Fabliau Klingon-5
Quand Spohkh entra dans la serre, en fin de journée il la trouva endormie sur un lui parut fragile et vulnérable. Il s'agenouilla et murmura le plus doucement possible:
-Naëlys...
Elle ouvrit les paupières. Ses yeux se remplirent de larmes aussitôt qu'elle ouvrit les paupières et le vit.
-Oh, monsieur Spohkh, pardonnez-moi ! A cause de moi vous avez dû affronter la colère du maître et le laisser vous… vous…vous obliger à lui faire ça à ma place.
-Oh, Naëlys, il y a un malentendu. Je n'éprouve aucune réticence à m'accoupler avec le maître. Je n'en ai jamais eue.
Naëlys écarquilla les yeux. Les pensées se précipitaient dans sa tête. A nouveau, un flot de larmes jaillit :
-Mais alors, vous devez me haïr ! Pourquoi êtes-vous si gentil avec moi ?
-Vous avez lui donné du plaisir. Et nous sommes tous deux ses esclaves.
Il s'assit à terre à coté d'elle. Il posa la main sur sa joue, essuya les larmes. Il ne savait que faire pour la réconforter. Les livres qu'il avait lu sur les humains disaient que ceux-ci étaient très tactiles. Alors, lentement il se pencha et posa les lèvres sur son front, comme le faisaient les mâles humains pour réconforter leur femelle. Il l'enlaça et l'embrassa à plusieurs reprises, sur la joue et le front, avec le plus de douceur possible.
Tétanisée de surprise, Naëlys ne réagit pas. Nul ne l'avait câlinée depuis si longtemps. Même si cela était tout à fait surprenant, cela lui faisait tant de bien, cette sorte de gentillesse maladroite. Elle se laissa doucement aller contre son buste puissant qui dégageait tant de chaleur, elle se laissa réconforter par cette douceur.
Lorsqu'enfin, il la libéra cette étreinte, elle vit le maître debout, l'épaule appuyée contre un arbre. Il ne semblait nullement en colère, bien au contraire à en juger par le renflement à son pantalon. Il s'approcha.
-J'ai enfin fini mes corvée. Soupira Kahn'ess. Je vais enfin pouvoir un peu profiter de vous deux !
Spohkh la sentit frémir d'appréhension contre lui.
- Spohkh, tu la libéreras de ses craintes. Je ne tiens pas à recevoir une autre gifle. Même si c'est terriblement excitant, il y a des risques pour que cela me rende violent.
Naëlys ouvrit de grand yeux étonné: le maître ne lui tenait pas rancune de son geste de rébellion, il semblait même s'en amuser.
Spohkh était toujours à genoux. Kahn'ess glissa ses doigts dans ses cheveux avec un geste possessif
-Cet endroit est très agréable. Spohkh, tu y installeras un grand futon. Tu amèneras ta cithare. Toi, ma douce Naëlys, tu vas mettre cette robe que Spohkh a déposée pour toi sur le lit de la chambre. Il t'a aussi amené des savons parfumés, essaye-les dès maintenant. Moi, je vais nous faire servir un repas de fruits et de viandes. Rien de vivant, je ne tiens pas à vous dégoûter.
Seule dans la salle de bain, Naëlys tremblait, mais pas de froid. Elle avait laissé les amants en plein baiser passionné. Quels hommes étranges… partout, ils étaient craints, et respectés aussi. Tout ce qu'elle avait entendu dire sur eux lorsqu'elle vivait chez sa précédente maîtresse lui revenait en mémoire : l'absolue fidélité de l'armée vis à vis de ce Klingon, la fulgurance de ses victoires, son absence de pitié vis à vis des traîtres et des incapables… le vêtement sur le lit était une robe de soies blanches très fines, très légères. Elle était comme une caresse sur la peau. Il n'y avait aucun jupon, ni bustier… elle devina sans peine les intentions de Kahn'ess …
Elle les retrouva dans la serre, assis sur les matelas, juste vêtus d'une serviette autour des reins. Où s'étaient-ils lavés ? Elle remarqua des larges flaques d'eau près de la fontaine, elle vit le savon. Spohkh jouait de sa cithare, une mélodie envoûtante et suave que Kahn'ess écoutait les yeux mi-clos. Ils levèrent les yeux sur elle. Si le Vulcain resta parfaitement impassible, elle vit dans le regard du Klingon que sa tenue lui plaisait. Elle pâlit. Kahn'ess lui fit signe de s'approcher. Elle s'assit à coté de lui, il glissa son bras autour de sa taille. Elle accepta de poser sa tête sur son épaule. Elle se surprit à constater que la peau de ce Klingon était douce.
