Bonjour, bonjour.

Je publie aujourd'hui, car je bosse tout le week-end, et je n'aurais pas le temps.

Je suis inexcusable, je n'ai pas eu le temps non plus de répondre à vos review. Je le fais aujourd'hui!

Voila le chapitre 10. Bonne lecture!


- Chapitre 10 -

- Si Mlle veut bien se donner la peine.

Emma s'avança vers la première balançoire et l'offrir à Régina théâtralement qui fit glousser cette dernière d'amusement.

- Quelle gentlewoman vous faîtes! Répondit la brune en saisissant la corde que lui tenait Emma

- A votre service. Continua la blonde en reculant de quelques pas dans une révérence approximative pour ne pas offenser cette reine du parc.

Alors qu'Emma prenait place sur sa balançoire, elles se regardèrent, et elles mirent à rire jusqu'à en pleurer. La symbiose entre ses deux femmes était incroyablement surréaliste. La rapidité des évènements et la force des choses rendaient le tout chaotique, mais ordonné. La tension est là, mais le calme est d'apparence.

Elles se calmèrent jusqu'à ce que Régina brise le doux silence.

- Parle-moi un peu de toi.

Cela surpris Emma qui n'était pas réellement habitué à ce genre de question.

- Tu sais, il n'y a pas grand chose à dire.

- Au contraire, je pense qu'il y aurait beaucoup de choses à dire... J'aimerais te connaître davantage.

Emma se mit à gigoter sur sa balançoire, jouant avec ses pieds sur le sol mou pour remuer son corps en suspension. La tête baissée, elle n'osait pas vraiment évoquer sa vie, et pourtant, ses mots se trouvèrent jusqu'à former des phrases compréhensible qu'elle s'entendit prononcer.

- Par ou commencer... Débuta la blonde en plongeant dans ses souvenirs. Je suis née le 22 octobre 83, et mes parents m'auront gardé trois heures trente avant de prendre la décision de m'abandonner. J'ai grandit de famille d'accueil en famille d'accueil, plus ou moins correcte. Une chance, je n'ai jamais subit de traumatisme à la suite d'une famille maltraîtante. J'ai échappé à ça, alors je m'estime heureuse. J'y ai rencontré Elsa et August, depuis, on ne sait quasiment plus quittés. Puis je me suis plongée dans les études, j'ai obtenu mon diplôme à l'Université de Boston en management et commerce international. Je parle 5 langues différentes, et j'adore voyager. Mon rêve, c'est la Norvège. Elsa doit m'y amené un jour. J'aimerais être en pleine nature, l'odeur des pins m'enivrant, alors que sous mes yeux se produirait l'un des plus beaux spectacles naturel au monde: une aurore boréale. J'adore traîner en jogging le dimanche, mais j'aime me lever tôt pour profiter d'une journée complète. C'est paradoxal... Un peu comme moi. Je déteste les hypocrites, et pourtant j'adore critiquer les autres. Je fais sûre de moi, mais je suis terrifiée. Quand je me sens bien, j'ai tendance à fuir. Je mange comme quatre, et pourtant je ne prends pas un kilo. J'aime être seule, mais je ne supporte pas la solitude... Bref, je suis le yin et le yang à moi toute seule. J'ai ma vieille coccinelle jaune qui me suit depuis toujours. A vrai dire, elle est tout pour moi. Ça a été un refuge, une chambre, un cinéma, un cabinet psychiatrique, un hôpital... Elle a tout vécu, et pourtant, elle tient encore sur ses quatre roues. C'est incroyable ! J'ai aussi beaucoup de mal avec la subordination. Obéir aux règles, et surtout aux ordres de quelqu'un, ça m'exaspère. J'ai tendance à faire le contraire. Le salop qui m'a viré était très à cheval sur la ponctualité. Moi j'arrivais le matin avec un air de je-suis-en-retard-mais-j'assume! Juste pour l'énerver. Étant sa meilleure acheteuse, il ne disait trop rien... Jusqu'à aujourd'hui. Bon... je crois que j'ai un peu résumé le personnage. Le reste s'apprend avec le temps.

- Hé ben, pour quelqu'un qui disait ne pas avoir grand chose à dire... S'amusa Régina à taquiner la blonde qui rougissait légèrement.

La blonde était la première surprise d'avoir autant parler d'elle même. Mais elle était encore plus étonnée par Régina, qui n'avait rien dit. Juste écoutée. Elle n'avait pas le regard que certains ont quand la pitié les envahis. Au contraire, elle avait cette lueur pétillante dans les yeux, celle de la fierté ou de l'admiration, mais quoi que c'était, Emma se sentait bien à se plonger dedans.

