Chapitre 7 !

Et de deux pour aujourd'hui ! Je me sens d'humeur généreuse, et légèrement sadique. ^^

Disclaimer : tout appartient à la merveilleuse et sublime J. K. Rowling.

Bonne lecture !

A ma grande surprise et sûrement à celle de toutes les personnes présentes, je ne mourus pas.

Mon pendentif émit une lueur intense, me brûlant le cou et le visage. Je hurlais sous la douleur, j'avais l'impression d'avoir plongé entièrement dans une casserole d'eau bouillante. J'entendis les cris de d'autres personnes, visiblement, je n'avais pas été la seule à avoir été touchée par l'explosion.

Je dus perdre conscience pendant quelques minutes puisque lorsque je revins à moi, les combats avaient repris ; encore plus féroces que précédemment. Autour de moi, je pus voir les deux Mangemorts que j'avais arrêté, peu de temps auparavant, couverts de brûlures. Vu leur état physique, eux étaient bien morts. Etonnement, cela ne fit rien. Finalement dans mon malheur, j'avais eu de la chance.

Je pris quelques secondes supplémentaires pour observer mon environnement avant de me remettre sur pied. Je devais être la dernière à me remettre de l'étrange explosion : tout ceux qui m'entouraient hormis les Mangemorts qui étaient face à moi s'étaient déjà relevés. Ces derniers avaient dû la prendre de plein fouet, d'où leur état définitif. Les autres avaient dû penser que j'étais morte sous le choc.

Le directeur Rogue était entouré de toute part, par un nombre important de Mangemorts, qui sûrement voulaient se venger de sa trahison. Les Serpentards affrontaient, pour la plupart, leurs parents, ou du moins ceux qui n'étaient pas prisonniers, à coup de sortilèges de magie noire. Certains membres de l'Ordre se battaient même à la moldu. Je crus voir fugitivement Kingsley Shakelbolt avec une sorte d'épée à la main, mais je dus sûrement halluciner. A une cinquantaine de mètres de moi, près de la lisière, le Lord faisait face à Harry et usait du Doloris, alors qu'Hermione et Draco tentaient de le protéger du moins qu'il pouvait. J'entendais les cris du jeune homme. En grimaçant, je me relevais et tentais de les rejoindre.

En chemin, je dus faire face à Weasley qui défendait son maître de toute son énergie. Il avait une expression complètement folle. Lui, qui hurlait à chaque usage de magie noire, usait de sorts très peu légaux, sûrement appris par le biais du Lord noir. J'évitais un sortilège de Découpe de justesse. Le choc de l'explosion ralentissait considérablement mes gestes. Heureusement que la douleur de la Marque semblait l'handicaper et que mon collier, malgré sa réaction bizarre, semblait encore efficace, sinon je ne donnais pas cher de ma peau. Je sentais mes forces diminuées, au fur et à mesure des échanges. Des sorts perdus de toutes les couleurs fusaient autour de nous.

Les sortilèges étaient très puissants et faisaient grandement augmenté la température du collier, déjà très élevée depuis la lueur précédente : il devait surement arriver à saturation. Face à moi, Weasley n'hésitait plus à m'envoyer des Impardonnables. J'échappais à deux Doloris et un Avada Kedavra, absorbés par le bijou. Alors que j'augmentais brusquement la qualité de mon bouclier pour pouvoir me protéger un peu mieux et soulager mon bijou protecteur, il y eut une déflagration qui secoua tout autour de moi. Je lançais un dernier sortilège. Mon adversaire tomba face contre terre. Au vu de l'état déchiqueté de sa tête, il était mort. Je me sentis très mal et crus vomir sur place. J'avais tué Ronald Weasley.

D'autres Mangemorts avaient été touchés, des membres de l'Ordre aussi, mais ils ne semblaient que blessés. J'en profitais pour mettre les ennemis touchés les plus proches de moi hors combats et leur prit leur baguette.

A partir de ce moment-là, je repassais en pilotage automatique. Les bruits de la bataille devinrent flous, les lumières devinrent des tâches de couleurs, qui se superposaient. Je levais mon bras mécaniquement, sortilèges après sortilèges. De nouveau, j'avais cette impression d'être totalement spectatrice des actions de mon propre corps. Mon seul but était de me rapprocher de Harry, Hermione et Draco, pour les aider. Je ne les voyais plus, mais cela n'avait pas d'importance. Il fallait les retrouver. Je savais que j'avais de grandes chances de mourir, mais cette idée m'était devenue totalement étrangère. Tout, hormis ce but, était devenu totalement étranger à ma perception.

Il fallait simplement avancer.