Spohkh se baissa vers elle. Leur yeux se croisèrent. Le regard du Vulcain quémandait sa confiance. Elle la lui accorda et ferma les yeux. Doucement, il posa ses doigts sur son visage. A nouveau elle sentit sa présence chaude, apaisante, rassurante et ses craintes disparurent.
Peu à peu, elle cessa de trembler. Kahn'ess se pencha sur elle et embrassa chaque centimètre de son visage, comme il avait vu faire Spohkh avec elle. Troublée, elle se laissa allonger. Doucement, il la caressa à travers les voiles légers de la robe, dégrafa lentement le corsage. Comme les mains du Klingon étaient étonnement douces ! Comme ses lèvres étaient suaves ! Il embrassa longuement chaque sein, et elle soupira tant c'était agréable.
Spohkh n'avait pas cessé sa musique. Il s'était assis tout près d'eux, ses mélodies se faisaient plus sensuelles, il les regardait et cela lui procurait un étrange bien-être. Il vit l'abandon progressif de Naëlys, son acceptation. Kahn'ess se faufila sous la jupe, remonta le long des jambes en les écartant. Ses lèvres en rencontrèrent d'autres, plus intimes. Sa langue s'y insinua. Naëlys se cambra dans un soupir. Il la cajola jusqu'à lui arracher un orgasme frémissant. Il s'allongea contre elle, très satisfait de lui-même. Sans cesser de la caresser, il susurra :
-Spohkh, viens.
Spohkh posa son instrument et vint contre lui.
-Non, pas moi, elle.
-…elle… ? Je ne peux pas faire cela... ce n'est pas moral
-Je l'ai préparée pour toi, je sais que tu la désires, mets ta morale en veilleuse. Elle ne te refusera pas. L'acceptes-tu, douce Naëlys ?
Naëlys soupira. Des ondes frissonnantes parcouraient ses reins d'un désir tel qu'ils la faisaient frémir. Et surtout, elle savait, pour avoir frôler son esprit, à quel point ce Vulcain, cet homme bienveillant, la respectait.
-Oui. Soupira-t-elle.
Spohkh vit qu'elle ne mentait pas. Il vint tout près d'elle, hésita encore et croisa son regard troublé. Kahn'ess ne lui avait pas menti, il avait réussi à insinuer en elle le désir, comme il savait si bien le faire avec lui. Spohkh capitula, une fois de plus. Il se coucha sur elle et la pénétra, doucement. Il avait confusément peur de la casser. Elle l'enlaça. Spohkh gémit. Collé à lui dans son dos, Kahn'ess venait de le pénétrer à son tour, sans violence. Le temps s'effaça. Spohkh embrassa passionnément Naëlys qui répondit à son étreinte. Kahn'ess calqua ses coups de reins sur les va et vient de Spohkh.
- … ko-te'krun t'nash-veh, ma Princesse… ah, Kahn'ess !
Kahn'ess sourit doucement puis se laissa emporter… Naëlys aussi avait perdu pied… Kahn'ess savait que tout deux lui appartenaient et cela emplissait son âme de satisfaction… s'il veillait bien sur eux, nul ne pourrait les lui arracher, ils étaient à lui pour toujours. Naëlys allait bien finir par se laisser apprivoiser tout comme il s'était approprié cet impassible Vulcain…
Naëlys reprenait son souffle et ses esprits. Spohkh avait posé sa tête sur son ventre, la caressait encore, cherchait l'issue vers sa peau à travers le tissus. Elle tourna la tête. Kahn'ess était assis face à la fontaine, il leur tournait le dos, il se lavait… les lèvres de Spohkh se posèrent sur les siennes, supplièrent un baiser. La chaleur recommença à lui enflammer le ventre et la gorge. Naëlys bénit le pouvoir étrange de ce Vulcain : elle n'éprouvait plus ni peur, ni honte. Kahn'ess revint auprès d'eux, nu, et sans nul doute possible, brûlant de désir. Elle regarda le baiser passionné des amants. Kahn'ess s'allongea contre elle. Il n'eut pas besoin d'insister pour qu'elle écarta les cuisses afin de l'accueillir. Il vint en elle :
-…oh, tu es si douce, si douce, ma Naëlys… soupira-t-il. Spohkh, viens, rejoint nous.
