Un filet lumineux qui transperçait le voilage de la chambre extirpa la jolie brune endormie de son sommeil. Alors qu'elle attrapait son téléphone pour regarder les chiffres alphanumériques qui indiquaient l'heure, elle fit un bond qui éveilla son partenaire.

« Marinette... Souffla-t-il. Qu'est-ce que tu fous ?

Je suis en retard ! T'aurais pu me réveiller ! Sérieux, Alya va me tuer t'imagines même pas... »

Elle se jeta hors du lit, à la recherche de ses vêtements éparpillés dans la petite chambre sous l'œil aguerri de son compagnon qui la regardait un fin sourire sur les lèvres. Alors que dans la panique elle peinait à rassembler ses affaires, le rire du garçon lui parvint aux oreilles l'agaçant d'autant plus.

« Et puis, au lieux de te moquer de moi tu pourrais au moins m'aider sérieusement ! C'est de ta faute si je retrouve rien... »

Son souffle se coupa soudainement alors qu'elle se sentait tirée en arrière pour être plaquée contre le corps de son homologue qui lui embrassa son épaule dénudée. Pendant que de nombreux frissons prenaient possession de la totalité de son corps, elle senti sa main glisser le long de son bras tandis qu'il se penchait pour ramasser la brassière en dentelle qui gisait sur le sol.

« C'est ça que tu cherches désespérément ? »

Elle étouffa un juron et fila à la salle de bain adjacente à la chambre afin de prendre un semblant de douche avant de rejoindre sa meilleure amie qui devait l'attendre depuis déjà dix minutes au café du coin au vu des appels manqués.

« À quelle heure est-ce que tu auras fini avec Alya ? » Entendit-elle à travers la porte.

Elle ne répondit pas immédiatement, le temps de rassembler ses pensées. On était samedi et Alya avait prévu de l'entraîner dans une course aux boutiques au vu de la soirée de réunion des anciens élèves planifié le soir même.

« Oh, tu sais, au vu de la soirée... Et de son excitation, j'en ai au moins jusqu'à ce soir ? Sauf si Nino se décide à nous interrompre, et encore, je ne suis pas sûre qu'il ait envie de s'y tenter...»

Elle entendit un rire à travers la porte, qui devint communicatif puisqu'il se créa une place sur ses propres lèvres. Rapidement, elle s'extirpa de la cabine de douche et se sécha rapidement le corps avant d'enfiler ses propres vêtements de la veille.

Heureusement pour elle, elle avait eu la présence d'esprit de porter une robe pull qui lui faisait gagner énormément de temps. Rapidement, elle s'attacha ses longs cheveux en un chignon trop peu désordonné pour être appelé ainsi et sortie précipitamment de la pièce, pour tomber sur son ami, en tenue d'Adam.

« T'es pas croyable... Dit-elle en explosant de rire.

Quoi ? Soutint-il avec un sourire en coin. Tu vas rejoindre Alya et les autres, je voulais être sûre que tu ne penserais qu'à moi de toute la journée... »

Elle rougit brusquement alors qu'il s'approcha d'elle pour lui déposer un doux baisé sur les lèvres. Alors qu'il allait glisser ses mains sur ses hanches, elle l'en empêcha en se séparant de lui d'un coup sec.

« Je dois vraiment y aller... Je suis atrocement en retard et je vais me faire tuer ! »

Marinette lui claqua rapidement un bisous sur la joue et se précipita vers la porte d'entrée, comme une souris fuyant son assaillant. Il eut un sourire en coin avant de se laisser tomber sur le lit et d'attraper son téléphone pour passer un coup de fil.

Elle était morte. Complètement morte. Alya n'allait pas la louper, c'était certain. Alors qu'elle avait dû faire un détour pour arriver du bon côté du café pour ne pas éveiller les soupçons, son amie l'appelait pour la dixième fois, au moins.

