Coucou tout le monde :)

Comme promis, voilà le chapitre suivant. En espérant que cela vous plaise.

Si vous pouviez laisser quelques reviews, cela serait cool, ne serait-ce que pour savoir si ça vaut le coup de continuer d'écrire cette histoire ou pas.

Bonne lecture :)

Disclaimer : tout appartient à la merveilleuse J. K. Rowling.

Héraklée : Donc une par chapitre ? Ok ^^ Donc tu préfères le second chapitre au premier ? Je pense la même chose : le premier chapitre, j'ai l'impression qu'il manque quelque chose, mais j'ai du mal à savoir quoi. Pour ton détournement de titre, pourquoi pas ^^ ça résume plutôt bien ce chapitre c'est vrai ^^ Pour le choix de Lupin, c'est celui qui me paraissait le plus évident, mais je n'aurais pas d'autre argument à avancer pour le justifier. Mais pourquoi son arrivée t'a surprise ? Tu t'attendais à quelqu'un d'autre ? à un autre moyen de transport ? Pour la famille non unie, ça aussi ça me semblait évident : une famille est très loin d'être un monobloc, mais plutôt un assemblage de différentes personnalités, qui ne se comprennent pas forcément bien entre elles.

Chapitre 3 :

Après nous avoir fait signe de ne pas parler, nous suivîmes le professeur Lupin hors de la petite chambre. Nous traversâmes un couloir de bois sombre, presque aussi poussiéreux. Visiblement, la maison n'était pas beaucoup fréquentée, cependant je n'en tenais pas moins ma baguette fermement. Même si le professeur Lupin me semblait moins tendu que lorsqu'il nous avait récupérer, je préférais ne pas me fier à ce signe.

Alors que j'étais concentrée pour percevoir d'éventuels bruits, j'identifiais une sorte de bourdonnement très léger provenant des murs. Ne pouvant m'en empêcher, j'y posais la main et sursautais sous la surprise. De la magie circulait dans les murs ! Elle était faible, mais présente. Pourquoi je la ressentais ? Ce n'était pas normal. Mon corps devenait ultra sensible à la magie. Peut-être parce que j'en avais été longtemps coupée... Ma grand-mère me jeta un regard perplexe. Je secouais la tête, je ne pouvais pas me permettre de laisser mes pensées vagabonder. J'avais cependant au moins appris que nous étions dans une demeure magique.

Mon ancien professeur de Défense contre les Forces du Mal nous fit descendre un escalier grinçant pour arriver dans une salle sombre et sale que je reconnus au premier coup d'oeil. Il s'agissait de la salle de La Tête du Sanglier, un bar plutôt malfamé de Pré-au-Lard, où Hermione Granger, presque trois ans auparavant nous avait exposé l'idée de l'Armée de Dumbledore, pour pouvoir apprendre des sortilèges en Défense contre les Forces du Mal et pallier le manque de pratique du cours de Dolorès Ombrage. Un homme assez grand était assis à l'une des tables en bois crasseuses, le reste était vide. Lupin alla directement le voir et parla à voix basse avec lui, en nous désignant d'un geste vague de la main. Le silence était si total que chaque mot était discernable, malgré la distance de quelques mètres :

- Alberforth, peux-tu appeler Neville pour ouvrir le passage, j'amène encore du monde. Mais ce sont les derniers à avoir répondu à l'appel.

- Très bien, Remus, répond l'homme en tournant la tête vers nous.

