Bonjour à tous!

Voici le sixième chapitre, la moitié de cette histoire. Certains trouvent qu'elle avance un peu vite... Patience, vous comprendrez tout à la fin ;)

Un gros merci à celles qui me suivent depuis le début de cette histoire et qui laisse des review à chaque publication. Regina2015, souvent à râler après les personnages, ou quand le chapitre ne répond à ses attentes impatientes ;) et à chaque fois, ça me fait rire, j'adore! Emma2016, pour ses review tout en poésie. MissHarpie, parce qu'elle n'a pas le choix sinon je boude. L.S. McBeat, pour m'avoir motivé à publier la toute première fois. Justinejannedu0760, qui est toujours contente du chapitre publiée peu importe ce qu'il s'y passe. Skippy1701, qui ne supporte pas le suspense. Pilounana, qui a toujours un mot gentil pour nos héroïnes. Bonne Ame, qui développe sa pensée et son opinion sur chaque chapitre. Il y en a beaucoup encore, alors merci à tous les autres également, à ceux qui ont déjà ajouté cette histoire en favoris, et ceux qui la suivent. Bref je vous adore toutes!

Whyamishy, Tu as visé juste... ;)

Réponse à la guest de la semaine : Clexa9223

Il va falloir te créer un compte que je puisse te répondre directement, lol! Je publie tous les dimanche.

Dans ce chapitre, une légère complication, Régina qui en raconte un peu plus sur elle et une décision est prise. La journée chargée, continue.

Bonne lecture!


- Chapitre 6 -

Le dernier petit bout de papier venait de lui échapper des mains, virevoltant jusqu'à rejoindre les autres, déjà en cendre dans la cheminée. Le fin liseré rouge flamboyant, qui se consumait doucement, disparaissait petit à petit, témoignant de la fin d'un règne de culpabilité, de tristesse et de perte de temps.

La brune tourna la tête, et son regard brillant de larme croisa celui d'Emma, fière de ce qu'elle venait d'accomplir. Comme si plus rien ne la retenait, Régina passa ses bras autour du cou de la blonde. Osant faire ce qu'elle se refusait jusqu'alors, la mairesse retrouvait le plaisir d'une étreinte désirée, et surtout rendue. Emma enlaça ses bras autour de la fine taille de la brune, et la rapprocha d'elle. L'une contre l'autre, la brune se sentait enfin libre de vivre.

- Merci Emma. Tu ne me connais depuis seulement, commença Régina avant de regarder sa montre ornant son poignet gauche, à peine deux heures, et tu m'as délivré. Continua-t-elle étonnée par la situation étrange, et surréaliste. Si je n'avais pas revu cette lettre, je pense que j'aurais suivi mon chemin de tristesse, et de solitude. Je ne dis pas que je ne ressens plus rien, mais le voile de mon passé ne m'obscurcit plus l'avenir. Je peux enfin entrevoir le ciel bleu derrière les nuages gris. Tout ça, c'est grâce à toi !

- Régina... Souffla la blonde, les joues rougies par la gêne. Peu importe la raison, le principal, c'est que tu passes à autre chose. Poursuivit Emma, levant la main pour caresser la joue douce de Régina, et d'y chasser une larme solitaire. Mais tu dois encore affronter quelque chose pour être complètement libre. Ta mère.

- Non ! Répondit vivement la mairesse, en commençant à faire les cent pas dans le bureau, perturbée. Je ne lui ai plus adressé la parole depuis ce jour, sous le pommier.

- Pourtant, c'est nécessaire. Ce n'est pas une solution de l'éviter. Affronte-la ! Vide ton sac ! Elle doit savoir qu'elle n'est plus une crainte pour toi, et qu'elle n'a plus aucun pouvoir sur toi.

- Elle n'en a pas! Rétorqua Régina en bloquant toute conversation sur le sujet.

- Ta réaction montre le contraire... Souffla doucement Emma en lui posant la main sur le bras, la faisant arrêter ses pas incessants.

La brune se stoppa nette, le visage fermé et le regard pétrifié à l'idée de reparler a sa mère. Régina était une enfant face à cette horrible femme. Elle retrouvait ses 10 ans, obéissant au doigt et a l'oeil aux ordres de cette femme autoritaire et sans coeur. Longtemps, Régina avait cru ne pas être aimée, jusqu'à ce qu'elle se persuade que c'était une forme d'amour. Une forme de chance d'être élevée si durement, pour avoir un bel avenir. Mais son avenir fut vite oublié, quand elle perdit foi en l'amour et en sa mère.

- Je ne suis personne pour te dire quoi faire. Je veux juste t'aider. Chuchota la blonde prête à tout tenter pour cette brune.

- Je n'ai pas besoin de votre aide. Au revoir. Mlle Swan.

