Ce fut long, périlleux, mais ça y est. Voici le chapitre 8. Je tiens aussi à dire que la fic est entièrement écrite. Il ne tient plus qu'à vous qu'elle soit entièrement publié. Je ne veux pas avoir l'air trop solonel ou je ne sais quoi, mais c'est maintenant ou jamais. Menteuse reprend et rien ne va plus. Je suis revenu et je suis revenu pour rester.

En bref, l'auteure folle dingue veut des reviews. Elle ne laisse pas de rar, mais elle veut des reviews!! (Quelle honte)

Menteuse chapitre 8

Tifa resta un moment silencieuse, essayant d'arrêter ses larmes de couler, tandis que Cloud continuait de dégoutter partout dans sa cuisine, à chercher quelque chose à dire pour la calmer. Il n'était toujours pas assez sûr sur ses jambes pour courir le marathon et la pluie de tantôt n'avait rien changé. Mais il se fichait bien d'être trempé en ce moment. Son amie n'allait pas bien du tout. Il hésita longtemps, avant que ses yeux pâles ne retombent sur les jointures ensanglantées de la jeune femme. Retenant sa grimace, il grogna son mécontentement.

-Tu n'es vraiment pas raisonnable quand tu veux, toi…

Il l'attrapa par le poignet, la faisant tressaillir de surprise. Elle releva ses yeux de vin vers lui, le rendant ivre du coup. Cloud cru que ses jambes allaient se dérober sous lui. Elle pleurait encore. Il avait toujours eu de la difficulté à la voir pleurer. Une voix lui chuchota qu'il n'avait jamais vu Aéris pleurer. Et cette idée lui rendit Tifa un peu plus chère à son cœur. Il essaya de sourire. Sa bouche se tordit dans l'expression, incapable d'afficher ce qui n'existait pas.

-Viens, il faut qu'on fasse quelque chose pour tes mains, ou ça ne cicatrisera pas bien…

Elle grimaça de douleur quand il frôla ses jointures d'un de ses doigts, mais le suivit dans les escaliers, jusqu'à la salle de bain, où il lui administra lui-même les premiers soins. Elle aurait pu le faire elle-même, mais ses membres étaient trop raides et elle avait trop de difficulté à s'imaginer le repousser pour le faire. Frissonnants tout les deux, ils se séchèrent aussi vite qu'ils le pouvaient, sans toutefois prendre la peine de se changer. Le guerrier voulait être sûr que son amie ait les soins qui lui fallaient. Il avait peur de la laisser toute seule, alors qu'elle versait des larmes. Quand il eut fini, pourtant, il n'avait toujours pas trouvé ce qui pouvait être la cause de cette peine qu'elle n'arrivait pas à retenir.

-Merci, souffla-t-elle comme il finissait de bander ses doigts, avec des gestes lents et précis, empreint d'un soupçon de douceur suffisant pour lui arracher un léger sourire.

Ses mains n'étaient pas devenues calleuses ou rêches, malgré l'imposante épée dont il se servait régulièrement. Il ne devait ce miracle qu'à ses gants de cuir. Et pourtant, Tifa aurait pu jurer qu'il avait les mains dures quand il l'avait embrassé dans l'église, alors qu'elle était Aéris. Il l'avait longtemps tenu dans ses bras, mais la paume de ses mains avaient parfois frôlés sa nuque, ou même, caresser ses joues. Et c'était une caresse fuyante, qui hésitait à se prolonger, comme si elle était le symbole d'une trahison.

-Ce n'est rien, répondit-il simplement, s'avouant vaincu pour les larmes qui glissaient toujours sur son visage.

Il se tourna un instant, quelques secondes et Tifa sauta sur l'occasion pour vivement essuyer ses pleurs. Il l'entrevit, du coin de l'œil, dans le miroir de la vanité. Son geste était un bon signe.

-Bon, je devrais rappeler Cid pour savoir quand il compte me ramener les enfants et s'il a eu des nouvelles de Vincent, fit-elle avant de passer devant lui pour redescendre.

Mais ils avaient laissé leur trace dans l'escalier et Cloud prévenu ce qui arriverait assez vite pour éviter à Tifa une terrible bousculade. Il la rattrapa par le bras alors qu'elle commençait à glisser et perdant lui aussi l'équilibre, à cause de l'accident qu'il avait traversé quelques heures plus tôt, ils semblèrent tout deux vouer à la chute. Mais le jeune adulte récupéra presque aussitôt, pour qu'ils se butent au cadre de porte, sans trop de séquelle.