Je retins un hoquet. Décidément, je n'avais pas le contrôle de mes émotions aujourd'hui. Cet homme ! Il ressemblait trait pour trait au directeur Albus Dumbledore, mais en même temps ce ne pouvait pas être lui. Mes grands-parents m'avaient appris la mort du directeur de Poudlard à la fin de l'année précédente, quelques heures auparavant lors de leur appel. Mon visage dut laisser apparaitre mes émotions car l'homme m'adressa un étrange sourire, presque mélancolique :

- A votre réaction, mademoiselle, je comprends que vous avez du rencontrer mon frère. Oui je suis le frère d'Albus Dumbledore, ajouta-t-il devant ma surprise plus qu'évidente. Je suis aussi le gardien du dernier passage sécurisé de Poudlard pour les opposants à Vous-Savez-Qui. Ariana, va chercher Neville s'il te plaît, dit-il en se tournant vers un grand portrait situé au-dessus de la cheminée.

Le vieil homme semblait las. Ses yeux bleus n'étaient pas pétillants comme son défunt frère, mais semblaient plutôt dire qu'il en avait trop vu dans sa vie. A ma droite, au-dessus de la cheminée, la jeune femme peinte sembla acquiescer, puis s'éloigna à l'intérieur du cadre du portrait. Je retins un sourire, que c'était bon de voir la magie à l'oeuvre, même dans ces heures sombres. Cela m'avait tant manqué dans le monde moldu, où la science rendait le merveilleux si froid et enlevait toute l'âme aux choses étranges en les expliquant par de complexes formules mathématiques. A peine une minute plus tard, Ariana sembla revenir accompagner d'un jeune homme. Plus il s'approchait, plus je pouvais voir qu'il était couvert d'égratignures. Je reconnus alors Neville Londubat, fils héritier d'une grande famille sorcière sang-pure. Le portrait s'ouvrit alors, dévoilant un passage dans le mur et la silhouette du jeune homme. J'étais soufflée. Décidément, cette journée s'avérait l'une des plus étranges de toute ma courte vie.

- Bonsoir une nouvelle fois Alberforth. Ce sont les derniers ?

Bien que son visage semble comporter de multiples blessures, dont certaines semblaient à peine dater de quelques heures, il semblait rayonnant comme si l'espoir était toujours permis, ou qu'une bonne nouvelle venait tout juste d'arriver. Je me rendis alors compte que mes pensées à propos de notre victoire étaient plutôt défaitistes. Je secouais la tête, il fallait que je me montre forte si je voulais atteindre mes objectifs.

- Oui, tout à fait, répondit le professeur Lupin. Je te présente Miss Abigail O'Really et ses grands-parents, respectivement Amélia et Charles.

- Enchanté de vous rencontrer, Monsieur, Madame. Abigail, je me souviens de toi. Tu étais à l'AD il me semble. Je suis heureux de te revoir.

- J'en suis heureuse aussi, Héritier Londubat, répondis-je avec un grand sourire, très contente qu'il m'ait reconnue, malgré mes presque deux ans d'absence.

Neville tiqua sous l'appellation mais décida de ne pas en tenir compte. Je me mordis la lèvre, nous n'étions pas dans une soirée mondaine et comme disait grand-mère, il fallait garder des atouts dans sa manche. Il n'y avait pas le temps pour cela. Intérieurement, malgré l'horreur qui allait se déchaîner dans quelques heures, j'étais heureuse, je renouais avec mon monde, je retrouvais des gens que je connaissais. Neville nous fit signe de le suivre. Difficilement, nous escaladâmes la cheminée puis entrâmes dans le passage. Neville nous montrait le chemin, tandis que Lupin et Alberforth fermaient la marche tout en nous instruisant rapidement de l'état du monde sorcier. Comme je l'avais deviné, le Ministère était sous la coupe du Lord et seuls des élèves et l'Ordre allaient défendre le château. A ce moment-là, je me rendis compte qu'en choisissant de me battre, j'étais pleinement entrée dans le camps de la Lumière. En les écoutant, j'appris aussi que mes grands-parents maternelles étaient des membres de l'Ordre, et que ma grand-mère paternelle l'avait aussi été, mais était morte pendant la Première Guerre. Visiblement, les révélations ne cessaient pas.

