Hello hello ! : D

C'est avec un tout petit retard que je viens poster ce neuvième chapitre ! J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur !

Merci pour les reviews, ça fait toujours plaisir à mon petit coeur ! ; )

BellatrixStilinskiSalvatore : Oui, pour moi il n'y avait pas vraiment de suspense à avoir sur les sélections ! ^^ Mais, je suis contente que l'histoire te plaise ! :D


Château de Poudlard,

Troisième semaine de septembre 1977.

« - Aloooooooors ? Tu vas traîner qui à la soirée de Slughorn ? Me questionne Lily alors que nous sommes à la table du petit-déjeuner. »

Je ne comprends pas pourquoi elle s'obstine à me harceler (je vous assure qu'à ce stade, on peut parler de harcèlement) avec cette foutue question. En plus, elle choisit mal son moment. Je ne suis clairement pas opérationnelle avant avoir mangé le matin. Et bu mon thé, accessoirement. Je m'apprête à lui répondre sèchement quand les hiboux font leur entrée dans la Grande salle en amenant le courrier. Lily ne saura jamais quelle répartie cinglante j'avais préparé pour elle. La Gazette du sorcier tombe mollement sur ma droite tandis que de l'autre côté ma chouette se pose, une lettre accrochée à la patte. Remus lui gratte affectueusement la tête pendant que je détache l'enveloppe. Elle l'adore. Vraiment. J'avais jamais vu ça avant.

Je déplie la lettre de mes parents et commence à la lire en sirotant mon thé darjeling.

" Coucou chérie,

On espère que tu vas bien. Nous avons appris les deux bonnes nouvelles te concernant ! Tutrice et poursuiveuse dans l'équipe de Quidditch (tu es bien la fille de ton père). Nous sommes très fiers de toi. Continue comme ça et tu iras loin dans ta vie.

Maman :

La semaine dernière, j'ai vu Mrs Bonnefoy sur le Chemin de Traverse. Elle a tourné la tête et fait comme si elle ne me voyait pas cette vieille chouette ! Décidément je n'ai jamais aimé cette femme. J'espère que les choses se passent bien à l'école avec Victor dans les parages... Je ne sais pas ce qu'il lui a dit pour qu'elle se montre aussi froide. Mais, peu importe ce qui compte vraiment c'est que toi tu ailles bien.

Papa :

Paige, encore une fois je suis si fier de toi. Mais, je voulais te parler d'un sujet plus sérieux. Je sais que tous les jours tu reçois la Gazette et que tu la lis attentivement. Avec ta mère, nous t'avons prévenu que ce journal ne transmettait qu'une infime partie de la réalité. Continue à faire la part des choses. Certains événements sont cachés et d'autres, comme c'est le cas dans l'édition d'aujourd'hui, sont volontairement exagérés. N'y prête pas trop attention.

Sinon Fleamont et Euphemia te félicitent aussi et t'embrassent ! Ils considèrent que James n'aurait pas pu faire un meilleur choix ! Dis à ton cousin qu'on lui passe le bonjour et qu'il devrait recevoir un colis de bonbons d'ici quelques jours. Salue aussi Remus de notre part.

On vous aime fort tous les deux,

Papa et Maman."

La lettre de mes parents me fait très plaisir et me remonte le moral. Un petit rire m'échappe quand j'arrive au moment de "la vieille chouette" de Bonnefoy. Ceci dit, je ne peux m'empêcher de me demander quelle est la version de Victor sur notre séparation. Peut être un jour, j'essaierai de me renseigner. Mais, pour le moment, ma curiosité se concentre sur autre chose. Que voulait dire mon père en évoquant les faits "exagérés" présentés dans la Gazette du sorcier ?

« - C'est une lettre de tonton et tata ? Demande James la bouche pleine.

- Tonton et tata ?! Sérieusement mec t'as quel âge ? Se moque gentiment Black.

- Oui ! Lis la fin, ça parle de toi, dis-je en lui tendant le parchemin. »

Pendant que James lit les quelques lignes le concernant, je paie la chouette qui me livre la Gazette tous les matins.

« - Je saurai recevoir ce doux colis avec toute la distinction que cela impose, déclare James avec un regard facétieux.

- C'est mignon, ils ont chacun écrit un petit mot, raille Black.

- Peux-tu me rendre mon courrier s'il te plaît James ? Je demande en ignorant la remarque débile de son acolyte. »

Je récupère la lettre de mes parents et me plonge dans la lecture des nouvelles du jour en buvant mon thé. Le cliché de l'anglaise de base en somme.

