Bonjour tout le monde,

Je m'excuse de ce retard : j'ai un emploi du temps de dingue ces dernières semaines.

Bonne lecture ! :)


Chapitre 7 : Visites et réformes

Cette fois, je fus réveillée avant midi. Je ne me sentais pas très bien, des larmes roulaient sur mes joues. J'avais l'impression d'être très triste et en même temps je me sentais terriblement coupable. Impossible de savoir pourquoi. C'était sûrement lié à la dernière bataille et à la potion de suppression temporaire de souvenirs. J'avais vraiment dû voir et faire des choses horribles pour que la culpabilité m'étouffe autant au réveil. J'en vins à me dire que je ne voulais peut-être pas savoir ce qu'il s'était vraiment passé...

En balayant ma chambre du regard pour me changer les idées même si les sensations persistaient, j'aperçus sur ma table de nuit un plateau de nourriture. Cela ma frappa tout d'un coup : à part des potions je n'avais pas mangé depuis ma sortie du coma. Je me régalais, même si il n'y avait que peu de nourriture. Sûrement pour laisser le temps à mon organisme de se réhabituer à des aliments solides.

Peu après, en début d'après-midi, Maman et Mélina passèrent me voir et m'apprirent que notre père avait déserté la maison en emportant avec lui une bonne partie de ses affaires. il ne s'agissait donc pas d'une crise passagère. Elles m'avaient apportés certaines des miennes. Maman se répandit en excuses, elle avait été mise au courant de mon état de santé et culpabilisait énormément. Elles restèrent une bonne partie de l'après-midi, Maman tentant de meubler la conversation en évoquant des faits sans importance. Cependant, l'un d'entre eux retint mon attention : elle m'avait désinscrit du lycée de Londres. Je lui répondis par un grand sourire et un gros câlin.

- J'ai compris ma chérie. Tu ne peux pas vivre dans le monde moldu, du moins pour le moment. J'ai vu à quel point tu n'y étais pas à l'aise. Quoiqu'il se passe après l'opération, sache à présent que tu vas avoir le choix. Quand à moi, j'ai discuté avec tes grands-parents, nous allons prendre contact avec la communauté sorcière. Quant à ta soeur, elle aura le choix de l'un ou l'autre des mondes, même si sa magie est trop faible pour les critères de Poudlard.

- Mais tu sais ! Grand-père et Grand-mère ont bon espoir de faire changer cela. Ils m'ont expliqué qu'aux Etats-Unis, les gens avec une magie faible étaient appelés les Mi-Magiques et avaient le droit comme les sorciers à un enseignement sur la magie, mais beaucoup plus axé sur l'Astromonie, les Potions, l'Arithmancie, les Runes et la Botanique ! Donc si nos grands-parents réussissent, moi aussi je pourrais faire partie de la société sorcière !

- J'en suis très heureuse pour toi Mélina !, lui répondis-je sincèrement.

Je n'avais pas le coeur à la décourager. Je me doutais que malgré les réformes entreprises, les moeurs, quand à elles, seraient beaucoup plus longues à faire évoluer. L'acceptation des Mi-Magiques prendraient donc du temps, sans compter qu'il était grandement possible qu'ils soient cantonnés aux fonctions les plus basses de notre société. Il fallait que j'en discute avec eux. Je sentais mes méninges se mettre à travailler et tenter de trouver des solutions.

Quelques minutes plus tard, elles s'en allèrent, devant aller faire des courses. Je sentais que c'était, en réalité, surtout pour que je puisse me reposer.

Une heure plus tard, ce fut au tour de mes grands-parents, qui, eux, ne restèrent pas longtemps, pour cause de millions de choses à faire. Ils m'apprirent cependant qu'ils étaient partis prenante de la reconstruction du monde sorcier. J'avais rarement vu ma grand-mère aussi heureuse : elle retrouvait enfin son monde perdu. Son bonheur semblait l'auréoler, elle ne cessait de sourire.

Elle me surprit encore plus en me disant qu'elle avait fait une demande pour toute la famille, excepté mon père qu'elle traita de goujat sans cervelle, de reprendre le nom des Nott. Seul Théodore Nott Junior, devenu Lord Nott pouvait s'opposer ou accepter la demande, mais étant donné qu'il avait espionné pour le camps de la Lumière, Grand-mère pensait qu'il n'allait pas refuser. Lorsque je tentais d'aborder le sujet de la conversation que nous avions eu juste avant de partir pour Poudlard, ils me signifièrent que j'en saurais plus après mon opération. Visiblement, je devrais ronger mon frein. Je n'eus même pas le temps d'évoquer la question des Mi-Magiques, ce qui me frustra au plus au point.

