Comme les reviews n'ont pas traîné, l'update ne traînera pas non plus. Le voici déjà!!! (elle est fière la Radiklement…'--)

Kalisca : Merci beaucoup! J'espère que tu as attrapé ton bus. Et voici déjà la suite!

Taiji39 : Ouais, moi aussi, j'ai bien aimé le moment où Denzle a admit que Cloud était comme un père pour lui. C'est pas pour rien que c'est son idole. Alors, un grand merci pour ta review et voici la suite!

Menteuse chapitre 12

Le matin se leva sur un Cloud fatigué, qui sommeillait dans la salle à manger, devant un déjeuner froid qu'il avait mitonné lui-même pour se changer les idées. Tifa fut surprise de le découvrir là, l'air las et ennuyé. Un sourire naquit sur sa bouche tentante quand elle vit qu'il tombait presque de sommeil dans son assiette.

-Tu n'as pas dormi? L'interrogea-t-elle, d'un ton qui se voulait moqueur et léger.

Il lui jeta un regard en coin, ses yeux bleus rendus pâles par une trop longue exposition à l'écran de son ordinateur. Il vit quand même les cernes sous le regard de vin de son amie et s'inquiéta à la voir dans cet état. Depuis trois jours, ses mains n'avaient toujours pas finies de guérir. Elle avait changé elle-même ses bandages, refusant de laisser quiconque voir ses blessures. Elle préférait les cacher sous des gants pour ne pas inquiéter les autres. Mais il savait ce qu'il en était. À chaque fois qu'un des enfants l'attrapait par la main, elle grimaçait de douleur. Et ce sacrifice, elle l'avait enduré pour le sauver.

-Pas longtemps, répondit-il, se rappelant ses recherches interminables.

Il avait fait de son mieux et avait même fini par fouiller dans les dossiers de Rufus Shinra. La déception qu'il avait tirée de son succès minable était écrite au néon dans son visage blême et il se redressa avec misère, ayant la nuque et la colonne toute raide d'avoir été trop longtemps penché sur son écran. Il avait l'impression de s'empâter. Mais ce n'était pas pour rien que des massothérapeutes faisaient des millions en soignant les fonctionnaires qui se tuaient le dos dans leur bureau.

-Tu es tout tendu, remarqua-t-elle en l'attrapant par les épaules, pour le taquiner.

Il se laissa faire, se prenant à espérer un massage en règle. Mais ils n'avaient jamais eu l'habitude d'établir ce genre de contact. Et, malheureusement, ce ne devait pas être aujourd'hui que cela commencerait. Cloud se sentait déjà assez égaré entre son amie d'enfance et une Aéris revenante pour ne pas vouloir se mêler davantage. Les mains de Tifa restèrent longtemps sur ses épaules, comme pour s'accrocher à son cou. Insensible à leur poids, il apprécia sa présence silencieuse, tout en s'efforçant de ne pas complètement se laisser aller. S'il avait suivit son instinct, les enfants n'auraient pas pu assister à ce qui aurait suivi dans la salle à manger.

-Tu te sens mieux, demanda-t-il, d'une voix ramollie par le manque de sommeil.

-Oui, un peu.

Elle se pencha par-dessus lui pour observer le repas qu'il n'avait mangé qu'à moitié. Son assiette devait être froide depuis des heures. En lui tapotant l'épaule, désapprobatrice, elle récupéra son malheureux déjeuner. Le souffle de la jeune femme sur sa joue l'électrifia. Il avait l'étrange impression de déjà l'avoir senti là. Et cette impression ne remontait pas à si loin que ça. Avec consternation, il réalisa qu'en fait, ce souffle ne lui était pas non plus étranger. Même son haleine… Il secoua la tête pendant qu'elle avait le dos tourné, pour s'assurer d'avoir les idées claires. Enfin, quel idée, comme si Tifa… Comme s'il avait…

-Bonjour Cloud! Clama Marlène en entrant dans la cuisine, toute souriante, ses yeux pétillants de joie.

Tiré de ses pensées, il répondit au sourire de la petite avec un empressement surprenant. Il n'avait rien entendu de ce qu'elle avait dit. Il commençait à songer à une possibilité terrifiante à propos du retour d'Aéris. C'était quand même très suspect que Tifa soit sortie le même soir que lui. Qu'elle sache qu'il sorte n'était pas si soupçonnable, mais le fait qu'Aéris soit avec lui alors que Tifa ne se trouvait pas avec les enfants… Surtout que la jeune femme avait semblée si étrange ces derniers temps.

Puis, mentalement, il n'avait cessé de voir le visage de chacune des deux femmes, à tour de rôle. Quand il était avec l'une, il voyait l'image de l'autre dans son esprit. Comme si instinctivement, il avait déjà compris ce qui se tramait. Mais c'était impossible. Tifa n'irait quand même pas jusqu'à se déguiser et se faire passer pour la défunte vendeuse de fleur pour le charmer. Elle ne tenait pas si désespérément à lui. Non?