Alors que j'étais presque rendue à mon but, une seconde explosion eut lieu, encore plus forte que la précédente, dont l'onde de choc secoua tout le champs de bataille. Je finis une nouvelle fois au sol, comme tout ceux qui m'entouraient, complètement sonnée. J'avais les oreilles bourdonnantes, l'impression que le sol allait de nouveau se dérober. La douleur de mes brûlures se réveilla d'un coup quand mon cou et mon visage ripèrent sur des gravillons, me donnant envie de hurler. Mais une idée fixe me tenait : quelque chose de capital venait de se produire, et justement en direction du côté où Harry et les autres combattaient le Lord, la dernière fois que je les avais vu.

Sans prendre garde à mon état, plus que déplorable, je me mis à courir, ou du moins essayer. Je tremblais beaucoup trop pour y arriver réellement. Plus j'avançais, plus je pouvais me rendre compte des dégâts causé par l'explosion : les Mangemorts protégeant leur maître étaient presque tous insconcients, si ce n'était pas morts. L'origine de la déflagration m'amena un peu à l'écart du coeur des combats, à la lisière des arbres de la Forêt interdite.

Le spectacle me fit trembler encore plus : la puissance de l'explosion avait été telle que des arbres avaient été déracinés. Au centre, il ne restait un cercle vide de végétation, sans aucune trace humaine. Etait-il possible que... ? Non ! Je refusais même de l'imaginer ! Pas après toutes les horreurs que j'avais vu ce soir ! Pas après tous ces morts ! Je ne pourrais pas le supporter. Je sentais que j'approchais de ma limite.

Frénétiquement, je me mis à fouiller les alentours de l'explosion, dans l'espoir de découvrir quelque chose pour comprendre ce qu'il s'était passé et pour savoir si quelqu'un était encore vivant. Je perçus à peine d'autres personnes me rejoindre pour faire la même chose, je ne cherchais même pas à savoir s'il s'agissait ou non d'alliés. Mes mains étaient couvertes écorchures, j'avais mal absolument partout, mais je ne pouvais pas m'arrêter. Je finis par m'enfoncer quelque peu dans la Forêt Interdite : après tout on ne savait jamais. Mes tremblements se renforçaient, le désespoir commençaient à m'envahir, mais je tentais de le repousser de toute mes forces. Il fallait continuer. La panique m'envahissait, ma vue se troublait de plus en plus.

Quelqu'un m'attrapa par le bras, je tentais de me dégager et de l'attaquer. Il me plaqua contre lui. Je relevais alors la tête et crus rêver. C'était Draco. Il me parlait, je me comprenais pas, je n'entendais pas. Le soulagement de le voir fût si vif que je me raccrochais à lui pour ne pas tomber. J'étais à deux doigts de m'évanouir. Il me retint de son mieux. Les larmes me brouillaient la vue. Il me fit reculer et je pus voir alors Hermione et Harry, se soutenant mutuellement juste derrière lui. Aucun ne souriait, ils étaient couverts de blessures, mais ils étaient en vie.

Harry me fait un signe de tête.

Le Lord était mort.

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Je ne sus comment j'étais rentrée au château. Tout était flou dans ma tête, les sons, les gens et les lumières se mélangeaient. Seule la poigne de Draco me permit de ne pas basculer définitivement dans l'inconscience. Je ne revins à moi que lorsqu'un soigneur elfe me prit en charge pour m'administrer les soins de premiers secours, pour limiter les dégâts causés par les brulures. Il me donna aussi une potion nutritive pour que je ne m'effondre pas, ainsi qu'un Filtre de Paix et une potion de Régénération sanguine. Draco m'avait quitté aussitôt qu'il s'était assuré que j'étais entre de bonnes mains.

Moins d'une heure après, le contre-coup de la bataille se faisait sentir. Je me sentais très fatiguée, les membres lourds et toujours tremblants. Autour de moi, je voyais mes camarades de combat à la fois heureux d'avoir gagné et tristes pour ceux que nous avions perdu. J'étais, comme beaucoup d'autres, assise dans la Grande Salle, qui avait été transformée en immense infirmerie avec à ma plus grande tristesse, une partie dédiée aux morts. Une dizaine d'entre nous n'avait pas survécu à ce combat, ils s'ajoutaient à la déjà trop longue liste des morts causés par le Lord Noir lors de la Première Guerre et durant ces dernières années.