-Fichues flaques! Il doit y en avoir à grandeur de la cuisine, souffla-t-elle en s'efforçant de ne pas le regarder en face, pour lui cacher sa gêne. Ils étaient en effet dans une étrange posture.

L'ayant rattrapé par le poignet, Cloud avait fait en sorte que Tifa se retourne contre lui et qu'ils soient face à face. Son dos appuyé contre la chambranle de la porte de la salle de bain, il cherchait son équilibre dans une flaque qui semblait tout particulièrement grande. Ses pieds glissaient donc un peu sous lui, tandis qu'ils se stabilisaient tout les deux, prenant appui l'un sur l'autre, malgré leur gêne.

-Est-ce que ça va? Demanda-t-il, la faisant relever la tête et rougir à se retrouver aussi proche de lui.

Ils avaient été proche l'un de l'autre la nuit dernière, mais ce n'était pas pareil. Hier, elle était Aéris. C'était donc normal et acceptable. Maintenant, elle était Tifa. Et Cloud ne pouvait pas l'aimer elle. Sinon, il l'aurait déjà fait. Alors, il ne pouvait se retrouver dans une telle situation sans le moindre malaise. Elle s'en voulu pour être aussi maladroite.

-Ou… oui, merci.

Ils restèrent pourtant là très longtemps, à se fixer, presque collés l'un à l'autre, Cloud la tenant toujours par le poignet. Et cette proximité lui semblait si familière que s'en était dérangeant. Il ne comprenait d'où lui venait une telle idée, mais il avait l'impression qu'une seule chose lui en donnerait le cœur net. Et il ne pouvait possiblement pas faire cette chose. Le visage d'Aéris surgit dans ses pensées à ce moment, le faisant presque sursauter. Il se sentait un moins que rien au souvenir de la veille. D'une façon ou d'une autre, il trahirait forcément l'une de ses amies. Il les aimait toutes les deux. Mais il était toujours incapable de dire à quel point il le faisait. Et le retour de son ange défunt lui avait donné l'impression de le savoir. Mais c'était faux. Il n'en savait rien. Sinon, il ne marcherait pas sur des œufs à chaque fois qu'il était avec l'une d'elle.

Le tonnerre gronda, les sortant de leur transe, brisant la magie de leurs yeux sciés ensemble, et les ramenant brutalement à la réalité Ils étaient toujours passablement trempés et le bar risquait de devenir une piscine municipale s'ils ne se dépêchaient pas de le nettoyer. Alors, ils se séparèrent, indécis et intimidés. Le silence les liait et les séparait tout à la fois. Tifa redescendit l'escalier, pour passer la vadrouille sur le plancher trempé. Et Cloud resta là, immobile, essayant de comprendre ce qui se tramait dans sa tête et son cœur, avant de se laisser glisser le long de la chambranle, désespéré par les événements. Il n'était même plus capable de la regarder en face. Qu'est-ce serait une fois qu'il aurait revu Aéris?

Cette dernière, et la vraie cette fois, était toujours aussi outragée par la manège de son ancienne amie. Elle ne savait même plus si elle pouvait encore l'appeler comme telle. Zack avait renvoyé les enfants au lit, après leur avoir raconter tout un tas d'histoires abracadabrantes, avoir jouer au dada avec Loz et Yazoo et courageusement affronté Kadaj, qui avait décidé de jouer au brigand et aux policiers. Vous devinerez que ce pauvre Zack était le brigand et a eu droit à la correction de sa vie. Ce sont les méchants qui perdent dans ce genre de jeux…

Ainsi, le jeune adulte qui se tourna vers Aéris n'avait pas vraiment pu écouter ce qu'elle racontait tout à l'heure. Mais à la voir réfléchir en se tordant les mains, il se doutait bien qu'elle n'était plus aussi sûre d'elle qu'elle ne l'avait été, mais ne put s'approcher d'elle pour lui offrir du réconfort. La jeune femme était toujours fâché contre lui pour avoir répéter qu'ils ne pouvaient rien faire pour aider leurs amis. Enfin, ses amis à elle, plus que les siens. Il faudrait qu'elle se décide à admettre qu'il ne connaissait que Cloud et Tifa dans toute la bande.

-Qu'est-ce que tu comptes faire maintenant?

-Je dois aller les aider. Pour ça, je vais avoir besoin d'aide.

