Yo les gens, comment va la vie? :)
J'avoue je suis bien à la bourre par rapport aux délais que je m'étais imposée mais, petite excuse, ce chapitre fait plus de 1000 mots.
Mille mercis pour les personnes qui m'ont laissé des reviews, ça m'a fait tellement plaisir! Merci aussi aux mises en follows et en favoris!
Bonne lecture, j'vous aime!


Quand Zoro arriva sur la scène de crime, prêt à découper à la hâte une cinquantaine d'assaillants armés jusqu'aux dents, il ne vit que Chopper qui courait, complètement affolé, autour d'un Sanji allongé.

L'homme à la verte chevelure haussa un sourcil, perplexe. Bah, y'avait pas de souci en fait : cet abruti de cuistot l'admirait juste tellement qu'il avait décidé de faire la sieste à même le sol, comme lui. Leur rennes préféré s'inquiétait vraiment pour ri-

Oh.

Brusquement, les deux neurones du pirate se connectèrent. Sanji ne l'admirait pas. Sanji était un maniaque de l'hygiène et ne mettrait pas ses mains en contact du sol sans raison valable – et le sommeil ne semblait pas en être une pour le Cook. Et surtout –maintenant qu'il y regardait de plus près, Sanji n'avait pas l'air en très grande forme.

Et on partait sur un « pas en grande forme » avec fièvre et qui ne se guérit pas avec de la patience, de l'entraînement ou du rhum. Quelque de vraiment chiant quoi.

Suivant son instinct, le sabreur déposa le blond sur son épaule façon sac à patate – ce qui ne fut pas trop compliqué étant donné que le poids du cuisinier était négligeable comparé aux poids d'entraînement du sabreur. Il attrapa ensuite Chopper – qui était toujours à la recherche d'un médecin – de sa main droite et le coinça sous son bras. Puis il fila en direction de l'infirmerie d'un pas rapide.

Une fois arrivé à destination, il posa le plus délicatement possible le blond sur le lit. Sauf que la délicatesse, ce n'était pas le truc de Zoro. Donc, concrètement, Sanji fut jeté sur le matelas comme un sac de cours après une rude journée d'école, ce qui expliqua le gémissement plaintif que poussa le pirate.

Gémissement qui eut le mérite de réveiller l'instinct médical de Chopper. Le petit renne incendia le sabreur indélicat avant de le jeter hors de l'infirmerie. Le jeune homme marmonna quelque chose au sujet de l'ingratitude, mais la porte lui claquant au nez fut sa seule réponse.

Alors qu'il tournait les talons avec la ferme intention de picoler un coup pour oublier toute cette agitation, e bretteur tomba nez-à-nez avec ses nakamas. Visiblement, tous étaient accourus en entendant l'appel de leur médecin, mais Zoro ayant été le plus rapide ils avaient été forcés de lui courir après. Jusqu'ici.

- Chopper a vu un monstre marin ?, l'interrogea Luffy qui n'avait rien suivi.

- Un monstre marin dans l'infirmerie ?!, s'écria Usopp qui paniquait.

- Tu l'as zigouillé au moins ?, s'enquit Franky qui doutait.

- Il n'aura pas fait de vieux os, yohoho !, plaisanta Brook qui était d'excellente humeur.

- On va pouvoir le manger ?, surenchérit Luffy qui s'enfonçait.

Le jeune Roronoa poussa un long soupir en se frottant le front. Irrécupérables.

- Qu'est-ce-qui se passe avec Sanji ?

Le pirate releva la tête avec espoir. Ah, enfin quelqu'un qui avait à peu près suivi les évènements. Nami le fixait avec une lueur inquiète dans le regard. L'homme pelouse s'apprêtait à répondre, quand une autre personne le devança.

- Il semblerait que Cook-san ait fait un malaise. Kenshin-san l'a gentiment transporté jusqu'à l'infirmerie où Chopper l'examine actuellement. Malheureusement, je crois que la fièvre a fait perdre connaissance à Sanji-san.

Zoro eut un reniflement dédaigneux. Tss, évidemment c'était facile de tout savoir quand on pouvait faire pousser des yeux aux quatre coins du navire ! Il en aurait même parié ces sabres que la brune en savait désormais plus que lui. Enfin bon, ce n'était pas comme si ce genre de futilités lui importait. L'important, c'était que le blond soit suffisamment en forme pour lui balancer ces quelques coups de pieds matinaux dont lui seul avait le secret. Et qu'il se remette vite aux fourneaux pour leur faire un bon repas ce soir. Car oui, il fallait l'admettre, Luffy avait le don de s'entourer des meilleurs, surtout en matière de cuisine.

Ce que l'épéiste ne reconnaîtrait jamais en revanche, c'est qu'il détestait voir ses camarades souffrants. Surtout dans ce genre moment, où il ne pouvait rien faire pour apaiser les souffrances de son nakama, hormis prier. Et Zoro Roronoa ne priait jamais.

Aussi quitta-t-il ses compagnons d'armes sans faire le moindre commentaire – Robin leur expliquerait la situation bien mieux que lui de toute façon – pour rejoindre au plus vite la vigie et ses précieux haltères. Qui sait, peut-être qu'un jour il serait fort au point de trancher les virus d'un coup de sabre ?


22h37.

Cela faisait huit heures et dix putains de minutes que le Cook s'était effondré.

Franky s'était retroussé le slip pour leur concocter un bon dîner et, objectivement, il fallait reconnaître que l'excentrique bonhomme se débrouillait plutôt bien. Malheureusement, ses plats paraissent bien fades comparés à ceux de Sanji et l'humeur maussade causée par l'absence du blondinet n'était pas propice aux compliments.

