Bonjour tout le monde, voici la suite de l'histoire de Abigail.

J'espère que ça va vous plaire :)

Réponse à Swangranger : Merci pour ce second message c'est très gentil ! Pour la personnalité d'Abigail, oui elle est complètement traumatisée, mais dans ce chapitre, tu vas avoir de nouvelles informations sur son état. Sa reconstruction devrait se dérouler sur une bonne partie de l'histoire. Ce chapitre, par contre, reste assez sombre au niveau des nouvelles.

Bonne lecture !

Chapitre 6 : Sainte-Mangouste

Lorsque je me réveillais, j'entendis d'abord de voix floues autour de moi, qui devinrent de plus en plus claires au fur et à mesure que j'émergeais. Même si elles chuchotaient, je pus comprendre qu'elles parlaient de mon cas, comme quoi, j'étais plongée d'un coma magique et que personne ne savait quand j'allais me réveiller, mais qu'aucun sort reçu n'était responsable de mon état. Intérieurement, j'étais grandement soulagée, et l'idée d'un coma magique ne m'étonnait pas tant que ça : il y avait tellement longtemps que je n'avais pas pratiqué la magie et encore moins aussi intensément. Mon corps devait être complètement épuisé.

Je grognais légèrement pour leur signaler mon réveil, mais n'osais pas ouvrir les paupières : fermées, la lumière me paraissait déjà presque trop vive. Quelqu'un se précipita vers mon lit, et d'après ses borborygmes entreprit de m'ausculter magiquement.

- Miss, pouvez-vous ouvrir les yeux ?

Je secouai doucement la tête et ne pus retenir une grimace : tout mon corps me faisait horriblement mal, j'avais l'impression d'avoir fait du sport intensif pendant trois jours tant j'avais de courbatures. La lumière baissa et mes yeux s'entre-ouvrirent : il s'agissait d'un médicomage et le plafond de la chambre ne ressemblait pas à l'infirmerie de Poudlard, je devais sûrement être à Sainte-Mangouste.

- Bonjour Miss, me fit-il avec un doux sourire. Bienvenue à Sainte-Mangouste, au service des maladies magiques, je suis le médicomage Stones. Nous sommes le 20 mai, vous avez dormi seize jours. Comment vous sentez-vous ?

Il me tendit un verre d'eau pour que je puisse réhydrater ma gorge complément asséchée. Je vis les autres personnes présentes sortir de la pièce

Bonjour Monsieur, répondis-je, la voix pâteuse. J'ai l'impression qu'un troupeau d'hippogriffes m'est passé dessus.

Ah très bien. C'est une des conséquences de votre utilisation intensive de magie après une période de longue abstention. C'est d'ailleurs ce qui vous a fait tomber dans le coma. Je vais vous faire apporter une potion contre la douleur. Quand vous vous sentirez mieux, nous allons avoir une longue discussion sur les raisons de votre présence à Sainte-Mangouste. Votre famille a déjà dû être prévenue de votre réveil et devrait arriver demain matin, surtout ne faites pas d'efforts. Il faut absolument vous reposer.

Bien monsieur.

De toute façon, je ne comptais pas bouger de mon lit avant un moment, le temps que les douleurs s'estompent. Rien que le fait de parler me faisait mal. Il sortit de la chambre et revint dans les deux minutes suivantes m'apporter la potion promise et repartit aussi sec. Moins de cinq minutes après, je lâchais un soupir de soulagement, ça faisait vraiment du bien.

La fenêtre me laissa voir les étoiles, visiblement, nous étions au beau milieu de la nuit. Ma baguette était juste à côté de mon lit, sur la table de nuit. Mais j'avais l'esprit alerte et je me doutais que je n'arriverais pas à me rendormir avant l'arrivée de ma famille, arrivée qui me faisait quelque peu peur sachant dans quelles circonstances je les avais quitté. J'avais même peur de me rendormir et de ne plus me réveiller. J'espérais que tout se passerait bien, mais des doutes persistaient. Je m'inquiétais aussi à propos de la conversation demandée par le médicomage, cela signifiait-il que je n'étais pas sortie d'affaire ? Ou qu'il y avait des complications ? Je me demandais aussi ce qu'il en était de mes grands-parents. Pourtant, ma principale interrogation tournait autour des changements liés à la bataille contre le Lord dans le monde magique y-en avait-il eu ? Si oui lesquels ? Est-ce que Harry, Draco et Hermione, mes compagnons d'arme les plus proches, à présent que toutes mes amies sorcières étaient mortes, allaient-ils bien ? Je ne voulais plus rester dans l'ignorance des faits du monde magique, je l'avais été beaucoup trop longtemps.

