Bonjour à tous, voici la suite.

On entre un peu plus dans le vif du sujet.

Si reviews, il y a, leurs réponses seront mises en début du chapitre suivant.

Bonne lecture.

Disclaimer : Tout appartient à la merveilleuse J. K. Rowling.

Héraklée : Merci pour ta review ! C'est super gentil. Pour les fautes, je vais éditer le chapitre pour corriger les dernières et reformuler certaines phrases du coup. Pour ce que tu as à propos des grands-parents cracmols, je ne suis pas sûre, mais j'avoue ne pas avoir de titre en tête. Ravie que ce début t'ai plu. Le second chapitre est beaucoup mieux ^^

Chapitre 2 : Le choix

Au début du mois d'avril, alors que je préparais mes examens pour pouvoir passer en terminale, je me rendis compte d'un changement de comportement chez mes grands-parents maternels, chez qui je continuais à passer le plus clair de mon temps. C'était d'autant plus visible chez grand-mère. Tout les deux semblaient de plus en plus inquiets même s'ils tentaient de me le cacher. Ils évitaient le sujet, détournaient mes questions, utilisaient leurs masques d'indifférence mais la malaise était plus qu'évident, surtout que depuis que je les connaissais ils n'avaient jamais adopté leurs visages Sang-purs devant moi, sauf dans le cadre de mes exercices. Un indice très visible quant à cet état d'inquiétude était que ma grand-mère s'était mise à faire des potions en grand nombre dans la cave de leur maison.

Bien que cracmols, mes grands-parents restaient tout les deux très doués en potion, une des rares matières où le peu de magie qu'ils possédaient suffisait pour avoir des résultats. Grand-père disait d'ailleurs à ce propos que puisque leur magie n'était pas assez puissante pour créer autre chose, ils se devaient d'être excellent au moins dans un domaine. Grand-mère était littéralement passionnée par ces mélanges et m'avait montré plusieurs de ses décoctions, dont l'efficacité n'était pas sans me rappeler celles du professeur Rogue à Poudlard, avec qui, elle m'avait avouée avoir été en correspondance pendant un temps. Elle était si douée qu'elle avait trouvé le moyen d'en améliorer certaines, mais je n'en savais guère plus. Il ajoutait aussi que c'était une preuve flagrante qu'ils n'étaient pas dénués de magie, ce que disait pourtant la grande partie de la société magique, pour laquelle seule la capacité d'utiliser une baguette pouvait prouver que quelqu'un n'était pas un cracmol. Quand j'avais appris cela, j'avais été terriblement en colère. Certes, ne pas avoir assez de magie pour se servir d'une baguette pouvait être honteux, mais il existait plusieurs branches de magie où la baguette n'était pas nécessaire, plusieurs d'entre elles étaient même enseignées à Poudlard ! Parmi elles, en-dehors des Potions, il y avait notamment les Runes, l'Occlumancie, l'Astronomie, les Soins aux Créatures magiques, ainsi que l'Arithmancie. Le directeur Dumbledore faisait même de la magie sans baguette. Lorsque Grand-père m'avait raconté cela, je m'étais rendue compte à quel point les sorciers britanniques dépendaient de leur baguette et mettaient de côté les autres branches, pourtant très nombreuses de la magie. Je m'étais alors intéressée aux autres écoles du monde magique, notamment l'académie de Salem, Dumstrang et Beauxbâtons ainsi que Rochefroide, le pendant masculin de Beauxbâtons. Le constat n'était pas en faveur des sorciers britanniques. Mon enthousiasme pour la société britannique avait subi une douche froide : ce que j'appelais mon monde, et que je considérais comme merveilleux, était terriblement rétrograde non seulement envers les sorciers, mais envers ce qu'ils vénéraient : la magie elle-même. Ces informations renforcèrent ma soif de connaissances sur la magie, au point d'oublier de rendre certains devoirs au lycée. Mes camarades, pour le peu avec qui j'avais réussi à nouer des liens, un tour de force à mes yeux puisque tout mon passé se basait sur la magie et échanger sur autre chose que les cours s'avérait difficile, finirent par ne plus m'adresser la parole à partir du milieu de l'année scolaire, me trouvant trop distraite.