Le ton sec et tranchant fit reculer d'un pas Emma. C'était comme recevoir un coup, mais en plus violent, car il avait atteint son coeur. Une pointe imaginaire lui chatouilla douloureusement le ventre, en se rendant compte que Régina en était revenue au vouvoiement. La barrière de nouveau installée, Emma comprit qu'elle avait sûrement été trop loin. Difficilement, et n'étant qu'une personne de passage, elle hocha la tête, recula d'un second pas et fit demi-tour pour rejoindre la sortie.

Emma était devant les marches, prête à les descendre, mais son esprit était ailleurs. Elle venait de passer les deux heures les plus surréalistes de sa vie. Jamais elle n'avait eu envie de s'investir pour quelqu'un. L'aider à avancer, à reprendre confiance, mais surtout à vouloir la réconforter dans le creux de ses bras. La présence de Régina entre ses bras avait laissé une empreinte à jamais ancrée dans sa mémoire. Le manque était déjà là, mais sa vie devait reprendre péniblement son cours. Comment oublier ce rapprochement si soudain, cette plénitude à ses côtés, la douceur dans ses yeux, et la chaleur de son corps? Emma ferma les paupières, ressemblant tous ses délicieux souvenirs, avant de les enfermer dans une boîte, au fin fond de sa mémoire. Machinalement, son premier pas se posa sur la première marche, les autres suivirent, et très rapidement, la blonde était dehors.

Régina s'en voulait. La seule personne capable de lui rendre le sourire venait de partir. Elle avait suivi son instinct de protection, et avait rejeté la jeune femme. L'évocation de sa mère était trop pour elle. Elle tentait d'oublier son existence, et le mal qu'elle avait pu lui faire, alors qu'Emma lui disait de l'affronter. Les minutes s'évaporait dans le temps, tandis que Régina restait debout dans son bureau, figée par la peur, et par l'inconnu. Elle ne voulait pas qu'Emma parte. Pas comme ça. Et encore moins dans ces conditions. La force de son soutien, la tendresse de ses caresses, et la foi en son avenir, revenaient en puissance dans l'esprit de la mairesse. Les mots écrits des années plus tôt sur sa lettre lui revinrent en mémoire, comme s'ils défilaient devant ses yeux. "Je sais qu'un jour, j'aurais ce plaisir fou de voir dans les yeux de quelqu'un la chose que tu ne m'as pas offert. Du respect. C'est cette personne qui me donnera ce que j'attends. Une chance. Une vraie chance." C'était Emma. Elle était sa chance, et elle venait de la laisser passer.

Les genoux de Régina se mirent à trembler, ne soutenant plus le poids de cette erreur. L'envie de hurler se fit grandement ressentir. Ses mains rejoignirent sa tête, glissant doigt après doigts entre les douces mèches brunes. La mairesse se retenait, mais son coeur se gonflait de rancoeur envers elle-même. Ses muscles allaient lâchés, quand des bras l'encerclèrent au dernier moment. L'odeur qui envahit aussitôt son espace personnel lui fit ouvrir les yeux. C'était Emma. Cette dernière était parti à cause de Régina, mais la blonde était revenue pour elle. Rapidement, la brune se blottir contre la jeune femme, la serrant fortement pour ne plus laisser ce doux rêve s'envoler.

- Excuse-moi... Murmura la mairesse dans un souffle, avant d'éclater en sanglots.

Emma guida Régina jusqu'au sofa, où elles s'installèrent. Leurs mains se trouvèrent naturellement, tandis que la brune se pelotonna davantage contre Emma. Sentant sa tête sur son épaule, et son souffle humide sur son cou, Emma était rassurée d'avoir pris la bonne décision. Régina tentait de se calmer, apaisée par les douces caresses de la blonde.

- Tu n'es pas partie? Souffla Régina avec espoir.

- Je l'étais. Ma voiture était démarrée, prête à quitter Storybrooke. Mais, je ne pouvais pas partir comme ça.

- Pourquoi es-tu revenue? Demanda la brune en relevant timidement la tête.

- C'est ça qui est fou, car j'ignore tout de toi, mais quelque chose m'empêche de te laisser. Tu as été abandonnée une fois, ça suffit. Je sais ce qu'est l'abandon, je veux t'aider, même si tu me repousse, même si tu as peur. Tu n'es plus toute seule.

Un silence passa entre les deux femmes qui se regardaient, les yeux dans les yeux. Le coeur de l'une pouvait faire écho à l'autre, tapant violemment dans leurs poitrines respectives. Emma porta sa main libre jusqu'à la joue de la mairesse. En coulant, les larmes trop nombreuses l'avaient refroidi. Les caresses incessantes de la blonde, ravivait, petit à petit, ce visage si peiné. Le regard d'Emma s'échappa à peine une seconde sur les lèvres rouge de Régina, mais cette dernière le remarqua. Elle n'avait jamais retrouvé ce regard doux et désireux chez quelqu'un depuis Daniel, qui lui, faisait semblant. L'égarement de la blonde disparue rapidement, si bien que la mairesse cru à un mauvais tour de son inconscient. Était-elle sous le charme incontestable de cette jolie blonde? Ou était-ce le fait d'être dans les bras d'un autre être humain? Incapable de répondre à cette question, Régina s'éloigna délicatement de l'étreinte confortable offerte par Emma.