En même temps, j'avais l'étrange impression d'avoir oublié quelque chose de très important, quelque chose qui avait dû me marquer, mais sur lequel je n'arrivais pas à mettre le doigt. J'avais beau cherché, rien ne me revenait, hormis des flashs très flous de la bataille : mes métamorphoses, le Feudeymon, une conservation avec des Serpentards. Le reste m'échappait, mais bon vu que je sortais du coma c'était peut-être normal. Il faudrait que j'en parle aux médicomages la prochaine fois.

Je me mis aussi à réfléchir à mon avenir : je n'avais pas mes ASPICS dans le monde magique, quant à mes examens de première je pouvais faire une croix dessus. En résumé, je n'étais pas diplômée et il fallait des diplômes pour avoir un travail. Peut-être pourrais-je passer les ASPICS en candidat libre ? Il fallait absolument que je sois reconnu comme une sorcière à part entière si je voulais, comme je l'avais promis à mes grands-parents, reprendre le nom des Nott et faire évoluer les législations, pour que ne se perde pas toute la culture sorcière. Il fallait aussi que je prenne contact avec Théodore Nott, en espérant qu'il se souvienne de nos deux phrases échangés. Il y avait déjà bien assez de connaissances qui s'étaient perdues avec la mort d'un grand nombre de membres des grandes familles nobles sorcières.

Toute à mes cogitations, je ne rendis pas compte que le matin était arrivé. J'étais partie si loin dans mes pensée que l'entrée de mes parents me causa une grande surprise. Maman se jeta sur moi, en pleurant de bonheur. Melina fit la même chose de l'autre côté du lit. Quant à mon père, il se contenta de rester debout en bas du lit et à me regarder sans dire un mot, en contraste complet avec les deux autres membres de ma famille.

Comment vas-tu ma chérie ? J'étais si inquiète. Le médicomage a dit qu'il te gardait encore quelques jours pour faire quelques tests supplémentaires et s'assurer que tu vas bien.

Ne nous fais plus jamais une peur pareille, rajouta Melina, les larmes aux yeux.

J'eus soudain honte de mon comportement, mais je savais que ma présence à Poudlard avait été nécessaire, même si le formuler de cette façon était quelque peu orgueilleux de ma part.

Elle ne risquera pas Mélina, parce qu'elle ne remettra pas les pieds dans le monde magique, dit mon père. Tu m'as profondément déçu par ton comportement ma fille. Je pensais t'avoir élevé mieux que ça. Je n'aurais pas du t'envoyer chez les parents de ta mère.

Je refuse, s'exclamais-je en me redressant brutalement.

Je grimaçais sous le geste, me retenant de gémir de douleur. J'avais l'impression que mon corps avait été roué de coups plus vicieux les uns que les autres. Ce simple geste me fit entièrement tremblée, j'étais vraiment très faible, encore plus que ce que j'avais imaginé. Après avoir inspiré à fond pour pouvoir ignorer la douleur, je repris :

Le monde magique est mon monde.

C'est non, jeune fille. Dès que tu seras guérie, tu vas rentrer à la maison et finir tes études.

Le ton très dur de mon père me semblait incompréhensible. D'après le peu de souvenirs que j'avais nous avions gagné, alors je ne risquais plus rien non ? De toute façon, je ne repartirais pas.

Non.

Tu obéiras.

Certainement pas. Je vais t'apprendre deux faits. Premièrement, je suis majeure dans ce monde et face aux lois anglaises moldues. Secondement, si j'ai été autant de temps dans le coma, c'est parce que tu m'as interdit de me servir de ma magie pendant près de deux ans !