- Tu me pousses? Demanda la brune, en sentant que le cerveau d'Emma était proche de la surchauffe.

- Avec plaisir ! Répondit Emma, sautant aussitôt sur ses pied pour rejoindre Régina.

Une fois placée dernière la mairesse, la blonde se pencha pour attraper les lianes de part et d'autre du corps de Régina. Doucement leurs joues se touchèrent, et un frisson parcouru le corps de Régina qui trembla légèrement contre Emma. Cette dernière savoura ce moment, espérant qu'elle était la cause de ce spasme émotionnel, et non la nuit et sa fraîcheur.

- Tu as froid? Questionna la blonde par pure politesse et courtoisie.

La tête de Régina pivota vers le doux murmure, et son regard chocolat trouva instantanément les océans émeraudes à côté d'elle. Le souffle coupé par cette promiscuité, Régina n'osa plus bougé. Pourtant, l'idée de se pencher pour capturer les lèvres rosées d'Emma ne quitta plus ses pensées. Régina n'avait jamais été autant attiré par quelqu'un. Le vent presque froid n'arrivait pas à rafraîchir son corps qui chauffait de plus en plus en présence d'Emma. Elle hocha simplement la tête négativement pour répondre à la demande d'Emma, incapable de prononcer le moindre mot sans se trahir elle-même.

- Alors accroche-toi.

Le son plus sombre et plus rauque de la voix de la blonde eurent raison d'elle. Elle se pencha de façon imperceptible, mais Emma tirait déjà la balançoire vers l'arrière. Quand son esprit se reconnecte avec la réalité, elle se rend compte que le vent froid lui gifle le visage alors que son corps s'envole. Surprise par la hauteur, son instinct lui dicte de s'accrocher plus durement aux cordes mais dans son mouvement, elle fait vriller la trajectoire de la balançoire. Emma ne s'y attend pas, et n'a pas le temps d'éviter la collision. Le côté gauche de Régina vient percuter la blonde, qui, sous la force du coup, recule de plusieurs pas et perd l'équilibre. Elle tombe sur les fesses en grimaçant.

- Emma! Brailla la mairesse, descendant de la balançoire en vitesse si bien qu'elle faillit tomber elle aussi.

- Ça va. Rien de casser. Rassura la blonde, alors que Régina essayait de la relever.

- On va s'asseoir. Viens!

- Sur un banc. C'est plus sur! On va attendre un peu pour la balançoire. Taquina Emma tout en se frottant les flancs.

Les deux femmes s'installèrent sur un banc à quelques mètres des balançoire et des ponts suspendus. Cette fois-ci, Régina et Emma s'assirent l'une près de l'autre. Leur cuisses se frôlèrent de temps à autre et leurs épaules n'osaient s'aventurer au delà des limites respectables. Pourtant quelque chose d'irrationnel et de troublant se passait entre elles. Afin d'éviter un silence trop long et trop gênant, Régina pris la parole.

- Tu n'as jamais voulu rechercher tes parents ?

La question perturba Emma qui ne s'attendait pas a devoir évoquer une partie de sa vie qu'elle s'efforçait à oublier loin dans les méandres des souvenirs perdus. Malgré tout, elle se sentit moins partir à la dérive, aidée par sa confiance soudaine et inexplicable en la jeune mairesse.

- J'y ai pensé, si. Comme nous tous à l'orphelinat. Beaucoup se lance dans des recherches inespérés, mais je n'ai jamais dépassé le stade de l'évocation. Ma famille, je l'ai construite autour d'Elsa et d'August. Et je me dis que s'ils m'ont laissé, c'est que je ne faisais pas partie de leurs projets, donc à quoi bon les retrouver si c'est pour me faire rejeter une seconde fois?

- Même si les raisons peuvent être nombreuses pour un tel acte, je comprends que tu ne veuilles pas chercher à savoir.

- Je préfère me consacrer à ma propre famille, et à celle qui m'attend quelque part.

- Ça ne te fais pas peur?

- De quoi?

- Construire ta propre famille.

- Non, parce que je sais comment je n'agirais pas. Je ne veux pas que mon enfant est la moindre petite crainte, il sera aimé et élevé dans un cocon familial sain et soudé.

- C'est une belle vision des choses.

- Tu ne dois pas avoir peur de ça, Régina. Tu as été déçue, et tu as sombré en attendant des réponses qui ne viendront jamais. Tu dois avancer avec tes bagages, car c'est ce qui t'aidera à ne plus faire les mêmes erreurs. Crois-moi, le meilleur reste à venir.

- J'entrevois l'avenir autrement, Emma. Alors oui, j'ai envie d'y croire. Grâce à toi.