Rapidement, nous arrivâmens à un autre tableau. Lorsqu'il s'ouvrit, je vis une immense salle remplies par des dizaines de hamacs. Des banderoles des couleurs des maisons de Poudlard, même Serpentard, étaient représentées un peu partout. Je compris qu'on était dans la salle sur demande. Il n'y avait que dans cette salle qu'un décor pareil pouvait être installer. Les personnes présentes, surtout des étudiants ne firent pas attention à notre arrivée, ils entouraient tous quelque chose ou quelqu'un et discutaient tous en même temps. Le brouhaha était assez impressionnant après les chuchotements échangés dans le corridor. Parmi eux, je reconnu certaines de mes amies de la promo en-dessous de la mienne, ainsi que quelques Serpentards dont Draco Malfoy, mais pas Théodore Nott, dont le portrait était dans un de mes ouvrages de généalogie. Malfoy avait donc changé de bord et semblait bien s'entendre avec Harry, une véritable révolution à laquelle je n'aurais pas cru si je ne l'avais pas vu de mes yeux. Je me rappelais très bien toutes leurs attaques verbales et parfois physiques. Il se passait rarement une journée sans qu'ils se battent. J'aperçus aussi une tribu de roux, sûrement la famille Weasley au grand complet. J'avais bien connu Percy et les jumeaux, Fred et Georges, qui faisaient partis de mon année, et avec qui j'avais eu quelques contacts, renforcés par notre fréquentation commune de l'AD. Les voir ici me fit l'effet d'un soulagement immense : ils étaient tous en vie.

Une voix s'éleva soudain plus fortement faisant diminuer le bruit des conversation, je reconnus Hermione Granger et déduisit que l'objet de tout l'attroupement devait être Harry Potter. Neville m'avait rapidement dit qu'il avait réapparu seulement ce soir après avoir disparu pendant plus de dix mois. Il s'agit donc une confirmation de plus : la bataille était pour ce soir.

Harry fit s'écarter tout le monde, sembla se concentrer quelques secondes puis une estrade apparut sur laquelle il monta. Derrière lui, se positionnèrent Hermione, Ron et de façon plus surprenante Malfoy. De cette façon, il pouvait voir tout le monde, étudiants et volontaires de l'Ordre du Phénix. Je remarquais qu'il avait bien grandi depuis la dernière fois que je l'avais vu, il avait aussi l'air beaucoup plus assuré et se tenait bien droit, aussi droit qu'un aristocrate de bonne famille, peut-être une influence de Malfoy. Ses yeux verts, dépourvus de lunettes, brillaient de détermination. Peut-être, que pendant ces deux dernières années, il s'était entraîné pour que le destin que le monde sorcier lui avait mis sur les épaules se réalise dans le bon sens. Après avoir respiré un bon coup et adresse un sourire à son auditoire, il se mit à parler, d'une voix ferme :

- Ron, Hermione, Draco et moi-même avons une mission à finir pour pouvoir venir à bout de Voldemort (la foule ne put retenir un frisson). Il nous faut donc du temps. Luna a accepté de nous aider pour trouver le diadème perdu de Serdaigle….

Le diadème de Serdaigle ? Avais-je bien entendu ? Ils le cherchaient ? Je me mis à trembler, ils n'avaient aucune idée de ce qu'ils risquaient ! Harry continuait à parler, mais je n'écoutais plus. J'ouvris la bouche une fois, deux fois puis hurlais :

- Attendez, criais-je de toutes mes forces.

Il fallait qu'ils m'entendent. D'un bloc, Ils se tournèrent tous vers moi. Au vu de leurs expressions, exceptées mes amies et les jumeaux, peu se souvenaient de moi. Je me tordis les mains, légèrement rougissante.

- Attendez, répétais-je. Je sais où est le diadème.

- Vraiment ? Où ?, répondit précipitamment Harry.