Depuis quelques semaines, il m'était formellement interdit d'entrer dans la cave, où Grand-mère passait à présent quasiment tout son temps depuis le début du mois d'avril. Malgré ma curiosité et le manque que je ressentais de la voir beaucoup moins, j'avais respecté sa demande. Lorsque je posais la question à grand-père, de façon plutôt régulière, il haussait les épaules et me souriait, mais je sentais qu'il se passait quelque chose, d'autant plus que malgré mes demandes, aucun des deux ne me donnait plus aucune nouvelle du monde magique. J'avais aussi remarqué la disparition de la maison d'un certain nombre d'ouvrages, tous à propos de divers branches de magie. Les seuls restant comptaient l'histoire des grandes familles sorcières, en faisaient les généalogies et traitaient de l'étiquette. Certes, avec les examens qui approchaient, j'avais laissé l'étude de la magie de côté, mais de là à voir disparaitre les ouvrages que j'avais passé tant d'heures à lire, il y avait un pas. Là-dessus aussi, Grand-père ne me souffla pas un mot, se contentant de me répondre que moins j'en savais, mieux c'était. Tout cela, à mes yeux, ne pouvait signifier qu'une seule chose : mes grands-parents se préparaient au pire, ce qui voulait dire qu'au mieux les choses s'étaient considérablement aggravées et le camps de la Lumière avait pris un coup très rude, au pire le Lord avait fini par gagner.

J'était si inquiète que je me mis à en rêver la nuit. Le manque de sommeil, qui suivait, nuisait à ma concentration et mes parents s'en étaient aperçus. Maman m'avait même envoyé chez le médecin prendre des vitamines pour compenser, mais l'angoisse, elle, était toujours là. Au lycée, je tentais de faire bonne figure face aux rares personnes avec qui je m'étais liée, en mettant mon état sur le compte du stress pour les examens. A chacun de mes moments de libre, je ne pouvais m'empêcher d'aller surfer sur Internet pour vérifier si des évènements étranges n'étaient pas arrivés, pouvant me mettre la puce à l'oreille sur l'état du monde magique. Des accidents causant un nombre de morts conséquents étaient régulièrement évoqués, sûrement des marques de chasses organisées par des Mangemorts, mais rien de plus importants. J'en déduisais que mon monde était alors toujours en guerre ou que le Lord avait encore d'autres affaires à régler avant de se lancer dans sa grande opération contre les moldus. Certains jours, je me surprenais même à prier pour Harry Potter et ses amis. Je ne les avais pas vu depuis l'annonce du retour de Voldemort, mais j'avais pu les côtoyer d'assez près pendant les séances de l'AD, au point qu'Hermione Granger s'asseyait régulièrement à ma table de travail à la bibliothèque. J'espérais qu'ils allaient bien et qu'ils allaient trouver une solution, tout en me maudissant intérieurement de faire reposer mes espoirs sur les épaules d'un enfant, qui n'avait rien demandé.

Je savais très bien, comme une grande majorité des étudiants les plus âgés et de mes condisciples de Serdaigle, que celui qu'on appelait le Survivant était manipulé par notre directeur. Nous savions tous ce qui se cachait au château durant sa première année et nous avions pu voir comment Albus Dumbledore l'avait manipulé pour aller récupérer la Pierre Philosophale. Pourtant, nous n'avions rien dit cette fois-là, ni les années suivantes. Il s'agit d'ailleurs d'un de mes plus grands regrets. Nous avions conscience que nous n'aurions pas été écouté : il était visible qu'Harry Potter croyait en notre directeur et en chacune de ses paroles. Sa scolarité nous avait paru étrange dès le début : pourquoi semblait-il ne rien connaître du monde de la magie ? Pourquoi le directeur le regardait autant ? Pourquoi était-il convoqué plus régulièrement que n'importe quel autre élève du château ? Il y avait des dizaines de pourquoi, mais le plus brûlant, c'est pourquoi, alors que notre directeur et lui-même criaient au retour de Vous-Savez-Qui, il n'avait pas eu de cours particuliers pour au moins savoir se défendre, puisque le Ministère n'allait pas le faire ? En ces sombres jours, ces questions revenaient me hanter et me montraient que ma lâcheté ne datait pas de la décision prise par mes parents de m'éloigner de Poudlard. Je criais contre les injustices, je les avais vu autour d'Harry Potter mais je n'avais rien fait. Cet état de fait me rongeait.

