Fabliau Klingon-3
Cela n'était pas la première fois que le vieux M'rel Koloth s'opposait à lui. Mais cette fois-ci, il devenait carrément insultant. Kahn'ess et le vieux général Klingon se tenaient face à face, se toisant comme deux prédateurs en duel, et Spohkh était un pas derrière son maître, impassible, mais prêt à intervenir au moindre signe de Kahn'ess
- Vos décisions sont des décisions de lâche ! Depuis que vous vous baladez partout avec votre petit mignon, vous vous comportez comme une femmelette! Vous vous envoyez trop souvent en l'air avec cet esclave !
Il y eut un murmure indigné autour de la table. Quoique faisait, ou pas, le général Kahn'ess avec son esclave, il avait guidé son armée sans jamais faillir et avait remporté un grand nombre de batailles. Certains avaient remarqué que cela coïncidait avec l'arrivée de ce Vulcain, mais se gardaient bien d'en parler
Dans tous les cas, ces victoires n'avait en aucune façon été obtenues grâce aux conseils de M'rel Koloth. Et c'était ce qui exaspérait le plus le vieux général : sur un ton plutôt agacé, Kahn'ess venait une fois de plus de lui faire sèchement comprendre que ses propositions étaient stupides.
Kahn'ess resta impassible face à l'insulte, imitant au mieux l'attitude impavide de Spohkh. Depuis quelques temps, il s'entraînait à rester le plus neutre possible en toute circonstance. Et pour ces généraux, c'était extrêmement déconcertant, pour ne pas dire inquiétant. D'autant plus que ses colères froides pouvaient exploser de façon imprévisible. Kahn'ess avait demandé à Spohkh de lui enseigner aussi la langue Vulcaine, et il s'était révélé, là aussi, un élève doué.
Ces propos étaient injurieux, autant pour lui que pour Spohkh. Cela ne pouvait rester impuni. Il était temps de bien faire comprendre que son Vulcain était bien plus qu'un simple esclave.
- Sta'uh, n'SPohkh! Sta'uh n'ish-veh na'nash-veh (Tue, Spohkh! tue-le pour moi)
Spohkh se figea, entendre cet ordre abject prononcé dans des mots de sa langue lui fut douloureux... Il ne pouvait se permettre de protester en public. S'ils avaient été seuls, il aurait essayé de lui faire comprendre qu'un Vulcain n'était pas un assassin. Mais il ne pouvait se permettre une telle attitude devant tous ces généraux.
La mort dans l'âme, d'un geste si rapide qu'il passa presque inaperçu, il posa la main sur la nuque de M'rel Koloth. Le Klingon n'eut pas le temps de lutter, Spohkh émit une décharge psychique si violente qu'il court-circuita totalement le cerveau du Klingon. Puis il brisa sa nuque, lui offrant une mort rapide et totalement indolore (et totalement indigne du point de vue d'un guerrier Klingon). L'homme s'effondra aussitôt, comme un pantin désarticulé.
Kahn'ess regarda Spohkh avec une jubilation visible puis retrouva son impassibilité.
- L'un d'entre-vous a-t-il d'autres commentaires constructifs à me faire sur ma sexualité ? Demanda-t-il avec un sourire menaçant.
Le silence répondit à sa question
- Bien. Revenons au sujet de notre réunion.
Spohkh passa un long moment à se frotter les mains sur son pantalon, afin de se défaire de la sensation de souillure induite par le fait d'avoir tué d'un homme. Kahn'ess venait de faire de lui un assassin... Il se plongea dans un état de semi méditation...
- Spohkh, reste pas debout comme ça. Cingla la voix de Kahn'ess. Assis-toi
Il n'y avait qu'un seul tabouret de libre : celui de M'rel Koloth, à la droite de Kahn'ess. Spohkh haussa un demi-sourcil. Les généraux comprirent parfaitement le message. L'esclave avait prouvé sa loyauté, avait montré qu'il pouvait se comporter en guerrier, son maître voulait qu'il soit respecté comme tel. Spohkh prit place à coté de son maître.
La réunion se poursuivit. Un plan fut décidé.
- Spohkh. Quelles sont les failles de ce plan? Dit Kahn'ess
Le Vulcain montra brièvement un étonnement. Il était habitué à ce que son maître lui demande son avis, mais jamais en public. Et surtout pas devant ses pairs
- Et je veux une franchise absolue. Ordonna Kahn'ess.
