Bonjour à tous,
Voici la suite de la bataille de Poudlard :)
Disclaimer : tout appartient à J. K. Rowling.
Bonne lecture !
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Swangranger : merci pour ta review ! ça m'a fait super plaisir et ça encourage pour la suite.
Chapitre 6 : Trahison
Il nous avait trahi.
Je n'en revenais pas. Ce n'était pas possible. Pas lui. Pas Ron. Pas lui, un des piliers du Trio d'Or.
Pourtant. Il avançait toujours.
Il nous avait donc trahi.
Mes pensées tournaient en boucle. Je me sentais paralysée, en état de choc. Il lui livrait Harry. Je voyais sa silhouette flottée derrière Ron qui semblait avancer avec assurance. Il n'avait donc pas peur. Je crois que ce fut cette confiance avec laquelle il allait vers l'endroit où étaient basé les Mangemorts qui m'horrifiât le plus. J'étais glacée. J'eus l'impression d'avoir été entourée par des Détraqueurs et que tout l'espoir du monde avait déserté la planète.
Hermione, le visage blême et au bord des larmes, me ramena au présent. Mes mains tremblaient, je me sentais prise entre horreur, tristesse et colère. Me tenant fermement par les bras, elle me parla doucement.
- Cours prévenir les autres. Je vais aller voir ce qu'il est arrivé aux Serpentards et à Draco.
Soudain, j'eus très honte de ne pas avoir pensé à leur sort. Ils auraient du voir Ron ! Il avait donc dû leur arriver quelque chose s'ils n'avaient pas pu donner l'alerte ! Mon esprit oscilla vers la pire des possibilités. Hermione prit une longue inspiration, me ramenant une nouvelle fois au présent, puis planta son regard noisette dans le mien :
- Nous ne pouvons pas nous permettre d'abandonner, pas maintenant. Alors toi et moi, on se ressaisit et on finit ce pourquoi on est là.
Sa voix, à peine plus élevée qu'un murmure, manquait clairement d'assurance, je voyais bien qu'elle tentait de se convaincre elle-même. Pourtant, j'hochais lentement la tête pour acquiescer. Sous une impulsion subite, je la serrais très fort dans mes bras. L'impression qu'il s'agissait de ma dernière soirée sur Terre se renforçait. Je me reculais doucement, faisant attention aux endroits où je mettais les pieds. Il ne fallait pas faire de bruit pour alerter Ron, qui n'était finalement qu'à une dizaine de mètres devant nous.
Dès que je fus sûre qu'il ne pourrait plus m'entendre, je me mis à courir aussi vite que possible, la brulure de mes poumons achevant de me faire reprendre contact avec la réalité. Je déboulais dans la Grande Salle comme un diable en dehors de sa boite, et mon apparition causa pas mal d'émois. Les gens m'avaient reconnu pour le discours que j'avais prononcé un peu plus tôt dans la soirée. Un large cercle silencieux se forma autour de moi, alors même que j'avais à peine dépassé les grandes portes. Ils me laissèrent facilement prendre la parole. Sans reprendre vraiment mon souffle, je hurlais :
- A tout le monde ! Quelque chose d'horrible vient d'arriver ! L'un d'entre nous, nous a trahit et conduit en ce moment même Harry Potter au Lord noir.
Les personnes présentes échangèrent des regards horrifiés. Certaines eurent des exclamations de stupeur. Je ne pouvais que les comprendre. D'autres se levèrent d'un bond, se précipitant vers moi. Remus Lupin et le directeur Rogue me pressèrent de questions, auxquelles je parvins à répondre entre deux sanglots. L'expression de leur visage m'échappa, mais le ton de leurs murmures ne laissaient aucun doute quand à leur stupéfaction. Je ne pus que chuchoter le nom du traître, étant incapable d'assumer cette vérité. Quelques secondes plus tard, ma grand-mère m'attrapa, m'écarta des deux hommes et tenta de me calmer de son mieux. Ses propos me semblaient décousus. Elle alla jusqu'à me donner un Filtre de Paix, pour que je puisse reprendre mes esprits.
Pendant ce temps, le professeur Rogue avait tout de suite pris les choses en main : les étudiants resteraient à l'intérieur pour prévenir une possible attaque avec la famille Weasley, qui s'était vue interdite de venir lorsque le nom de Ron avait été révélé. La matriarche avait protesté à grands cris, ne voulant pas croire en ma parole, ni en la félonie de son fils cadet, alors que les Jumeaux semblaient effondrés. La mère de famille criait que je ne pouvais pas dire la vérité, que je ne connaissais pas assez son fils pour pouvoir le reconnaitre dans la pénombre du parc. L'annonce qu'Hermione était ma source, et que c'était elle qui me l'avait montré, finit d'achever cette famille : les deux aînés attrapèrent leur mère et la firent taire alors qu'elle éclatait en de lourds sanglots. Son mari, Arthur Weasley si je me souvenais bien, était devenu aussi pâle qu'un linge. Les autres membres de l'Ordre du Phénix et les anciens élèves allaient partir au secours de Harry. Chacun des participants à cet assaut du désespoir s'équipa sommairement, certains des elfes voulurent même nous accompagner et mais le directeur fut intraitable sur la question. Ils devaient veiller sur les occupants du château.