Toutefois, ils me racontèrent brièvement comment s'était déroulé la Bataille de Poudlard, comment j'avais aidé Harry. Certaines anecdotes m'évoquèrent des souvenirs flous : un rideau de flammes brûlantes, moi en train de pratiquer le sortilège de Lévitation, en train de me battre contre des Mangemorts, le visage de Hermione couvert d'ecchymoses... Il m'était difficile de tout remettre dans l'ordre et mes grands-parents, d'après ce que j'avais compris n'avaient pas été présents sur le champs de bataille mais uniquement dans la Grande Salle transformée en infirmerie. Par contre, je pus comprendre où s'arrêtaient mes derniers souvenirs nets : le discours de Harry dans la Salle sur Demande.

Pour m'occuper, ils m'avaient apporté un grand nombre de numéros de la Gazette du Sorcier et du Chicaneur, parus tout au long du mois où j'avais été dans le coma. J'avais exactement chaque Gazette du Sorcier parues depuis que j'étais tombée dans le coma, alors que pour le second, seulement une dizaine de numéros. Ils s'entassaient sur ma table de nuit et sur ma couette. Je n'arrivais toujours pas à me lever.

Le premier journal, la Gazette, faisait, la plupart du temps l'éloge des combattants de la bataille de Poudlard. Harry Potter, Hermione faisaient souvent la première page. Neville Londubat était aussi parmi les plus cités pour son rôle « d'organisation de la résistance à l'intérieur de Poudlard ». Etrangement, Ronald Weasley n'était pas cité, ce qui m'intrigua, il était pourtant un membre du Trio d'Or. Tout aussi bizarrement, Draco Malfoy semblait avoir eu un rôle de grande importance aux côtés de Hermione et Harry. Je me souvenais de sa présence, mais je ne pensais pas qu'il avait été aussi important que cela. Les membres de l'Ordre étaient aussi largement mis en avant. Le directeur Severus Rogue avait reçu un Premier Ordre de Merlin posthume.

Dans certains des numéros spéciaux, je découvris même des articles à mon nom, évoquant mon discours et ma longue convalescence à Sainte-Mangouste. Visiblement, les journalistes n'avaient que très peu d'informations à mon sujet, mais ils savaient que j'avais réussi à survivre à un Avada du Seigneur noir en personne pour sauver la vie de Harry. Ils m'avaient affublée du surnom de "Survivante" et je ne pus m'empêcher de grimacer.

Dans le Chicaneur, visiblement repris en main par Luna Lovegood, puisque peu d'articles étranges y étaient intégrés, j'appris qu'un certains nombre de réformes étaient déjà passées : l'idéologie du sang avait été déclarée criminelle, chaque employé du Ministère était sujet à une enquête sur son action pendant la guerre, les procès des Mangemorts arrêtés allaient bientôt commencer, des lois rendant leurs droits aux créatures magiques avaient été actées par le Magenmagot, largement supportées par les combattants de Poudlard. Les Gobelins, notamment, avaient reçus un statu d'égal aux sorciers. Toutes les créatures magiques supérieures, comme les Sirènes, les Gobelins, les Centaures, les Lougs-Garous, les Vampires, les Veelas, et autres, pouvaient se promener librement dans le monde magique sans avoir besoin d'être enregistré auprès du Département en charge des Relations avec les Créatures Magiques. D'ailleurs, il ne fallait plus parler de Créatures magiques les concernant mes des Races magiques, nom qui était aussi valable pour les sorciers. Le Ministère allait être l'objet d'une refonte complète. Kingley Shakelbot assurait le poste de Ministre pendant l'intérim. Augusta Londubat et Amélia Bones étaient en charge d'une commission chargée de rédiger un nouveau code pénal, ainsi qu'un ensemble de lois décrivant les différents pouvoirs de chaque organes du Ministère. Pour le moment, seuls avaient été actée qu'une seconde chambre, en plus du Mangenmagot, serait créée. Ses membres, au nombre d'une soixantaine, seraient des gens de la société magique de tout statut : même les cracmols avaient le droit de se présenter pour devenir un représentant du monde magique. Chacune des Races magiques devait obligatoirement avoir au moins un représentant dans cette assemblée. Je fus superbement heureuse de cette nouvelle : quelle avancée pour notre monde ! Ces représentants auraient le même poids dans le fonctionnement du système politique que le Magenmagot, et pourraient donc proposer des lois, les voter, discuter du budget. Finalement, les moeurs allaient peut-être évoluée plus rapidement que je le pensais, si la société sorcière dans son ensemble était mise à contribution.