Cloud voulut se lever de table, mais l'assiette de crêpes que posa son amie devant lui tirailla suffisamment l'estomac pour qu'il demeure à sa place. Denzle et Marlène se joignirent à lui. Ils déjeunèrent tous les quatre, comme si tout était comme d'habitude. Les deux garçons assis face aux deux filles. Pour une fois, ils se sentaient tranquilles. Mais Tifa était plus nerveuse que d'habitude. Elle mangeait du bout des lèvres, sans oser regarder le SOLDAT devant elle. Elle faisait tout aussi bien, car malgré lui, Cloud ne pouvait s'empêcher de la dévorer des yeux. Il essayait de déceler des indices qui pourraient l'éclairer sur toutes les questions qu'il se posait. Puis, il avait bien le droit d'apprécier la vue aussi. Les enfants échangèrent un clin d'œil complice, amusés du manège des deux adultes. Ils décidèrent de leur donner un coup de pouce.

Ces deux-là ne finirait pas ensemble si Cloud retombait amoureux d'Aéris. Il fallait qu'ils vivent des choses ensemble, sous leur vraie identité.

-Aujourd'hui, je voudrais qu'on fasse quelque chose tous les quatre, déclara Marlène.

-Oui! Vous savez, ils ont terminé une nouvelle aréna dans la ville. Avec une patinoire et plein de trucs autour. Ce serait chouette d'y aller, non? Poursuivit Denzle.

Cloud ne sut quoi répondre, mais Tifa décida de saisir cette occasion. Elle avait besoin de calme. De se déstresser un peu aussi. Et elle avait toujours adoré patiner. Même si elle n'était pas très bonne, il s'agissait d'une activité qu'elle appréciait. Elle en ressortait paisible et en paix avec elle-même. Ça lui rappelait aussi de bons souvenirs. Quand elle était petite, ses parents l'emmenaient très loin, dans une autre ville que Nebielem, pour la faire patiner. Ils glissaient tous les trois sur la glace en se tenant par la main. C'était presque magique.

-C'est une excellente idée! Qu'est-ce que tu en penses Cloud?

Il garda le silence pris de court. Chaque membre de la tablée le fixait, les yeux pleins d'espoir, l'obligeant à décider pour eux tous, alors que chacun voulait le voir accepter. En fait, ce qu'ils voulaient le voir choisir, c'était de venir avec eux. Devant leur mine réjouie d'avance, il n'osa pas penser un instant à les décevoir. Même s'il n'avait jamais été un bon patineur, pour ne pas dire qu'il faisait assez pitié sur la glace, il n'essaya pas de se défendre d'y aller avec des arguments quelconques.

-Bien… Pourquoi pas? Finit-il par dire, avec l'impression d'avoir été un peu manipulé pour accepter.

Normalement, Cloud aurait refusé. Il n'était pas un rabat-joie, il n'y voyait pas vraiment d'intérêt, mais… Il leur avait fait défaut sur tellement de plans durant les dernières années! Malgré cela, Tifa et les enfants l'accueillaient toujours comme s'il était là encore la veille, alors que ses absences se faisaient toujours plus longues. Il ne méritait pas leur support et leur amour. Pourtant, il le recevait toujours. Et Cloud ne pouvait accepter l'idée de perdre cette continuité. Denzle lui avait fait réalisé que tout ce qu'il avait ne lui était pas acquis. Il pouvait tout perdre du jour au lendemain, comme il avait perdu Aéris. Rien ne lui prouvait qu'elle était réellement revenue.

Alors, il devait commencer à mériter sa bonne fortune.

-Qu'est-ce qu'on attend pour y aller?

Avec les derniers jours, le SOLDAT avait pu récupéré sa moto, enfin, un modèle parfaitement identique, qu'il avait baptisé Fenrir, comme la première. En grimpant sur son véhicule et faisant monté Tifa derrière lui, ayant fixé un compartiment supplémentaire où grimpèrent les petits, il songea que tout n'était pas remplaçable. Si Fenrir pouvait être refaite aussi facilement, Aéris n'aurait jamais du lui revenir. Et plus il songeait, moins il croyait avoir eu à faire à la vraie Cetra quand il l'avait vu. Elle lui ressemblait peut-être un peu, mais il y avait quelque chose qui ne collait pas. C'était tout simplement impossible, point à la ligne.

Les bras de son amie d'enfance s'accrochèrent à sa taille, le réconfortant. Ces bras étaient tangibles. Tifa était vraiment là, depuis toujours. Et il se souvint de la terreur qu'il avait ressentie quand il l'avait retrouvé dans cette église abandonnée, gisant au milieu des fleurs, comme une morte. Il ne pourrait supporter de la perdre. Même si ces derniers temps, elle agissait bizarrement et attirait ses soupçons. C'était le dernier rempart entre lui et l'inconnue. Sa seule attache au monde des vivants. Avec les enfants, elle était sa seule famille. En faisant rugir son moteur, appréciant la qualité de son nouveau véhicule, il posa une main sur celles que la jeune femme avait passé autour de lui. Elle pensa le déranger, mais il retint son bras.