Spohkh avait mis de coté son besoin de méditer pour écouter attentivement les propos échangés. Spohkh détailla donc les quelques failles de ce plan de bataille. Il révéla aussi les faiblesses qu'ils avaient détectées dans les façons de se battre des clans ennemis.
Passé la première surprise, les Klingons comprirent qu'ils avaient tout intérêt à suivre les avis de ce hors-monde que leur Général en chef ne traitait pas vraiment en esclave. Certains se surprirent à l'envier : Kahn'ess avait là une arme vivante redoutable, puissante physiquement et intellectuellement.
ooo
Enfin, le soir était tombé.
Spohkh éprouvait de plus en plus le besoin de méditer, il sentait que sa raison commençait à se fissurer. Le sang du Klingon restait irrationnellement collé à ses mains, même s'il ne l'avait pas réellement fait coulé. Il savait que ce n'était qu'une illusion perceptive. Mais son maître lui avait demandé de procéder à ses soins d'hygiène. Il avait donc dû repousser, encore, ce besoin.
Kahn'ess se laissait laver par Spohkh, comme tous les soirs, et il savait qu'ensuite, comme le disait son Vulcain, ils s'accoupleraient, et cette simple pensée lui plaisait plus qu'il n'était possible le dire.
- Sais-tu que tu représentes la concrétisation charnelle d'un fantasme Klingon?
- Je ne comprends pas.
- Tu es une arme, Spohkh. Puissante, rapide, efficace. Et tu sais à quel point, nous les Klingons, nous apprécions nos armes. Si nous avions été seuls dans la pièce quand tu m'as débarrassé de ce vieux con, je t'aurai pris sur la table !
- Un vulcain n'est pas une arme. Un Vulcain ne tue pas. Mon peuple est un peuple pacifiste. Protesta Spohkh
- Certes. Mais tu vis actuellement sur Qo'noS et tu m'appartiens. Tu seras ce que je voudrai que tu sois !
Kahn'ess tendit la main qu'il crocheta à la nuque de Spohkh. Il lui prit un baiser passionné.
- Et tu es la plus belle arme qu'il m'ait été donné de posséder!
- Je n'ai pas fini de vous laver.
Kahn'ess s'était habitué à cet air butté. Il ne lui en tint pas rigueur. Il avait remarqué l'hygiène méticuleuse de son esclave. Il savait qu'il obtiendrait de lui tout ce qu'il voudrait. Il s'abandonna aux doux soins de son arme personnelle.
Comme les mains de Spohkh pouvaient être douces et caressantes. Depuis plusieurs jours déjà, un désir nouveau germait en Kahn'ess, amplifié par la magnifique mise à mort de M'rel Koloth. Ils sortirent de la salle de bain, nus. Kahn'ess s'allongea sur le ventre.
Spohkh le massa longuement. Il voulait retarder le moment où il allait, une fois de plus, devoir accepter de perdre pied dans les étreintes de cet homme. Il se savait à présent totalement incapable d'y résister, Kahn'ess l'avait bien conditionné.
Kahn'ess prit sa décision et ordonna soudain :
-Allonge-toi, Spohkh… non, sur le dos.
Kahn'ess prit le sexe de son Vulcain dans la main et commença à le stimuler.
- Que faites-vous ? Demanda Spohkh en haussant un sourcil
- Tais-toi et laisse-toi faire!
Dès qu'il obtint une érection, Kahn'ess se pencha et, pour la première fois, y goûta de la pointe de sa langue. Spohkh sursauta mais parvint à se taire, difficilement.
Kahn'ess eut un grognement approbateur : ce pénis joliment vert avait un goût surprenant, un goût sucré et cela réveilla sa gourmandise. Il avait toujours aimé la viande saignante, plutôt vivante, de préférence dangereusement vivante, même... et les mets sucrés. Il constata que ce pénis de hors-monde suintait un liquide glissant, doux comme du miel. Il se régala et joua longuement avec lui, comme Spohkh le faisait avec lui, jusqu'à lui arracher des soupirs étouffés.