J'appris aussi que le Secret magique allait être renforcé : les familles des enfants né-moldus seraient soumises à un Serment Inviolable et informées des risques que courraient leur progéniture s'ils restaient dans le monde moldu. Ils seraient aussi intégrés beaucoup plus tôt dans la communauté sorcière : dès l'âge de six ans, ils recevraient des cours de culture sorcière et de culture moldue, pour ne pas perdre totalement contact avec leur monde. Ces cours seraient aussi obligatoire pour tout enfant issus d'une des Races magiques, afin d'éviter le retour de l'idéologie du sang et de limiter les discrimination. Les enfants Mi-Magiques seraient eux-aussi concernés par cette règle, afin de ne pas être mis au ban de la société. Derrière ces initiatives, je reconnaissais la patte de mes grands-parents. Ils voyaient leur rêve, d'une société plus juste réalisée.

Quand à Poudlard, l'école allait connaître des changements majeurs. Ses cours allaient être réformés de manière drastique : tout les programmes allaient être revus de la première à la septième année. La rentrée était décalée à octobre, ce qui laissait à la commission en charge de ce travail, présidée par le professeur Chourave, encore quatre mois et demi pour tout mettre au point et rénover les parties du parc qui avaient subies de lourds dégâts. Une surprise de taille fut la quasi abolition du système des Maisons : seul le nom restait, mais les étudiants allaient par la suite vivre par année. Le système des Maisons ne serait plus utilisé que dans le cadre de tutorat entre les années inférieures et les années supérieures. J'en fus soulagée. L'appartenance à une Maison ne constituerait plus une barrière entre les élèves et la rude compétition entre les Maisons ne conduirait plus à des conflits à n'en plus finir. Toutefois, le système de points était conservé et la Coupe de Quiddicht étaient conservés ; le premier par tradition et le second parce qu'on ne pouvait pas priver les jeunes sorciers du sport le plus prisé de leur monde. Une importante innovation résidait aussi dans l'ouverture de l'école à toutes les Races magiques. Enfants de sorciers, gobelins, sirènes allaient recevoir un enseignement tous ensemble, une autre façon de faire évoluer la société sorcière vers plus d'ouverture.

Que de changements en l'espace de quelques semaines ! J'avais l'impression de retrouver un monde complètement différent de celui que j'avais quitté : le passéisme habituels des sorciers avait laissé place à un immense enthousiasme. Certes, il restait beaucoup à faire, notamment la complète refondation du Ministère, qui prendrait sûrement du temps, mais le chemin était ouvert et l'espoir d'une société meilleure et plus juste largement permit. J'étais heureuse d'avoir pu contribué à cela, même s'il s'agissait d'une part minuscule. Je me doutais pourtant que tout ces changements ne feraient pas des heureux dans la population magique, notamment envers les nouvelles Races magiques, longtemps considérées comme dangereuses ou inférieures aux détenteurs de baguette.

En début de soirée, j'eus une autre belle surprise. Hermione, Harry et Malfoy me rendirent visite. Au départ, j'eus l'impression d'avoir à faire à des étrangers : ils me reconnaissaient mais pas moi. Ils s'assirent de part et d'autres de mon lit. Il semblait clair que les deux premiers s'étaient mis en couple puisqu'ils se tenaient par la main, et ne cessaient de rougir lorsqu'ils se regardaient. J'eus honte de mon état et de celui de la chambre, et tentais quelque peu de ranger les monceaux de journaux éparpillés sur mon lit. Je me sentis très minable de ne pas pouvoir me lever pour leur souhaiter la bienvenue, mais heureusement cette impression passa très vite. Nous nous saluâmes et nous donnèrent mutuellement des nouvelles, enfin surtout eux. Peu après, je mis directement les pieds dans le plat quand je demandais pourquoi Ron n'était pas là. Les trois blêmirent et je me maudis intérieurement.

