Comme d'habitude, je suis un boulet procrastinateur. Comme d'habitude, je suis à la méga bourre. Comme d'habitude je suis vraiment désolée. Mais comme d'habitude, je ne lâche rien et j'espère que la suite vous plaira.
Je répondais à toutes vos reviews tout à l'heure et je me disais que quand même, j'avais énormément de chances, vous qui me lisez, vous êtes géniaux ! (ou plutôt géniales, d'après ce que j'ai pu lire)
Merci encore une fois à Dodge3, MiaoiFuki, Wado21, Mangasdu03, deryous50, Hasegawa-algue, Ellis Ravenwood, olukkalp et val, ainsi qu'à tous les autres lecteurs, plus discrets.
Bonne lecture !
Réponse à la review anonyme (val) : merci pour ta review. Si c'est un grand sacrifice, nous le verrons dansles chapitres à venir, j'en ai prévu un qui détaillera peut-être un peu plus sa pensée (à condition qu'une algue puisse penser). En espérant que ce chapitre te plaise.
Sanji avait immédiatement vu que quelque chose de louche se tramait. Chopper ne pleurait jamais face à un malade. Il courait dans tous les sens, paniquait et hurlait, certes, mais néanmoins il ne pleurait pas. Et pourtant, il avait eu de quoi.
Zoro Roronoa, brute épaisse et sans cervelle, incapable de respecter les consignes données par Chopper plus de deux heures, était à lui seul un affront à l'ensemble du corps médical. De nombreux médecins se seraient probablement arraché les cheveux sur son cas en voyant ce corps abîmé et rafistolé encore et encore. Pourtant, Chopper arborait toujours une fourrure douce et soyeuse.
Le blond était persuadé que c'était parce que, au fond, Chopper était confiant en ses compétences de médecin. La Doctorine avait été un maître redoutable mais efficace. Aussi on ne comptait plus les maladies que le petit renne était capable de soigner.
Mais visiblement, cette fois-ci, il y avait un problème. Et si Chopper était aussi ému, c'est qu'il s'agissait de quelque chose de grave.
Cela n'arrivait que très rarement – quand ses douces princesses couraient un grave danger par exemple – mais en cet instant Sanji avait peur. Peur de ne pas trouver All Blue, de ne pas revoir le vieux schnock, que ses mellorines meurent de faim après que Luffy ait vidé le garde-manger. Peur de mourir avant d'avoir accompli ce pour quoi il était parti.
Cependant, le cuisinier ne voulait pas ajouter le poids de sa peur sur les épaules de son ami, qui semblait déjà sous pression. Il fallait bien l'avouer, il avait aussi cet orgueil mal placé qui l'intimait de ne pas dévoiler ainsi ses faiblesses.
Aussi le cuisinier choisit-il de prendre un ton enjoué et un brin moqueur afin de masquer sa nervosité.
- Ben alors Chopper, ne fais pas cette tête !, rit-il. On dirait que tu t'apprêtes à m'annoncer que je vais mourir !
Le silence qui suivit fit l'effet d'un coup de massue à Sanji. C'était donc bien ce qu'il craignait depuis qu'il avait vu Chopper entrer dans l'infirmerie. Il était condamné.
La panique que le blond éprouvait provoqua une bouffée de fièvre qui lui chauffa les joues. En constatant cela, il pria pour que tout cela ne soit qu'une mascarade causée par sa maladie, un énième délire engendré par la fièvre. Oui, il allait se réveiller en nage, empêtré dans ses draps, malade certes, mais aux côtés d'un renne de génie qui lui annoncerait en se dandinant fièrement qu'il avait un antidote.
Ce que le cuistot espérait si fort ne se produisit malheureusement pas.
Chopper posa une patte bienveillante sur l'épaule de son ami pour le rassurer. L'homme alité cessa un instant de s'agiter pour se prendre la tête entre les mains.
- Sanji, commença le renne d'une voix étonnamment calme pour quiconque connaissait l'émotivité de l'animal. Je ne te cacherai pas que ta maladie est grave et potentiellement mortelle. Mais en fonction des choix que tu feras, tu peux être guéri en quelques jours.
Le blond redressa la tête, l'air totalement ahuri mais soulagé.
- Il ne faut pas me faire de telles frayeurs !, s'exclama-t-il avec un sourire fatigué. Évidemment que je vais choisir de vivre.
- J'espère également que c'est le choix que tu feras une fois que je t'aurai expliqué de quoi il en retourne exactement, confia le renne d'un air soucieux.
Il expliqua alors tout à son patient et ami. L'origine du mal qui l'accablait, les symptômes à venir, la dégradation rapide de sa santé à venir en l'absence de traitement et, enfin, non sans difficulté, il exposa à Sanji l'unique moyen d'échapper à son triste sort.
Quand il entendit ce qu'il lui fallait faire pour guérir, le cuisinier perdit son sourire et pâlit au point qu'on aurait pu songer qu'il était déjà bon à être enterré.