Et cela recommença. Spohkh était plus grand que Kahn'ess. Même derrière lui, il pouvait se pencher pour poser ses lèvres sur le visage de Naëlys. Il ne se reposa que sur son bras gauche, libérant l'autre pour caresser ses deux amants. Kahn'ess fit de même en s'appuyant sur son bras droit. Et leurs mains passaient d'un corps à l'autre, avides et possessives… et leurs lèvres se rencontraient sur celle de Naëlys…
A nouveau, ce fut la trêve. Naëlys reprenait à peine son souffle. Les deux hommes s'embrassaient encore. Étaient-ils donc insatiables ? Ils s'enlaçaient avec passion. Spohkh s'était assis à genoux, et Kahn'ess sur les cuisses de son amant. Naëlys les contempla. Ils s'étreignaient comme s'ils craignaient que l'autre ne s'envole. Ils étaient si lascifs, si tendres aussi l'un envers l'autre, si attentif… et ils s'étaient comportés de la même manière avec elle… oui, elle n'en prenait conscience que maintenant. Ce qu'ils lui avaient pris, ils avaient aussi voulu le lui donner… ils étaient beaux… elle ferma les yeux et se laissa bercer par leurs soupirs et leurs gémissements… elle s'endormit.
ooo
Naëlys sortit doucement des brumes de son sommeil. Elle ouvrit les yeux et la première chose qu'elle vit fut le Klingon, assis dans le lit à coté d'elle. Elle sursauta. Comment avait-elle atterrie dans ce lit ? Il posa ses yeux sombres sur elle et elle se souvint de ce qu'il lui avait fait. Ils était dans la chambre. Le lit était immense. Kahn'ess avait une pile de parchemins à coté de lui. Il... travaillait ? Il n'y avait aucune agressivité dans son attitude. Naëlys s'assit lentement sur le lit. Elle était encore nue, elle ramena le draps sur elle. Son corps était lourd, comme engourdi. Son regard parcourut la pièce. Elle vit l'autre homme assis dans la position du lotus, sur la peau de bête devant la cheminée. Il portait un pantalon et une courte tunique
- Spohkh médite. Expliqua Kahn'ess tranquillement. C'est indispensable aux Vulcains.
Des repas adaptés à leurs besoins physiologiques, le respect des besoins psychiques de Spohkh, il avait même fait attention à ne pas la brutaliser malgré ce qu'il lui avait imposé... ce Klingon était vraiment différent des autres
- ... pourquoi ?
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi êtes-vous... gentil av...?
-Je ne suis pas gentil! Protesta aussitôt Kahn'ess comme si elle l'avait insulté. J'agis ainsi parce que tel est mon bon plaisir!
Il avait parlé sur un ton agressif, il la vit se recroqueviller de crainte. Ce n'était pas ainsi qu'il allait l'apprivoiser. Il fit un effort pour poursuivre calmement
- Spohkh est...
Kahn'ess hésita à poursuivre ...mon amant que je chéris? ...particulièrement précieux pour moi? ...celui que j'ai choisi comme compagnon?
Non, ces aveux lui étaient impossible.
- ... le meilleur conseillé que j'ai jamais eu. Il est normal de le traiter correctement si je veux qu'il puisse continuer à me servir.
Il avait réussi à adoucir sa voix, mais le mal était fait. Il avoua alors:
- Il est beau quand il médite ainsi. Je trouve agréable de le regarder, ça m'aide à réfléchir.
Elle parut surprise par ces mots. Elle contempla Spohkh. Oui, son visage était à la fois neutre et bienveillant, et il était beau. Naëlys avait dès son arrivée sur Qo'noS été rebutée par l'apparence physique des Klingons. Il lui aurait été aisé de surmonter cette répugnance si la violence de leur mœurs n'avait pas achevé de la dégoûter. Cette violence était partout. Un Klingon devait sans cesse prouver qu'il était un guerrier, en amour comme lors de leurs repas où ils aimaient à manger des animaux vivants... des animaux dangereux de préférence. Cependant, sa précédente maîtresse avait été relativement bienveillante avec elle et elle n'avait pas été maltraitée...