Chaque jour, je sentais la boule d'angoisse dans mon estomac se consolider et peser de plus en plus lourd. Je dormais de moins en moins et cacher mes cernes devenait de plus en plus difficile. J'avais du mal à me concentrer sur ce que mon père appelait ma « vraie vie », la vie dans le monde moldu. Une vie qui m'insupportait de plus en plus, car tellement loin de ce que je souhaitais réellement. Mon comportement en pâtissait : je devenais froide avec ma famille, me réfugiant sans cesse derrière mon masque d'impassibilité. Même mes grands-parents en firent les frais, mais, eux, au moins, avaient compris.

Un après-midi au début du mois de mai, alors que j'avais fini les cours en avance (une grâce des professeurs pour nous laisser un peu plus réviser) et que j'étais dans mon bus pour rentrer chez mes parents, je reçus un appel urgent de mes grands-parents maternels sur mon téléphone portable. L'appel en lui-même me sembla étrange : ils n'utilisaient quasiment pas de technologie moldue et ils savaient très bien que j'allais passé l'après-midi chez eux. Quelque chose d'important avait du se produire. Grand-père semblait complètement retourné, reprenant à peine sous souffle pour m'expliquer ce qu'il se passait. Et quel appel urgent c'était ! Ils m'annonçaient être lié à l'Ordre du Phénix, et ce malgré leur condition de cracmol. C'était une grande surprise sachant qu'ils n'appréciaient que très peu Dumbledore, mais en temps de guerre la nécessité faisait loi.

Quand au message en lui-même, il s'agissait de l'annonce sur la radio clandestine sorcière qu'une grande bataille aurait lieu un peu plus tard le soir même à Poudlard. Mes grands-parents avaient décidé tout les deux d'y aller avec leurs propres armes, pour se battre pour le futur, disaient-ils. Ils avaient décidé que s'ils pouvaient être utiles en aveuglant les Mangemorts ou en soignant les combattants, ils y iraient aider. Rangeant en vrac toutes mes fiches de révision de culture classique dans mon sac à dos, je me pris la tête entre les mains et me mis à réfléchir. La boule d'angoisse dans mon ventre se fit encore plus lourde qu'à l'accoutumée. Je ne pouvais plus rester sans rien faire, j'allais devenir folle de culpabilité et indigne d'être une sorcière. Je pouvais me battre, j'étais jeune. Même si je n'avais pas pratiqué de magie depuis près de deux ans je connaissais toujours mes sortilèges sur le bout des doigts, je me les récitais souvent comme pour garder un lien avec mon monde. J'avais aussi participé à l'Armée de Dumbledore, Harry m'avait même dit que j'étais très douée, alors si mes maigres compétences pouvaient servir, alors il fallait que j'y aille. Rester assise là m'était tout simplement devenu insupportable. Je ne pouvais pas laisser mes grands-parents, âgés et cracmols, allés combattre et Poudlard, ma seconde maison, être détruite.