La petite boule de poils acheva ensuite son discours dans un silence glacé, Sanji tiquant à peine lorsqu'il lui annonça que Zoro s'était porté volontaire.
Tony Tony Chopper laissa une minute de répit à son nakama, le temps de lui laisser digérer l'information. Voyant que ce dernier ne réagissait toujours pas à la fin du temps imparti, le renne interpella d'une voix timide son ami.
- Sanji ?
- Il me faut une clope, répondit l'autre d'une voix rauque.
- Tu ne peux pas, tu-
- Il me faut une clope j'te dis !, s'emporta brusquement ce dernier en empoignant sa tête, comme en proie à une violente migraine.
- Sanji… ne put que murmurer son ami les larmes aux yeux.
- Je refuse Chopper. Je refuse d'imposer à quelqu'un une telle chose dans le but de sauver ma peau. Je refuse de me faire baiser par un mec. Jamais. Même si je dois en crever. Au moins j'aurais la décence de mourir comme un homme.
- C'est une décision difficile à prendre mais il faut que tu y réfléchisses. C'est ta vie que tu joues.
- Ma décision est déjà prise, inutile d'insister, répliqua immédiatement l'homme à la chevelure blonde.
Le renne insista néanmoins, et ce pendant de longues minutes.
Mais ses amis le virent finalement sortir après une heure d'attente, l'air dépité et la morve au nez. Le jeune médecin passa tête baissée devant le reste de l'équipage sans dire un mot et partit s'asseoir sur le bastingage observant le ciel étoile d'un air mélancolique.
Bien qu'ils se doutaient que la réponse de Sanji avait été négative, au vu de l'expression de Chopper, les membres du Thousand Sunny – à l'exception de Zoro qui était parti dormir – se regroupèrent autour de leur ami à poils. Robin resta quelque peu en retrait, son visage encore plus fermé que d'habitude laissant deviner que, grâce à son pouvoir, rien ne lui avait échappé de la conversation entre le blond et l'animal.
- Chopper ?, appela Usopp avec précaution.
Le concerné tressaillit légèrement, signe qu'il avait entendu qu'on l'interpelait.
- Il n'a pas accepté c'est ça ?
Chopper secoua la tête négativement, puis il ajouta d'une voix rendue tremblante par l'émotion :
- Il a dit… qu'il voulait un bel enterrement sur la prochaine île et qu… qu'il ne faudrait pas ou-oublier… de remettre un collier de fleurs…à la m-mer. (1)
- Mais quel idiot…
Nami avait prononcé ces trois mots d'une voix qu'elle aurait voulu énervée, comme quand Luffy lui faisait dépenser des sommes astronomiques dans les restaurants. Mais elle n'avait trompé personne, et son ton faussement mécontent n'avait au final fait qu'illustrer à quel point tous étaient bouleversés par ce qui risquait d'arriver.
Contre toute attente, ce fut la voix du capitaine qui les sortit de leur profond désarroi.
- Mais il reste encore du temps non ? Alors pourquoi on fait rien ?
- Parce que… commença la navigatrice.
- Luffy a raison !, la coupa Usopp. Il faut que nous trouvions une solution ! Soit pour guérir Sanji, soit pour le faire changer d'avis !
Les autres opinèrent du chef, comme brusquement remotivés.
- Bien, commenta Nami qui reprenait de la contenance. Dans ce cas, séparons-nous les tâches. Chopper, il faut vraiment que tu essaies de trouver un antidote. Je vais pour ma part aller étudier nos cartes de navigation et la météo sous toutes les coutures, peut-être y'a-t-il une île dans le coin qui pourrait miraculeusement nous sortir de ce bourbier. Les autres, il faut préparer des arguments pour convaincre Sanji… au cas où nous n'ayons plus d'autre choix. Il ne faut pas se laisser abattre !
- Ouiii !, s'exclama Luffy. Je veux manger de nouveau du bon steak ! Tu cuisines trop mal Nami !
Cette dernière réflexion valut une bosse au capitaine du navire, mais les autres approuvèrent en silence la déclaration du brun. Après tout, rien ne valait la cuisine de Sanji. Et surtout, ils ne pouvaient pas laisser ainsi leur ami mourir sans rien faire.
Aussi, les jeunes aventuriers se dispersèrent aux quatre coins du navire, sans même prêter garde à l'heure avancée à laquelle toutes ces péripéties les avaient conduits. Il était une heure du matin passée, et, a priori, seul Zoro aurait un temps de sommeil convenable cette nuit.
(1) Chez les marins, si un mort était enterré, il fallait envoyer à la mer une couronne de fleurs au nom du défunt afin de l'apaiser. Si ce rituel n'était pas accompli, les croyances annonçaient que l'océan se mettrait en colère d'avoir perdu une proie.
Voilà. J'espère que ce chapitre vous a plu. J'ai une idée du format des prochains chapitres que je vais publier. En revanche, je ne sais pas trop quand ils arriveront. Mais je ne vous oublie pas, bises à tous et à bientôt j'espère !