Tandis qu'elle arrivait au point de rendez-vous, elle reconnue deux têtes qu'elle n'avait pas prévu de croiser de sitôt dans la journée, et fut prise d'un immense malaise alors que le copain de sa meilleure amie lui faisait de grands signes de main.

« Te voilà enfin ! Vociféra la basanée.

Désolé... Mon réveil n'a pas sonné... » Dit-elle maladroitement.

Alors que Nino étouffa un rire derrière sa main, le second tira la chaise à Marinette afin qu'elle puisse s'installer. Ses yeux furent attirés par le café macchiato qu'elle buvait toujours, et elle sourit doucement.

« Merci Lucas... »

Elle jeta un coup de pied dans la jambe d'Alya, qui ne daigna même pas lui jeter un regard, encore trop énervée du retard de l'eurasienne. Captant l'ambiance pesante, Nino lança la conversation afin de détendre l'atmosphère.

« Ma chérie, commença-t-il, tu as une idée de ce que tu souhaites porter ce soir ? Elle le fusilla du regard.

J'étais censée me décider avec Marinette, mais elle n'a pas l'air très motivée à ce qu'on s'en charge ! Marinette grinça des dents.

T'es dure Alya, commença Lucas, tu sais qu'elle finit généralement tard le vendredi soir... »

Cette situation était définitivement gênante et Marinette ne savait plus où se mettre. Elle aurait aimée être informée en amont de la présence de Lucas et supposait que les appels manqués de son amie étaient en rapport avec cela, mais ne pouvait présentement pas en discuter. Alors que l'ambiance commençait à être pesante, Nino étouffa un cri qui alerta toute la tablée tandis qu'il porta son téléphone à son oreille.

« Oh mec j'y crois pas je pensais que t'étais mort tellement personne n'avait de nouvelles de toi ! Comment tu vas ?

[...]

Sérieux ? Il arrive quand ? Il faut que je vienne te chercher ?

[...]

Oh nan énorme ! T'es au courant pour la soirée de ce soir au moins ? Tu viens ?

[...]

Pardon, pardon, c'est juste énorme ! Je t'envoie l'adresse alors, à ce soir ! »

Alors qu'il raccrochait, le jeune homme mis un temps d'arrêt prenant conscience de la situation. Il jeta un coup d'œil à Alya, qui le regardait avec insistance ainsi que les deux autres en attente d'informations pour comprendre la situation.

« C'était Adrien. Alya toussa de surprise. Il rentre en France aujourd'hui, il s'est libéré pour la soirée des anciens élèves donc il sera là ce soir ! »

Alya jeta un coup d'œil en biais à sa meilleure amie, qui affichait un grand sourire, consciente qu'elle captait le regard de la totalité des personnes présentes et senti la main de Lucas venir se déposer sur sa cuisse, dans un geste réconfortant, qu'elle repoussa gentiment.

« Ne me regardez pas comme ça, ça me fait très plaisir qu'il vienne ! Cela fait longtemps que nous ne l'avons pas vu. »

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Tandis qu'Alya essayait une énième tenue pour la soirée, Marinette faisait un tour dans les rayons en quête d'une pièce qui pourrait aller avec le haut qu'elle avait déjà sélectionnée.

Depuis l'annonce de Nino, sa meilleure amie avait décider de les extirper du petit groupe afin de partir à l'attaque de toutes sortes de boutiques de vêtements et de trouver les pièces qui pourraient faire grâce à leurs yeux.

Elle était bien consciente de l'inquiétude de sa meilleure amie à son égard, après tout depuis le départ d'Adrien pour l'Italie il y a plus d'un an, il était devenu le sujet « tabou » à ne pas aborder devant Marinette. Cela lui faisait du bien autant que ça la faisait rire, après tout cela partait d'un bon sentiment.

Elle avait toujours été amoureuse d'Adrien, c'était un fait connu de tout le monde. Mais ce n'était pas elle qui avait fait le premier pas.