Ses yeux verts semblèrent me scanner l'âme. Je sentis que ma réponse avait pour lui une importance capitale. Lui et ses deux amis semblaient épuisés, fatigués, mais tellement plein d'espoirs. J'inspirais plusieurs fois avant de reprendre. Il fallait que mes explications soient claires. Les Jumeaux, non loin de moi, me firent un signe de la main : ils m'avaient donc reconnu, après tout nous n'étions dans la même année année même s'ils avaient précipitamment quitté Poudlard, quelques mois avant mon propre départ.

- Je suis Abigail O'Really de la Maison Serdaigle. J'ai dû quitter Poudlard, il y a deux ans à la fin de ma sixième année. Cependant, je connais très bien la Dame Grise, qui est la fille de Rowena Serdaigle. Elle m'a raconté son histoire et ce qui est arrivé au diadème, sur comment il a été perverti...

- Stop ! Nous te croyons. Je me souviens de toi, dit Harry, précipitamment.

Je compris alors que ce que je savais à propos de la magie noire du diadème ne devait pas être révélé. De plus, l'assurance que Harry m'ait reconnu, allégea considérablement l'atmosphère autour de moi. Après, avoir échangé rapidement quelques mots avec ce qui devait désormais être le Quatuor D'or, Harry reprit la parole :

- Très bien, tu vas nous aider à la trouver. C'est très important. En attendant, vous autres allez préparer Poudlard à la bataille avec tout les moyens possibles. Commencer par neutraliser les Carrow de façon discrète, ainsi que tout les passages secrets. Ensuite, que quelqu'un trouve Minerva MacGonagal et lui dise qu'elle active les défenses du château et fasse en sorte que Rogue soit bloqué dans le bureau du directeur. Aller voir Bathsheda Babbling, la professeur de Runes, il faut activer les cercles de runes magiques de Poudlard. Précisez lui, que tout ceux qui n'ont pas jurer de plein gré et de tout coeur de défendre Poudlard ne doivent pas pouvoir entrer dans l'école. A présent, jurez avec moi : Je défendrais Poudlard de toutes mes forces ! Nous le referons lorsque nous aurons réunis tout les combattants.

Harry et Hermione levèrent leurs baguettes et murmurèrent quelques mots, faisant de cette phrase un serment magique, particulier car représenté sur la peau du poignet droit par le blason de l'école Chacun reprit la formule et put voir un blason se dessiner sur la peau. Je ne pus m'empêcher de sourire : les Maisons étaient belles et biens unies.

- Bien, maintenant que cela est fait. Vous me demandiez un plan, et bien j'en ai un. Chacun d'entre vous va devoir sortir de cette salle, j'en ai besoin, reprit Harry. Abigail, tu restes avec nous. Les autres, mettez-vous en petits groupes : que certains aillent prévenir les professeurs qui sont de notre côté, d'autres vont à leurs salles communes pour commencer à préparer les plus jeunes à évacuer. Pour les membres de l'Ordre, renforcez autant que vous pouvez les défenses du château, le Lord n'est plus très loin des grilles. Dans une heure, il sera là. Il faut éliminer son serpent en priorité sur le champs de bataille. Fred, Georges utilisez certaines de vos inventions pour bloquer ou du moins retarder leurs avancées, style vos marécages portables. Neville, tu as ce temps pour piéger la partie ouest du parc avec tes chères plantes, surtout la lisère de la Forêt Interdite et la route . Prends des camarades avec toi et va voir le professeur Chourave. Dean, Seamus, vous êtes doués en explosion. Emprunter quelques inventions explosives aux jumeaux et aller piéger le côté est du parc, pour éviter que quiconque passe par là. Il faut un autre groupe du côté du terrain de Quidditch, ainsi que du côté des serres de Botaniques. Il nous faut absolument réduire les entrées des Mangemorts et donc tenter de les maintenir avec leurs alliés d'un seul côté du château, et vers l'entrée principale,de façon à ce qu'ils soient bloqués entre la Forêt interdite, le terrain de Quidditcht et le Lac noir. Remus, fais en sorte de piéger le passage de la Cabane Hurlante. Que certains d'entre vous aillent voir Hagrid pour qu'ils vous conduisent aux hippogriffes, nous allons en avoir besoin. En effet, comme cela nous pourrons bombarder les Mangemorts à partir du ciel. Utiliser tout ce que vous pouvez, pierres, sortilèges, potions. N'hésitez pas non plus à vous servir de vos balais et mettez vous sous sortilège de Désillusion, ainsi vous serez moins visibles.