Pour l'instant, je ne trouve rien d'original ou de nouveau dans ma lecture : encore des disparitions, un rappel des consignes de sécurité, des conseils de défense, la rubrique météo... Je commence à désespérer devant ce papier quand un titre sur la cinquième page attire mon attention.

MÉTHODES MUSCLÉES EMPLOYÉES AU MINISTÈRE DE LA MAGIE.

Selon des sources plus que sûres, comme toujours dans notre journal, le département des Aurors aurait mis en place de nouveaux moyens dans la chasse aux disciples de Celui-Dont-On-Ne-Prononce-Pas-Le-Nom.

En effet, jusque là, les moyens étaient assez restreints. Le Ministre de la Magie en place n'a à l'heure actuelle toujours pas donner les pleins pouvoirs à nos Aurors pour lutter contre la Magie noire. Cela impliquerait notamment l'utilisation des Sortilèges Impardonnables ou encore la torture, qu'elle soit physique ou morale.

Cependant, nos envoyés de la Gazette ont entendu des rumeurs très persistantes prétendant que de tels moyens seraient déjà mis en place au sein du "très respectable" département des Aurors. Nous avons essayé de nous renseigner sur ces dires en interrogeant Richmond Hartwood, l'homme à la tête de ce département et Auror plus que confirmé. Il a catégoriquement refusé de répondre à nos questions concernant ces "horribles allégations".

Avoir un tel poste plaçait déjà Mr Hartwood en première ligne sur les cibles à abattre pour les forces des ténèbres. Mais, si toute cette histoire s'avérait être vraie, et nous répétons qu'il y a de grandes chances, cela le mettrait en première position sans oublier les débats que posent ce genre de méthodes.

Envoyés spéciaux de La Gazette auprès du Ministère de La Magie.

Je ferme ce canard violemment et le jette par terre. Je ne comprends pas ce que veulent prouver ces soit-disants journalistes en écrivant de telles horreurs. Je suis dans un état de nerfs particulièrement avancé. En plus, je renverse ma tasse en balançant ce tissu de mensonges. Je suis à deux doigts de péter les plombs au milieu de la Grande salle.

« - Merde, fait chier, fait chier, fait chier ! Je marmonne en épongeant le thé avant qu'il vienne tâcher le pantalon de Remus.

- Déstresse Hartwood, c'est que de l'eau, dit Black.

- Toi, c'est pas le moment de la ramener, je réplique en le fusillant du regard. »

Ils me regardent tous avec une drôle de tête. Pourtant, ils sont habitués à mes chamailleries avec Black. Je crois que j'ai l'air d'une folle. C'est la seule explication possible. Je me rassois calmement. Les connaissant, il y en a bien un qui va poser une question ou faire une remarque. Mes amis ne peuvent jamais s'empêcher de parler. Bien que ça puisse être irritant parfois (comme à cet instant précis), c'est aussi pour ça que je les aime tous.

« - Dis nous ce qui se passe Paige, me dit James en me regardant droit dans les yeux. Si c'est cette soirée qui t'inquiète, je suis certain que Remus peut être ton cavalier. »

Je rigole. C'est plus fort que moi. Je trouve ça mignon qu'il s'inquiète pour moi. Il croit que j'ai peur d'aller à cette foutue soirée seule. Je croyais pourtant avoir était claire sur le fait que je vivais plus que bien ma rupture avec Victor. J'en conclus que Black ne lui a pas parlé. J'apprécie tout de même. Ceci dit, si j'avais l'air d'une folle avant, je n'ose imaginer de quoi j'ai l'air maintenant.

« - Respecte-moi un peu, je plaisante. Franchement, c'est pas une chose aussi insignifiante qui peut m'énerver à ce point. En plus, j'ai déjà demandé à Remus et il ne peut pas. »

Je capte son regard paniqué seulement au moment où j'ai fini ma phrase. Apparement, je viens de commettre une énorme boulette. Il n'avait pas parlé de ça avec ces colocataires. Tous les yeux sont rivés vers lui.

« - Quoiiiii ? S'écrient James et Pettigrow d'une même voix (je ne peux m'empêcher de constater que Black reste silencieux attendant de voir la suite).

- Vous avez entendu Paige, dit Lily calmement. Remus a déjà quelqu'un pour l'accompagner.