Il acquiesça vaguement, sans savoir s'il pourrait lui fournir cette aide dont elle aurait besoin. Mais alors, la vendeuse de fleur lui annonça la nouvelle qu'il n'avait vraiment pas besoin de connaître. Parce que l'idée en soit était trop absurde. Et pourtant, elle sembla regagner confiance en lui expliquant son plan. Car elle avait bel et bien un plan. Qui ne lui plaisait pas du tout, mais qui en était bien un.

-Tu vois Zack, conclut-elle. Si Séphiroth a pu revenir, moi aussi je peux certainement le faire.

-Mais, tu as perdu la raison! Ce n'est pas pareil, il avait encore des clones de lui qui pouvaient lui servir de support. On ne t'a pas cloné toi. Tu as pu intervenir seulement parce que Cloud était dans l'église et que nous sommes dans la rivière de la vie. On ne peut pas sortir comme ça d'ici, sinon, je l'aurais déjà fait et…

-Vraiment? Je ne crois pas. Tu devais même être content que tout tes problèmes soient fini…

-Aéris!!

-Je dois parler à Séphiroth. Lui saura certainement comment faire…

-Mais, si c'était le cas, tu ne crois pas qu'il serait déjà de retour sur Terre?

-Et pourquoi est-ce qu'il y retournerait? Il a bien fini par comprendre que Cloud était trop fort pour lui.

-Non, si Séphiroth ne perdait pas son temps à parler avec eux, à leur faire des menaces et à monologuer sur tout ce qu'il veut accomplir de mal à leur encontre et à celle de l'univers, il aurait détruit le monde entier depuis longtemps. Mais c'est un bavard et un vantard qui ne peut pas s'en empêcher.

-Tu dis ça seulement parce qu'il t'a tué!

-Mais il t'a tué toi aussi! Qu'est-ce qui te prend bon sang!

Aéris fronça les sourcils, croisant les bras sur sa poitrine, comme pour bouder. Mais il n'en était rien. Zack avait soulevé un bon point. Sauf qu'elle et Séphiroth étaient de la même race. Et il ne pourrait plus la tuer maintenant. Mais Tifa pouvait tuer Cloud en le faisant tourner en bourrique entre deux femmes. Surtout que c'était mesquin de lui faire croire qu'elle, la jeune Cetra, était toujours en vie. Il ne méritait pas ça. Il méritait d'être secouer, mais pas comme ça. Tifa en faisait trop. Elle n'était même plus Tifa, on aurait dit une folle, une sorcière possessive et disjonctée qui ne savait plus ce qu'elle faisait, mais continuait d'user de tous ses pouvoirs.

-Je ne peux pas les laisser continuer comme ça. Personne d'autre ne semble prêt à intervenir, alors, il faut que j'agisse. Et tous les moyens seront bons si je peux les sauver tout les deux de l'enfer vers lequel ils se dirigent.

-Tes intentions sont bien nobles, mais ce n'est plus de nos affaires. Tu ne penses pas que c'est parce que tu t'acharnes autant à vouloir surveiller Cloud qu'il ait toujours aussi attaché à toi et incapable de passer à autre chose?

-Quoi?! Est-ce que tu es en train de dire que c'est de ma faute.

-Non, mais…

Mais Zack était peut-être un peu frustré de voir tout le cas qu'elle faisait continuellement des vivants pour oublier peu à peu les morts. Elle ne s'était même pas occuper des enfants. Et encore moins de lui, alors qu'il était le premier enfant dont elle se soit jamais occupé. Il faisait de son mieux pour lui faciliter les choses, mais rien n'était simple avec elle. Et il l'aimait en silence, alors qu'elle observait Cloud se morfondre comme un abruti devant ses souvenirs et son deuil, avec des yeux tout embués de larme. Elle se laissait toucher par la volonté inébranlable qui poussait le SOLDAT blond à ne pas l'oublier. Et elle perdait de vue l'autre soldat, le premier qu'elle ait connu, celui qui ne l'avait jamais oublié pendant qu'elle s'efforçait de continuer de vivre.

Pire encore, il avait peur. Si elle trouvait vraiment le moyen de revenir, pour dénoncer Tifa, qui saurait dire ce qui découlerait de son retour du monde des morts? Est-ce qu'elle lui en voudrait de ne pas avoir tout fait pour revenir, lui-même? Ou bien serait-ce déjà le cadet de ses soucis et se retrouverait-il seul, dans ce monde désoler et blême qui n'avait de couleur que lorsqu'elle souriait? Que lorsqu'elle était là? Est-ce qu'elle ne serait pas tenté de ne pas revenir le voir et de rester avec ses amis qu'elle avait et que lui ne connaissait pas? Et si la vraie Aéris débarquait pour pousser Tifa au pied du mur et reprendre ses droits sur le cœur de Cloud? Se retrouverait-il piégé dans ce lieu blanc, à devoir jouer les baby-sitter pour des petits monstres, avec un écran géant qui lui montrerait la vie toute rose de son ancien ami et de la jeune vendeuse de fleur, qui pourraient enfin vivre ensemble, dans le bonheur et la paix?

