vision magnifique, ce corps qui lui appartenait, cette douleur qu'il contrôlait, ce sang qui le purifiait. Les larmes coulaient sur ses joues, immuables mais l'apaisement parvint lentement à l'immerger. Était-ce dû à sa soudaine rébellion envers Mathieu ? Ou à la couleur sanglante de ses marques nouvelles ? Ou bien était-ce dût à cette odeur, presque imperceptible, masculine, subtile, à l'arrière-goût de tabac qui s'insinuait dans son antre secret, personnel, inviolable ?

Il finit par s'endormir, à moitié habillé, la lame dans une main, l'autre sous l'oreiller, et puis derrière sa porte, cette ombre insondable qui semblait l'apaiser.


J'espère que ça vous aura plus. Bisous à vous. A bientôt.

N'hésitez pas à me laisser un petit mot pour me dire ce que vous en pensez!