Chopper soupira tristement, l'air expulsé par sa truffe bleue faisant trembloter légèrement la surface de sa soupe. Les membres de l'équipage l'avaient forcé à les rejoindre en cuisine, afin qu'il se restaure un petit peu. Après tout, avaient-ils argumenté, cela faisait bien trop longtemps qu'il suait sang et eau pour maintenir Sanji dans un état à peu près stable. Brook pouvait bien le remplacer un petit quart d'heure. Surtout que le squelette s'y connaissait un peu en matière de décès : il devrait avoir la présence d'esprit de prévenir le médecin si quelque chose partait en cacahuète.

- Chopper, demanda Luffy d'une voix enfantine, il a quoi Sanji ?

Le petit renne renifla. Il ne savait pas.

Il ne savait pas.

La culpabilité d'être assis ici avec ses amis lui nouait les entrailles. Comment pouvait-il se permettre un tel luxe alors que son ami souffrait et que lui, médecin du Thousand Sunny, était incapable de trouver de quel mal il souffrait ?

Relevant la tête, le petit animal vit que ses compagnons attendaient une réponse. Ravalant ses larmes – il était inutile de les inquiéter – le disciple d'Hiluluk avoua :

- J-je ne sais pas Luffy. Son seul symptôme est une forte fièvre, ce qui arrive presqu'à chaque fois qu'on est malade. Il faudrait attendre voir comment évolue la situation.

Mais j'ai peur qu'il ne meurt avant.

Le jeune médecin déglutit pour empêcher sa voix de trembler, puis poursuivit avec courage :

- Je lui ai fait une prise de sang dont les résultats m'ont permis d'éliminer une centaine de causes possibles. Malheureusement, il reste une cinquantaine de possibilités, sans compter les maladies que je ne connais pas… Le meilleur moyen d'affiner les recherches, ce serait de savoir ce qui a p- Luffy !

Chopper avait bondi brusquement, son cri faisant sursauter tous ses compagnons, y compris l'imperturbable Zoro et la taciturne Robin.

- Luffy dis-moi, qu'avez-vous fait avec Sanji sur l'île ? Quelque chose qui aurait pu le rendre malade.

Le capitaine, qui était pressé de voir revenir son ami – et les bons petits plats qui allaient avec, prit la peine, une fois n'est pas coutume, de solliciter l'intégralité de ses neurones. Aussi sa réflexion dura-t-elle quelques instants.

- Non, répondit-il finalement l'air désolé. On a fait que manger. Et manger ça rend pas malade.

- Si, Luffy !, insista le renne horrifié que son capitaine n'ait pas acquis cette notion. Certains aliments peuvent rendre malades. Est-ce qu'il y a quelque chose que Sanji aurait mangé et pas toi ?

- Manger peut rendre malade ?, répéta le capitaine en fixant son assiette horrifié.

- Pas forcé- on parlera de ça plus tard !, se reprit le docteur poilu. S'il te plaît répond à ma question, c'est important.

- Ben non. Ce que Sanji mangeait je faisais pareil.

- Après il a peut-être un estomac en béton, suggéra Nami.

Chopper réfléchit. Mmh, ça valait le coup d'approfondir son interrogatoire. Ensuite il ferait une prise de sang au brun. Sachant que ça risquait d'être un enfer car le futur seigneur des pirates détestait les piqûres.

- Tu peux me dire ce que vous avez mangé ?

- Ben, euh, une feuille avec des goûts qui changent, de la vanille qui pétille, un truc je sais pas ce que c'était mais c'était cubique et trop bon, des chaussettes au poivre…

22h46.

Les membres de l'équipage écoutaient avec attention, l'air parfois fasciné, d'autres fois dégoûté, cherchant un aliment qui pouvait être potentiellement dangereux. Malheureusement, la Jambe Noire les surpassait tous dans le domaine culinaire et ils étaient bien incapables de confirmer si ce que le Cook avait jugé comestible l'était vraiment.

Cependant Chopper ne se décourageait pas et notait chaque étrangeté que Luffy lui décrivait dans un petit carnet.

Zoro quant à lui avait l'impression de perdre son temps. Il était inutile à cette table, n'ayant aucune connaissance ni en médecine ni en cuisine, et n'étant pas en compagnie de Sanji lors de leur escale. Il se leva donc de table, déterminé à tester une fois de plus le tranchant de ses lames en s'entrainant.

- … des berrys en chocolat, un ananas bleu… ah non, en fait pas d'ananas bleu, il s'est échappé. C'était terrible d'ailleurs, parce qu'il avait l'air bon. Et même que des serpents tout violets nous ont poursuivi parce que Sanji voulait pas qu'on les tape au début et y'avait aussi un steak ailé, des…

La main du sabreur se figea sur la poignée.

- Des serpents violets ?, fit-il d'une voix glacée.

Franky lui lança un regard perplexe – ben ouais quoi, voir le démon d'East Blue avoir les pétoches pour un reptile de rien du tout c'était pas fréquent ! En revanche, la lueur affolée que Zoro perçut dans les yeux noisette de Nami montrait qu'elle avait exactement la même crainte que lui.

Et si leur doute s'avérait vrai…

Sanji allait devoir surmonter une épreuve douloureuse.


Et oui, fin sadique et facile, mais moi j'adore ça :D
Comme d'habitude, j'espère que vous avez aimé. N'hésitez pas à me le dire en tout cas.
Et comme vous êtes des amours, petit cadeau pour le prochain chapitre: vous avez le droit de m'imposer un mot
Big bisous!