-Tu n'es vraiment qu'un rabat-joie ces derniers temps. Je ne comprend pas ce que j'ai fait pour que tu sois aussi méchant avec moi. Et les autres, tu y penses? Qui va arrêter Tifa? Qui va dire à Cloud ce qu'il doit faire? Qui va lui dire qu'il est en train de tomber dans le piège de cette…

-Mais c'est à lui de décider de ce qu'il veut faire, non? Depuis quand tu prends le droit d'intervenir dans leur vie comme ça. Qui va dire à Cloud ce qu'il doit faire?! Il a au moins 23 ans bon sang! Il faut que tu acceptes que tu n'as plus aucun contrôle sur lui. Mais pire que ça, ce n'est pas complètement vrai, puisqu'il n'arrive pas à t'oublier. Quand Séphiroth est revenu et que tout Midgar a failli être détruite au milieu de leur combat, tu es intervenu pour lui dire qu'il devrait arrêter de culpabiliser à propos de toi. Et maintenant, tu veux ressurgir comme un diable d'une boîte pour lui dire ce qu'il doit faire et mettre Tifa sous les verrous.

-Mais elle n'a pas le droit de faire ce qu'elle fait. Elle m'utilise, moi et mon image et les sentiments que Cloud avait pour moi, pour son propre plaisir. Tu veux que je la laisse se servir de moi impunément? Que je regarde Cloud faire l'idiot et jouer les adolescents attardés avec elle parce que ça lui fait plaisir?! Zack, je te croyais mieux que ça. Tu me déçois…

-Mais enfin, ce n'est pas de ta faute si elle fait ça. Tu n'as pas à intervenir, c'est à eux de se débrouiller et…

-Au contraire, c'est de ma faute si tout ça arrive. Si je n'étais pas morte, Tifa ne pourrait même plus songer à conquérir Cloud sous mes traits, puisqu'on serait mariés et…

-Qu'est-ce que tu t'imagines? Tu penses vraiment que ça serait passé comme ça? Tu crois vraiment qu'il t'aurait choisi toi?

-Pourquoi tu dis ça? Il m'aimait. Sinon, il ne serait pas…

-Il est trop exigeant avec lui-même. C'est tout Cloud ça. Tu lui as fait une très forte impression et comme il n'a pas réussi à accomplir la mission que lui avait donné et que son impuissance t'a coûté la vie, il se remet en question à propos de tout. Qu'est-ce que j'en sais de ce qu'il pense, je suis pas dans sa tête?

-Pourquoi tu ne supportes pas de m'entendre te dire qu'il m'aime?

-Tu comprends toujours tout le monde, alors tu devrais déjà savoir, non?

Elle le foudroya du regard, n'appréciant pas du tout son ton. Elle n'était pas une idiote, mais elle n'était pas non plus parfaite. Elle ne voulait pas dire qu'elle savait tout. Mais maintenant, elle était sûre de savoir ce qu'elle se devait de faire pour le salut de ses amis. Elle devait revenir à la vie le temps de dire à Cloud qu'il se faisait avoir et pour faire comprendre à Tifa qu'elle ne pouvait pas continuer comme ça. C'était de l'auto destruction. Et ça détruirait Cloud dans le processus. Mais Aéris croyait qu'elle aurait le soutien inconditionnel de Zack. Et pourtant, les voilà qui se disputait comme des fous, sur des choses qui lui semblaient pourtant très claires.

Aveuglée par sa colère et aussi par une bonne part de jalousie, elle n'arrivait pas à voir qu'il était aussi désemparé qu'elle et qu'il lui cachait quelque chose. Elle avait aimé Cloud. Même s'il agissait tout le temps comme Zack pour le faire revivre et qu'elle avait désespérément de voir son bien-aimé disparu réapparaître. Elle était sûre d'avoir aimé le SOLDAT. Et elle était tout aussi certaine qu'il l'aimait aussi. Sinon, toutes ses paroles n'auraient été que du vent, pour correspondre davantage à Zack? Comment pouvait-il suffisamment connaître Zack pour savoir comment il parlerait à une fille? Se réfugierait-il dans le rôle de son ami pour échapper à sa propre gêne. L'amour qu'il lui avait porté venait-il de son propre cœur ou de celui de l'homme qu'il avait incarné pendant trop d'années?