Mais ce n'était pas ce qu'il voulait. il en voulait plus, beaucoup plus. Il s'assit sur les hanches de Spohkh, et le Vulcain comprit :
- Attendez! Pas comme cela! Il faut préparer la...
Mais Kahn'ess le surplomba et, brutalement, de ses mains sur ses épaules, il le coucha se force sur le lit. Il gronda, presque menaçant.
- J'ai dit : ferme-là !
Lentement, il le fit pénétrer en lui. Kahn'ess comprit à ses dépends ce que son esclave avait voulu lui expliquer, mais il était trop tard, alors autant aller jusqu'au bout. La douleur ne lui faisait pas peur. Si Spohkh supportait la pénétration, alors lui aussi le pouvait. Mais, bordel, ça faisait vraiment mal. Spohkh se leva sur un coude afin que sa main atteigne le creux des reins de Kahn'ess. Il sentit distinctement les ondes télépathiques de ses doigts atténuer la douleur et relaxer son intimité et il eut un premier frisson de plaisir, qui lui fit l'effet d'une promesse... Spohkh et ses mains magiques...
Lentement, Kahn'ess commença à bouger, et il n'y avait plus de douleur, plus aucune, c'était à la fois étrange et très agréable. Spohkh s'était rallongé. Il était immobile, impassible... quoique... ses pupilles étaient dilatées et sa respiration plus rapide. Son Vulcain était beau, si beau, son arme létale, son Vulcain à lui ... à lui seul.
Kahn'ess sursauta sous la brutale décharge de jouissance qui lui crispa les reins. Il venait de trouver en lui-même ce point de non retour qui faisait tant gémir Spohkh quand il le harcelait en lui. Il décida de s'y attarder, et oh bordel, c'était vraiment intolérablement bon.
Les pensées de Spohkh perdaient peu à peu toute rationalité, rien qu'au magnifique spectacle de cet homme, ce fier guerrier, qui le chevauchait et luttait pour ne pas perdre pied. Il s'assit lentement sur le lit, sur ses genoux. Kahn'ess l'enlaça en gémissant.
Les mains de Spohkh jaillirent sur ses hanches, chaudes, puissante, elles le guidèrent, tandis qu'il bougeait les reins en cadence afin de pénétrer encore plus profondément lui.
Oui... il en voulait plus... plus fort... Kahn'ess se redressa soudain et le repoussa. Il s'allongea sur le lit. Son orgueil de guerrier lui interdisait le dire en Klingon, alors il le dit en Vulcain.
- Sarlah'uh. Sarlah'uh svi'nash-veh (viens, viens en moi)
Lentement, Spohkh se coucha sur lui. Il posa ses cuisses à sa taille et vint en lui, avec précaution, même si cela n'était pas nécessaire. Kahn'ess haussa ses hanches pour l'avoir entièrement en lui plus vite.
- Vas-y ! Gronda-t-il. Je ne suis pas fragile! Soit fort !
Mais Spohkh ne fut pas violent. Il savait exactement ce qu'il voulait et avait déjà perdu toute raison. Il voulait le posséder totalement. Il resta obstinément sourd aux protestations et aux ordres de Kahn'ess, il resta intensément doux. Kahn'ess se débattit et ils luttèrent. Mais Spohkh maîtrisa Kahn'ess à chaque fois qu'il essaya de reprendre le dessus. Il ne lui fallut que quelques coups de reins bien placés pour le soumettre définitivement à lui, Kahn'ess cessa de se débattre. Spohkh saisit ses jambes et les posa sur ses épaule et afin qu'il soit totalement et entièrement soumis à son bon vouloir.
Irrationnellement, Spohkh avait besoin d'aimer, avait besoin de douceur, juste un peu, juste une fois, dans cet impitoyable monde de guerriers. Alors, cette douceur, il se l'appropria par la contrainte. Il fut extraordinairement doux, lascif et précautionneux, enlaçant avec force Kahn'ess tout contre lui. Il le guida vers les sommets du plaisir, retardant à chaque fois l'explosion des sens, le frustrant et le satisfaisant tout à la fois.
Spohkh cependant finit par totalement perdre pied à son tour. Cédant aux atavismes de sa race, et il n'y eut plus de douceur du tout, juste la bestialité possessive de leurs sangs bouillonnants... et Kahn'ess obtint à son tour ce qu'il avait recherché.
