Bonsoir à vous toutes, et tous (on ne sait jamais...)
Je publie ce soir, car demain, j'hiberne lol
Réponses aux guests:
Clexa9223 : Merci pour ton enthousiasme, ça fait plaisir! Navrée, mais il n'y aura pas de soirée pour Régina et Emma... A découvrir dans quelques chapitres ;). Merci pour ta review!
Guest : Si j'écris "blonde" ou "brune", comme "mairesse" ou "shérif" dans d'autres fanfictions (chez moi ou chez les autres), pour désigner nos héroïnes, c'est tout simplement pour éviter des répétitions qui, à la lecture, peuvent être barbantes, lourdes et horribles. Voila ;)
Bien, dans ce chapitre, voila quelque chose que vous attendez toutes... roulement de tambour... la lettre! Et même sa lecture. Haha ;). Bref, je ne suis pas très douée pour ce genre de pratique d'écriture (les lettres...), donc si vous pouviez être indulgentes, cela m'arrangerait ;p! En même temps, elle n'est pas très longue, donc vous etes sauvées.
Ce chapitre doit etre le plus court de cette fanfiction. Bonne lecture quand même !
- Chapitre 5 -
Régina pleurait. Elle laissait les années de tristesse évacuées sont corps et son coeur. Cela devenait trop pesant pour son âme devenue trop fragile. Emma, les bras forts, la maintenaient contre elle, la colère au bord de l'explosion contre ce manipulateur. La blonde ferma les yeux, respirant le doux parfum sucré des cheveux de Régina, avant de s'apaiser légèrement. La femme dans ses bras devait avoir toute son attention. Elle méritait bien cela. Et davantage encore. Tendrement, ses mains se mirent à remuer dans de délicates caresses. Elle sentit la brune frissonner entre ses bras avant de relever la tête. Cette femme, cette inconnue de Boston, réussissait là où beaucoup d'autres avaient échoué avant. L'apaiser.
Leurs regards se croisèrent, et s'accrochèrent quelques secondes. La brune était comme envoûtée par le vert émeraude qui se plongeait dans ses océans chocolat. Leurs respirations étaient calmes, peut-être trop, étrangement. Elles se sentaient bien, et aucune des deux n'aurait voulu être ailleurs. Un léger sourire naquit sur les lèvres de Régina, gênée d'être dans une position comme celle-ci. Le rouge lui monta aux joues quand elle distingua enfin le même sourire chez Emma. La brune s'écarta légèrement, et poursuivit.
- Jusqu'à hier, j'ai refusé toutes propositions. Quelles soient amicale ou amoureuses. Hormis Ruby, personne ne m'approche émotionnellement. Avoua Régina baissant le regard vers le tapis blanc.
- Jusqu'à hier ? Répéta Emma, cherchant des yeux, ceux de la mairesse. Que c'est-il passé aujourd'hui ?
- Vous êtes arrivée. Murmura Régina, d'un ton de voix qu'elle ne se connaissait pas. Je n'ai jamais réagi comme ça. Même avec Ruby.
Emma sentit son coeur s'emballer. Depuis qu'elle avait mis un pas dans ce bureau, elle savait que le reste de ses jours seraient hantés par cette belle femme triste. Le coup de foudre existait-il ? Ressemblait-il à ça ? À cette sensation inéluctable de ne plus avoir les mots, juste de profiter de ce que l'on ressent. De ne pas savoir quoi répondre, juste d'agir. Si bien qu'Emma prît dans le creux de ses mains celle de Régina et se remît a parler d'autre chose.
- Je suppose que la lettre lui était destinée?
- Oui...
- Si vous lui avez écrit, c'est que vous avez où il est...
- Oui. Sidney est journaliste, et il est plutôt bon dans les recherches. Quelles soient légales ou non... Bref, il a remonté sa piste, et m'a tenu informé. Expliqua Régina, passant outre les façons de faire du journaliste
- Pourquoi ne pas vous être déplacé ? Demanda Emma, intriguée par cette solution plus simple.