- Excuse-moi Harry, fit l'un des Jumeaux. Nous n'avons pas beaucoup de nos inventions avec nous, du moins pas autant que ce qui est nécéssaire. Il nous faudrait retourner dans la réserve du magasin.

- Vous avez une heure et la salle sur demande peut faire en sorte que vous puissiez transplaner. Il suffit de lui demander, alors faites vite et prenez des gens avec si besoin.

Les Jumeaux partirent aussitôt en emmenant quatre étudiants avec eux.

- Je me permets d'intervenir, fit mon grand-père. Ma femme et ma petit-fille ont sur elles des potions qui ont la particularité de former des nuages lorsque les fioles les contenant se brisent. L'idée vient des bombes lacrymogènes mordues, si vous connaissez. Cela peut vous être utile. Par contre, il vous faudra être éloigné de plus de deux mètres de votre cible.

- Suggestion acceptée, répondit fermement Harry, alors que des Né-moldus expliquaient le principe à ceux qui ne connaissaient pas. Maintenant organisez-vous. La salle vous fera sortir par petits groupes près de vos salles communes. N'oubliez pas d'être discret. Même si d'après ce que vous m'avez dit, Rusard est de notre côté, ce n'est pas le cas des Carrow, qui peuvent rôder dans les couloirs. Draco, Abigail, Hermione, Ron, vous restez.

Il en fut ainsi. Les Jumeaux revinrent rapidement avec leurs premiers sacs de gadgets et repartirent tout aussi rapidement de la salle sur demande pour aller en chercher d'autres. Chacun avait énormément de travail. Mes grands-parents partirent pour l'infirmerie de Madame Pomfresh après avoir laissé leur stock de potion à deux étudiants de septième année. Quand il n'y eut plus que nous cinq, Harry se tourna vers moi :

- Maintenant qu'il n'y a plus que nous, je tiens d'abord à m'excuser de t'avoir interrompu, mais ils ne doivent pas savoir. Cette forme de magie noire est beaucoup trop dangereuse. Abigail, continue de nous raconter.

- En deuxième année, je suis devenue amie avec la Dame Grise. J'étais l'une des rares de ma Maison à lui adresser la parole. Souvent, elle me racontait des anecdotes de la vie de Poudlard. Un jour, alors qu'elle était très triste, elle m'a demandé de garder un secret en jurant sur ma magie, et de ne le révéler que lorsque quelqu'un demanderait précisément à trouver le Diadème. La Dame Grise m'a expliqué que Tom avait complètement perverti le diadème de sa mère et qu'il était revenu le cacher un jour où il passait à Poudlard, pour tenter de devenir professeur. Elle m'a raconté l'avoir cherché pendant des semaines, avant de le retrouver, ne ressentant simplement que de très mauvaises vibrations émanaient de l'objet, caractéristique d'une magie très noire et plus précisément de magie de l'âme, dans l'une des formes les plus perverties existantes. Il l'a caché ici dans la salle sur demande. Maintenant, pour le trouver, il faut savoir à quoi ressemble un diadème : il s'agit d'une couronne avec un décor assez chargé.

- Je sais, hurlèrent Harry et Draco, en même temps.

Ils se regardèrent avec un léger sourire. Visiblement, ils étaient encore plus complice que ce que je pensais. Un miracle.