- J'ai suivi ce que m'a dicté ma mère toute ma vie. Commença la mairesse en plongeant dans ses douloureux souvenirs. Si aujourd'hui je fais ce métier, c'est parce que ma mère en avait décidé ainsi. Mon enfance n'a pas été des plus joyeuse. Alors que les autres enfants pouvaient jouer au parc, ou dans leur jardin, j'étais dans ma chambre à les observer par la fenêtre. Je devais faire mes devoirs et apprendre mes leçons par coeur, avant de commencer à étudier les chapitres suivants. Mon adolescence à été rythmé par les cours particuliers de droit, de mathématiques, de violon aussi. J'aimais en faire. J'aimais la sensation que la musique produisait au creux de mon oreille. Quand ma mère a compris que c'était devenu pour moi un divertissement, plutôt qu'une énième façon d'apprendre la rigueur, elle a fait stoppé les cours de musique. Un jour, elle a estimé que je devais prendre mon indépendance pour apprendre la vie d'adulte. Pour ça, elle a acheté une maison, et me la donné. Je venais juste d'avoir 18 ans, et je n'étais encore qu'une étudiante sans diplôme. Certes le cadeau était beau, mais, une fois de plus, intéressé et manipulateur. Avant cette pseudo liberté, ma vie n'a été que solitude et travail acharné. Je devais être la meilleure, et pour en arriver là, il était hors de question d'avoir des amis. Seule Ruby a très rapidement compris ma situation. Elle me transmettait des petits mots dans mon casier, auxquels je ne répondais jamais. Un jour, j'ai répondu. Puis, avec les jours et les semaines, elle est devenue une confidente et un soutien de chaque instant. Elle a été la première épaule sur laquelle j'ai pleuré, elle a été la première à me faire rire. Sans Ruby, je n'en serais peut-être pas là, et le pire dans tout ça, c'est que je ne l'ai jamais remercié. Elle m'a encouragé quand j'ai rencontré Daniel. Il était dans notre école à faire des études de marketing, je crois... Bref, et Ruby à été la le soir ou il est parti. Ce rendez-vous pris avec le Maire de l'époque a propulsé ma carrière. Il suffisait de lui faire un peu de charme, et il me soutenait à l'élection. Depuis, je suis dans ce bureau que je ne désirais pas, dans cette maison qui n'est pas la mienne, dans une vie que je ne vis pas.

Régina terminait son monologue dans un pénible souffle. Évoquer son passé n'était une chose aisée, mais avec Emma à ses côtés, silencieuse, à l'écouter sérieusement, la brune avait moins de difficultés. Quelques larmes avaient coulé, mais la tristesse n'était plus le moteur de ses perles iodées. Le regret prenait de plus en plus de place, et ce sentiment d'inachevé également. Régina était passé a cote de sa vie. Elle avait été spectatrice d'un film triste et sans âme, alors qu'elle aurait du être maîtresse de son destin.

Dans le regard d'Emma, elle trouvait cette force qui lui manquait depuis toujours. Cette force insoupçonnée qui coule dans les veines, jusqu'à inondé l'âme de courage, et de vaillance.

- Il faut que ça change... Murmura doucement Emma, passant un bras autour des épaules de Régina, l'empêchant ainsi de fuir ou d'avoir trop peur.

- Je sais, mais je n'y arriverai pas. Elle a un pouvoir trop grand sur moi. Je ne lui ai jamais dis non, alors y aller pour l'affronter, c'est tout bonnement impossible. Objecta la mairesse, craintive et désoeuvrée.

- Et si je viens avec toi? Proposa la blonde, un léger sourire dessiné sur ses lèvres. Si je suis là pour t'aider, et te soutenir, tu essayerais?

- Pourquoi tu ferais ça? Demanda la mairesse, intriguée et pleine d'espoir.

- Je ne sais pas... Avoua Emma simplement, en haussant négligemment les épaules. Je le ferais, c'est tout!

Régina se sentit pousser des ailes. Elle était soutenue. Plus rien n'avait d'importance que la présence d'Emma à ses côtés. Cette inconnue, cette sans-emploi, cette magnifique blonde, venait de lui rendre espoir. Son coeur, si longtemps cloîtré, était à découvert près de cette belle femme. Dire qu'elle se sentait invincible serait un peu présomptueux, mais elle se sentait capable d'avancer. Et si elle devait affronter sa mère, elle ne le ferait qu'avec Emma. Elle était une force supplémentaire, un repère dans le brouillard de sa vie, le phare illuminant sa route vers la liberté. Cela semblait surréaliste, sachant qu'elles ne se connaissaient à peine, mais la vie est ainsi, déroutante, imprévisible, et parfois, bienveillante.