Parmi eux, il y avait le directeur de Poudlard, Severus Rogue, sur lequel le Lord lui-même s'était acharné, d'après ce que je pus comprendre des conversations. Il avait été une cible au moins autant que Harry et n'y avait pas survécut. Une de mes amies, ainsi que sa sœur jumelle, étaient aussi tombées, Laura Dickinson de Serdaigle et Cassandre de Poufsouffle, courageuses née-moldues, qui avaient continué à vivre dans le monde sorcier après avoir quitté l'école, malgré toutes les interdictions à l'encontre de cette catégorie de sorciers mises en place par le Ministère. La première avait fait face à Bellatrix et n'avait pas fait le poids alors que la seconde avait été victime de son mari, Rodolphus Lestrange, tout deux morts parce qu'ils se trouvaient trop près de leur Maître lorsqu'il était mort dans une énorme déflagration, explosion qui était au final responsable de la plupart des morts de notre côté, sauf pour ceux qui avaient eu le réflexe salutaire d'invoquer un bouclier de protection.

Je me sentais complètement décalée. Je n'arrivais pas à réaliser que c'était fini. Je sursautais au moindre bruit, chaque mouvement de baguette me faisait me tendre. Mais surtout, c'était l'image de la mort horrible de Weasley qui me hantait. Même si j'avais tué d'autres Mangemorts, c'était pour Weasley que je me sentais le plus mal. Je me sentais si sale, je ne cessais de frotter mes mains. Dès que je fermais les yeux, son visage déchiqueté s'imposait sous mes paupières, ne me laissant pas de répit.

Mes grands-parents étaient tout les deux là, non loin de moi, autour des blessés, essayant de les soigner de leur mieux ou du moins de soulager la douleur provoquées par les trop nombreux sortilèges de magie noire, les Impardonnables et les sortilèges de Découpes.

Ce qu'il restait du Trio d'Or après honteuse trahison de Ron était auprès de la famille Weasley pour essayer de leur expliquer comment les événements avaient pu aussi mal tourner pour leur fils cadet. Harry et Hermione paraissaient au moins aussi dévastés que la famille de rouquins. J'avais vu les Jumeaux sortir de la salle à peine dix minutes après mon arrivée. Près de la famille, se trouvait le corps de leur fils, sur lequel pleurait la matriarche. Je n'osais pas m'approcher : je ne serais pas la bienvenue. Qui accueillerait la meurtrière d'un membre de sa famille ?

Quant à Draco, il était assis à l'opposé de moi auprès de sa mère, qui avait rejoint nos rangs avant le début de la bataille sans que je n'en sache rien. Son père était toujours l'un de nos prisonniers, mais devait se sentir soulager. Si le lord avait appris un tel revirement, il était évident que le mage noir l'aurait tué de sa propre main, non sans l'avoir longuement torturé auparavant.

J'avais l'impression que cela faisait des siècles que j'avais quitté la maison de mes parents en courant. Il s'était passé tant de choses en si peu de temps : j'avais été intégré à l'Ordre du Phénix par mon Serment, il y a avait eu la destruction des horcruxes, les préparatifs, la bataille en elle-même, si longue et pourtant si courtes, à peine quelques heures. Et maintenant, j'avais l'impression d'être entourée de coton, comme si tout cela n'avait été qu'un affreux cauchemar dont j'allais me réveiller, pourtant les gémissements et les sifflements de souffrance me hurlaient le contraire. Au moins, j'étais vivante, et je m'en sortais sans trop d'égratignures. Pourtant, le plus étrange dans toute cette situation à mes yeux tournait autour de la manière dont j'étais passée d'une sorcière vivant comme une moldue à une héroïne de guerre, ayant contribué de façon cruciale à la chute du Lord, selon les propres mots de Harry et Hermione prononcés face aux Aurors du Ministère lorsqu'il avait fallu enregistré les personnes présentes pendant la bataille. Une étrangeté était aussi le regard des gens : j'avais survécu au Sortilège de Mort lancé par le Lord lui-même. Aidé d'un bijou certes, mais j'avais survécu.

Ma grand-mère me proposa de sortir faire un tour dans le parc avec elle, pour que je puisse me vider la tête. Au passage, quelques étudiants dont Draco me firent signe. Nous allâmes dans le parc, qui n'en était plus vraiment un, ravagé par les pièges et les innombrables sortilèges échangés. Heureusement, le château grâce aux sceaux de runes avait été complètement épargné, même les serres n'avaient rien, et semblait représenté un îlot d'espoir dans un monde de ténèbres. Il devait être dans les quatre ou cinq heures du matin. Elle me laissa la diriger vers les serres de botaniques une partie du parc, qui avait pu être épargné grâce à la manœuvre de Harry.

Voir cette partie intacte m'inspira énormément de mélancolie, je me rendais compte à quel point je n'avais pas ma place dans le monde moldu. Malgré le contre-coup de la bataille et les atrocités que j'avais commises, je me sentais plus éveillée ici, que je ne l'avais été pendant près de deux ans chez les moldus. Je le sentais jusque dans mes os, dans mon corps qui baignait à nouveau dans la chaleur de la magie. Certes, je ne pourrais pas renier mes origines, mais me couper autant de la magie ne me serait plus possible. Ma grand-mère me coupa dans le fil de mes pensée en m'attrapant le bras pour me forcer à m'arrêter.