- Mais, pourquoi tu nous l'as pas dit ? Demande James encore surpris (on dirait un enfant je vous jure).

- Ça va remets toi James ! Je réponds en rigolant.

- Tu n'as qu'à venir avec nous tous, rajoute Lily en posant sa main sur la mienne en signe d'affection. Au fait, j'ai lu La Gazette, rajoute-elle à voix très basse pendant que le pauvre Remus est harcelé de questions par mon cher cousin. Je comprends. Ne te fais pas de soucis, c'est un ramassis de déchets.

- Merci, je souffle en lui serrant la main.

- Ok ! C'est Bethany, vous êtes contents ? S'exclame Remus, qui a fini par céder aux assauts incessants de James.

- Super bonne nouvelle ! S'écrit Lily.

- Les cerveaux s'attirent ! Le taquine James. Bon, bah, on va bien te trouver quelqu'un Paige ! Je refuse que Bonnefoy se pointe et se croit supérieur parce que tu n'as pas de cavalier.

- Tu es au courant que je t'ai dit que je m'en fichais, je lui demande à moitié exaspérée, à moitié en train de rire par cette détermination toute nouvelle.

- Non mais avec vous les filles, on sait jamais. Je te promets d'ici ce soir, je te trouve un gars bien !

- Tu pourrais écouter ce qu'on te dit pour une fois, le dispute Lily. C'est énervant cette façon de tout vouloir contrôler.

- En plus, si je n'avais pas déjà dit à Slughorn que je venais, je serai certainement restée tranquillement au dortoir à relire mes notes de métamorphose.

- Attends Cornedrue, t'as dit que Bonnefoy serait là ?

- Ouais et j'en fais une affaire personnelle. J'ai pas vraiment apprécié la façon dont il a traité Paige à son anniversaire et le coup de poing qu'il t'a mis, lui répond James.

- Notre but, c'est donc d'énerver Bonnefoy ? Questionne alors Black, avec un air mystérieux sur le visage.

- Alloooooo les gars ! Personne n'a de but et je n'irai avec personne à la soirée de ce ridicule club, je finis par intervenir. C'est clair?!

- C'est bon, je viens avec toi, dit Black en se levant. Sois prête avant 19 heures. »

Et il quitte la Grande salle en mode normal tout va bien. Mais, tout ne va pas bien. Je regarde Lily furieuse. Cette dernière commence alors à sermonner James comme jamais. Pettigrow se cache derrière ses toasts au beurre. Remus lit La Gazette. En fait, je sais qu'il ne perd pas une miette de ce que dit Lily.

Décidément, la journée ne pouvait pas plus mal commencer. Cela doit faire une minute ou deux que Black s'est barré en semant le chaos derrière lui. J'en rajoute un peu, je veux bien l'admettre. L'avantage c'est qu'à part Lily, ils ont tous oublié l'incident de La Gazette et du thé renversé.

Alors que James utilise tout son stock de surnoms mignons pour tenter de calmer Lily, je me lève brusquement.

« - Où tu vas ? Me demande Pettigrow, ce qui nous surprend tous.

- Trouver ton pote. Si, vous nous voyez pas au cours de Métamorphose, c'est qu'on s'est entretués. »

Il reste une vingtaine de minutes avant le début des cours. Je quitte la Grande salle à vive allure, me demandant où a bien pu aller Black. Mais, je n'ai pas à réfléchir bien longtemps pour trouver. En effet, je franchis à peine la double porte en bois massif qu'une voix sur ma gauche m'interpelle.

« - T'en as mis du temps à te décider à me suivre Hartwood, dit Black. Tu te ramollis.

- Très drôle, comme toujours. Qu'est-ce qui te prend...

- Pas ici !

- Ok... T'es vraiment bizarre Black.

- Tu connais pas un endroit près d'ici où on pourrait parler tranquillement ?

- Suis-moi. »

Je ne vois qu'un seul endroit à proximité de la Grande salle où personne ne peut nous entendre discuter. Je décide donc d'amener Black dans mon bureau à l'infirmerie. Quand on arrive, l'aile entière est vide.

«- Pourquoi l'infirmerie ?

- Ferme-la Black, Mademoiselle Sally pourrait nous entendre. »

On ne l'a pas vu pour le moment et j'espère qu'on ne la croisera pas du tout. Je le fais traverser toute l'infirmerie et entrer dans ma petite pièce. Je m'assois au bureau et le fusille du regard. J'attends qu'il s'explique. Il a intérêt à être particulièrement convaincant. Je déteste qu'on prenne des décisions à ma place. Au lieu de ça, il se contente de me regarder bêtement.