Spohkh était la première personne qu'elle rencontrait sur cette planète à ne pas lui inspirer cette répulsion. Les traits du Vulcain étaient harmonieux, et son esprit qui avait frôlé le sien semblait profondément bon. Il était la première personne en qui elle avait envie de faire confiance, avec qui elle avait envie de tisser des liens amicaux... même s'il était l'instrument du maître pour la soumettre à ses désir... et si elle pouvait le réconforter de cet esclavage avec son corps, elle le ferait volontiers.
La main de Kahn'ess glissant autour de sa taille nue la fit sursauter
- Je ne vais pas te manger. Dit-il en plongeant son nez dans le creux formé par son cou et son épaule.
Il l'aurait bien voulu la coucher sur le lit pour s'emparer d'elle, mais il savait qu'il n'obtiendrait que son corps... et si elle se débattait, il y avait des risques pour que ses instincts ne le rendent violent. Il aurait pu sortir Spohkh de sa méditation, il l'aurait fait il n'y a pas si longtemps, mais il savait à présent combien celle-ci était indispensable à l'équilibre de son Vulcain. Il la sentit trembler contre lui.
- Calme-toi. Je ne te ferai rien. En tout cas pas tant que Spohkh ne t'aura pas débarrassé de cette peur ridicule.
... une peur... ridicule ? S'étonna Naëlys avant de bredouiller :
- Vous êtes le maître.
- Et cela est suffisant pour justifier cette crainte idiote?
- Vous avez droit de vie et de mort sur moi.
Kahn'ess s'installa plus étroitement contre elle.
- T'ai-je donné l'impression de vouloir te faire du mal ?
Naëlys hésita à répondre.
- Parle. Tu as ma parole que je ne me mettrai pas en colère
Naëly hésita encore. Elle se souvint que le guerriers Klingon s'enorgueillaient de n'avoir qu'une parole.
-... vous m'avez obligée à avoir des... à le faire avec vous et monsieur Spohkh... Murmura-t-elle
- Tu parles de nos accouplements ? As-tu souffert? T'avons-nous fait mal?
- Non, mais...
- ...Où est le problème alors ?
Elle se souvint que Spohkh avait essayé de faire comprendre à leur maître que cela n'était pas moral, en vain, celui-ci n'avait pas parut comprendre. Elle ne sut que répondre. Il la poussa doucement pour qu'elle s'allonge.
- Viens là, contre moi. Ordonna-t-il doucement.
Il écarta le bras afin qu'elle pose sa tête sur son épaule. Elle obéit en essayant de dominer la peur qui revenait en elle, pulsante.
- Installe-toi confortablement. Dit-il d'une voix déjà ensommeillée
Était-ce possible que le Klingon soit déjà en train de s'endormir? Si tel était le cas, elle ne risquait plus rien de lui. Elle se coucha tout contre lui, comme il le lui avait ordonné. Elle écouta son souffle lent et ne frémit même pas quand il l'enlaça de son bras, la main possessivement posée sur elle.
Mais Kahn'ess avait simulé cet endormissement. Il voulait savourer la présence de ce corps tiède et tendre contre le sien. Comme il l'avait prévu, c'était intensément relaxant...
Lorsque Spohkh sortit de sa médiation, Naëlys était profondément endormie, blottie contre le Klingon. Kahn'ess ne faisait que somnoler.
- Où vas-tu? Murmura-t-il en le voyant se diriger vers la porte. Je ne t'ai pas autorisé à sortir.
Spohkh contempla son maître et la jeune femme qu'il enlaçait.
- Je suis au milieu du lit. Tu vois bien qu'il y a de la place pour trois. Viens là.
Spohkh obéit et vint s'asseoir près de lui
- Quelle est cette chose que tu as faite avec les doigts avec elle tout à l'heure ?
- Un ozh'esta, un baiser Vulcain.
- Je veux essayer ça!
Spohkh ne put contenir un frémissement, que Kahn'ess perçut parfaitement. Cela lui donna encore plus envie d'y goûter.
- Mets-toi contre moi et initie-moi à ton ozh'esta
Kahn'ess posa sa main sur le lit, sur l'oreiller, paume vers le haut. Spohkh s'allongea sur le ventre. Il glissa sa main sur celle de Kahn'ess. Son index et son majeur vinrent se presser contre ceux de Kahn'ess. Le contact fut immédiat. Le Klingon perçut la présence du Vulcain à la périphérie de son esprit, une présence paisible et chaleureuse. Spohkh sentit l'âme passionnée du Klingon, une âme loyale et énergique.