Spohkh reprit conscience de ses actes quand il s'allongea à coté de Kahn'ess. Il lui avait désobéi lors de cet accouplement. Il avait soumis de force son maître à ses propres désirs personnels... il avait contraint son maître à se soumettre à son esclave...
-... quand je dis que tu es une arme... Ricana Kahn'ess avec satisfaction, tout en reprenant son souffle...une arme implacablement efficace !
Il regarda Spohkh puis s'étira avec l'expression d'un prédateur repus.
- Maître. Je vous ai désobéis
- ...hum ? Grommela Kahn'ess
- Je me suis opposé à vous lors de cet accouplement
... opposé à lui? De quoi parlait donc Spohkh? Ah...oui... comment expliquer à Spohkh sans perdre la face qu'il avait adoré être ainsi soumis par sa force tranquille, sa furieuse douceur et que cela avait décuplé son plaisir...
- Nous avons lutté... en effet... mais les Klingons aiment la lutte. Si tu tiens tant à être puni, je le ferai à ma façon, demain matin... Mais je te signale que je t'avais aussi ordonné d'être fort... apparemment, Vulcains et Klingons n'ont pas la même définition de ce mot... Pour le moment, j'ai trop envie de dormir.
Spohkh comprit parfaitement au fiel dans sa voix en quoi allait consister cette punition. Il en eut un frisson d'anticipation.
Kahn'ess s'endormit rapidement. Spohkh put enfin entamer sa méditation. Il eut du mal à détacher ses yeux du Klingon. Ce qu'ils venaient de faire... ce que cet homme venait de lui donner... d'accepter de lui... cette pseudo-menace... Comme il était facile de s'illusionner, de penser qu'ils étaient amants, il osa à peine penser le mot T'hy'la, et non pas maître et esclave... Spohkh devait absolument éviter de tomber dans ce piège...
Ce Klingon, cet homme, possessif, cruel mais loyal, avait fissuré tous ses boucliers, un à un. Il avait obtenu sa loyauté, s'était approprié son corps, tant et si bien que Spohkh en était venu à éprouver un désir physique pour lui, qui ne semblait jamais pouvoir être totalement assouvi. Bien que Spohkh n'ait initié aucun lien mentaux entre eux, Kahn'ess le devinait comme s'il avait un accès à son esprit, tout comme il percevait les émotions de ce Klingon. Et il avait tué pour lui, froidement. Quel piètre Vulcain il était devenu, totalement assujetti à cet homme...
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Il y eut la grande parade dans les larges avenus de la capitale. Le général Kahn'ess revenait à la capitale en triomphateur absolu.
Kahn'ess avait imposé son traité de paix, aux vainqueurs comme aux vaincus. Il avait personnellement tranché la gorge de tous ceux qui avaient osé le contredire, et il l'avait fait en Klingon, avec un grand sourire sadique. Ceux qui l'avait trahi, il les avait fait mettre à mort par Spohkh. Il savait que son Vulcain haïssant prendre des vies, mais il savait à présent comment se faire pardonner.
Kahn'ess avait établi cette paix avec méticulosité afin d'éviter que ces guerres ne se renouvellent. Dans ce but, il avait pris soin à ne pas humilier les vaincus, ce qui avait particulièrement étonné tous les protagonistes.
Kahn'ess avait organisé de longs symposiums avec les états major des deux camps. Il avait maintenu à leurs postes les meilleurs hommes, ceux en qui il pouvait avoir confiance et destitué les avides de pouvoirs et les incapables.
Il n'avait pas organisé de massacre des prisonniers ennemis, comme il était coutume de le faire. Le général avait expliqué avec un aplomb déconcertant qu'il n'y avait plus d'armée ennemie puisqu'il avait pris leur commandement. Les soldats prisonniers furent incorporés dans la grande armée, honorés pour leur courage au combat, puis libérés de leur service. Il purent retourner dans leur famille, la tête haute. Kahn'ess gagna ainsi le respect des armées des deux camps, leur respect et leur fidélité.
Il n'y eut pas de pillage dans les conquises non plus. S'il voulait pouvoir prélever des impôts pour le roi, il était stupide de dévaster de futurs réservoirs de richesses... la logique ce son raisonnement était implacable.