« - Je veux des explications Black, dis-je pour amorcer la discussion. Tout le monde sait que tu méprises le club de Slughorn et que tu as toujours refusé d'y mettre les pieds malgré ses nombreuses avances. Pourquoi tu fais ça ?

- Hartwood, pourquoi tu te prends la tête comme ça ?

- Parce que tu fais tout pour Black.

- Ecoute, Bonnefoy est vraiment quelqu'un de mauvais. Depuis la rentrée, il arrête pas de te regarder de travers.

- Tu m'as aidé une fois et je t'en remercie. Mais, c'est mon problème pas le tien. Mes histoires avec Victor ne te concernent pas.

- Si Hartwood.

- Non Black.

- Si, je te rappelle qu'il s'est mis en tête qu'on avait été plus ou moins ensemble à un moment donné. Nous voir tous les deux ça va le saouler et en plus James ne va pas passer sa journée à te bassiner avec une tonne de propositions de cavaliers. »

Je trouve cette conversation complètement irréelle. Je ne parviens pas à comprendre pourquoi Black agit de la sorte. De plus, je n'aime pas cette idée, vraiment pas. Je regarde l'heure, on a plus que cinq minutes pour arriver à l'heure au cours de MacGonagall. Je décide de battre en retraite pour le moment. Après tout, j'ai toute la journée pour trouver des arguments que personne ne pourra réfuter.

Malgré tout, on arrive à l'heure en classe. Le cours passe à une allure étonnante tout comme le reste de la matinée. A midi, on se retrouve tous à la même table. James a apparement l'air content du dénouement concernant mon cavalier pour ce soir puisqu'il n'en parle préfère plutôt déblatérer sur le la saison de Quidditch en cours au niveau national. On ne l'arrête plus. Black lui répond. A un moment, je lui lance un regard énervé et il me renvoie son sourire satisfait. Résultat, je suis encore plus contrariée.

L'après-midi commence par le cours de Sortilèges du professeur Flitwick. Je l'apprécie beaucoup en tant qu'enseignant. Aujourd'hui, c'est une leçon de pratique sur des sortilèges particulièrement poussés. Je m'en sors pas trop mal, mais c'est encore loin d'être parfait. Il va falloir que je perfectionne ma technique. On enchaîne directement avec un double cours de potions avec les Serpentards. On attend une dizaine de minutes devant la porte de la salle de classe avant que Slughorn nous ouvre. Nous nous installons en binômes comme d'habitude. Les Serpentards sur le côté gauche et les Gryffondors à droite. On ne se mélange pas, c'est une règle d'or. Cependant, je salue discrètement ma voisine du cours de runes. Puis, je m'assois à côté de Lily.

« - Installez-vous rapidement s'il vous plaît, commence le professeur de potions. Aujourd'hui, nous allons préparer une potion, qui est régulièrement demandée aux ASPIC. Les instructions vont s'afficher au tableau, vous n'aurez qu'à les suivre. Ah et Miss Hartwood, vous viendrez me voir à la fin du cours. »

J'imagine qu'il a du finir de jeter un coup d'oeil à l'échantillon que je lui ai amené l'autre jour. Je décide de mettre Lily dans la confidence pour répondre à son regard étonné. Comme toujours, elle me soutient et trouve cette initiative « fantastique ». On commence ensuite à préparer la potion dans le silence. Comme toujours avec Lily, la concentration est le mot d'ordre. Notre potion paraît réagir correctement à chaque étape que nous passons. Ce n'est pas le cas d'Alice, qui est installé derrière nous et je lui donne discrètement un coup de main pour l'aider à retrouver le bon chemin. A la fin de la leçon, je prends un échantillon que je verse dans une petite fiole pour la rendre au professeur. Je mets plus de temps que les autres pour ranger mes affaires. Je préfère être seule avec Slughorn pour voir ce qu'il a à dire.

« - Professeur, vous avez demander à me voir ? Je demande poliment.

- Oui, Miss Hartwood. Asseyez-vous je vous prie. »

Pendant que je m'assois face à son bureau, il se penche et attrape quelque chose dans un de ses tiroirs.

