Titre : En pleine jungle
Auteur : ylg
Base : Spirou : Alerte aux Zorkons/La face cachée du Z
Personnages/Couple : Astrid & Lena
Genre : gen-ish/un peu aventureux
Gradation : G / K
Disclaimer : propriété de Fabien Vehlmann & Yoan ; je ne cherche pas à me faire de sous avec.

Thème : 3#5, « perdre le nord » pour 5 sens
Continuité/Spoil éventuel : juste avant/début de Alerte aux Zorkons
Nombre de mots : un petit millier

oOo

Ah oui, les vacances avaient bien commencé. Un coin de campagne verdoyant et surtout reculé. Des autochtones pittoresques mais à ne pas approcher de trop près. La technologie de ce village, à leurs yeux, était à peine un cran au-dessus de celle de l'Âge de Pierre. C'est ce qu'elles recherchaient, après tout : s'éloigner de leur vie normale. Et baiser joyeusement sous leur tente voire directement sur la mousse, puisqu'il n'y avait personne alentour pour les voir, dans ce petit coin de verdure qu'elles sont trouvées. Perdre la tête, retrouver les sens...
Et tout se passait à merveille... à quelques fourmis dans la popote et quelques brindilles dans les sous-vêtements près.

Jusqu'à ce que tout à coup ça ne soit plus quelques fourmis et quelques brindilles mais une jungle entière complètement délirante !
En moins d'un jour, le charmant petit bled semi-moyenâgeux s'est transformé sous leurs yeux en un décor « façon Amazonie » de Série B. Les plantes de plus en plus délirantes poussaient à vue d'œil .

« Astrid, qu'est-ce qui se passe ?
- Je n'en sais rien, je n'ai pas plus étudié la biologie que toi.
- La biologie non, mais les erreurs dimensionnelles... Et le Triangle des Bermudes ?
- Erreur de jeunesse, je n'y crois plus depuis longtemps. Je ne crois pas que ça expliquera ça.
- Qu'est-ce qu'on va faire ? Nous sommes perdues !
- Pas de panique, d'abord. »

Après tout, elles savent toujours où elles sont : elles n'ont pas bougé. Ce qu'elles ne savent pas, c'est ce qui se passe plus loin, au-delà de ce fouillis, dans le reste du monde. Et faut-il aller voir ? Elles décident que oui. Ça n'est peut-être pas ce qu'il y a de plus sage, mais la curiosité est la plus forte.

S'il n'y a plus de repères visibles, il faut marcher toujours dans la même direction. Et comment trouver le nord quand on n'a pas de boussole et pas suffisamment accès au soleil pour utiliser le coup de la montre et de sa trotteuse, si tant est qu'on sache comment procéder ?
» J'ai su le faire.
- Tu sais le refaire maintenant ?
- J'ai peur que non.
- Bon. Cherchons la mousse sur les arbres. La mousse pousse côté nord.
- Tu as déjà vu la mousse pousser vraiment d'un seul côté sur un arbre ?
- Je ne les ai jamais regardés d'assez près pour ça. »

C'est le moment où jamais de chercher. S'approchant d'un pas qui se veut résolu de la forêt qui semble elle aussi s'avancer vers elles, elles somment leurs maigres connaissances sur la flore locale. (Où sont leurs honnêtes bouleaux ?)

« C'est magnétique, de la mousse, pour pousser vers le nord ?
- Non, c'est une histoire d'ensoleillement et de température. Ça aime la fraîcheur et l'humidité. »

Mais ça c'est la théorie, et dans un forêt si luxuriante... ça n'est pas la réalité.

« Cette mousse pousse en anneau, sur tout le pourtour.
- Celle-ci développe un tronc.
- Ça n'est pas de la mousse, alors.
- Mais ça n'est pas un arbre normal non plus. »

C'est alors que passent les premiers animaux... pas normaux non plus. De moins en moins normaux.

« On perd la boule, tu crois ?
- Si on est deux à faire les mêmes hallucinations...
- Regarde !
- Un dinosaure ? »

Un dinosaure. Un dinosaure! C'est à ne pas en croire leurs yeux, mais dans ce cas, que croire ?

« Nous sommes vraiment passées dans un autre monde !
- Pas- pas de panique. Ce truc est herbivore. Je crois. De ça on ne risque rien.
- Mais de tout le reste ? »

Du reste apparaît tout à coup une silhouette humaine, à voix humaine.

« Mesdemoiselles, s'il vous plaît ! »

Un vieux monsieur à moustache blanche respectable, oui mais, pour elles Suédoises qui parlent à peine français et encore secouées par le dinosaure surgit de nulle part, comment êtres sûres qu'ils s'agit d'un monsieur respectable de Champignac-en-Cambrousse, début de vingt-et-unième siècle, ou respectable d'il y a trois siècles de ça, ou avec un mode de respectabilité complètement différent parce qu'issu de l'Âge de Pierre ?
La manière dont il se présente, au tout début, n'arrange pas les choses. Elles ne comprennent rien à son discours et il faut qu'il répète plus lentement et plus simplement avant d'arriver à quoi que ce soit.

Tomber ainsi par hasard sur Pacôme etc de Champignac, ne les renseigne d'abord pas beaucoup.
Puis, ayant établi qu'ils en étaient toujours au même lieu et temps et qu'ils pouvaient s'aider mutuellement... Enfin, ça les aide à ne plus se sentir si perdues : d'abord lui est aussi perdu qu'elles. Ensuite, à force d'explications, il s'avère qu'il est un gentil professeur ; tout de suite, elles qui aiment leurs études scientifiques, ça les remet en confiance. Ensemble donc, ils font le point.

Elles avaient les moyens d'appeler au secours sans savoir qui, il avait quelqu'un à joindre sans le pouvoir. Maintenant, ils peuvent mettre quelque chose en marche. Et en attendant qu'il arrive autre chose, he bien, ils organisent pas juste une survie minimale mais refont carrément leur vie quotidienne avec un nouvel optimisme. Avec lui pour leur parler de la faune et la flore qu'ils observent et apprivoisent ensemble, et elles avec les idées et les muscles pour organiser un camp, l'avenir n'est plus si dramatique. Ils s'en sortiront très bien, si ça continue sur cette lancée. Ils peuvent prendre des tas de choses en main. Et comme ça ne sert à rien de s'inquiéter de ce sur quoi ils ne peuvent rien changer avec la meilleure volonté du monde, he bien, ils s'adonnent avec une joie renouvelée à leurs vacances un peu forcées.

C'est presque à se demander : Y a-t-il vraiment besoin qu'on vienne les chercher ?
La situation est complètement démente, tellement que les repères habituels ne veulent plus rien dire.

« Oh, si on restait là, deux nouvelles Èves... si la vie évolue vraiment si vite, si ça se trouve nous pouvons y refaire la nôtre ?
- Lena, ma chérie, tu rêves un peu trop...
- Ça ne fait pas de mal de rêver !
- Mais on a encore une plate-forme d'observation à bâtir. Ensuite, on pourra penser à autre chose.
- Comme le chant des taupes-calamars au crépuscule ? »

(Au fait, maintenant il y a une espèce de mousse magnétisée à Champignac.)