-Pourquoi est-ce que tu ne veux pas m'aider? Demanda-t-elle, à bout d'arguments et de souffle.

Il hésita, ne sachant s'il était plus juste de se taire ou de lui dire la vérité. Elle devina son trouble, sans reconnaître la cause de toute cette agitation dans son ami. Il détourna le regard, tête baissé, incapable de la fixer droit dans les yeux. Il avait peur d'être rejeté. Il avait l'impression qu'elle ne faisait plus que ça ces derniers jours. Zack déglutit, pour enfin parler, sans joie.

-Si tu arrives à y aller, comme tu le désires tant, qui me dis que tu reviendras? Ou que je pourrais t'accompagner. Qui me dis qu'ils ne te retiendront pas ou que tu ne voudras pas rester avec eux pour vivre la vie que tu as perdue là-bas. Si tu t'ennuies ici, c'est sûr que tu ne te retourneras pas. Mais on ne peut pas tous partir. Les enfants auront besoin de toi et il n'y aura que moi pour m'en occuper. Et si tu y vas, tu n'auras pas le choix de faire face à la décision de Cloud. Il devra forcément trancher entre toi et Tifa. Et si aucun de vous trois n'était prêt à la façon dont cette histoire va se finir?

-Zack…

Dire que d'habitude, c'était lui, qui se montrait impétueux et fonceur. Elle l'avait toujours été, bien entendue, mais, le voir dresser toutes ces possibilités auxquelles elle n'avait pas pensé. C'était la preuve qu'il tenait à elle, puisqu'il avait longuement réfléchi à tout ça. Dire qu'elle n'avait plus fait attention à lui durant les derniers jours.

-Est-ce que j'ai vraiment le choix? Si je n'essaye pas et qu'il leur arrive quelque chose d'irrévocable, je ne saurais jamais me le pardonner. Je dois au moins essayer.

Il acquiesça, toujours sans la regarder. Il avait les yeux embués et très envie de s'enfuir. Le silence était si lourd qu'ils ne s'entendaient même plus respirer. Et pourtant, ils n'avaient plus besoin de respirer.

-Si tu ne veux pas m'aider, je le ferais toute seule.

-Et donc, tu comptes aller voir Séphiroth?

Elle fit signe que oui, serrant les poings. Elle n'avait pas peur de lui. À l'époque, elle l'avait laissé la tuer, croyant que c'était ce qu'il fallait faire. Mais maintenant, tout était différent. Et si quelqu'un pouvait lui dire ce qu'elle devait savoir, c'était lui. Mais le voyage jusqu'à lui serait long. Et la rivière de la vie n'était qu'une immense salle blanche, dépourvue du moindre danger. Elle sillonnait la planète d'un bord à l'autre, après tout.

-Bon, si rien ne peux t'empêcher d'y aller… J'irais avec toi. Mais ne fais rien d'irréfléchis, devant ce fou ou encore dans le monde des vivants. J'ai des limites à respecter.

-Qui les a fixé? Fit-elle, réconfortée de le voir un peu plus loquace.

La voix de Zack était redevenue amicale. Il osa lui lancer un bref coup d'œil, avec un très faible sourire en coin. Il se détourna presque aussitôt, comme par jeu. Les yeux fermés, il répondit enfin…

-Je n'ai aucun contrôle ici. Quelqu'un de plus grand que nous décide des règles. Et je les suis, tant qu'elle me convienne. Quant aux limites, je n'ai plus le choix maintenant.

Il avait été ici plus longtemps qu'elle et en savait beaucoup plus long sur bien des choses. Mais il n'aimait pas discuter des lois de la place. La rivière de la vie les laissait mener une seconde vie, un peu ennuyante parfois, il est vrai, mais une vie quand même, qu'ils étaient tenu de chérir comme la prunelle de leur yeux. Après tout, ils n'avaient plus rien d'autre que cette vie et leur présence mutuelle. Parfois, il n'y avait que cette vie pour les réconforter.

-Tu connais bien quelques exceptions, non?

Il acquiesça. Sans un regard en arrière. Il venait d'ouvrir la porte blanche qui se dessinait sur les murs blancs. De la lumière s'en échappait malgré toute celle qui régnait déjà dans la pièce.