« - D'abord, tenez. C'est l'échantillon que vous m'avez amené la semaine dernière. Pour une première tentative, je dois avouer que je suis agréablement surpris. Cependant, ça ne ferait pas effet durant toute la mutation d'un loup-garou. C'est pourquoi, j'ai mis quelques annotations sur ce parchemin pour que vous puissiez vous améliorer.

- C'est très gentil de votre part.

- Vous pouvez être fière de vous Miss Hartwood, peu d'élèves de votre âge parviennent à un tel niveau dans l'art des potions.

- Merci professeur, dis-je avec un franc sourire sur le visage en me levant pour partir et en rangeant la fiole et le parchemin de Slughorn.

- Oh et au cas où vous en douteriez, vous êtes toujours conviée à ma petite soirée malgré les dires de la Gazette du Sorcier au sujet de votre père. »

Je me retourne lentement et lance un regard courroucé au directeur des Serpentards. Jusque ici ma journée avait été suffisamment chargée pour que je ne pense plus aux accusations ridicules de ce journal. Mais là, toute la colère que j'ai ressentie ce matin me revient en pleine face. Ne pouvant pas hurler sur mon professeur, je décide de le remettre gentiment à sa place.

« - Professeur, vous n'avez aucun droit de critiquer mon père. C'est un grand Auror et il est respecté par tout le monde. Peut-être devriez-vous lire des choses plus enrichissantes que ce tissu de mensonges ?

- Mr Hartwood est un grand homme, s'empresse de rajouter Slughorn. A toute à l'heure, 19 heures précises. »

C'est ça… Je sors de la salle de classe en claquant la porte. Je vois que Lily m'a attendu. Fidèle à mon habitude, je lui raconte tout ce qui vient de se passer. Comme toujours, elle ne peut s'empêcher de s'emporter et de pester contre notre professeur de potions. Je souris en l'écoutant. Il est particulièrement rare que notre préfète-en-chef critique ouvertement un membre du clan professoral. Elle remarque aussitôt que je me moque d'elle et elle me tape le bras en riant. Le reste de notre trajet jusqu'à la salle commune des Gryffondors se déroule dans la joie et la bonne humeur.

« - Ma Lily, qu'est-ce que je ferais sans toi ? Je lui demande avec le bras autour de ses épaules tandis qu'elle donne le mot de passe à la Grosse Dame.

- Je te retourne la question, partenaire, me répond-t-elle. »

On ne s'arrête pas dans la Salle commune et montons directement dans notre dortoir. Je salue tout de même Remus d'un petit signe de la main qu'il me retourne. Pendant que James crie à travers la salle : « N'oubliez pas, soyez prêtes un peu avant 19 heures ! ». D'un accord tacite avec Lily, on décide de ne pas lui répondre.

Avec plus d'une heure et demie devant nous pour nous préparer et la salle de bain pour nous deux, il est clair que nous avons largement le temps. Je commence à ranger mes affaires de cours et Lily va prendre sa douche en première. Je profite de ce temps pour chercher quelle robe je pourrais bien mettre.

J'en sors une bleue claire. Finalement, je change d'avis : trop sage, trop enfant. Je la remets donc à sa place dans mon armoire. Cette dernière est d'ailleurs rapidement vidée et son contenu étalé sur mon lit. Cela fait une bonne dizaine de minutes que j'ai commencé ma recherche et je suis toujours au point de départ. Je range donc tout cela avant de me laisser tomber rageusement sur ma valise.

Ma valise ! Je l'ouvre et regarde son contenu. Il y a quelques livres, mes uniformes, ma cape pour l'hiver… Je mets mes affaires au fur et à mesure dans mon placard. J'arrive au fond et je vois un paquet. Je m'assois sur mon lit et je l'ouvre. Je sors d'abord un bout de parchemin que je déplie. Il est recouvert de l'écriture de ma mère :

« Une belle robe, pour une magnifique jeune femme. Fais grande impression à la soirée de début d'année de ce professeur. Je t'aime. Maman. »

Encore une fois, ma mère me montre à quel point elle est fabuleuse. Note à moi-même : lui envoyer un mot demain dès la première heure pour la remercier. Je sors ensuite la robe du paquet. Elle est superbe. La robe dispose d' un décolleté parfait, qui n'est pas trop plongeant, avec les épaules dénudées. Les manches sont longues et le tissu s'arrête un peu avant mes genoux. La robe est verte foncée. Je trouve ça assez ironique.

Lily sort de la salle de bain alors que je suis en train de me regarder dans le miroir avec la robe contre moi.