A peine le bus arrêté, je courus comme une dératée jusqu'à la maison de mes parents pour pouvoir récupérer mes affaires, dont ma baguette magique, toujours enfermées au grenier, et les prévenir de mes projets. Mon père était assis dans la cuisine, lisant ce qui était visiblement le journal du jour. Il haussa un sourcil à ma venue. Très rapidement, je lui déballais ma pensée, quasiment sans respirer, priant intérieurement. Très droit sur sa chaise, les bras croisés et le regard sombre, il émis une fin de non recevoir. Un simple non catégorique, qui était soutenu par Maman, que je n'avais pas vu arrivé. Je sentis mon masque d'impassibilité, déjà bien mis à mal par les nouvelles de mes grands-parents se fissurer complètement. Ils se mirent à argumenter : pour eux, ce n'était pas aux enfants de faire la guerre, mais aux adultes. Comment leur expliquer ? Mes parents, sans magie, n'avaient jamais réellement voulu comprendre le fonctionnement du monde d'où venaient leurs parents. Comment leur expliquer que connaissant mon monde, j'étais quasiment sûre que personne n'irait aider les défenseurs de Poudlard, que le Lord allait gagner et que toute ma famille avait de grandes chances de finir traquer dès le début de son règne. Je tentais de leur expliquer, mais mon père ne voulut rien entendre. Je finis en larmes. Ils ne comprenaient pas que c'était mon monde que j'allais défendre, que sûrement des élèves beaucoup plus jeunes allaient se battre. Je me doutais pertinemment que le Ministère n'interviendrait pas : il y avait déjà tant d'incidents dangereux dans le monde moldu sans qu'il intervienne. De plus, si le Lord attaquait Poudlard, c'était que le Ministère devait sûrement être tombé sous sa coupe, et qu'hormis les membres de l'Ordre personne ne viendrait. Et encore parmi ces derniers, avec la guerre, un certain nombre devait déjà être tombés au combat.

J'étais tellement en colère, que ma magie instinctive réagit, sûrement aussi parce que je ne l'avais pas utilisé depuis longtemps. Les murs de la maison se mirent à trembler, mais je n'y fis même pas attention, alors que mes parents s'étaient figés. Je courus au grenier, ma magie faisant sauter le verrou sur la porte. Je fouillais rapidement parmi mes affaires et m'emparai de ma baguette. La sentir entre mes mains me procura une grande joie malgré la gravité de l'heure, je sentais à nouveau la chaleur de la magie dans mon corps. Je continuais et trouvais en plus quelques fioles de potions, dont une d'Enflure et une dizaine de Confusion, toujours bouchées et que j'espérais toujours efficaces. Si j'avais bien fait mon travail, quand j'étais encore à Poudlard et en compagnie de grand-mère, lorsque les fioles se casseraient, les potions se répandraient sous forme de nuage qui toucheraient tout ceux qui étaient à deux mètres autour. Ce n'était pas grand chose, je le savais bien, mais si cela pouvait sauver quelques vies cela ne pouvait être que bénéfique.

Ma colère me prenait tellement que je n'avais pas entendu mes parents entrer derrière moi pour tenter de me retenir. Mon père tenta de m'attraper le bras. Visiblement, il criait, mais je n'entendais rien. D'un mouvement de baguette, je les écartais de mon chemin, puis sorti en courant de la maison pour rejoindre celle de mes grands-parents. Je ne m'étais même pas habillée en tenue sorcière dans la précipitation, seulement de mon sac-à-dos où étaient toutes les fioles et mes cours de la journée. En courant comme une dératée avec mon téléphone portable dans la main, je priais pour être chez mes grands-parents à temps. Heureusement, j'avais eu la présence d'esprit de cacher ma baguette dans mon jean. Il fallait absolument que je les rejoigne avant qu'ils ne partent pour Poudlard.

Arrivée devant ma destination, je ne pus retenir un long soupir de soulagement : ils n'étaient pas encore partis. Visiblement, ils semblaient même attendre quelqu'un ou quelque chose. Ma grand-mère portait deux sacs : je reconnus le premier, doté d'un sortilège d'Extension, cadeau d'une de ses rares amies du monde magique, où elle rangeait toutes ses potions. Le second sac était moldu et devait contenir bandages et outils de soin sorciers et moldus. Ils m'accueillirent avec un sourire forcé. L'idée que je me mette en danger ne devait pas beaucoup leur plaire, mais dans leurs yeux je voyais qu'ils étaient fiers que je sois présente. Mon grand-père me tendit une cape de sorcier munie de poche où je pus répartir toutes mes potions.