Régina entremêla ses doigts à ceux de la main gauche d'Emma et leva son bras pour l'enrouler autour de son cou, et posa sa tête sur l'épaule de la blonde. Emma, chamboulée par l'initiative de la mairesse, se laissa faire sans objection. Elle resserra même son étreinte plus fortement, jusqu'à ce que leur corps soient l'un contre l'autre.

Régina se sentait apaisée. Comme par magie, cette blonde atypique avait déboulé dans sa vie, remuant la plus pénible de ses douleurs pour n'y laisser qu'un tas de cendre sur lequel la brune peut enfin reconstruire sa vie. Aussi tragique que soit son histoire, Emma avait su redonner espoir là où tout semblait perdu. Sans réellement savoir si son cœur lui jouait le rôle de tomber sous le charme de son sauveur, Régina se laissa transporté par une émotion oublié, le bien-être.

- Bon, on la boit cette bouteille ? Lança Emma sur un ton plus léger, sans pour autant s'éloigner de la belle brune.

Difficilement, Emma retira le bouchon, et porta à sa bouche le goulot de la bouteille en verre. Les yeux fermés, Emma savoura de doux breuvage voguer dans la bouche avant de l'avaler par petite gorgée. Ce vin la faisait voyager dans les contrées les plus lointaines, tellement lointaines qu'Emma était certaine qu'elle n'existait que dans ses rêves. Des oasis de verdure immenses, parsemées de passerelle en bois ornée de rosiers grimpants parfumés, ou Emma aimait se perdre en buvant ce Château Margaux si délicat à son palet. Pour Emma, ce vin aurait pu être créer par Bacchus lui-même, que cela ne l'étonnerait même pas.

Emma tendit la bouteille à Régina qui se redressa avant de la saisir. Très peu habitué à ce genre de manière, la brune observa le goulot, attendant sûrement une permission de sa part, ou au contraire, un signe qui lui ferait comprendre de ne pas le faire. Un coup d'œil à Emma, et ses bonnes manières s'envolèrent. Le regard amusé, et le sourire en coin, Emma observait attentivement la mairesse qui luttait contre ses habitudes d'aristocrates. Finalement, Régina porta à sa bouche l'entrée étroite de la bouteille de vin, et leva le bras afin de faire transférer l'élixir en elle. L'explosion de saveur lui fit écarquillés les yeux. Régina était habitué aux vins américains, certes très bon, mais d'une qualité nettement inférieur aux vins français.

- Wow! Il est délicieux. S'empressa de s'exprimer Régina, alors que le goût du vin régnait encore dans sa bouche.

- Je vois ça. S'amusa Emma, portant sa main jusqu'au menton de Régina qui n'avait pas senti une goutte rouler depuis ses lèvres.

La brune eut un bref mouvement de recul, surprise par l'attention délicate d'Emma. Tout de fois, elle se laissa faire jusqu'à ce qu'elle comprenne qu'elle avait baver devant la blonde. Honteuse, elle se tourna, et essuya rapidement ses lèvres et son menton, vérifiant aussi son cou, au cas ou.

- Ce n'est rien Régina. Rassura la blonde en posant ses mains sur les épaules de la mairesse. C'était ta grande première au goulot, tu verras, tu t'amélioreras!

- Plus jamais je ne boirais comme ça.

- Tut tut tut, il ne faut jamais dire jamais ! Maintenant que tu as essayé, bientôt, tu le feras avec tout. Le lait, le jus d'orange, l'eau! Et en plus, pas de vaisselle. C'est quand même un sacré avantage!

- Je préfère laver un verre!

- C'est ce que tu dis maintenant. Mais j'arriverai à te rallier à ma cause des anti-vaisselle.

- Alors ça, ce n'est pas prêt d'arriver, Mlle Swan !

Alors qu'Emma allait répliquer, quand Régina se mit dos à la blonde, puis s'adossa contre elle, au creux de ses bras. Tendrement, Emma referma ses longs bras, et se laissa transportée par l'ambiance douce et paisible. Aucune des deux femmes ne se posaient de question.

Emma sentit le poids de l'abandon, et celui du rejet, disparaître à cet instant. Régina avait désiré cette étreinte et l'avait provoqué sans que la blonde n'émette le moindre souhait. Plus Emma passait du temps avec la jolie brune, plus avait du mal à se dire que demain, elle devrait rentrer. Elle avait suivit son instinct en venant ici, et maintenant, elle y trouvait une raison de rester. Une force suffisante d'espérer. Régina, cette délicieuse créature, redonnait vie au coeur d'Emma. Son palpitant, trop longtemps mis en berne à cause des déceptions trop nombreuses, Emma le sentait battre de nouveau dans sa poitrine. Il raisonnait tellement fort, qu'il était impossible que Régina ne s'en rende pas compte. Emporté par ses émotions, Emma posa ses lèvres sur la tempe de la mairesse dans un léger baiser, aussi léger qu'un battement d'aile de papillons. Sûrement comme l'armée légionnaire virevoltante dans son ventre.