- Pour être humilié une seconde fois ? Non merci. Riposta la mairesse vivement, encore trop affectée, et le coeur fragile.
- Je comprends... Souffla Emma dans un murmure pour calmer la brune. Vous attendiez quoi avec cette lettre ?
- Je ne sais pas trop. J'espérais qu'il revienne, malgré tout. Admit Régina, presque honteuse d'être si désespéré.
- Vous l'aimez encore ? Interrogea Emma, le coeur battant, craignant une réponse qui ne lui plairait pas.
Régina ferma les yeux. Cette question, elle se l'était posée des milliers de fois. Ses sentiments étaient-ils encore là, ou ne restait-il que le souvenir de ceci. Pendant des mois, elle s'imaginait encore son coeur battre pour cet homme cupide et sans amour. Mais plus le temps passait, plus ses sensations disparaissaient.
- Non. Finit-elle par répondre, de façon franche et déterminée. Mon amour s'est brisé quand j'ai su que ce n'était qu'un jeu pour lui.
- Pourquoi attendre un retour dans ce cas ? J'ai du mal à comprendre.
- Pour qu'il s'excuse. Qu'il me dise, en me regardant droit dans les yeux, que tout ceci était une supercherie. Qu'il me dise que je n'étais pas coupable. Confessa la mairesse dans un murmure qui lui noua la gorge.
- Quoi ? Coupable de quoi ? S'exclama un peu trop fort Emma, surprise par le sentiment qui hantait cette belle brune.
- D'être trop naïve sûrement. Vous savez, j'ai grandi dans une famille où l'on ne sait pas ce que c'est l'amour. J'ai manqué d'affection. Énormément même. Je suppose que je plonge tête baissée, dès que quelqu'un m'en offre. Dévoila Régina, se livrant dans une facilité déconcertante à cette inconnue.
- Je suis orpheline. Je vous comprends quand vous dites avoir manqué d'affection. Mais vous n'êtes certainement pas naïve ! On ne peut pas se reprocher de croire en l'amour, ou en un quelconque sentiment de bonheur. On a tous besoin de se sentir aimer. Une vie de solitaire n'est pas une vie sincère. C'est un poison qui vous ronge insidieusement de l'intérieur, et brule peu à peu votre humanité. Je suis désolée, car on ne se connaît pas, mais vous devez vivre. Et non survivre. Quand je suis entrée dans votre bureau, j'ai vu une femme magnifique, avec un regard désespérément triste. Vous êtes si belle que vos yeux devraient pétiller de joie. Vous êtes jeune, vous avez une vie à vivre qui vous tend les bras, mais elle sera gâchée si vous restez perdue dans le passé. Vous avez tant de choses à voir, à vivre et à découvrir... Ne laissez pas votre passé hanter votre présent.
Emma venait de lâcher mots après mots sans être en mesure de s'arrêter. Elle s'en voulut presque aussitôt, car elle n'avait aucunement le droit de la juger, et d'émettre son avis. C'était le rôle de son amie Ruby. Pourtant, dans les yeux de Régina, il venait de passer quelque chose comme du remerciement. La mairesse serra davantage la main d'Emma, et celle-ci se rassura. Les limites n'avaient pas été dépassées.
- Savez-vous combien de fois on m'a répété ce genre de mots ? Demanda Régina en se levant pour s'avancer vers la fenêtre.
- Sûrement des centaines de fois... Se résigna Emma comprenant que ses mots n'avaient pas eu l'impact escompté.
- C'est exact. Des centaines. Peut-être même des milliers. Mais, c'est que c'est la première fois que je les comprends réellement. Constata-t-elle en faisant de nouveau face à Emma.