Trop tétanisée par la peur, il lui était impossible de faire un pas vers ce garçon qu'elle adulait tant. C'est alors que, arrivés au lycée et tandis qu'elle passait énormément de temps avec Lucas, le jeune mannequin s'était pointé à la porte de chez elle un soir de décembre. Elle n'avait pas vraiment compris ses intentions au départ, jusqu'au moment où voyant qu'elle ne parvenait pas cerner ce qu'il se passait, il lui avait demandé, d'une voix tremblante et solennelle : « Sors avec moi Marinette... S'il te plaît ? ».

Se rappeler se souvenir la fit rire, si fort qu'elle attira l'attention d'Alya qui venait de sortir de sa cabine d'essayage vêtue d'une robe pourpre qui lui allait magnifiquement au teint. Sa meilleure amie n'avait cessée de se bonifier avec le temps, et à maintenant vingt-six ans elle la trouvait à tomber.

« Tu m'étonnes que Nino ne lâche pas l'affaire depuis toutes ces années... Dit-elle, un sourire aux lèvres.

T'es bête, souffla Alya. Je suppose que c'est un grand oui pour la robe ? »

Alors que Marinette lui fit un hochement de tête, un petit malaise s'instaura, et tandis que son amie allait parler, l'eurasienne se retira dans les rayons à la recherche de nouvelles pièces.

Elle se rappela la fois où elle avait annoncé à Ayla la confession d'Adrien, et pouffa discrètement. La brune ne la croyait pas une seconde, trouvant Adrien trop « à côté de la plaque » pour faire une déclaration pareille. Plus tard, les filles avaient appris que Nino n'y était pas pour rien, et Marinette l'en avait grandement remercié.

Leurs premier rendez-vous étaient catastrophiques. Et elle pouvait en rire à présent, après avoir été un sujet de honte pendant plusieurs années. Autant maladroite qu'elle était avec les gestes, c'était forcément la même chose avec les mots. Et Adrien se faisait un plaisir de se jouer d'elle à chaque occasion qu'il trouvait.

Leur petit bonheur n'avait cependant pas duré très longtemps : il était compliqué pour eux d'entretenir une relation alors que le mannequin quittait Paris à chaque occasion possible, pour toutes sortes de tournages et shootings photos.

Marinette ne lui en voulait pas, après tout, c'était son métier et il avait toujours baigné dedans. De plus, elle connaissait parfaitement les ficelles du métier puisqu'elle souhaitait également se créer une carrière dans le milieu de la mode.

En vérité, elle ne savait plus trop quand tout avait dégénéré : était-ce quand toutes ces rumeurs concernant Adrien et une autre mannequin avaient commencées à sortir sur tous les supports possibles et qu'on la regardait comme une pauvre petite fille trompée ? Ou quand le mannequin s'était rendu compte qu'en son absence, Lucas lui apportait un soutien moral conséquent ?

Avec l'immaturité dont tous les deux faisaient part à l'époque, ils étaient tous les deux à blâmer dans cette histoire. Ils ne s'étaient certainement pas assez préparer à confronter la réalité du monde, encore trop bercés d'illusions.

La main d'Alya sur son épaule la fit sursauter et elle reprit rapidement ses esprits alors que les deux jeunes filles passaient à la caisse.

« La soirée est dans deux heures, on passe se préparer chez moi ? Proposa Alya.

Oui, pourquoi pas ! Cela ne dérangera pas Nino ? S'inquiéta la brune.

Pourquoi cela le dérangerait ? Il doit probablement jouer à je ne sais quel jeu vidéo avec Lucas en nous attendant ! »

Marinette n'eut pas le temps de répondre et Alya n'eut pas le temps de voir le sourire bancal de son amie à la mention de Lucas qu'elle la traîna en direction de son appartement.