- Le diadème tordu sur l'armoire, dit Draco. Et dire que j'ai passé une année entière à côté sans me douter de ce qu'il s'agissait ! Vite sortons. Il faut demander la salle des Objets Perdus.

Nous sortîmes tous. Il n'y avait plus personne dans le couloir. Hermione avait l'air perdue dans ses pensées, alors que Ron semblait blasé. Leur manque de surprise en disait long : ils avaient vraiment dû en voir de toutes les couleurs ces deux dernières années. Draco passa alors trois fois devant le mur devenu vide, demandant la salle des Objets Perdus, pendant que nous faisions le guet pour ne pas avoir de mauvaises surprises. Une petite porte en bois se dessina alors, et nous nous ruâmes dans la salle. Draco Malfoy m'avait attrapé par la manche et me tirait derrière lui. Il s'orientait dans ce labyrinthe comme s'il le connaissait par coeur. Elle était immense ! Je n'avais jamais vu autant d'objets au même endroit. Des générations d'étudiants avaient dû passer par là ! Je sentis ma curiosité de Serdaigle se réveillé devant un tel trésor. Ron, Harry et Hermione étaient sur mes talons. Nous arrivâmes vite à l'endroit dit. J'étais déçue : comment le légendaire diadème de Serdaigle, un bijou façonné par les plus habiles Gobelins, dont il y avait une représentation dans ma salle commune, avait-il pu devenir une telle chose tordue aux couleurs ternes ? Je ne savais pas quoi faire, et les autres semblaient indécis. Draco finit par prendre la parole :

- Nous n'avons plus l'épée de Griffondor. Mais j'ai peut-être une idée. Par contre je ne suis pas sûr que ce soit une bonne. Par contre, elle nous permettrait aussi d'éliminer la coupe de ma tante dans le même temps.

Je me figeais sous le choc. Alors il existait plusieurs de ces horribles choses ? Et ils avaient déjà réussi à en détruire ? Ils devaient être fous ! J'avais lu tout ce que j'avais trouvé la-dessus et aucune solution ne s'était présenté. J'avais été très triste de ne pas avoir pu aider le fantôme de ma Maison, alors qu'il était si gentille. Je devais avoir une expression étrange sur le visage puisque Harry me demanda si j'allais bien.

- Vas-y Draco, l'encouragea Hermione.

- Voilà, en sortilège qui entraîne des dégâts irréparables, il y a le Feudeymon, mais c'est très dangereux, je ne suis pas sûr d'arriver à le maîtriser même si Père me l'a apprit.

L'ancien Trio d'Or grimaça à la mention de Lucius Malfoy. Etant au courant de certaines pratiques éducatives des sang-purs, je ne pus que les imiter, mais pris la parole.

- J'ai peut-être une solution. Toi Malfoy, toi Harry et toi Ron, vous volez bien. Trouvons trois balais, Hermione montera avec Ron, je serais avec Harry. Quand tu seras sur ton balais Malfoy, tu lanceras le sortilège et nous foncerons vers la porte, puis nous fermerons la porte. Connaissant la nature de la salle sur demande, le château ne sera pas en danger.

- C'est une très bonne idée, fit Hermione. Par contre, Draco, attends que nous soyons un peu éloigné, toi compris, s'il te plait. On peut lancer ce sortilège de loin, et de cette façon, nous serons plus en sécurité. De plus, par sécurité, faisons en sorte que la coupe sois à l'autre bout de la salle, on ne sait pas si les fragments d'âme peuvent communiquer entre eux. Cela pourrait nous éviter des problèmes.

- ça me va, répondit Draco.