Elles discutèrent de tout et de rien, du film le plus marquant à leur yeux, à leur lieu préféré en passant par la couleur aimé, et leur signe astrologique. Les deux jeunes femmes partagèrent un incroyable moment empli de tendresse quand Régina lui révéla qu'elle faisait les meilleurs lasagnes de la ville, et qu'il s'avérait être le plat préféré d'Emma. Elles se promirent de les déguster ensemble autour d'un bon dîner, sans préciser de date. Évoquer le temps qui passe n'était pas au programme de leur soirée. Malheureusement quand Régina se mit à trembler malgré une veste supplémentaire, Emma, plus gentleman que jamais, lui frotta les bras avant de l'inviter à rentrer. Le froid et le vent se levait malgré la clémence du temps durant toute cette journée. La fraîcheur hivernale pointait le bout de son nez, et les températures chutaient radicalement. Au bout de plusieurs minutes, Régina abdiqua mécontente de finir cette délicieuse soirée qu'elle aurait voulu indéfiniment plus longue.

Trop rapidement, les deux femmes arrivèrent devant l'entrée de l'hôtel de ville. Après quelques secondes de silence paisible, Emma sortit de la berline noire pour rejoindre sa propre voiture. Régina la suivit de près, absolument pas pressée que cette magnifique et magique soirée se termine.

- Tu rentres chez toi ? Demanda timidement la mairesse dans un souffle presque inaudible.

- Non, il est trop tard. Si je rentre maintenant, Elsa va me faire un sermon. Alors non merci. J'ai prévenu Granny que je restais une nuit de plus.

- On se voit demain matin, avant ton départ ? Proposa la mairesse en s'approchant tendrement d'Emma jusqu'à ce qu'il ne reste plus que quelques centimètres entre les deux femmes.

- Avec plaisir, Mme le maire. Vers 9h, au Granny? Suggéra la blonde en posant une main sur une des joues frigorifiée de Régina.

- 9h, c'est parfait. Répondit simplement la brune qui pencha légèrement la tête pour appuyer davantage la sensation brûlante de la peau d'Emma sur la sienne.

- Rentre vite au chaud. Ordonna presque Emma avant de poser ses lèvres sur la joue libre.

La bise sembla durer une éternité, les yeux clos, les deux jeune femmes profitaient de ce moment unique, et si fou à la fois. Comme si une tempête s'annonçait au loin, leurs cœurs tambourinaient plus que de raison, tentant de faire comprendre à ces deux handicapés de l'amour que ce qu'elles cherchaient était juste là. Sous leurs yeux.

Emma mit fin à ce moment magique avant de ne plus être en mesure de se contrôler, et recula de quelques pas. C'était l'heure, il fallait qu'elle parte, sinon elle commettra l'irréparable, et elle n'était pas venu pour ça. Les mots d'Elsa raisonnèrent alors dans sa tête: elle laisse toujours une trace, bonne ou mauvaise, c'est sa marque de fabrique. Et là, plus que tout, elle voulait laisser une bonne impression, quitte à se priver du bonheur qui l'envahit depuis que ses yeux se sont posés sur Régina.

Et avant même que la brune ne réagisse, Emma, au volant de sa voiture, tournait au coin de la rue, direction l'hôtel de Granny.


Et voila pour cette semaine.

Petite anecdote sur cette histoire... J'ai eu l'idée de cette lettre en écoutant "The Letter" de The Box Tops! Alors certes, la chanson n'est absolument pas dans le contexte de mon histoire mais que voulez-vous, mon imagination a fait le reste. Pour ceux qui ne la connaisse pas, ça raconte l'histoire d'un amoureux qui reçoit une lettre de sa chérie, et qui veut à tout prix retourner auprès d'elle. Il m'a fallu deux ou trois phrase de cette chanson pour broder autour. Bref, c'était l'instant info!

Je vous retrouve dans une review, promis je répondrais plus vite ce coup-ci ! Et sur dans une semaine pour un nouveau chapitre, l'avant dernier. Et le plus croustillant pour certaines, car il sera classé M. Ça sera un mini M par contre... Ne vous attendez pas à lire un M comme dans mes autres histoires!

A bientôt !

Bises à toutes/tous !

J'vous adore !

;)