- C'est vrai que tu ne te souviens de rien..., fit Malfoy, non Drago vu qu'il semblait me connaître.

Hermione tremblait. Je me maudis une fois de plus. J'avais tout cassé.

- Pour faire court et simple, Weasley nous a trahi et a vendu Harry à Voldemort. Nous avons réussi à le sauver et Weasley est mort. Tu étais présente, c'est à ce moment-là que tu as sauvé Harry du Lord.

Je frissonnais à l'entente du nom maudit. Drago avait résumé ça d'une voix tellement terne.

- Je suis désolée, répondis-je d'une petite voix.

- Pas de problème, dit Harry, d'une voix qui ne convainquit personne.

Je vis dans leurs regards qu'ils leur faudraient du temps pour guérir à tout les trois. Ils méritaient tant d'être heureux, surtout Harry et Hermione, qui en avaient tellement bavé ces dernières années. Leur mise en couple était toutefois une surprise : les journaux n'en avaient pas parlé alors qu'ils semblaient les suivre à la trace depuis la fin de la Guerre, leur demandant leur avis sur chacun des nouveaux projets proposés pour changer le monde sorcier.

La discussion reprenant après un temps de lourd silence, ils m'apprirent que la famille Weasley faisait son deuil, Harry et Hermione se soutenaient mutuellement tout en tentant d'oublier les horreurs de la guerre en travaillant durement à la reconstruction de la communauté magique. Quant à Draco, il attendait son procès puisqu'il avait porté la Marque lors de sa sixième année et avait été complice dans le meurtre du directeur Albus Dumbledore. Il ne doutait pas, cependant, de ses chances de s'en sortir. Sa confiance m'étonnait, mais il pouvait très bien s'agir d'un masque derrière lequel il se cachait. Il ne serait pas jugé avant le milieu du mois de juillet et en attendant, occupait son temps en aidant à la restauration des bâtiments dégradés par la guerre sur le Chemin de Traverses, enfin pour ceux dont les propriétaires acceptaient son aide.

Je fus très très heureuse de les voir, et en même temps surprise : on ne se connaissait pas tant que ça. Je les avais simplement aidé lorsqu'il le fallait. Face à ma timidité subite, ils semblèrent comprendre mon malaise.

- Si tu n'avais pas été là, nous serions probablement tous morts. Déjà parce que nous n'aurions pas pu trouver l'objet à temps et ensuite parce que nous n'aurions pas été assez nombreux pour faire face aux troupes du Lord. Nous sommes là pour te remercier, mais pas seulement, dit Draco.

- Nous voudrions que tu deviennes notre amie., ajouta Hermione.

Je ne sus quoi répondre, j'avais presque tout oublié. Hermione reprit :

- Je te connais depuis ma cinquième année. Nous avons fait nos devoirs ensemble à plusieurs reprises, mais je ne te connais pas vraiment et j'aimerais corriger ce fait. Je voulais déjà te le demander après les évènements du Ministère il y a deux ans, mais je n'ai pas eu le temps. Donc voilà.

- Je soutiens Hermione, sur ce point. De plus, tu m'as grandement étonnée pendant la bataille. Déjà ton discours dans la Grande Salle, waouh. Et aussi ton comportement envers les autres Serpentard : la magie dite noire ne semblait pas te rebuter. C'est tellement rare parmi les sorciers et encore plus chez les nés-de-moldus. Tu m'intrigues, et pas seulement. J'admets avoir un autre but. Même si de nombreuses réformes ont été lancées, pour l'instant aucune ne touche à la magie interdite par le Ministère, et j'aimerais avoir ton aide pour pouvoir changer cela.

J'avais fait cela ? Combien d'autres choses avais-je fait pendant cette soirée ? Tout d'un coup, ne plus avoir mes souvenirs me sembla insupportable. Certes, je me sentais plus éveillée que je ne l'avais jamais été depuis mon départ pour le monde moldu, mais ces morceaux de mémoire étaient importants. D'ordinaire, je n'aurais jamais agi comme ça, j'étais beaucoup trop timide.