- Comment vas-tu ma chérie ? Je sais que tu as dû faire des choses horribles ce soir pour survivre, et voir tes amis vivre. N'hésite pas à en parler, ne laisse pas ça te ronger. Ça serait laisser une Lord une certaine victoire sur toi et cela, je ne le permettrais pas.

- Merci grand-mère. Oui j'ai vu des choses horribles, j'ai même tué.

Je gardais la tête baissée, puis dans une grande inspiration, lâchais la bombe :

- C'est moi qui ait tué Ronald Weasley. Et ce n'est pas le seul dont j'ai le sang sur les mains.

Le regard chaleureux et inquiet de ma grand-mère ne varia pas d'un iota. J'en fus immensément soulagée.

- Ma chérie. Quoi que tu aies dû faire, tu l'as fait pour rester en vie et pour garder tes amis en vie. Je suis terriblement désolée que tu en aies dû arriver à de telles extrémités. Ce que je vais te dire, va peut-être te paraître inutile et facile, mais, tant que le Ministère n'est pas tombé, nous sommes en guerre. Dans tout les conflits, il y a des morts. Ce soir, tu as dû sacrifier une partie de toi, une partie que tu ne retrouveras jamais. Sache pour autant, que ce n'est pas pour autant que je n'en t'aime pas moins. Ton grand-père sera d'accord avec moi.

- Mais je suis une meurtrière ! C'est mal !

- Ma chérie, calme-toi. Je sais que tu te sens mal, même si je ne peux pas imaginer à quel point. Mais parfois à situations extrêmes, réponses extrêmes, cela ne veut pas dire pour autant que tu es quelqu'un de mauvais. Non ! pas du tout. Une soirée ne détermine pas ce que tu es. Tu as le droit de te sentir mal. Il va te falloir du temps pour te sentir mieux.

- Je me sens tellement coupable Grand-Mère.

- C'est normal ! Tu connaissais ce jeune homme. C'est justement à cause de cela que tu culpabilises. Toutefois, il ne faudra pas t'enfoncer dans la dépression, n'oublies pas, nous sommes là avec ton Grand-Père.

- Comment guérir de ça ? De ces horreurs ? De cette trahison immonde ? De ces images ?

A ce moment-là, je pensais aux Weasley, à Harry, Hermione et Draco qui avaient du se sentir tellement trahi par Ron, en qui ils avaient confiance. Je pensais à mes amies, que je venais à peine de retrouver et qui étaient mortes. Je pensais à nos âmes irrémédiablement mutilées. Une génération d'enfants brisés. Je secouais la tête et repris

- Pour le moment, je me sens plutôt anesthésiée du côté des émotions, dès que je ferme les yeux, je les revois mourir. Tu vas peut-être trouver ça bizarre et malvenu, mais sinon, pour une fois depuis bien longtemps je me sens à ma place. Je ne laisserais plus mes parents m'éloigner de ce monde. C'est le mien.

Je sentais que je recommençais à trembler fortement, que ma voix s'emportait, mes yeux s'embuaient. Grand-mère me prit dans ses bras, je sentis qu'elle pleurait, qu'elle pleurait pour tout ce qui était arrivé aujourd'hui, pour le fait que des enfants avaient du tué, parce que les adultes n'avaient pas été suffisamment courageux pour faire leur travail, quand il aurait fallu le faire.

- Ma chérie, sache que je ne pourrais pas être plus fière de toi. Tu es si forte et courageuse. Si tes parents ne comprennent pas ce fait, tu viendras vivre avec nous. Tu retourneras dans le monde sorcier, tu y vivras parce que tu en fais parti, comme nous en faisons parti avec ton grand-père malgré notre absence de pouvoirs.

Je me mis à pleurer à mon tour. C'était trop pour la même journée, je craquais. Je me sentis trembler de plus en plus fort dans les bras de grand-mère, puis une intense chaleur commença par me brûler l'intérieur. J'avais l'impression d'étouffer tout d'un coup, je tentais de reculer, mais mes jambes lâchèrent sous moi, je me retrouvais à genoux dans l'herbe humide. Une terreur abjecte me saisit : peut-être qu'un des sorts que je n'avais pas reconnu se déclenchait maintenant. Je tentais de parler, en vain. La dernière chose que je vis fut le visage horrifiée de grand-mère, qui avait dû avoir la même pensée, puis ce fut le noir.

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