Qu'est-ce que cela signifie ?, réagit vivement Maman. Explique-toi Abigail.

Je lui exposais le résultat de mes cogitations et de mes connaissances sur le sujet. Lors de mon arrivée à Poudlard, j'avais plusieurs ouvrages sur le thème pour tenter de comprendre comment la magie fonctionnait. Ce sujet me passionnait littéralement. Pourquoi existait-il des cracmols et des né-moldus ?

Chez les sorciers, chaque individu possède un noyau magique en lui. C'est le cœur de leur être, du moins, plus tu descends d'une ligne dite pure, plus il peut influencer sur la santé du sorcier. Il se construit de la naissance jusqu'à la vingtième année, où la magie atteint sa puissance maximum et où le noyau se stabilise complètement. Le sorcier doit régulièrement faire de la magie pour évacuer le trop-plein produit par le noyau. Or comme je n'en ai pas fait, la mienne s'est accumulée pendant un long moment, et le fait d'avoir du la libérer de façon très intensive sur une très courte période pendant la bataille n'a pas dû aider à mon équilibre magique. Résultat je suis tombée dans le coma.

Mais dans ton cas, l'influence aurait du être minime, puisque nous ne pratiquons pas la magie, du coup ne plus en faire de nouveau ne devrait pas te causer de mal, surtout que tu n'es plus très loin de tes dix-neuf ans., reprit triomphalement mon père. Et puis, où iras-tu vivre si tu refuses le monde de tes parents ?

Grand-mère et Grand-père ont accepté que je vive chez eux. Pour mon noyau magique, tu te trompes : grand-mère et grand-père sont certes des cracmols, mais ils ont tout de même en eux un noyau magique et descendent d'une lignée de sang pur, ce qui veut dire que maman aussi en a un et peut être considérée comme une sang pure par la société sorcière malgré son absence de pouvoir. Et toi papa, tu en as un aussi, puisque ta maman était une sorcière à part entière et descendait aussi d'une lignée de sang pur. Papa, tu es donc un sang mêlé. Tout cela fait de moi, une quasi sang-pure puisque selon le cadre magique, lorsqu'il y a plus de la moitié du sang d'une lignée dite pure, la personne est considérée par la magie aussi comme une sang-pure. En bref, cela signifie qu'aujourd'hui mon noyau magique est dangereusement instable et qu'il faut que je pratique de la magie pour éviter de graves complications.

Oh ma chérie ! Nous ne savions pas ! Je comprends mieux pourquoi mes parents étaient complètement opposés à l'idée que nous te coupions complètement du monde magique. Je suis terriblement désolée ma chérie., me dit ma mère en se remettant à pleurer. Nous avons été des parents déplorables, reprit-elle en s'adressant à son mari, n'envenimons pas la situation. Le monde magique est nécessaire pour sa santé et tu sais comme moi, que le notre ne lui plaît pas.

Dans ce cas, tu iras vivre chez tes grand-parents. Je ne veux plus te voir chez moi, assena mon père, d'une voix ferme. J'ai supporté ces idioties magiques pendant six ans, cela suffit amplement. J'ai vu comment ma mère était : toujours dans ses grimoires étranges, à faire des mixtures et à déblatérer sur des créatures étranges. J'étais presqu'une honte à ses yeux puisque la magie ne m'avait pas choisi, c'est que je ne devais pas le mériter. Je ne voulais pas que mes enfants soient magiques, visiblement j'ai échoué avec toi. Tu es devenue aussi anormale qu'elle.