Nul ne le savait, Kahn'ess avait écouté les conseils avisés de Spohkh.
Toujours à deux pas derrière lui, Spohkh ne montrait pas la fierté qui emplissait son âme, un Vulcain n'éprouve pas de fierté, même si cette victoire était aussi un peu la sienne, Kahn'ess lui même le lui disait.
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Dans la grande salle de réception, le Ta'Tre'Gok Kordem juH (Roi Tre'Gok de la maison Kordem) se leva à son arrivé : c'était là un très grand honneur qu'il lui faisait. Comme Kahn'ess avait changé ! Il avait toujours ce visage juvénile, mais à présent il était presque aussi grand que Spohkh, et son regard était froid et déterminé. Kahn'ess, comme chacun de ses hommes, s'agenouilla devant le roi.
-Levez-vous, PeQ Kahn'ess . (général Kahn'ess)
Il y eut des murmures. Le roi vouvoyait le général !
-Jamais notre royaume n'a connu plus belle victoire. Vous avez mené notre armée avec un courage sans faille et une grande sagesse. Notre royaume a besoin de vous, je vous nomme premier ministre.
Kahn'ess s'assombrit. Cet honneur ne lui faisait pas le moins de monde plaisir. Ce qu'il voulait, c'était retourner à son domaine, cultiver ses terres et veiller à nouveau sur ses paysans comme il l'avait toujours fait depuis qu'il avait tué de ses mains l'assassin de sa mère… il avait alors douze ans à peine… Ce n'était pas très Klingon, mais il s'en fichait. Son devoir était avant tout tourné vers ses serfs qui lui avaient toujours été loyaux. Même après que le traître-assassin se soit emparé de son domaine. Ils l'avaient caché, protégé, jusqu'à ce qu'il soit assez fort pour se venger et reprendre sa place.
-C'est un grand honneur que vous me faites, majesté. Ronchonna Kahn'ess .
-Je vois que cela ne vous plaît guère, mais ce pays a encore besoin de vous, PeQ Kahn'ess .
Kahn'ess ne répondit pas. Il ne voulait pas s'opposer au roi. Pourtant il savait qu'un geste de lui suffirait pour que l'armée le place sur son trône. Heureusement pour ce roi, Kahn'ess n'avait jamais été attiré par le pouvoir pour le pouvoir.
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Cela faisait plusieurs fois que Kahn'ess se rendait en ce lieu. Officiellement, ce n'était qu'une balade à cheval pour se détendre en compagnie de Spohkh. Il ne cachait plus à présent que le Vulcain était son premier conseillé, le premier ministre du premier ministre. Il avait personnellement veillé à ce qu'il soit respecté comme tel. Le premier acte qu'il avait accompli lors de sa prise de pouvoir avait été de lui ôter son collier d'esclave.
Nul n'osait les suivre. Au cœur de la forêt, ils retrouvèrent leurs espions. Tous ces hommes avaient été formé en même temps que Spohkh, à la même école que lui. Avant de devenir l'esclave de Kahn'ess , Spohkh avait été leur chef et avait su gagner leur respect.
Au début, ils regardèrent avec rancune le maître de leur chef. Mais ils ne furent pas longs à constater la loyauté de Spohkh envers lui. Il leur donna le chois : se mettre comme lui au service de Kahn'ess , ou continuer à servir le roi. Avant de donner leur réponse, ils enquêtèrent sur lui. Ce qu'ils découvrirent leur plu. Ils acceptèrent.
Spohkh leur avait demandé de le renseigner sur les raisons réelles qu'avait eues le roi à le mettre au service exclusif de Kahn'ess. Ce qu'ils comprirent avaient de quoi déstabiliser le pays. Le visage de Spohkh se figea en lisant le rapport. Kahn'ess se refit expliquer leur découverte. Cette information lui déplaisait plus que tout au monde.
-Nul ne doit jamais savoir. Ordonna-t-il.
-Mais, Général. Vous ne pouvez pas faire cela. La cour doit savoir.
-Non. A mes yeux, cela est sans importance ! Tout ce que je vous demande, c'est de continuer à veiller sur la paix de ce royaume. Il y a eu assez de guerres et de massacres ! Depuis que ma naissance, je n'ai vu que cela, cela doit cesser ! Et peu m'importe si certains trouvent de la gloire dans le sang de leurs ennemis. Muselez tous ceux qui savent. Faites leur comprendre que vous tuerez quiconque révélera ce secret. J'ai une confiance totale en vous, je sais que vous saurez agir avec discrétion et discernement.