Harry, à son tour, prit la parole :

- Je suis d'accord avec Draco. A nous deux, nous détenons quatre sièges au Magenmagot. Et même si mon statut de Vainqueur peut aider à changer l'opinion publique, il faudrait un avis extérieur et nous avons pensé à toi. Tu es une née-de-moldu, neutre par rapport à nous, de par ton éloignement du monde magique, donc ton opinion aura l'avantage de paraître impartiale. De plus, nous voulons te proposer un siège dans la nouvelle assemblée des représentants des Races magiques.

Sous le choc, je me redressais d'un coup et grimaçais au réveil de la douleur dans mes membres.

- Vous… vous êtes sérieux ? Enfin je veux dire, pour les lois anti-magie noire, je veux bien vous apporter mon aide, mais le siège c'est trop. Ce serait complètement anti-démocratique en plus ! Les représentants sont censés être choisi par la communauté magique !

Les trois amis se sourirent et échangèrent un regard. J'eus l'étrange impression d'avoir passé un test. Harry claqua dans ses mains et reprit :

- Bref, nous ne sommes pas venus pour t'abrutir par la vie politique de notre société. Après tout, cela ne fait que trois jours que tu es réveillée. Oui, nous nous sommes renseigné régulièrement à propos de ton état de santé. Et puis, tu as dû voir dans les journaux que tu es considérée comme quelqu'un d'important maintenant. Tout le monde ne survit pas à un Avada, ajouta-t-il en me faisant un clin d'œil.

- En réalité, ce sont tes grands-parents qui nous ont tenu au courant, le reprit Hermione, après lui avoir donné un léger coup de coude. Même si j'admets que concernant les "héros de Poudlard", les journalistes traquent la moindre informations. Tes grands-parents nous aident énormément pour remettre les choses en ordre et mettre en place les réformes. Autour d'eux, ils ont constitué tout un groupe de personnes de Races magiques différentes et de cracmols et ils sont bien partis pour tout changer.

- ça leur ressemble bien. Ils sont tellement idéalistes, fit-je dans un léger soupir.

- Et maintenant, si tu nous disais quand tu sors de cet endroit sinistre, fit Drago, que l'on puisse te montrer ce qui a réellement changé.

J'hésitais à tout leur raconter. D'un certain côté, j'avais honte. C'est parce que d'une certaine manière j'avais renié ma magie que j'étais dans cet état et renier la magie pour une Race magique était l'une des choses les plus graves. De l'autre, leur en parler pourrait peut-être m'aider par la suite, notamment par rapport à la famille Nott et la gestion de mon possible héritage. J'inspirais un grand coup.

- Ce que je vais vous dire est le résultat de mes deux années d'éloignement du monde magique, éloignement que mon noyau magique n'a que moyennement apprécié.

Quel euphémisme ! Pourtant, je n'allais pas leur dire qu'en réalité, il ne me restait que quelques mois à vivre si je ne faisais rien, mais je ne voulais pas leur inspirer de la pitié. Je leur expliquais vaguement que ma magie n'avait pas bien pu se développer, puis l'opération que j'allais subir et gardais le meilleur pour la fin. Je pouvais voir Hermione et Draco froncer les sourcils, ils avaient certainement compris que j'omettais quelque chose.

- Ce souci de magique est en fait lié à mon ascendance. Mes grands-parents maternels sont des descendants de deux branches cousine de la famille Nott. Du côté paternel, ma grand-mère était une sorcière sang-pure américaine, qui a été tuée lors de la première guerre contre le Lord Noir. Même si mes parents n'ont tout les deux pas assez de magie pour être allés à Poudlard, je suis considérée par la société magique comme une Sang-Pure.

Ils me regardaient tout les trois sous le choc. Visiblement, ils ne s'attendaient pas à une révélation pareille, donc mes grands-parents avaient gardé leur démarche de recouvrer leur véritable nom caché. Le plus surpris était sans conteste Drago, sûrement parce qu'il connaissait tout les rouages de la société Sang-Pure.

- Une Nott ?!, s'écria Draco. Décidément, tu nous en as caché des choses.

- Oui, une descendante des Nott. Mes grands-parents ont d'ailleurs lancé des démarches pour pouvoir récupérer leur nom originel et me le transmettre.

- Et bah quand Théodore va savoir ça, il va vraiment être surpris ! Lui, qui pensait être le dernier de sa Maison.

- De plus, une autre chose a contrarié mon noyau magique. La famille Nott est connu pour recevoir des héritages magiques plus ou moins importants liés à des gènes latents de créatures magiques, or mon éloignement de la magie a fait que je n'ai pas pu recevoir cet héritage.