Le silence qui suivit sa tirade me parut assourdissant et terriblement lourd. J'étais sous le choc. Je savais que l'harmonie dans ma famille était fragile et que depuis un certains temps, nous jouions de plus en plus la comédie les uns envers les autres, mais je m'attendais pas à ce que le miroir se brise définitivement, du moins pas de cette façon. La réalité me faisait frissonner d'horreur, mon souffle me manquait, les douleurs dans mes membres se rappelèrent à mon bon souvenir, et je ne pus m'empêcher de gémir. Malgré, les principes éducatifs de mes grands-parents sur l'impassibilité des Sang-Purs, je me sentais blême et au bord des larmes. Dans ma tête, c'était la tempête. Je ne comprenais pas. Je ne pouvais pas croire ce que j'entendais. Ce n'était pas possible. Pendant toutes ces années, mon père m'avait donc jalousé de détenir des pouvoirs magiques et il refusait à présent que je fasse parti de sa vie ou presque. Comment est-ce possible ? Je retins difficilement un haut-le-coeur. A mes côtés, ma mère et ma sœur étaient blêmes. Sur les joues de Mélina, des larmes coulaient. Elle regardait notre père, si nous pouvions toujours l'appeler comme cela, comme si elle ne l'avait jamais vu de sa vie. Ce détail, plus que tout autre me choqua, cela voulait dire que je n'avait pas mal compris. Cela voulait que mon père ne voulait pas de moi. Je n'étais pas assez « normale » à ses yeux.

- Sors immédiatement, Lionel, tonna ma mère, ses yeux verts emplis d'une colère immense, nous surprenant tous. Sors immédiatement de cette chambre. Tu devrais avoir honte de te comporter de telle manière envers ta fille. Tu devrais au contraire être fière de ce qu'elle a fait pour son monde. Elle a osé faire bouger les choses et n'est pas restée terrer avec nous pendant que d'autres se battaient à sa place pour son avenir. De plus, si je comprends bien ce qu'elle nous a expliqué sur sa magie, si elle n'y avait pas été, sa magie aurait continué à s'accumuler. Il est facile de déduire qu'un jour la coupe étant trop pleine, sa magie aurait réagit ! Et qui sait ce qu'il se serait passé ? Qui sait ce qu'il serait arrivé à notre fille ? Déjà qu'en l'ayant utilisé, elle est tombée dans le coma, alors ça aurait pu être bien pire. Sors d'ici, je ne veux plus te voir.

Nous lançant un dernier, notre père obtempéra. Je pus cependant distinguer qu'il avait l'air soulagé. Peut-être parce qu'il avait enfin vider son sac. Ma sœur et moi étions toujours le choc, mais voir notre mère réagir de cette manière renforça encore plus notre état d'hébétude. Jamais nous ne l'avions vu dans un tel état de rage, et surtout pas envers notre père. Elle se laissa quelques instants pour recouvrer ses esprits et se tourna vers nous :

Ce soir, nous allons dormir chez mes parents. Ils devraient d'ailleurs passer te voir dans l'après-midi. Je tiens à vous dire, que je ne soupçonnais pas cette facette de votre père. Melina, dans trois jours, tu vas avoir tes examens, d'ici là, tu ne retourneras pas au lycée. Ma chérie, je vais aller me renseigner pour cette histoire de lignée pure et de sang-pur. Parce que si je te comprends, ta sœur, et moi-même avons de la magie dans le sang, mais en trop petites quantités pour pouvoir l'utiliser.

Oui, Maman c'est bien cela.

Tu m'as donné matière à réflexion et le médicomage m'a dit qu'il fallait que tu te reposes, alors nous allons te laisser. Nous repasserons ce soir, avant la fin des heures de visites pour t'apporter quelques affaires et de donner des nouvelles. Je t'aime ma chérie.

Je t'aime Maman.

Les pleurs m'emportèrent à mon tour et nous finîmes par faire un gros câlins à trois sur mon lit. Melina releva la tête, incertaine :

Cela voudrait dire que nous pourrions, nous aussi, vivre dans le monde magique.

Oui bien sur.

Je savais que Melina avait toujours rêvé de découvrir mon monde, mais que notre père lui avait toujours interdit de m'accompagner lorsque je faisais mes courses de rentrée sur le Chemin de Traverse. Maintenant je comprenais mieux pourquoi. Il ne voulait pas qu'elle soit contaminée. Je ne revenais pas qu'il soit quelqu'un d'aussi fermée, alors qu'il avait grandi avec un pied dans ce monde. Cela ne collait tellement pas avec la personne que je croyais connaître. Je me promis d'emmener Melina avec moi la prochaine fois.

Après une dernière embrassade, elles me laissèrent seule. Epuisée par cette rencontre hautes en couleurs, je ne tardais pas à sombrer dans un profond sommeil.