« - Wow ! D'où sort cette merveille ? Demande-t-elle.

- Ma mère, je répond avec un grand sourire.

- Va prendre une douche que tu puisses l'enfiler, je t'ai laissé de l'eau chaude !

- Je t'ai posé la robe bleue marine que tu m'as demandé sur ton lit.

- Merci partenaire ! »

Je prends une douche rapide et bien chaude. Quand je sors, je m'essore les cheveux avant de m'habiller. Je boucle ensuite mes cheveux. Après, j'opte pour un maquillage rapide : un léger trait d'eye-liner noir et un peu de rouge à lèvre. Je retourne ensuite dans le dortoir où je trouve une magnifique rousse.

« - Dis donc, on est belle ce soir ? Je la taquine.

- Tu t'es vue ? Où est passée notre Paige et qui est cette fille super sexy ?

- Lily, arrête de dire n'importe quoi, je soupire en levant les yeux au ciel.

- Sexy mais incroyablement pieds nus ! s'exclame-t-elle en réponse. Tiens, prend les (elle me tend une paire de chaussures à talons hauts noirs). Me regarde pas comme ça, c'est Amanda qui me les a donné. Une chance qu'on fasse la même pointure.

- Merci beaucoup ! »

Comme promis, un peu avant 19 heures, nous descendons les marches qui mènent à la Salle commune. L'endroit est quasiment désert. Etant donné que c'est l'heure du repas, la plupart des élèves sont dans la Grande salle. James, Remus et Black nous y attendent. On voit bien qu'ils ont tous fait un effort vestimentaire. Lily prend le bras que James lui offre et ils passent devant notre groupe pour rejoindre les cachots. Remus me signale que Bethany nous attend dans le hall d'entrée et en effet, on la retrouve à l'endroit promis tout sourire.

« - Bonsoir les Gryffondors, s'écrie-t-elle. Les filles vous êtes superbes, rajoute notre amie Serdaigle en nous prenant dans ses bras pour une rapide accolade.

- Tu es très jolie aussi Beth, je la complimente.

- Merci Paige, dit-elle alors que ses yeux s'écarquillent et qu'elle murmure à mon oreille, ne me dis pas que tu es venue avec Sirius Black ?

- Longue histoire… Je te raconterai.

- Et si on y allait, dit Remus.

- Tout à fait, ça ne se fait pas d'arriver en retard, rajoute Lily. »

Notre petit groupe se remet donc en mouvement en direction des cachots et de la petite soirée du club de Slughorn. Je ne pense pas m'y éterniser. Je me retrouve à l'arrière de notre équipe à côté de Black.

« - Jolie robe Hartwood.

- Te fatigue pas Black. Dans deux heures, on est de retour dans la tour de Gryffondor. »

Sur ces bonnes paroles, nous faisons notre entrée dans la pièce. On est chaleureusement accueilli par notre professeur de potions.

« - Ah ! Miss Evans et Mr Potter, je sui vraiment ravi de vous voir ! Entrez, entrez. Mr Lupin, Miss Laurens, comment allez-vous ? Ajoute-il sans vraiment leur laisser le temps de répondre. Toujours à l'heure à ce que je vois, mangez et buvez. Je vous souhaite une agréable soirée. »

Je crois que je supporte de moins en moins les manières de Slughorn. Je pense que c'est en grande partie à cause du « petit mot de trop » de cette fin de journée. Son faux sourire chaleureux disparaît momentanément de son visage quand il se tourne vers Black et moi, qui sommes bras dessus bras dessous. Mais, il reprend contenance très rapidement.

« - Miss Hartwood, je suis vraiment content de vous voir ici ce soir. Mais, quelle surprise de vous voir au bras de Mr Black, rajoute-il rapidement. Je croyais que vous deviez venir avec Mr Bonnefoy.

- Ce n'est visiblement pas le cas, professeur, je réponds un peu froidement avec un sourire poli ce qui me vaut un regard interrogateur de la part de Black.

- Mais, je suis mal élevé ! Mr Black, c'est un honneur pour moi de vous voir ici ce soir ! Après toutes ces années où je vous ai invité sans succès, quelle surprise !