- Tu es donc une véritable Nott, descendante en lignée directe, si ces gènes sont présents chez toi.

- Oui...

Je me tordis les mains, le regard rivé sur la couette de mon lit. Mes leçons de maintien s'étaient faites la mal et mon courage avec, mais il fallait que je me lance. Je relevais la tête et plantais mon regard dans celui de Draco.

- Justement, est-ce que tu pourrais me rendre un service ? Pourrais-tu en parler à Théodore ? Tu étais le Prince des Serpentards, tu dois donc le connaître un minimum non ? J'aimerais vraiment que la requête de mes grands-parents aboutissent. Ils espèrent depuis si longtemps faire parti du monde magique et pouvoir renouer avec ce qu'il reste de leur famille.

Il me sourit doucement et acquiesça.

- Hum, je pense pouvoir faire quelque chose. Cependant, il faudra attendre que son père Théodore Nott Senior soit déchu des droits, ce qui ne devrait plus prendre beaucoup de temps, puisque chaque Mangemort perd automatiquement ses droits dès lors que sa culpabilité est prouvée. Or nous savons tous qu'il était présent lors de la bataille de Poudlard, je me suis même battu contre lui, donc nous avons des preuves. De plus, il va être l'un des premiers à recevoir un procès, si je me souviens, il commence le 4 ou 5 juin, donc la semaine prochaine. D'ici là, je peux aller voir Théodore et lui parler de la requête de tes grands-parents, il ne devrait pas faire de difficulté, je pense.

- Si tu veux bien, avec Harry, nous pourrions appuyer ta demande et peut-être avancer le procès, comme ça, cela serait régler au plus vite., réagit Hermione, qui semblait avoir retrouvé des couleurs.

Je crus que j'allais me mettre à pleurer. C'était si bon d'avoir des gens de votre âge qui se souciaient de vous. Même si je ne me souvenais pas de ce que nous avions vécu ensemble, ils se comportaient comme des amis. Certes, ils n'allaient pas si vite remplacer celles que j'avais perdu dans la bataille, et dont la perte se faisait toujours aussi vive, me donnant parfois envie de me mettre à hurler après l'injustice du monde. Pourtant, ils étaient tout de même là pour moi, et ça, ça n'avait pas de prix. Je me promis de tout faire pour mériter, cultiver et conserver leur amitié. Je pris leurs mains dans les miennes et les serrais en guise de remerciement. Je sentais que si j'ouvrais la bouche, j'allais bel et bien me mettre à pleurer. Hermione dût sentir mon trouble puisqu'elle me prit dans ses bras et me chuchota :

- Oui, tu peux nous compter comme des amis. Nous allons t'aider Abigail, et pas seulement parce que nous avons une dette envers toi, mais par amitié.

Elle me relâcha doucement, veillant à ne pas me faire mal et reprit la parole, sous les regards bienveillants des deux jeunes hommes :

- Seras-tu sorti d'ici le début du procès ?

- Je ne pense pas. Le médicomage Stones m'a dit que l'opération aurait lieu la semaine prochaine. J'imagine qu'après je recevrais mon héritage magique, si tant est que j'en ai un, et que surtout il faudra que je me repose et m'habitue à avoir un corps plus jeune, sans compter les possibles complications de l'opération. Il y a possibilité que je sois frappée d'une légère amnésie concernant certains souvenirs. De manière générale, je pense qu'il faudra au moins compter encore une semaine à l'hôpital après la réception de l'héritage, ne serait-ce que pour rééquilibrer ma magie et vérifier si mon noyau magique s'est stabilisé.

- Hum. Tu ne nous dis pas tout sur les risques n'est-ce pas ?

Je ne pus m'empêcher de grimacer et baissais le regard sur ma couette, devenue tout à coup très intéressante. Par Merlin, Draco était perspicace. Au bout de longues minutes de tergiversations, pesant le pour et le contre, je décidais alors d'être complètement honnête. Ils le méritaient, ils étaient prêts à m'aider. Toutefois, je gardais la tête baissée, je n'avais pas le courage de leur annoncer dans les yeux. D'une voix très basse, je murmurais :

- En réalité, il me reste à peine trois mois à vivre, et la réussite de l'opération n'est pas une certitude. Tout dépendra de mon noyau magique. Il y a aussi le risque que je fasse une overdose de magie mortelle lorsque je recevrais mon héritage. C'est aussi un peu pour ça que mes grands-parents veulent retrouver le nom des Nott au plus vite, de façon à pouvoir utiliser la Magie familiale en cas de besoin.