Je ne les attendis pas, et rejoignit rapidement Hermione, restée seule dans le parc. Lorsque j'arrivais, les Serpentards et Draco étaient réveillés et visiblement très en colère. Weasley (sa trahison lui ôtait tout droit de se faire appeler par son prénom) était le sujet d'une série d'insultes très fleuries. Le jeune homme blond était parmi les plus virulents, ses camarades semblaient plus blasés. L'un d'entre eux affirma même que le rouquin n'avait jamais été digne de confiance, qu'il avait toujours jalousé Harry Potter. Intérieurement, je ne pus qu'être d'accord avec lui. Son comportement, depuis la première année, respirait la jalousie et la recherche de la reconnaissance. Il ne semblait n'avoir eu aucun honneur, il suffisait de voir comment il avait abandonné son soit-disant meilleur ami lors du Tournois des Trois Sorciers. Avec un détachement qui me surprit, je me dis que sa trahison n'était finalement pas une si grande surprise, mais qu'elle se fasse à un moment si décisif l'était beaucoup plus. Je me morigénais : toute Serdaigle que j'étais et sachant comment était Ronald Weasley, je ne m'étais pas méfiée ! J'avais fait confiance au Serment.
Hermione, quant à elle, semblait prête à s'effondrer sur place. Elle se tenait légèrement à l'écart, de grosses larmes roulaient en silence sur ses joues. Une nouvelle fois, je la pris dans mes bras. Elle s'y réfugia en tremblant. Peu à peu, elle se calma et ce que je vis dans ses yeux me fit presque peur, et confirma mon impression que le monde avait basculé dans la folie la plus complète. La tristesse et l'horreur étaient peu à peu remplacés par une détermination sans faille. Son regard devint dur, presque haineux, sa poigne sur sa baguette se renforça et son corps se tendit. Si elle mettait la main sur Weasley, il n'allait pas en sortir en un seul morceau. Cette soirée allait faire de nous des monstres.
Les Serpentards étaient à peu près dans le même état d'esprit. Je sentais que leur ressenti se communiquait peu à peu à ma personne. La colère, qui s'était mise en sourdine face au choc de la trahison et face aux effets du Philtre de Paix, revenait en force. Brûlante, je la sentais courir dans mes veines, me redonnant de la force. Rapidement, je sentis cette colère, devenir de la rage. Envers Ron, envers le Lord Noir, envers ce coup du sort qui remettait tout en cause pour notre avenir ! Je me nourris de cette rage, me gavait de sa chaleur, l'utilisant pour combattre ma peur, l'horreur que provoquait la situation. Nous étions tous prêts à en découdre.
Alors que je relâchais Hermione, les membres de l'Ordre du Phénix et les anciens étudiants arrivèrent, menés par le professeur Rogue. Eux aussi étaient visiblement près à en découdre, mais l'angoisse les habitaient. Au milieu du groupe, Neville était blême, les yeux rouges, une estafilade mal soignée sur le bras gauche, mais ses yeux avaient le même éclat dur, quasiment meurtrier, que ceux d'Hermione.
Après nous avoir fait signe de faire silence, le directeur prit la tête notre groupe et nous mena vers la cabane d'Hagrid, nous faisant faire un large détour pour attendre l'entrée du domaine, assurément surveillée. Nous savions toutefois que tant que le professeur Rogue était considéré par Poudlard comme le directeur, personne ne pourrait sortir de l'enceinte. Nous étions aussi conscient que si le Lord en venait à vouloir le garder vivant, ce piège pouvait se retourner contre nous. Il nous fallait agir vite. Je me surpris à penser que nous nous comportions comme de véritables Griffondors, nous risquions tout pour une seule personne et à la fois pour notre communauté entière.
Moins de cinq minutes plus tard, après nous avoir fait quelques recommandations concernant un sommaire plan de bataille, le directeur fit en sorte que chacun se jeta sur lui-même un sort de bouclier permanent. Il nous appris qu'il avait transféré sa qualité de directeur au professeur MacGonagal : même s'il mourrait, les défenses de Poudlard ne tomberaient pas, et nous pourrions nous réfugier dans les murs du château au besoin.