- ...mmm... Soupira Kahn'ess tandis qu'un profond sentiment d'attachement mutuel s'emparait de son esprit
Spohkh posa sa tête tout contre l'épaule de Kahn'ess. Jamais il n'aurait osé rêver que son maître lui accorde ce baiser, et surtout qu'il l'apprécie autant. Et c'était si agréable.
- ...mm... ne t'arrête pas... tu as vraiment des doigts... magiques... c'est si bon... Embrasse-moi aussi !
Spohkh vint poser ses lèvres sur les siennes, en un doux effleurement.
- ...mmm... encore...
Spohkh continua ces caresses de ses lèvres et de ses doigts; à regret il finit par dire :
- Il vous faut dormir, maître, il est tard.
- A une condition. Laisse tes doigts sur les miens...
ooo
- Viens, Spohkh, j'ai quelque-chose pour toi. Naëlys peut venir aussi.
Kahn'ess semblait particulièrement satisfait de lui-même. Spohkh percevait nettement sa jubilation. Ils les fit sortir de ses appartements. Ils suivirent le couloir, jusqu'à l'appartement mitoyen. Ils entrèrent.
Il y avait là huit Vulcains, debout, au garde à vous.
Les yeux vides. Pâles. Extrêmement maigres. Le visage émaciés. Ils portaient le collier des esclaves qui leur avait abîmé le cou et un court pagne autour des reins. Leur bustes portaient des marques plus ou moins anciennes de coups.
Des Vulcains...
Dans un état déplorable mais...
...vivants.
Spohkh dut faire un effort pour calmer les battements de son cœur. Il n'était plus le seul Vulcain en ce monde! La jubilation satisfaite de Kahn'ess monta d'un cran. Il tourna son regard vers l'Humaine
- Naëlys, mes hommes n'ont retrouvé aucun humains. Tous sont morts dans les mois qui ont suivi leur arrivée sur Qo'noS. Tu étais la seule femelle, certainement plus fragile qu'eux, et pourtant toi seule avez survécu.
- Mon ancienne maîtresse ne m'a pas maltraitée. Reconnut Naëlys. C'est sans doute pour cela que j'ai survécu.
- Comment avez-vous fait ? Demanda Spohkh
- J'ai fait passé un décret selon lequel je suis le seul autorisé à posséder des hors-monde. Ils sont tous à toi à présent! Forme-les pour moi. S'ils ont la moitié de ton intelligence, ils pourraient m'être utiles !
Un serviteur vint les prévenir que le repas était servi.
- Je vous laisse, je préfère une nourriture plus carnée...
Kahn'ess sortit. Spohkh et Naëlys se retrouvèrent seuls, face à ces Vulcains immobiles, et clairement en état de traumatisme profond. Aucun d'eux n'avait réagi.
- Sarlah'uh t'nash-veh, osu-lar [Suivez-moi, messieurs]
Les captifs semblèrent retrouver brièvement un éclat de vie et obéirent. Une grande table avait été dressée, sur laquelle se trouvait des plats contenant des fruits, des légumes, des céréales, mais pas la moindre miette de viande, qu'elle fut vivante ou morte.
- Nem'uh shitau, sanu, heh soa'uh [Prenez place, je vous prie, et mangez]. Dit Spohkh de sa voix impassible.
Sans un mot, les captifs obéirent. Ils mangèrent lentement. La nourriture était très simple, à peine cuisinée, mais saine pour des organismes Vulcains. Naëlys n'avait pas faim, son cœur saignait trop pour ces hommes. Elle visita l'appartement puis revint dans la salle à manger.
- Nam-tor ish-veh suk'shi'yuk k'oh a'sim! Dit-elle avec enthousiasme. Veh atsk'wu'sibau-tvi-shal , heh sok'i sai-vel! [Il y a une grande chambre avec huit lits. Une grande salle de bain, ainsi que des vêtements propres]
Les Vulcains levèrent enfin le nez de leur assiette. Ce repas était le tout premier qui soit adapté à leur besoin depuis leur arrivée en cet enfer, et déjà ils en ressentaient les bienfaits. Ils regardèrent en silence ce Vulcain et cette femelle humaine qui parlait leur langue natale sans accent
- Stariben dular Whl'q'n ha ? [vous parlez Vulcain?] Demanda Spohkh
- Vest-vishital au ek'mesukh-stari-vel svi' shi'nahp t'nash-veh, lu vest-lasha svi'ifis-hali [ils m'ont implanté un traducteur universel, quand je suis arrivée dans le vaisseau]. Et quand j'ai entendu vos mots vulcains, tous les autres sont comme apparu dans mon esprit.