Ce fut le médicomage Stones, qui me réveilla beaucoup plus tard. Il me donna une nouvelle potion contre la douleur et m'expliqua que mes grands-parents, Maman et Melina étaient passés mais qu'ils n'avaient pas eu le courage de me réveiller.

Maintenant, que vous me semblez bien reposer, j'ai une annonce à vous faire. C'est normal que vous n'ayez quasiment plus de souvenirs des heures avant votre coma. Durant votre long sommeil, nous nous sommes permis de vous administrer une potion pour éviter que vous ne soyez trop perturber par votre réveil. Cela a effacé certaines scènes de votre mémoire pour un certain temps. La potion devrait cesser de faire effet d'ici deux mois, le temps que vous soyez rétablie physiquement.

Ainsi donc, cela expliquait pourquoi je n'avais que des flashs. L'impression que quelque chose d'horrible s'était passé se renforça. Qu'avais-je fait ou subi pour qu'une telle potion ait dû être nécéssaire pour s'assurer de mon calme ? La sensation de cauchemar liée à mes flashs n'était-elle que la face immergée de l'iceberg ?

- Suis-je la seule ayant reçu ce traitement ?

- Non, Miss. Plusieurs des combattants de Poudlard l'ont pris, certains dès la semaine suivant la bataille. Ils ne supportaient pas leurs cauchemars.

- Mais si cela efface les souvenirs, comment peut-on être sûre que ce que l'on oublie n'est pas important ?

- Simplement, lorsque les effets de la potion diminuent, des scènes de plus en plus insupportables reviennent en mémoire. Les gens finissent par ne plus le supporter et refusent de savoir le plus horrible. Ils reviennent donc prendre une dose. Dans votre cas, c'était pour faciliter votre réveil, et vous permettre de vous rétablir physiquement avant de vous confronter à une expérience potentiellement traumatisante.

Je hochais la tête. Le raisonnement se tenait. Il me laissa quelques secondes pour digérer la nouvelle avant de reprendre :

je vais vous poser quelques questions si vous me le permettez. Tout d'abord, un coma magique aussi long est assez rare. Ensuite, je voudrais savoir quel est votre statut de sang ? Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas un disciple du Lord, mais les traitement change selon à quel point le noyau est lié au corps.

Mes parents sont cracmols. Ma mère est une sang-pure et mon père un sang-mélé. Ce qui fait de moi, une sang-pure.

Quelle lignée par votre mère s'il-vous-plaît ?

La famille Nott, Monsieur.

Ah ! Ceci explique donc les anomalies dans vos tests. Savez-vous que la famille Nott a des gènes de créatures magiques ?

Oui, je le sais, mais en quoi cela impacte-t-il mon état de santé, puisqu'ils ne se sont pas activé lors de mon dix-septième anniversaire ?

Encore une dernière question et je vous explique tout. Combien de temps avez-vous été privé de baguette avant votre anniversaire ?

Je suis née le 4 août 1979, et mon père m'a pris ma baguette le 6 juin, donc presque deux mois.

D'accord. Alors voilà, dans les derniers tests que nous avons fait, nous avons pu voir que votre noyau est terriblement instable, beaucoup plus que pour une simple privation de pratique de la magie. Les informations que vous venez de me donner sont une partie de la réponse. Vous avez été privé de votre baguette beaucoup trop tôt : dans l'idéal, il aurait fallu que vous finissiez au moins l'année scolaire avant d'arrêter de pratiquer. En effet, il semble clair maintenant que vous deviez recevoir un héritage magique, sûrement lié à vos gènes de créatures magiques. Or, en deux mois, votre noyau a produit un sur-plus de magie qui a bloqué votre héritage et par conséquence a accentué son instabilité. Heureusement, que vous en avez relâché une bonne partie lors de la bataille de Poudlard, sinon il ne vous restait pas plus de trois mois à vivre, ronger par votre propre magie.

Pour la seconde fois de la journée, j'étais sous le choc. Vivre dans le monde moldu m'avait carrément mise en danger de mort. Le médicomage me laissa cinq longues minutes pour digérer ses nouvelles.