Tout les trois avaient blêmi et arboraient des masques horrifiés, justement ce qu'au départ je voulais absolument éviter. J'eus soudain l'impression d'être très sale, marquée d'une tâche honteuse. D'un bond, Draco se leva et se mit à marcher en long et large à travers la pièce, nous le suivions tout les trois du regard, attendant l'explosion. Il avait visiblement perdu le contrôle de lui-même, mais je ne comprenais pas pourquoi. Au bout de quelques allers-retours, il s'arrêta net, se planta au bout de mon lit, les points serrés posés sur la couverture, et me dit d'une voix dure, limite colérique, ses yeux gris lançant des éclairs :

- Je te jure que je vais faire tout mon possible pour que la requête de tes grands-parents aboutissent et que tu restes en vie. S'il le faut, je vais en appeler à ma propre Magie familiale, après tout, toutes les grands familles sorcières sont plus ou moins cousines, donc je devrais pouvoir t'aider. Dans deux jours, Lucius Malfoy va gagner un aller simple à Azkaban. Après, je vais pouvoir demander la direction de ma famille et donc recevoir les pouvoirs qui vont avec. Je vais aller Théodore à la première heure demain matin. Tu vas rester en vie.

Sidérée, je n'osais prononcer un mot. Sa quasi violence me faisait perdre mes moyens. Je commençais à me sentir mal et me recroquevillais en tremblant sur moi-même. En me voyant, Draco courut à mon chevet et me prit dans ses bras, jusqu'à ce que je me calme :

- Je suis désolée, je ne voulais pas te faire peur, mais je ne supporterais pas qu'une personne de plus autour de moi meurt.

Hermione me toucha l'épaule en signe de soutien.

- Je suis d'accord., réagit doucement Harry, peut-être pour ne pas m'effrayer. J'ai pu étudié mon propre arbre généalogique. J'ai des liens avec la famille Nott au septième degrés du côté Potter et au cinquième du côté Black. Comme je suis officiellement à la tête des familles Black et Potter, ainsi que Peverell, je peux peut-être aussi t'aider avec ma propre Magie familiale, enfin si Draco me montre comment faire, ajouta-t-il en direction du principal intéressé, qui se contenta de hocher la tête en réponse.

- Draco, nous permets-tu de t'accompagner chez Théodore demain ?, intervint Hermione. A trois, nous pourrions peut-être faire avancer les choses plus facilement.

Draco se tourna vers eux, sembla réfléchir quelques secondes aux avantages liés à leur présence et répondit :

- J'accepte bien volontiers.

- Par contre, les coupais-je, j'aimerais que vous ne mentionniez pas le fait qu'il me reste si peu de temps à vivre, mais simplement les dangers de l'opération et la question de l'héritage.

Ils se tournèrent vers moi et acquiescèrent. Hermione s'approche de mon lit et me prit la main :

- Ne te tortures pas l'esprit, nous arriverons à t'aider. Pour le moment, reposes toi. Nous allons te laisser, il commence à se faire tard.

Les deux autres opinèrent du chef. Nous nous saluâmes et ils sortirent de ma chambre. A peine, avaient-ils passé la porte que je me mis à pleurer. Je ne savais pas pour quelle raison, hormis que j'en avais grandement besoin. Peut-être que la journée avait été trop riche en émotions. Le médicomage de service passa me voir un peu plus tard avec un plateau-repas et mes potions. Après cette visite, j'étais comme en état de choc, je ne pensais plus, je n'y arrivais plus. J'avais l'impression d'être l'actrice de mes propres gestes, sans rien pouvoir contrôler, je mangeais un peu, pris mes potions. Le médicomage ne sembla pas s'inquiéter de mon manque de réaction et repartit aussi vite qu'il était venu. Je m'allongeais en grimaçant et finit par m'endormir avec un sourire aux lèvres : même si je n'allais pas mieux, les nouvelles étaient merveilleuses. Mon monde allait mieux et j'avais des amis.

Des amis…

Finalement, c'est peut-être ça qui allait me sauver.


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