Spohkh ne put réprimer un sentiment de satisfaction, tout en conservant son impassibilité. Il lui était agréable de l'entendre parler ainsi dans sa langue natale. Il tourna à nouveau son attention vers les Vulcains
- Dif-tor heh smusma, Whl'q'n sa-kai. Nam-tor nash-veh Spohkh. Nam-tor ko-veh Naëlys. [Longue vie et prospérité, frères Vulcains. Je suis Spohkh. Voici Naëlys. ]. Vous êtes à présent comme nous la propriété du général Kahn'ess.
Chaque Vulcain se présenta tour à tour : Silek, T'nyvr, Sopyc, Vohis, Sekon, T'bovr, Stelek et Lenak
- Que compte-t-il faire de nous ? Demanda Lenak
- Il ne me l'a pas dit. J'ignorais tout de votre existence avant de rentrer dans cet appartement
- Il... Commença Naëlys qui se tut en voyant tous ces regards se poser sur elle, subitement intimidée.
- Oui, Naëlys ? Qu'alliez-vous dire ? Insista doucement Spohkh
- Le maître a parlé d'intelligence...
- Il est vrai que le gouvernement manque de cerveau. Déduisit Spohkh. Ses ministres sont plutôt intelligents, mais il serait utile de les instruire davantage. De plus, le maître a le projet de refonder entièrement les lois
- Qu'en savez-vous ? Demanda Lenak
- Kahn'ess a fait de moi son conseillé privé, je travaille à son service à ses cotés. C'est un homme intelligent et moins barbare que la majorité des Klingons. Ici, vous serez correctement traités.
- Qu'en savez-vous ? Répéta Lenak
- Kahn'ess respecte l'intelligence autant que la force.
- Mais il a fait de vous notre nouveau maître. Remarqua Lenak
- Certes. Il sait que je suis le mieux placé pour vous aider à retrouver un état de santé satisfaisant. Mais je ne suis qu'un esclave, comme vous.
- Un esclave sans collier.
- Le maître a fait en sorte que monsieur Spohkh soit connu et reconnut par tous les Klingons. Intervint doucement Naëlys. Il n'a plus besoin de nous faire porter ce collier.
- Je vais d'ailleurs vous retirer les vôtre.
Il vit les Vulcains éprouver de la peur. Un esclave sans collier pouvait devenir la propriété de n'importe qui.
- Le maître a fait passé un décret selon lequel il est le seul à avoir le droit d'avoir des esclaves hors-monde.
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Il fallut plus d'une semaines de sommeil et de longues méditations intensives pour que les Vulcains retrouvent un état psychique acceptable. Bien que confinés dans le palais, ils ne s'étaient jamais sentis aussi peu captifs.
Une fois leur santé rétablie, ils furent placés dans les huit principaux cabinets des ministères en tant que conseillés. Bien qu'ils n'étaient pas des guerriers, ils furent respectés, d'abord parce que le premier ministre l'avait ordonné (et qu'il valait mieux lui obéir si on tenait à sa vie, Kahn'ess détestait que l'on manque de respect à ses esclaves) ensuite parce qu'ils faisaient du bon travail.
Il était agréable à Spohkh de les retrouver. Aucun d'eux ne se permit de critique sur son statut d'esclave privé de Kahn'ess. Ils n'étaient pas dupes quant aux services qu'il rendait aux maître. Mais il savait aussi que ce Klingon les avait fait venir en ces lieux pour tenir compagnie à Spohkh. De ce fait, il était indirectement responsable de cette nouvelle vie qui leur convenaient mieux que tout ce qu'ils avaient pu connaître sur cette planète.
Ils s'attachèrent à la jeune humaine. Elle était certes très émotive, mais réellement d'un contact plus doux et plus sociable que les femelles Klingonnes, souvent aussi violentes que leurs mâles. Et entendre une voix féminine parler dans leur langue était très agréable.
Ils ne tardèrent pas à se regrouper en couple en fonction de leur affinités respectives, devenant des T'hy'la. Ainsi, chacun eut l'assurance de ne pas se trouver pris au dépourvu lorsque le temps du Pon Farr surviendrait et dicterait ses exigences...
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à suivre
- Pourquoi agit-il comme ça?
Spohkh leva le nez de son dossier...