Harry et Ron étaient déjà partis chercher des balais. Une pensée incongrue me vint : le meilleur ami de Harry était très silencieux, du moins beaucoup plus que dans mes souvenirs. Peut-être que lui aussi avait grandi. Grâce au sortilège d'Attraction, ils en eurent vite six dans les bras, mais ils étaient tous dans un piteux état. Les jeunes hommes décidèrent d'abord de faire un essai de vol avant de tenter quoique ce soit et Ron se chargea, en compagnie de Draco d'aller déposer la coupe au sommet de l'un des nombreux monticules d'objets.

Pendant ce temps, après quelques secondes d'un silence inconfortable, je me mis à discuter avec la seule personne restante, Hermione, renouant les quelques liens que j'avais eu avec elle quelques années auparavant :

- Je suis heureuse de te revoir, Hermione.

- Le plaisir est partagé Abigail. Quand tu n'es pas revenue, plusieurs d'entre nous avons cru au pire, surtout que tes amies t'ont envoyé des lettres, qui leur revenaient comme si tu n'existais plus. Moi-même, je t'en ai envoyé certaine.

Dans sa voix, la fatigue était prégnante. Ses yeux noisettes avaient perdu cette petite lumière qui faisait son enthousiasme.

- J'ai eu des lettres ?, répliquais-je surprise.

- Oui, tu ne savais pas ?

- Non pas du tout. Mes parents ont voulu m'éloigner du monde magique à cause de la guerre. Je viens de faire ces deux dernières années dans un lycée moldu de Londres. Mais quand mes grands-parents m'ont dit pour Poudlard, je n'ai pas pu rester. Il fallait que je vienne vous aider.

- En tout cas, crois-nous tu es d'une grande aide. Grâce à toi, le Lord va bientôt ne plus être immortel.

- C'était donc ça… J'avais deviné qu'il s'agissait de magie très noire et de magie de l'âme mais pas à ce point là. La Dame Grise avait parlé du terme d'Horcruxes mais je n'avais jamais pu savoir de quoi il s'agissait. C'est encore plus horrible que ce que je pensais, sachant qu'en plus, il en a fait plusieurs…

- Et bien, maintenant tu sais. Et en tout, il y a en a sept, mais nous les avons tous détruits sauf un.

Sept !? Le nombre magique en Runes et en Arithmancie, me semblait-il. Qui pouvait donc être assez fou pour découper son âme en autant de morceaux ? Pas étonnant que le Lord soit complètement fou aujourd'hui.

- Nagini, c'est ça ?

Le nom du serpent de Vous-Savez-Qui avait circulé dans les réunions de l'AD après l'attaque subie par le patriarche des Weasley. Par la suite, Harry avait intensifié notre entrainement sur les sortilèges de Défense.

- Oui.

- Hey les filles !, nous interpella Ron, qui s'était posé à quelques mètres de nous. Nous sommes prêts.

Je rejoignis Harry, qui était un peu plus loin, m'installais dans son dos, les mains autour de la taille, et il s'envola. Ron et Draco firent de même. A une vingtaine de mètres de l'objet, Draco lança son sortilège : des langues de feu brûlantes jaillirent de sa baguette et s'assemblèrent pour créer une sorte de monstre de feu, qui commença à tout dévorer sur son passage. La chaleur était horrible. Même si les balais allaient assez vite, j'avais l'impression que le feu était encore plus rapide. Je finis par fermer les yeux le plus fort possible en priant pour que tout se finisse bien.

Un cri inhumain se fit entendre par-dessus le vrombissement des flammes, puis un second beaucoup plus proche de nous : les horcruxes venaient de mourir. Très vite, nous pûmes distinguer la porte, toujours ouverte. Les flammes léchaient presque l'arrière des balais. Ron sortit le premier et ne put s'arrêter avant de se prendre le mur opposé, suivi de Harry, qui s'arrêta tout juste avant et enfin Draco, qui lâcha son balais, dévorer par les flammes. La porte se referma dans un claquement sous une injonction magique d'Hermione et le bruit infernal cessa soudain, pour laisser place à un silence de mort, seulement troublé par notre respiration.