- Elle habite une petite maison à quelques rues d'ici. Confessa la mairesse, en acceptant indirectement, la proposition d'Emma.

- Nous y allons ensemble.

Emma se leva la première, laissant la brune presque paralysée sur le sofa blanc. La terreur pouvait se lire dans ses yeux, mais la mairesse se leva à son tour, aidée par la main chevaleresque d'Emma. Après un léger sourire d'appréhension, la brune rejoignit son bureau afin de ranger les dossiers de la journée et d'éteindre son ordinateur. Lentement, elle ferma le capot de celui-ci avant de le glisser dans un tiroir, prévu à cet effet.

Récupérant sa veste sur le porte manteau à l'entrée de son bureau, Régina se tourna vers Emma une dernière fois avant de sortir, la blonde sur ses traces.

- Zoé, veuillez noter que je serais absente pour le reste de la journée. Merci. Exigea la mairesse en s'adressant à sa secrétaire.

- Un rendez-vous de dernière minute? Demanda-t-elle avec professionnalisme et un léger zèle.

- C'est un peu ça, oui. Répondit vaguement la mairesse en s'éloignant vers l'extérieur du bâtiment.

- Vous voulez que je le note? Insista la secrétaire, ce qui agaça Emma, la trouvant un peu trop curieuse.

- C'est personnel, Zoé! Je ne vous demande pas ce que vous préparez pour votre week-end. N'oubliez pas votre place. Si cela avait un rapport avec la mairie, je vous aurais prévenu. Sur ce, au revoir.

Emma était stupéfaite par l'attitude de la brune. Autoritaire et légèrement cinglante, elle montrait une facette complètement opposé à ce qu'elle avait découvert dans le bureau. D'abord étonnée, Emma succomba vite à ce côté impérieux de la mairesse. Cette femme meurtrie avait, tout de même, su tirer avantage de ses blessures. Se forgeant un caractère impitoyable et intransigeant dans un milieu où la pitié n'a pas sa place. Sa sensibilité était devenue un trésor inestimable, dont Emma avait été témoin. D'un seul coup, énormément touchée par cette chance incroyable, Emma plaça un bras autour des épaules de Régina pour l'éloigner de sa secrétaire. C'est, face aux yeux ébahis de Zoé suite à cette marque d'affection en public, que les deux femmes quittèrent la mairie.

Machinalement, et sans se préoccuper du monde extérieur, Régina prit la main d'Emma pour l'amener vers sa voiture. Avec le silence pour seul allié, Emma suivit sans protester, jusqu'à s'installer confortablement sur les sièges en cuir de la berline. Le petit ronronnement du moteur se fit entendre rapidement, avant de prendre la route. Quelques minutes plus tard, Régina se gara devant une maison digne des plus grande villa de la côte ouest. Moteur coupé, Régina garda ses mains serrées au volant, se préparant psychologiquement à son entrevue avec sa génitrice. Emma descendit la première, contournant la voiture par devant afin de rejoindre la portière conducteur. Elle l'ouvrit, et s'agenouilla. Une légère brise s'engouffra dans l'entrebâillement de la portière, et fit virevolter quelques mèches blondes. La mairesse fut captivée par cette vision douce et délicieuse. Une envie, depuis longtemps oublié ce fit ressentir. Elle eut envie de l'embrasser. Mais elle se retint, et planta son regard dans l'océan émeraude devant elle.

- Je suis là... Si c'est trop pour toi, on fera demi-tour. Je te le promets.

Ces quelques mots rassurèrent la brune qui ferma les yeux avant de vider ses poumons lentement. En rouvrant les yeux, elle était prête. Sa main dans celle d'Emma, elle sortit de sa voiture. Quand elle posa son regard sur la demeure de son enfance, un frisson froid lui parcourus l'échine. Les tremblements commencèrent, mais la présence d'Emma les calma en un rien de temps. Pas après pas, elles s'avancèrent vers l'entrée colossale, jusqu'à s'arrêter devant la porte noire. Trois coups, quelques sons de talons, et la porte s'ouvrait.

- Bonjour mère.


J'espère que ce chapitre vous aura plus... Je sais que d'habitude je publie le matin, mais j'ai complètement oublié. En fait, je me crois samedi... Bref, voilà pour aujourd'hui.

A bientôt, pour une entrevue plutôt tendue entre mère et fille!

Les review, c'est en dessous, et moi, je vous dis à dimanche prochain!

Bisous

;)