- Tout cela est la faute de la belle Paige, lui répond-il en bon comédien. »

Suite à cette phrase, je me vois obligée de légèrement enfoncer mon talon dans son pied. Slughorn le regarde bizarrement quand Black étouffe un petit cri de douleur. Avec un sourire satisfait, je salue le professeur pour m'éloigner le plus loin possible de cet hypocrite. Une fois, que le professeur nous a perdu de vue, je lâche le bras de Black et cherche nos amis dans la pièce. Je les vois près du buffet où James est déjà en train de manger un tas de petits fours. Il a toujours faim celui-là.

« - J'ai cru que le professeur n'arrêterait jamais de vous parler ! Me dit Lily.

- Quand je disais que c'était une mauvaise idée de venir avec Black…

- Bonsoir tout le monde, s'élève la voix de Slughorn. Je tiens à tous vous remercier d'être venus ici ce soir ! J'espère que vous passerez une agréable soirée. Je vois que certains d'entre vous on déjà fait connaissance avec le buffet, rajoute-il et James lui fait un clin d'oeil et un signe de la main, qui est à votre entière disposition. Des serveurs et serveuses vont passer parmi vous avec des plateaux et des boissons, n'hésitez pas à vous servir. Maintenant, un peu de musique ! »

Un petit orchestre apparaît alors sur une estrade au fond de la salle et se met à jouer. J'ai vraiment envie de remonter dans mon dortoir et de me coucher.

« - Tu veux un verre ? Me demande Black.

- Oui s'il te plaît, merci, dis-je en récupérant ma boisson que je commence à boire. »

Je balaye la salle du regard et vois qu'on est assez nombreux ce soir. Il y a des élèves de toutes les maisons. Pour une fois, nous sommes tous sans nos uniformes ou sans signe distinctif. Je constate avec plaisir qu'il n'y a ni Blanchet, ni Jorkins ce soir. C'est bête, mais ça m'aide à me détendre un peu. Mais, je vois Clarissa s'approcher de nous. Finalement, même quand elles ne sont pas là, elles ont un moyen de récupérer des ragots.

« - Bonsoiiiir mes partenaires de Quidditch, claironne-t-elle.

- Bonsoir Clarissa, tu vas bien ? Je lui demande.

- Très bien et toi ? Je n'étais pas au courant pour vous deux, répond la sixième année en faisant des gestes avec ces doigts pour nous désigner.

- On n'est pas ensemble, dit-on d'une même voix.

- Si vous le dites ! Vous venez souvent au soirée du professeur ? C'est la première fois pour moi. Je ne sais pas si je suis habillée correctement.

- Tu es très élégante Jackson, la rassure Black. »

Ils commencent à discuter ensemble et j'en profite pour m'écarter. Seule dans un coin, je repère ma voisine du cours de runes. Je commence à m'approcher d'elle pour aller lui parler. J'ai l'impression qu'elle n'a pas beaucoup d'amis dans sa maison. Elle ne partage pas vraiment les idées de beaucoup d'élèves de septième année de Serpentard. Et ce n'est pas la seule dans cette position. Je me tue à le répéter à James, mais il ne veut rien entendre. Mes pensées continuent de divaguer sur ce sujet quand je suis stoppée dans mon élan. Mes yeux se baissent sur mon épaule où une main est posée. Je me retourne et fais face à Victor.

« - Bonsoir Victor, dis-je calmement.

- Bonsoir Paige, tu es vraiment sublime ce soir.

- Merci, je réponds simplement.

- On peut parler un peu ?

- Je croyais que tout avait été dit entre nous Victor.

- Quelques minutes seulement s'il te plaît, je promets de te laisser tranquille ensuite. »

J'hésite quelques secondes, la dernière fois que j'ai accepté, ça c'est plutôt mal fini je dois le reconnaître. Je ne comprends pas pourquoi il s'accroche désespérément. D'un autre côté, je me dis que lui parler un peu me permettrait de savoir quelle histoire il a raconté à sa mère. La curiosité vaut-elle vraiment le coup de risquer une scène ? Je finis mon verre et j'accepte sa proposition. Il m'amène dans le couloir où il n'y a personne. Mais, il ne dit rien. Je décide de briser le silence.

« - Alors, tu voulais me dire quoi ?

- Paige, j'ai appris pour ton entrée dans l'équipe de Gryffondor, félicitations.

- Merci, dis-je un peu exaspérée de tant de mystères seulement pour ça. Si c'est tout, je vais aller rejoindre James et les autres.

- Encore tes amis, marmonne-t-il.

- Pardon?!

- Je disais, j'essaie de te parler mais toi tu ne penses qu'à aller retrouver ton cousin et tes potes comme d'habitude.