L'espion redressa la tête. Les mots de Kahn'ess le liaient à lui de façon irrévocable car ils étaient la sincérité même. Il posa la main sur son cœur, c'est ainsi que se saluaient les espions du clan de Spohkh. Kahn'ess répondit à son salut avec un sourire fier et confiant.
-Il en sera fait selon vos ordres, mon général !
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L'attentat n'avait fait que peu de victimes. Kahn'ess s'en était sorti sans une égratignure, par contre Spohkh avait été blessé légèrement. Mais cela suffit à plonger Kahn'ess dans une colère noire, au grand étonnement de celui-ci.
Depuis quelques temps déjà, des rumeurs couraient sur les relations réelles entre ces deux hommes. S'ils se parlaient peu en public, ils semblaient se comprendre avec d'infimes gestes, et cela trahissait leur grande complicité. Certains serviteurs prétendaient avoir surpris des choses… et cette toute colère de Kahn'ess à la vue du sang vert de Spohkh…
L'enquête fut rapide, et la cité où se cachaient les conspirateurs fut trouvée, non loin de la capitale. Les conjurés furent arrêtés. Il apparut qu'ils avaient de nombreux complices parmi les habitants. Kahn'ess se rendit dans la demeure du maire de la ville. Il lui fit réunir toute sa famille :
-Les villageois étaient les complices des traîtres. Ils vont tous passer au fil de l'épée ! Je te laisse en vie, juste le temps d'admirer le spectacle !
Il y eut un grand silence. Nul n'osa intervenir de peur de courroucer d'avantage le premier ministre. Le roi lui avait quasiment abandonné tous les pouvoirs, et n'intervenait plus maintenant que pour signer ses décrets et confirmer ses décisions.
Soudain, une jeune femme terrorisée fut jetée aux pieds de Kahn'ess .
-Pitié, monseigneur, pitié pour les innocents ! Tous ne sont pas des traîtres ! Il y a des enfants, ils n'ont rien fait contre vous ! Pitié !
- Une humaine. Constata Spohkh.
Il n'en avait encore jamais rencontré. Le but de son déplacement spatial avait été de se rendre sur la planète Terre. Ainsi, les pirates avaient aussi intercepté aussi des vaisseaux terriens. C'était la première qu'il croisait un humain sur cette planète. Comment avait-elle fait pour survivre dans ce monde rude et sans pitié?
Spohkh s'accroupit à coté d'elle, prit le menton de la fille et le leva vers lui. Elle avait le visage trempé de larmes. Oui, les humains étaient réputés pour être hyper-émotifs. Kahn'ess croisa le regard de son esclave. Ils eurent un de ces dialogues muets qui effrayaient tant les gens.
-Qu'as-tu donc à me proposer en échange ? Demanda Kahn'ess froidement
-Je n'ai que ma vie à vous offrir, monseigneur. Répondit-elle en tremblant d'horreur.
-Tu n'as pas idée de ce que tu dis ! Es-tu vraiment prête à tout accepter ?
-Je vous offre ma vie, monseigneur. Je ferai tout ce que vous voudrez de moi. Mais je vous en supplie, épargnez au moins les innocents !
Kahn'ess la contempla en silence. Elle parlait contre sa volonté, c'était visible. On avait dû lui promettre mille tortures si elle échouait. Bien que Spohkh ne montrait aucune émotion, Kahn'ess sentit qu'il était fasciné, intéressé, ému, par cette petite, et Kahn'ess subitement eut envie de faire plaisir à son Vulcain. Peu lui importait la vengeance. Il se contenterait de mettre à mort les responsables de cet attentat, lentement, très lentement.
-Soit. Trancha Kahn'ess froidement. Tu seras mon esclave. Emmène-là, Spohkh.
Spohkh prit la jeune fille épouvantée dans ses bras et la souleva en se levant.
à suivre
- Général, c'est une humaine. Elle appartient à une race extrêmement fragile, physiquement et émotionnellement.
Prenez le temps de de me dire si vous avez aimé...