Nous étions placés à la limite des arbres entourant l'entrée du domaine : une ligne de combattants à droite et une autre à gauche du portail d'entrée. J'étais sur la gauche. Nous pouvions voir les Mangemorts aller et venir. Il en restait à peu près une cinquantaine. Nous n'étions pas beaucoup plus. Non loin de moi, je pouvais distinguer des sentinelles, qui semblaient très relâchées. Visiblement, ils ne s'attendaient pas à notre visite ou alors ils étaient au courant et tâchaient de nous faire croire qu'il n'en était rien. Je préférais largement que la première option soit la vraie.
Au centre, à quelques mètres de la grille du portail, le Lord en imposait, avec Harry allongé à ses pieds, visiblement toujours inconscient. A côté Weasley faisait la révérence. Je frissonnais. Le Lord noir était vraiment hideux. Bien sûr, j'en avait entendu des descriptions, mais le voir en vrai le rendait à la fois plus réel et encore plus affreux. Il semblait à peine humain avec son corps squelettique, son visage à peine esquissé, ses yeux rouges qui semblaient ressortir comme deux tâches de sang sur un tissus blanc. Il parlait à Weasley, mais j'étais trop loin pour comprendre quoi que ce soit et agitait sa baguette dans tout les sens. Il semblait euphorique, autant qu'une sorte de cadavre puisse l'être. Weasley, quant à lui, jetait fréquemment des coups d'oeil au corps de Harry et d'où j'étais, il ne m'était pas difficile de voir à quel point il était satisfait de la situation. Je n'avais jamais vu son visage autant déformé par l'autosatisfaction et le plaisir. Il me fit penser à un monstre, à un de ses psychopathes décrits dans les romans policiers moldus. Sur son bras tendu, la Marque des Ténèbres se détachait sur la blancheur de la peau.
Nous avions notre preuve : Ronald Weasley était bel et bien un traître.
Un vendu à la solde de Lord Voldemort.
Mais depuis combien de temps ?
Sur un signe du directeur, nous attaquâmes l'entrée du domaine. Une ligne hurla pour attirer les Mangemorts pendant que la seconde, dont je faisais parti, les attaqua par derrière. D'un geste de sa baguette, le Lord essaya de prendre nos baguettes, sans succès. Les boucliers étaient efficaces. Les combats reprirent, observés par le Lord, qui semblait ennuyé de toute cette agitation. J'en profitais pour mettre hors d'état de nuire deux Mangemorts proches de moi. Quelques minutes plus tard, le temps sembla se suspendre. Les combats cessèrent. J'avais l'impression d'être immobilisé, que mon corps ne m'appartenait plus. Sans le vouloir, à l'instar de mes compagnons d'arme, je me retournais vers le Lord. Hermione était juste à côté, tout aussi coincée.
Nous étions tous immobilisés : Mangemorts comme membres de l'Ordre, et il semblait que c'était le Lord qui avait le contrôle du sortilège. Son potentiel magique était immense pour réaliser une magie pareille ! Réussir à immobiliser près de cent vingts personnes en même temps, alors que plus de la moitié d'entre elles portaient des boucliers était un immense exploit. Même sil homme me révulsait profondément, je ne pus m'empêcher d'éprouver une pointe d'admiration pour sa maitrise magique.
Le Lord noir nous regarda un par un, en finissant par la forme inconsciente de Harry, puis ouvrit la bouche :
- Très bien, maintenant que j'ai un peu de calme, nous allons pouvoir discuter un peu. Etes-vous venu pour vous rendre ? Non il ne semble pas. Mais avant que mes Mangemorts ne vous tuent tous, dans ma grande mansuétude, vous aurez des réponses à vos questions et à la présence de ce jeune homme dans mes rangs.
Il désigna Weasley, toujours agenouillé à ses pieds et le bras dénudé tendu vers lui.
- Ronald Weasley m'a rejoint un peu avant Nöel. Il ne supportait plus de voyager avec ses amis qui ne le regardaient pas. Il a fait preuve de sa bonne foi en me montrant tout ses souvenirs concernant Harry Potter, depuis leur rencontre. J'aurais pu le tuer, mais l'idée d'avoir un espion aux côtés de mon pire ennemi sans qu'il le sache me faisait jubiler. Je ne cessais d'imaginer Potter découvrant la vérité et finissant complètement effondré sous la nouvelle, incapable de se remettre de la trahison de l'un de ses plus proches amis.
Il fit une pause et se mit à rire. Je ne pus retenir un frisson. Le son était atroce et écorchait les oreilles.