- Je ne te demanderais pas si tu es sûre de vouloir venir ce soir, ma chérie, dit ma grand-mère, le visage grave, ta présence suffit amplement pour répondre à cette question. Je prie simplement Merlin pour qu'il ne t'arrive rien de grave. Je sais que défendre Poudlard est très important pour toi et que ces derniers temps tu ne supportais plus de rester ici sans rien faire.

- Merci grand-mère, répondis-je en la prenant dans mes bras.

- Ma petit-fille, reprit grand-père, les larmes au bord de ses yeux bruns. Tu es notre fierté. Je suis heureux que le monde sorcier soit devenu le tien, heureux que tu veuilles le défendre malgré ces deux dernières années à vivre comme une moldue. Je tenais à ce que tu le saches s'il m'arrive quelque chose ce soir. Certes avec ta grand-mère, nous ne sommes jamais allés à Poudlard, mais nous aimons toujours notre monde d'origine, et nous ne voulons par voir quelqu'un comme le Lord noir au pouvoir. Je te remercie de te joindre à nous.

- Oh, grand-père….

- Ne me coupe pas ma chérie, dit-il en levant la main. Je voudrais aussi te parler d'autres choses dans les quelques minutes qui nous restent avec que nous partions. Des choses importantes pour ton avenir, et peut-être le nôtre.

La gravité du ton de sa voix me fit me raidir. Visiblement ce qu'il avait à me dire était très important.

- Je ne voulais pas te le dire avant que tu finisses le lycée ou que la guerre ne soit complètement finie dans notre monde, mais les circonstances font que je me dois de te le dire aujourd'hui et ta grand-mère est d'accord avec moi. Si nous sortons vainqueurs, nous souhaitons tout les deux que tu reprennes le nom de famille des Nott et nous devrons avoir une très longue discussion concernant tes origines, car nous ne t'avons pas tout dit. A l'origine, nous ne devions même rien te dire avant soit la réception d'un possible héritage magique, soit avant que tu n'ais vingt ans. Il y a des choses importantes que tu devras savoir, si nous ne nous en sortons pas, débrouilles toi pour aller, lorsque tu auras vingt ans, à Gringotts et demande le gobelin Grisaz, en spécifiant que tu viens de la part de Hermine et Charlus Bottam, nés tout les deux Nott. Il saura quoi faire, nous lui avons laissé des instructions il y a quelques semaines. De plus, sache que nous nous aussi arrangé avec ta famille paternelle : ta grand-mère a quelque chose pour toi aussi. Cela, comme ce qui t'attend de notre part, ne devait être transmis qu'à un de nos descendants possédant de la magie. Donc toi. C'est une des traditions des familles Sang-Purs. Tu es une grande sorcière, nous t'avons appris la théorie de tout les codes du monde sorcier. Je pense que tu le mérites. Peut-être que de cette façon, tu pourras avoir une certaine influence face à certaines injustices que tu voudrais rectifier.

Ainsi donc mes grands-parents avaient tout prévu. J'étais sidérée. Décidément, c'était la journée des révélations. D'abord l'Ordre, ensuite ça. Je compris la manœuvre. Même si nous perdions, mes grands-parents avaient fait en sorte que je puisse être reconnu comme une Sang-Pure, et ainsi je pourrais être préservée si le Lord gagnait. En entendant, les dernières phrases, je ne pus m'empêcher de sourire. Il était vrai que je me étais toujours indignée contre le traitement réservé à mes grands-parents, ainsi qu'à mes parents mais aussi sur la façon dont le monde sorcier était organisé : les jeunes sorciers ayant vécus dans le monde moldu arrivaient sans rien connaître et personne ne leur apprenait quoique ce soit sur les traditions sorcières que sur la façon dont la société fonctionnait. Heureusement que j'avais eu mes grands-parents pour changer la donne.