- Tu es fatiguant, tu le sais ça ?! »

Malgré moi, ma voix commence à s'élever. J'inspire profondément pour me calmer et décide de lui accorder quelques minutes supplémentaires avant de partir loin de lui. C'est dans un moment pareil que je me demande comment on a pu passer autant de temps ensemble sans s'entretuer.

« - Vas-y franchement, qu'est-ce que tu as à me dire ?

- Tu me manques, lâche-t-il finalement. »

Comment lui faire comprendre gentiment que ce n'est pas mon cas ? Je n'aurais pas du accepter de lui parler. Bravo Paige, tu t'es encore mise dans une situation toute pourrie.

« - Victor… Toi et moi, c'est fini. Tu le sais ça ?

- Oui, mais on ne s'est pas donné de seconde chance, dit-il l'air suppliant.

- Je n'y crois pas, je dis froidement. »

Je sais que c'est assez cruel de lâcher ça de cette manière. Mais, je suis fatiguée de ses changements d'avis. J'ai assez supporté ses sautes d'humeur pendant trois ans. Maintenant qu'on est séparé, je n'ai plus à m'incliner face à lui. J'oublie complètement mon intention de l'interroger.

« - Ok… Tu me déçois beaucoup Paige.

- Je vais te laisser, passe une bonne soirée Victor, dis-je en me retournant pour rentrer dans la salle loin de ce con.

- J'ai été aussi déçu ce matin en lisant la Gazette. Franchement, je ne pensais pas qu'il passait des heures à torturer de la racaille. »

Il a touché LE point sensible. Je me retourne comme une furie et cours vers lui pour lui foutre une baffe mémorable. Ma main est en plein élan quand deux bras forts m'attrapent fort par les épaules. Je tourne la tête et vois Black.

« - Il n'en vaut pas la peine, murmure-t-il dans mon oreille. »

A ces simples mots, mon bras retombe mollement le long de mon corps. Je ressens un grand calme en moi. Ca me tue de le reconnaître, mais Black a raison. Victor ne mérite rien. Rien du tout, pas même ma colère ou ma haine.

« - C'est une putain de blague ? s'écrie Bonnefoy en nous regardant.

- Va te faire voir, lui répond Black. »

Je sens sa main qui se pose dans le creux de mon dos et me guide loin de mon ex. Je suis vraiment épuisée de cette journée. Je pourrais dormir pendant deux jours je crois pour récupérer.

« - Black, merci.

- Mais, de rien. Je trouve que tu me remercies un peu trop en ce moment, plaisante-il.

- Je suis d'accord, il faut que ça s'arrête tout de suite, je continue sur le même ton.

- Tout à fait ! »

Quelque chose me traverse alors l'esprit.

« - Tu m'as suivi ? Je demande simplement, sans m'énerver ni rien.

- Seulement quand j'ai vu qu'il t'entrainait dehors. Etant donné ce qu'il s'est déjà passé bien sur, ajoute-il rapidement.

- Tu as entendu beaucoup de choses ?

- Juste que tu as bien fait de ne pas lui céder, me répond-il en me regardant droit dans les yeux. Et, tu sais qu'il a fait exprès d'évoquer le journal pour te provoquer ? Oui, j'ai lu la Gazette dans la journée pour comprendre ta réaction de ce matin, répond Black à ma question silencieuse. Je ne crois pas à ce que disent ces soit-disants envoyés spéciaux.

- D'accord…, dis-je tout doucement.

- Ca fait plus de deux heures qu'on est là, on peut rentrer si tu veux.

- Avec grand plaisir, je m'exclame. »

C'est sur ces mots que nous remontons un tas d'escaliers en silence. Il donne le mot de passe à notre tableau, qui nous laisse entrer et nous nous séparons avec un simple « bonne nuit ». Je me couche rapidement en espérant que demain sera une journée beaucoup plus tranquille. Mais, j'ai la désagréable impression que « tranquille » n'est pas un mot qui correspond à mon quotidien en ce moment.


C'est tout pour cette fois-ci ! : )

Comme toujours, j'espère que vous avez eu un bon moment de lecture et que l'histoire vous plaît toujours autant. Si c'est le cas, n'hésitez pas à laisser une petite review pour me le dire et pareil si vous avez des suggestions ou des questions ! : D

D'ici la prochaine fois, prenez bien soin de vous !

Bisoooooouuuuuuuus !