Les yeux de Régina étaient humides, mais son sourire les contredisaient. La beauté de cette femme laissa Emma muette, profitant exclusivement d'elle visuellement. La blonde ne se reconnaissait plus. Régina était entrée dans sa vie depuis un peu plus d'une heure, qu'elle sentait déjà son coeur s'emballer pour la mairesse. Était-ce un sentiment de surprotection face à cette femme blessée, ou bien était-ce réellement quelque chose de plus fort ? Emma n'avait jamais ressenti le besoin de protéger quelqu'un hormis Elsa, et elle la connaissais depuis plusieurs années. Pourquoi Régina lui disait cet effet ? Devait-elle se laisser porter, ou devait-elle ignorer son coeur battant ? Pour le moment, Emma était dans le flou. Mais un flou agréable.
Cette blonde venait de lever le voile de la culpabilité qui l'entravait depuis des années. Réalisant enfin qu'elle n'était pas responsable de cet échec, elle ouvrit son coeur au monde qui l'entourait. Les émotions furent fortes, si fortes que la brune se laissa tomber à genoux, laissant des larmes de libération s'échapper de cette prison spirituelle. Elle pleurait, mais elle s'abandonnait enfin à sa vie qui n'attendait qu'elle. Régina sentit une chaleur apaisante l'envelopper et la serrer. À travers les larmes, brouillant sa vue, elle distingua Emma et ses beaux cheveux blonds. Cette dernière venait de s'asseoir par terre à côté de la mairesse, avant de la prendre dans ses bras. Le coeur de la brune fit un bond dans sa poitrine. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas senti celui-ci battre si fort.
- Je t'attendais... Murmura Régina dans un sanglot, se permettant de tutoyer Emma, ce qui la fit sourire.
- Comment ça, tu m'attendais ? Demanda la blonde, copiant Régina dans son tutoiement.
- Je l'ai écrit dans cette lettre. Indiqua la mairesse en saisissant la vieille feuille dans ses mains. Je lui disais dans ce courrier que ça arriverait.
Régina s'installa plus confortablement dans les bras d'Emma, comme ci, c'était la chose la plus naturelle du monde, et elle ouvrit doucement la lettre jaunie par le temps, avant de la lire à haute voix.
Daniel,
Je suis tombée amoureuse de toi. De l'homme qui avait toujours un doux regard posé sur moi, toujours un compliment, toujours un geste tendre. J'ai plongé dans notre histoire parce qu'elle signifiait quelque chose de grand à mes yeux. J'étais prête à tout quitter pour vivre avec toi, loin de Storybrooke. Mais tu es parti. Sans moi.
Tu m'as menti. Tu as menti sur tes mots. Tu as menti sur tes actes. Tu as menti sur tes sentiments. Tu as menti. Tu m'as menti. J'ai cru en tes caresses, en tes baisers. J'ai imaginé ma vie à tes côtés, j'ai cru vivre dans le bonheur. C'était le cas, mais il était faux. Faux comme toi. Mon bonheur s'est enfuit avec mes espoirs, par ta faute.
Le temps passe, je m'inflige le supplice de t'attendre. D'espérer te voir passer le pas de ma porte avec des explications. Les jours défilent encore et encore, tu n'arrives toujours pas. Je me rends compte que tout était utopique. Mais maintenant que j'ai également perdu ce beau rêve, que me reste-t-il ? J'ai envie d'oublier ton visage, d'oublier ton sourire, et tout ce qui me rendait folle de toi. Rien n'y fait. Pour le moment, je n'y arrive pas ! Crois-moi, j'aimerais ! Je dois me battre pour passer à autre chose, mais je n'y arrive pas non plus.
Je garde en moi le souvenir et la sensation de tes mains sur moi, cette chaleur qui éveillait ce sentiment incroyable qui me faisait vivre. Je me dis que tout est un horrible cauchemar, et que je me réveillerai, dans tes bras, heureuse, et mariée à toi. Ton sourire serait de nouveau une motivation pour ouvrir les yeux. Chose qu'aujourd'hui, je n'ai plus.