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Marinette enfila sa paire de boucle d'oreille et se regarda dans le miroir une dernière fois avant de partir : elle n'avait pas fait dans l'extravagant et avait simplement choisi un short tailleur accompagné de sa veste superposé sur un haut résille à paillette. N'ayant que peu envie de piétiner toute la soirée avec une paire de talon elle avait enfilé une paire de sneakers.

Elle donna dernier coup de lisseur à ses longs cheveux avant de sortir de la salle de bain pour rejoindre le salon ou l'attendait ses trois amis. Elle fit de légers sourires aux compliments qu'ils lui apportèrent et ils partirent pour le bar-restaurant où tout le monde s'était fixé rendez-vous.

Alors qu'Alya et Nino marchaient main dans la main face à elle, Lucas s'était planté à ses côtés, s'attelant à lui faire la conversation. Bien qu'elle l'appréciait énormément, cette situation la mettait des plus mal à l'aise au vu de l'affection non-réciproque qu'il avait pour elle. Bien qu'ils aient déjà conversés plusieurs fois à ce propos, la situation restait des plus désagréable.

Marinette vit l'enseigne lumineuse caractérisant le lieux de rencontre et se pressa aux côtés d'Alya qu'elle attrapa par le bras afin de se donner un dernier coup de boost face à la rencontre des anciens élèves. Alors qu'elles atteignaient l'entrée du bar, les filles sursautèrent au cri de Nino.

« Adrien, mon pote ! » S'écria-t-il.

À la mention du concerné, une décharge transperça l'échine de l'eurasienne qui encra ses yeux dans ses grands yeux verts. Bien que cela ne dura que quelques secondes, cela fut assez pour la décontenancer.

Alors qu'il s'approchait d'elle pour la saluer, elle fut surprise de voir la main de Lucas, présentée à l'encontre d'Adrien, la surplomber. Mal à l'aise, elle tourna la tête vers l'homme aux cheveux bleus dans son dos qui adressait son meilleur sourire au mannequin.

La situation ne pouvait pas être plus gênante que ça, enfin, c'est ce qu'elle pensait jusqu'à ce qu'Adrien ne se dessaisisse de la poigne de Lucas et qu'il ne glisse sa main dans le dos de la jeune fille pour la serrer contre lui.

« Cela faisait longtemps, Marinette. » Glissa-t-il à son oreille.

Le bas de son dos était en ébullition au simple contact de sa main contre celui-ci et sa nuque était brûlante au simple souffle qui s'abattait sur sa peau. Un silence lourd de sens s'était abattu sur le petit groupe d'ami alors qu'Alya tira sur le bras de Marinette afin de la sortir de cette situation on ne peut plus gênante.

« Dit-donc Adrien, commença-t-elle, les Italiens sont si tactiles que cela qu'ils t'ont contaminés ? Le concerné rit.

Tu me connais assez pour savoir que ce n'est pas le cas, Alya. »

Lucas se pressa à l'intérieur, suivit par le couple phare, mis à mal par la réponse du mannequin. Alors qu'elle se jetait à leur suite, le poignet de Marinette se fit emprisonner dans les fins doigts du mannequin qui lui prit la main gentiment. Le rouge aux joues, Marinette se tourna vers Adrien qui arborait ce sourire en coin qu'elle adorait tant.

« À quoi est-ce que tu joues Adrien ? Souffla-t-elle.

Je ne sais pas, à quoi veux-tu que je joues Marinette ? »

Alors qu'elle allait répondre, il s'était penché près de son visage, lui faisant perdre toute contenance. Ils furent cependant coupés par l'arrivée de Chloé et Sabrina, toujours aussi inséparables depuis les années collège. Ils discutèrent tous un instant avant de rentrer dans le restaurant à leur tour.