- Je ne l'ai pas marqué, sachant que la promiscuité dans laquelle il était avec ses amis, faisait qu'il allait être repérer très rapidement. Je lui ai simplement demandé de les suivre et de les aider, jusqu'à ce qu'ils arrivent à Poudlard. L'intégration de Draco dans votre petit groupe m'a également permit de suivre ce petit traitre et a renforcé la jalousie ressentie par Ronald Weasley, renforçant aussi au passage son passage dans mon camps. J'ai simplement joué la-dessus et il m'est devenu très fidèle. C'est lui qui m'a prévenu pour ce soir après le cambriolage de Gringotts. Vous arrivez à point nommé pour assister à sa consécration, il vient d'être marqué et d'entrer officiellement parmi mes fidèles.
- Mais et le Serment ?, dit Hermione, sa voix pleine de sanglots.
Je la voyais trembler d'où j'étais. Toute sa rage semblait l'avoir quittée, pour ne laisser place qu'à une jeune femme brisée.
- Et bien, ma chère petite Sang-de-Bourbe, le serment a pu avoir lieu parce que les intentions de votre ami envers le château ne sont pas mauvaises. Bien au contraire. Son but en me rejoignant était simplement la mort de Harry Potter, sa récompense étant votre personne et la mort des membres de sa famille.
Hermione eut un hoquet et se mit définitivement à pleurer. Elle ressemblait à un pantin dont les fils avaient été coupés.
- Mon cher Ronald Weasley, veux-tu bien prendre la parole ?
- Oui mon Maître., répondit-il d'une voix terriblement servile.
Malgré mon estomac vide, je crus que j'allais vomir de nouveau en entendant ces mots. L'obséquiosité de sa phrase était affreuse à entendre. Il ne ressemblait plus du tout à la personne que j'avais connu pendant les séances de l'AD, ni en début de soirée. Je savais que Ron n'était pas un ami très fidèle de Harry, mais je n'avais jamais imaginé cela. Il avait vraiment bien caché son jeu.
Le traître redressa la tête et se releva, se plaçant juste sur la droite du mage noir. Il n'avait pas caché son bras, qui tremblait. Je pus alors voir quelque chose que je n'avais pas remarqué auparavant : en plus de sa satisfaction, un masque de douleur recouvrait son visage. La Marque devait lui faire souffrir le martyr. Tant mieux, pensais-je cyniquement.
- Alors. Je déteste Harry. Je le déteste pour sa gentillesse, pour sa célébrité, pour sa place dans ma famille. Il doit disparaitre. Toi, Hermione, je te voulais depuis notre deuxième année. Ma brillante Hermione à mes ordres. Oh quel plaisir. Mais toi, Malfoy ! Tu as encore tout gâché, j'aurais pu la conquérir après ce qu'il s'est passé chez ton père, mais non tu n'as rien trouvé de mieux que de venir avec nous, avec la bénédiction de Saint-Potter en plus ! Quand à ma famille, je suis le dernier garçon : toujours avec des habits de seconde main, toujours comparé avec mes grand frères. Alors qu'aux côtés de mon Maître, je suis enfin considéré à ma juste valeur et je me suis enfin libéré de tout ce carcan.
Autour de moi, je sentais que mes compagnons bouillaient de colère, alors que le Lord se mit à rire. D'une certaine façon, il avait gagné et il le savait. Même si ce soir, il était vaincu, nous ne pourrions plus faire nous confiance. La trahison de Weasley aurait de lourdes conséquences et détruirait ses pires ennemis. Le Lord en jubilait d'avance.
- Et maintenant, tuons Potter. Ensuite, nous nous occuperons des traîtres à leur sang, des enfants qui auraient pu avoir leur place dans mon monde mais qui ont préféré me trahir pour le pathétique camps de la lumière. Malfoy, tu seras le premier de la liste à subir le sort que je réserve aux traîtres. Tu vas souffrir et j'en jubile d'avance.
Il fit un geste pour ranimer Harry et l'approcha vers lui. Je n'étais qu'à un mètre de lui. Le pauvre semblait complètement perdu, mais reprit ses esprits assez vite. Il ne pouvait pas bouger. Pourtant, j'avais pu remarquer qu'au fur et à mesure du discours du Lord, son sort d'immobilité se faisait main contraignant, j'arrivais à bouger quelque peu. Etant non loin d'Harry, je pris l'initiative folle de me placer devant lui, sans me rendre compte de ce que je faisais, alors que le rayon vert mortel sortait de la baguette du Lord.
Mes camarades hurlèrent. En un bref instant, je vis le visage déformé par l'horreur de Draco, celui sidéré du professeur MacGonogal. Le rayon vert continuait sa course, tout me sembla être très lent, je me sentis tout d'un coup terriblement sereine. J'eus une pensée pour la suite et priais pour que mon monde aille mieux.
Alors que je voyais le rayon s'approcher, je fermais les yeux, j'étais enfin en paix avec moi-même.
Je me sentis tomber lorsque le rayon me toucha.
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