J'aimerais juste savoir pourquoi ? Pourquoi me suis-je faite avoir ? Pourquoi ai-je laissé le monstre que tu es, m'atteindre à ce point ? J'ai besoin de comprendre. J'ai besoin de ça pour avancer. L'argent était ton seul objectif, ou avais-je de l'importance à tes yeux ? Pourquoi mon coeur bat-il encore si vite quand je pense à toi, malgré tout ? Est-ce parce que mon amour est indélébile ? Est-ce à cause de la tristesse ? Ou est-ce à cause de ma colère ?
J'aimerais avoir des réponses. J'aimerais te dire que le regard que les gens portent sur moi ne m'atteint pas, mais tu m'as humilié auprès de tous. Je veux des réponses, mais je sais que je ne les veux pas de toi. Non. Je ne veux plus rien de toi. Je sais qu'un jour, j'aurais ce plaisir fou de voir dans les yeux de quelqu'un la chose que tu ne m'as pas offert. Du respect. C'est cette personne qui me donnera ce que j'attends. Une chance. Une vraie chance.
Je voulais simplement t'écrire ces quelques mots avant de faire mon deuil. Celui d'un amour imaginaire. Celui d'une vie trop belle. Celui de ma joie. Mon deuil de toi. Car à mes yeux. Tu es mort.
Régina.
- Ta période de deuil est révolue, détruis cette lettre ! Lâcha Emma après un laps de temps silencieux.
Régina réfléchit. Elle voulait avancer. Elle désirait passer à autre chose et vivre enfin. Était-ce nécessaire se demanda la brune. Puis, comme dirigée par les mots de la blonde, la mairesse commença à saisir la lettre sur le côté pour la déchirer. Emma lui emprisonna les mains, bloquant ainsi son acte.
- Non, ne la déchire pas. Les morceaux peuvent être recollés, et ce n'est pas une option. Brûle-la. Déclara décisive la blonde, en plantant son regard autoritaire et tendre à la fois dans les noisettes brillantes des larmes restantes. Regarde-la partir en cendre. Ajouta Emma en tendant un briquet bleu nuit qu'elle sortit de sa poche.
La mairesse écouta, et comprit. Elle se leva, perdant la chaleur du corps d'Emma contre le sien, et se dirigea vers la cheminée. Régina se retourna, pour observer la belle femme blonde encore assisse par terre. La mairesse fronça les sourcils quand elle remarqua Emma occupé sur son téléphone. Trois secondes plus tard, cette dernière dirigea le smartphone en direction de Régina, et captura l'instant. Seule devant la cheminée, la feuille ternie par le temps dans une main, et le briquet dans l'autre, Régina portait un doux regard sur Emma. Les quelques mèches brunes retombantes sur ses épaules, cachant légèrement son visage attristé et son sourire serein, la rendaient magnifique.
- Viens. Manda la brune en tendant, timidement, sa main vers Emma.
Bondissant sur ses jambes, la blonde la rejoint rapidement, restant à ses cotés, patiente et silencieuse, laissant Régina agir a son rythme, et prendre le temps nécessaire à cet acte symbolique. Finalement, après s'être rapprochée suffisamment d'Emma, Régina alluma la flamme, qui, en un rien de temps, consuma le dernier souvenir d'un passé à classer, et à oublier.
Bien... Voila, voila!
Cette histoire se compose en deux parties, dont la première s'acheve à ce chapitre. Dorenavant, elle ne sera plus tournée vers le passé, mais vers le présent, voire l'avenir. Cela se fera assez rapidement car, ne l'oublions pas, cette histoire (depuis la rencontre) se déroule en une journée. Bref, sans en dévoiler davantage, les prochains chapitres seront plus tendu vers l'entraide, le soutien et le partage dont quelqu'un a besoin quand il se décide à regarder devant, et non derrière.
Pour laisser vos impressions, c'est plus au sud sur la touche review ;)
A bientôt!