Ils furent étonnés de voir que tout le monde était arrivé. Et alors qu'ils prirent le temps de dire bonjour à tout le monde, Marinette rejoins rapidement Alya qui lui avait gardé une place entre elle et Rose et face à Lucas. Elle se fit la réflexion que tout était contre elle, jusqu'à ce qu'elle se retrouve assise à côté d'Adrien qui avait, elle ne sait comment, réussi à subtiliser la place de son amie blonde.

« Mec ! Je t'avais gardé une place à côté de moi, t'abuses ! Râla Nino.

Je le comprend après tout... Entre être à côté de la jolie Marinette ou toi, le choix est vite fait mec ! » Railla Kim

Alors que la totalité de la tablée se mit à rire de la réflexion faîte par le sportif, Marinette ne savait plus où se mettre et cette situation plaisait énormément au mannequin.

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Après plusieurs verres, et une mise au point sur la vie de chacun, Kim, avec toute la classe et la dignité dont il pouvait faire preuve, capta l'ensemble de l'attention du petit groupe en lançant une conversation avec Adrien qui se situait à l'opposé de celui-ci.

« Au fait mec, tu dois te régaler avec les bombes que tu fréquentes, non ? »

Bien que Marinette ne sembla pas le moins du monde altérée par la remarque du costaud, ses amies rétorquèrent à son encontre contre celui-ci, ce qui la fit doucement sourire. Et alors qu'elle sentait qu'Adrien se redressa sur le siège à côté d'elle, elle sentit l'une de ses mains se glisser sur sa cuisse, dans un geste réconfortant.

« Toujours aussi fin Kim à ce que je vois, ria-t-il, mais au risque de te déplaire, je ne me « régale » pas avec les femmes, et non, ce n'est pas du gâchis comme ce que tu pourrais penser. »

La tablée rigola alors que Lucas se joint à la conversation.

« Mais du coup tu es en congés ou quelque chose comme ça ? Je sais que c'est différent pour vous, les mannequins. Quand est-ce que tu rentres en Italie ?

Je te rassure Lucas, on appelle nous aussi cela des congés. Et pour ce qui est de mon retour en Italie... Il est possible qu'il n'y en ait pas, en fait. »

Un silence s'instaura au milieu du groupe alors que Marinette dissimula un sourire en sentant la pression sur sa cuisse s'accentuer.

Bien qu'elle soit déjà au courant de cette information, le fait qu'elle soit communiquée de vive voix la rendait plus réelle.

« Attend, comment ça, tu t'es fait viré ? S'écria Nino.

Nino, Nino... Souffla Alya. Qui veux-tu d'assez fou pour virer notre bel Adrien ? Il doit sûrement avoir une proposition de contrat ailleurs.

C'est à peut près ça, ouais. Ria-t-il. Lorsque je suis venu il y a un mois... »

Il se fit couper la parole par Nino, Max et Kim qui s'insurgèrent de sa venue incognito sans qu'il n'ait même pris la peine de les prévenir et Marinette rit à cette scène, ce qui attira l'attention d'Alya sur sa meilleure amie... et la main qui était déposée sur sa cuisse

Alors que Marinette ne remarquait pas les échanges de regards entre Adrien et Alya, elle se remémora sa surprise, un mois plus tôt quand elle était tombée nez à nez avec le blond dans sa salle de pause de manière incongrue, ou non, lorsque l'on considérait qui était l'employeur de l'eurasienne.

« On peut savoir ce que monsieur Adrien Agreste fait dans la salle de pause de l'entreprise de son père ? Avait-elle lancé en raillant.

Figure toi que c'est une histoire cocasse : j'ai essayé de me faire passer pour un designer pour qu'on te cale un rendez-vous avec moi dans ton planning mais je n'étais pas assez connu pour ça... Alors j'ai dû mobiliser mes contacts. »

Elle lui donna un coup sur l'épaule, non sans rire de ses idioties mais elle reprit rapidement ses esprits.

« Qu'est-ce que tu fais réellement ici, Adrien ? Dit-elle avec un demi-sourire.