Cependant, les nouvelles actuelles ne sont pas toujours très bonnes. Il est possible que le fait que vous n'ayez pas recevoir votre héritage ait endommagé votre noyau magique de façon assez importante, voir même irréversible. Avez-vous remarqué des choses étranges lorsque vous avez utilisé votre baguette à Poudlard ?

Et bien, la puissance de mes sortilèges étaient bien plus élevée que d'ordinaire. J'ai fait de la magie instinctive avant de partir de chez mes parents tellement j'étais en colère. Sur le champs de bataille, mes sortilèges de bouclier tenaient très bien, même face au sortilège Doloris, qui pourtant est bien plus puissant qu'un sortilège de bouclier. A certains moments, ma baguette me brûlait presque, et j'avais la même sensation à l'intérieur de moi.

Hum. Donc cela montre bien, que vous n'êtes pas encore sorti d'affaire, simplement que le délai est plus long. Vous avez énormément de magie en sur-plus dans votre corps, qu'il va falloir enlever.

Comment faire ?

Le médicomage se gratta la tête. Il semblait plutôt gêné par la question.

Et bien, soit on vous fait une ponction sanguine très importante, mais vu votre situation physique, cela pourrait vous tuer. Sinon, il existe une potion expérimentale, qui pourrait faire rajeunir votre corps, et donc votre magie, jusqu'à juste avant vos dix-sept ans pour que vous puissiez recevoir votre héritage. Mais les conséquences sont pour le moment assez importantes et les chances de réussites assez maigres. La dernière possibilité réside dans un rajeunissement d'une année et d'une manipulation magique très complexe pour faire en sorte que vous puissiez recevoir votre héritage magique, non pas à dix-sept ans mais à dix-huit ans, ce qui n'est pas rare parmi les jeunes sorciers ayant un parent ne pratiquant pas la magie. Les vôtres étant des cracmols, cette situation me paraît la plus adaptée. Cependant, là aussi les risques sont assez importants, d'autant plus que nous ne savons pas comment votre noyau va réagir en recevant votre héritage. Il est possible aussi qu'à cause de l'opération, vous perdiez des souvenirs. Toutefois, des trois possibilités, celle-ci reste la moins dangereuse de toutes.

Je choisis donc la dernière option.

Très bien mais je vous garantie que cela ne sera pas sans douleur. Et après il va falloir réapprendre à vous servir d'une baguette magique, différente de celle que vous avez, parce que votre magie sera irrémédiablement changé.

Je le ferais. Je suis une Serdaigle, apprendre est dans ma nature.

Malgré mes braves paroles, je n'en menais pas large. Je ne voulais pas mourir, et surtout pas à cause de ma magie.

S'il vous plaît, pouvez-vous expliquer tout cela à mes grand-parents et à ma mère, je ne pense pas en avoir le courage.

Oui je le ferais. Pour ce qui est de l'intervention en elle-même, il va falloir attendre que vous vous soyez un peu reposer. Je ne pourrais rien mettre en place avant la semaine prochaine. En attendant, essayer d'utiliser votre baguette pour des sortilèges mineurs, et ainsi nous faciliter la tâche pour descendre votre niveau de magie et éviter que vous fassiez une overdose pendant l'opération.

J'acquiesçai mollement de la tête et il sortit, me laissant avec mes pensées tourbillonnantes. Je n'arrivais pas à réalisé que j'étais en danger de mort, sûrement parce qu'il s'agissait d'une menace diffuse que je ne pouvais pas percevoir. Nous étions encore au milieu de la nuit et je me doutais bien qu'avec toutes ces révélations, je ne pourrais pas fermer l'œil, alors je fit ce que le médicomage m'avait conseillé et lançais des petits sorts mineurs, que je sentais pourtant très puissant, comme changer la couleur des murs, faire léviter la chaise, qui était à côté de mon lit. J'avais tellement de magie en moi que la première fois, je cru que j'allais la faire passer à travers le plafond. A présent, que je n'étais plus dans le feu de l'action, je sentais à quelle point la chaleur de ma baguette n'était pas habituelle. Malgré le nombre de sortilèges que je lançais, cette chaleur, presque désagréable, ne diminuait pas. Je finis par m'endormir aux premières lueurs du jour.