-Il est temps de créer nous-même l'une de ces exceptions.

Il franchit le seuil de la porte, aussitôt suivi par Aéris. Ils n'avaient plus une seconde à perdre. S'ils voulaient réussir, il faudrait faire vite. Tout se précipitait et une plus longue attente ne les avancerait à rien.

Cid avait fait face à bien des choses dans sa vie. Mais quand Vincent arriva avec Yuffie dans les bras, l'air plus sombre et mauvais que jamais, il cru risquer la crise cardiaque. La ninja avait été mise sous sa responsabilité. Et maintenant, elle était là, inconsciente, portée par un vampire ruisselant de pluie et dont les yeux rouges étaient deux gouffres enflammés prêts à canarder le premier qui oserait faire un commentaire.

Ils –enfin, il (Vincent) avai(en)t croisé nombre de gens qui le(s) regardaient de travers à le voir porter une jeune fille dans les vappes ainsi. Comme il allait entrer dans un hôpital, elle avait repris conscience pour le supplier de ne pas la traîner dans un tel endroit. Il n'avait pas cherché à comprendre, et suite à une dispute en bonne et due forme, il avait fini par rendre les armes. De toute façon, il ne pouvait pas savoir que l'hôpital était en reconstruction et presque inutilisable. Puis, ce n'était pas la raison de Yuffie. Sur le chemin vers la Shera, elle avait reperdu connaissance. Et maintenant, ils n'avaient plus qu'à la remettre entre les mains de la femme de Cid, pour se morfondre en silence.

Marlène et Denzle observèrent le tireur, très impressionnés par sa grandeur et la façon dont sa cape avait été déchirée. Il avait tant de style que ça en faisait presque peur. Il tourna son regard rouge vers eux, les faisant sursauter de surprise. Et de frayeur. Remarquant que personne ne s'occupait plus d'eux, il comprit qu'il devrait les emmener ailleurs.

-Tifa est au bar, demanda-t-il brusquement.

Cid fut pris de cours un instant, mais réchappa son mégot de cigarette d'une chute grandement dommageable. Il finit par hocher positivement de la tête, l'air absent.

-Cloud aussi y est à ce qu'elle a dit.

-Je vais ramener les enfants là-bas dans ce cas. Je reviendrais voir Yuffie plus tard, déclara-t-il de la même voix monotone. Jamais son ton ne changea, mais Shera et Marlène crurent percevoir une légère dose de douceur dans ses paroles à la mention du nom de la jeune princesse de Wutai.

-Tu comptes les amener à pied? Demanda Cid, en jetant un rapide coup d'œil dehors. La pluie tombait toujours, plus drue que jamais, et l'orage grondait férocement.

Vincent haussa les épaules, éparpillant des gouttes d'eau autour de lui. Il fit signe aux gamins de venir, sa décision étant prise. Son intuition lui soufflait que quelque chose n'allait pas et il n'avait plus rien à faire ici. Il ne saurait comment aider Yuffie. Il ne voulait plus voir les marques dont était recouvert son pauvre corps. Il avait été inactif trop longtemps. Maintenant, il lui fallait savoir ce qui se passait. Et Cid avait eu un drôle de ton en disant que Cloud était au bar. C'était mauvais signe. Même si son visage n'en disait rien, Valentine était prêt à jeter son regard de sang sur cette affaire. Leur ancien chef était censé venir le rejoindre et n'était jamais venu. Il n'avait plus eu de nouvelle de lui ou de Tifa depuis longtemps. Et Yuffie avait dit quelque chose pendant le trajet jusqu'ici qui lui avait mis la puce à l'oreille.

-Il n'aura plus choix. Ce sera elle ou Aéris. Pauvre Aéris…

Étonnement, la jeune fille ne semblait pas divaguer. Et Vincent saurait très bientôt à quoi s'en tenir. Ça ne lui ressemblait pas de se mêler des affaires des autres, mais il avait besoin de se rendre utile. Autant aller voir ces deux frères de combat. Et l'idée d'un choix entre une autre fille et Aéris éveillait bien des souvenirs au vampire. Cloud aurait eu un jour à choisir entre Tifa et la vendeuse de fleur si cette dernière n'était pas morte. Personne n'aurait su dire laquelle aurait eu droit à ses faveurs. Mais il semblait qu'aujourd'hui, quelqu'un avait décidé de l'obliger à faire ce choix. Et si c'était bien le cas, les conséquences pourraient être très graves. Les amours impossibles ou à sens unique peuvent finir très mal. Vincent en savait quelque chose.