J'espérais t'emmener dîner, pour dire vrai.

Pour quelle occasion ? L'anniversaire de notre séparation est dans deux mois, t'es un peu en avance ! Il rit franchement, tandis qu'elle sourit. Plus sérieusement, mon copain ne serait pas pour que j'aille dîner avec un ex petit-ami, même si ça date du lycée.

Ah ouais ? Parce pourtant ta secrétaire m'a bien spécifié que tu n'avais personne en ce moment...

Comment tu-, elle se fit couper.

Je suis Adrien Agreste, Marinette. »

Elle mit un temps de pause et rit franchement avant d'accepter le dîner, se disant que ça ne pouvais pas faire tant de mal que ça de renouer avec ce garçon qui était avant toute choses, son ami d'enfance.

Il l'avait emmené manger une glace. Elle avait beaucoup rigolé, mais il l'avait emmené manger une glace. Pas n'importe quelle glace, évidemment, mais bien la glace de André. Celle qu'elle mourrait d'envie de manger avec lui quand ils étaient adolescent.

« Sérieusement ? Une glace de André ? Dit-elle en souriant, face au camion.

Quoi ? Ca te pose un problème ? Je ne pensais pas si matérialiste Marinette, dit-il un sourire en coin sur les lèvres.

Non, tu as raison, c'est une super idée. Ca me rappellera à quel point tu as apprécié ta glace avec Kagami ce jour-là. »

Elle explosa de rire face au visage démuni que le mannequin tirait, tandis qu'André leur confectionnait à chacun la glace à l'effigie de leur « âme sœur ».

Sans surprise, Marinette reçu la même composition qu'à l'époque, et elle sourit en comprenant qu'Adrien avait obtenu la même chose qu'à l'époque également. Sans un mot, ils s'étaient dirigés vers un banc sur lequel ils s'étaient assis et avaient passé la soirée à discuter de leurs souvenirs communs, et ce n'était que très tard que le blond l'avait raccompagnée jusqu'à chez elle.

« Merci pour la soirée Adrien, c'était très agréable. Elle sourit, tandis qu'elle se pencha pour lui faire la bise.

Dit Marinette, qu'est-ce que tu ferais si je te disais que je revenais vivre en France ? Il la regarda avec ses grands yeux verts pleins de curiosité.

Hypothétiquement parlant ? Répondit-elle.

Hypothétiquement parlant. » Affirma-t-il.

Elle fit mine de réfléchir un instant, et sourit face au malaise qui commençait à prendre place sur le visage du garçon si affirmé qu'elle connaissait habituellement. Alors qu'il allait se défiler et la laisser sur le pas de sa porte, elle se hissa sur la pointe des pieds et déposa ses lèvres sur celles charnues du mannequin qui resta statique un instant avant de l'enlacer et d'approfondir le baiser que lui offrait l'eurasienne. Ils se détachèrent, quelques secondes plus tard et Marinette fit un pas en arrière.

« Bonne nuit, Adrien. » Dit-elle avant de pénétrer la porte de son appartement.

Un poids tomba sur ses épaules, ce qui la fit se reconnecter à l'instant présent. Les deux grandes mains d'Alya posées de part et d'autre de ses épaules était ce qui l'avait ramené à elle alors que toute la tablée avait les yeux fixées sur une Marinette, en incompréhension totale.

« Revenue avec nous, miss étourdie ? Railla Alya.

Pardon, je pensais à complètement autre chose.

Parfait, maintenant que t'es de nouveau avec nous, Kim a lancé un action ou vérité, et c'est à ton tour ! »

En voyant le regard diabolique de sa meilleure amie, elle ne savait pas trop si cela était une bonne chose de se tenter à ce genre de jeux alors que tout le monde avait bu un petit coup. D'autant qu'elle sentait que ce n'était pas dans son intérêt de jouer.