- Je le ferais grand-père, promis-je. Je tenterai de changer les choses.

Intérieurement, je sentais qu'en acceptant la proposition de mes parents, je faisais mon choix. Je choisissais le monde magique, tout en savant pertinemment que mon père allait très difficilement l'accepter. Je savais aussi, rien qu'à la sensation de chaleur de ma baguette, bien que plus forte que dans mes souvenirs, que je ne pourrais plus m'en couper. Il s'agissait de mon monde et j'avais bien l'intention d'y vivre.

A ce moment-là, un homme apparut devant par transplanage dans un « pop » sonore qui nous fit sursauter. Hoquetant, je reconnus mon professeur de quatrième année en Défense contre les Forces du Mal, le loup-garou Remus Lupin. D'un coup, les choses me parurent plus réelles, j'allais me battre contre des Mangemorts, des gens beaucoup plus expérimentés que moi en magie classique et manipulant des formes de magies qui m'étaient inconnues. Je risquais de mourir. Ma grand-mère sentit mon trouble et me pressa doucement le bras, pour me réconforter. Je me forçais à me recomposer une expressions et remis mon masque. Je relevais la tête et vis Remus Lupin. Il semblait très fatigué, de grosses cernes noirâtres courraient sous ses yeux, ses vêtements étaient si froissés que j'eu l'impression qu'il avait dormi dedans. Il me sourit et je sus qu'il m'avait reconnu :

- Miss Abigail O' Really, c'est un plaisir de vous revoir, malgré ces heures si sombres, fit-il galamment. Monsieur, Madame, c'est un honneur de vous rencontrer.

- Professeur Lupin, le plaisir est partagé, dis-je en me redressant et en retrouvant d'un coup tout les usages des codes aristocratiques sorciers, alors que mes grands-parents répondaient à la salutation avec un simple hochement de tête.

- Nous n'avons pas beaucoup de temps devant nous. J'ai été envoyé pour vous emmener. Je ferais deux trajets. Mesdames, si vous me permettez.

Il tendit galamment ses bras. Ma grand-mère et moi attrapèrent chacune une de ses manches, puis nous transplanèrent. La sensation fut extrêmement déplaisante. C'était la première fois que j'utilisais un tel mode de transport : étant née pendant l'été, je n'avais pas pu passer les formations de transplanage en sixième année. J'avais l'impression d'être tirée par un crochet au niveau de mon nombril. En arrivant, je tombais par terre, les mains dans la poussière. En relevant la tête, je m'aperçus que nous étions arrivés dans une chambre qui n'avait pas du servir depuis des années. Mon ancien professeur transplana de nouveau pour aller chercher grand-père. Après un signe de grand-mère sur la nécessité de garder le silence dans un lieu inconnu, je tirais ma baguette et observais la pièce dans laquelle nous étions arrivées. Petite, très sale, avec nombre de toiles d'araignées au plafond, elle n'avait pas dû être nettoyée ni utilisés depuis des lustres. Le lit et l'armoire bancale occupant la pièce semblaient prêts à tomber en morceaux. Hormis une porte en bois et une fenêtre, à travers laquelle la lumière passait à peine, il n'y avait pas d'issue. Je me mis face à la porte, un sortilège Cuisant sur le bout des lèvres. Malgré l'aspect délabré de la pièce qui pouvait donné l'impression que cela faisait longtemps que personne n'était venu, nous ne savions même pas où nous étions arrivés, alors la plus grande prudence était de mise. Moins de deux minutes après notre arrivée, le professeur Lupin était de retour, accompagné de mon grand-père. Ce dernier faillit tomber comme moi, si ma grand-mère n'avait pas eu la vivacité de bouger pour le retenir. Mon ancien enseignant haussa un sourcil en me voyant la baguette brandie puis eut un fin sourire. La sécurité n'était plus de mise.

Maintenant je ne pouvais plus revenir en arrière. Dans quelques petites heures, j'allais me battre. Pour mes amies, pour ma famille, pour mon avenir.

A dans quinze jours :)

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