« Euh Alya... Ca ne me tente pas franchement, et puis, tu sais vraiment tout de ma vie alors... Je vais passer mon tour !

Marinette, s'écria Max, c'est pas juste ! Même Nathanael s'est pris au jeu, à ton tour ! »

Alors que tout le monde commençait à s'activer, elle se frappa le front de désarroi, et jeta un regard en biais à Adrien qui lui faisait un de ses petits sourires encourageants dont lui seul a le secret.

« Très bien... Action, dans ce cas-là. Soupira-t-elle.

Super ! S'écria Rose, qui n'attendait que ça. Puisque tu es célibataire, et que tu as l'embarra du choix à cette table... La concernée se crispa ayant peur de la suite. Choisi un garçon sur lequel tu vas t'asseoir pour le reste de la soirée !

Et... Reprit Alya. Etant donné qu'Adrien et toi c'est de l'histoire ancienne et qu'on exclus les ex de ce genre de jeu... Tu n'as pas le droit de le choisir ! »

Adrien jeta un regard noir à la basanée, qui fit mine de rien, tandis que Marinette déglutissait difficilement.

« C'est quoi cette action... On est plus au collège pour ce genre de choses... Souffla-t-elle en se tapant le front, tandis que pas mal se mirent à rire.

T'as raison ! Cria Rose qui eut un sourire en coin. Du coup tu as le choix entre t'asseoir sur les genoux de quelqu'un ou...

Rouler une pelle à l'un d'eux. Fini Alya. »

Marinette s'étouffa avec sa propre salive tant elle avait l'impression qu'il s'agissait d'un piège de collégien. Et alors qu'elle allait rétorquer, Adrien prit la parole.

« Elle ne voulait pas jouer à la base, et vous lui imposez un choix comme ça... C'est une mauvaise blague ? Chloé ricana.

Qu'est-ce qu'il y a, Adrien, cela te pose problème ? Demanda la blonde aux yeux aiguisés.

C'est vrai que c'est tendancieux mec, reprit Nino, tu mets ton nez dans ce qui te regarde plus là... Ca fait un moment que vous êtes plus ensemble, alors... Si elle en a envie je vois pas où est le problème ?

Je me dévoue moi si tu veux Marinette, blagua Kim, je t'ai toujours trouvé vachement mignonne en plus ! »

Décontenancée, Marinette fit tomber sa fourchette de sa main alors qu'un fou rire général prit la tablée à la suite de la blague de Kim, sauf Adrien qui jetait un regard noir à Alya qui faisait mine de ne pas voir la rage du mannequin.

« Alors, reprit Samantha un sourire en coin, Marinette quel est ton choix ? »

Alors qu'elle allait rétorquer, Marinette senti la main d'Adrien se frayer une place dans son dos, lui procurant une multitude de frissons incontrôlés. Et alors qu'elle commença à étudier l'ensemble des personnes présente à table, une sorte de malaise pris place dans son estomac et elle ne savait plus quoi faire.

En voyant Marinette complètement décontenancée, Adrien souffla du nez à l'encontre d'Alya qui le fixait d'une manière inquisitrice.

« T'as dit que les ex ça comptait pas c'est ça Alya ? Dit-il avant de prendre le visage de l'eurasienne dans sa main. Dans ce cas-là ça posera pas de problèmes. »

Avant même qu'elle n'ait pu réagir, le mannequin plongea sur les lèvres de Marinette, sans lui laisser le temps de le repousser faisant naître autours d'eux un silence de plomb. La seule chose que l'on pu entendre une fois le baiser terminé fu la voix de Kim, tremblante de gêne.

« Euh... Adrien ? Je rigolais tout à l'heure... Evidemment... » Suivit d'un fou rire collectif.

Et voilà ! Petit OS que j'avais écrit il y a un petit moment et que j'ai retrouvé, qui m'a fait sourire et qui me fait plaisir de partager.