Cloud lui prit la main et, encouragée par la pression rassurante de ses doigts sur les siens, la jeune femme se laissa aller un peu plus contre lui, appuyant son visage dans son dos. Les enfants regardèrent ailleurs, innocemment, même s'ils avaient tout vu de cet échange silencieux. Pour une fois, les choses se présentaient bien. Mais dans sa forte poitrine, le cœur de Tifa battait la chamade. Elle se disait que quelque chose n'allait pas et qu'elle devait rêver. Cloud ne pouvait lui tenir la main alors qu'il avait embrassé Aéris passionnément quelques jours auparavant. Il ne pouvait pas l'aimer elle puisqu'il n'avait d'yeux que pour la Cetra. Elle s'efforça d'apprécier l'instant présent malgré tout. Et la brise sembla leur souffler un encouragement. Pour lui dire qu'elle avait le droit d'être aimé pour ce qu'elle était vraiment. Mais ce message venu d'outre-tombe lui échappa.

Ils arrivèrent à l'aréna au milieu de l'avant-midi et se glissèrent à l'intérieur. La place était presque déserte, leur donnant l'impression que bientôt, la glace ne serait qu'à eux seuls. Cloud se montra pourtant réticent à les accompagner et préféra rester assis dans un coin pour les regarder patiner plutôt que de les suivre et de faire un fou de lui. Denzle et Marlène eurent beau insisté, Tifa finit par les convaincre de le laisser faire comme il l'entendait. C'était déjà beau qu'il soit venu avec eux.

Dans la première heure, la jeune femme profita du silence de ses patins sur la glace pour réintégrer sa propre personnalité. Depuis qu'elle avait enfilé ces vêtements roses et porté cette perruque, elle ne se sentait plus elle-même. En glissant tranquillement, les yeux fermés, tournant sur elle-même et tenant les mains des petits, elle redevint celle qu'elle avait toujours été. Cloud vit le changement s'opérer, la voyant reprendre des couleurs progressivement, comme si elle perdait une couche de froideur et retrouvait sa chaleur communicative. Le trio riait, couvé de l'œil protecteur du guerrier, et pour une fois, même ce dernier parvint à oublier ses soucis.

Au bout de son souffle, Tifa vint rejoindre Cloud, pour l'obliger à les rejoindre. Son air déterminé était clair quant au fait qu'il n'aurait pas le choix. Il essaya bien de se prémunir de la glace, mais elle refusa qu'il n'ait d'autre rôle à jouer que celui du chauffeur de taxi. Il allait venir patiner avec elle et les enfants, qu'il le veuille ou non. Vaincu par la force, et ne s'étant pas trop longtemps défendu, il finit par abandonner et la suivre sur la glace, beaucoup plus incertain encore que l'était Denzle. Le gamin avait souvent tombé, entraînant soit la jeune femme, soit Marlène avec lui, dans des éclats de rire contagieux.

Maintenant, le petit n'avait pas de problème pour se tenir debout, tandis que Cloud se sentait loin de toute stabilité. Il voyait bien l'air moqueur de son amie et appréciait peu l'idée qu'elle le prenne en défaut sur ce terrain. Il n'avait jamais aimé la glace. Le froid de la neige lui semblait moins pire. La glace était traîtresse et malintentionnée. Ici, il y avait peu de chose à craindre, mais il n'aimait pas se sentir tanguer d'un bord à l'autre. Et il n'avait aucune envie de tomber non plus. Le pauvre n'osait même pas imaginer le spectacle qu'il devait être à regarder.

-Attends, tu t'y prends de travers, c'est sûr que tu vas tomber comme ça, remarqua Tifa en venant le soutenir.

Cloud s'appuya sur elle pour se redresser sans trop y réfléchir. Il n'avait pas vraiment le choix de toute façon. Mais son geste les fit rougir tous les deux. La jeune femme passa par-dessus sa gêne, en lui expliquant qu'il devait toujours garder ses pieds parallèles l'un à l'autre pour commencer. Il s'agissait en effet de la base du patinage. Elle le prévint aussi qu'il courrait plus de risque de tomber s'il se penchait trop vers l'arrière ou l'avant. Cloud ne retint pas son dernier avertissement, jugeant qu'il tomberait peu importe de quel côté il pourrait venir à se pencher.

Elle l'aida à prendre la bonne position de départ, pour ensuite le laisser avancer de lui-même. N'ayant aucun contrôle sur ses pieds avec ses patins, Cloud jugea préférable de ne pas perdre l'équilibre et de reprendre son appui. De toute façon, il aimait la rougeur qui colorait les joues de son amie quand il se cramponnait à elle pour ne pas tomber. Elle secoua la tête, puisqu'il ne pourrait pas faire de progrès en restant accroché à elle.

-Je n'ai pas demandé à apprendre à patiner.

-Tu pourrais au moins essayer.

-Oui, Cloud, essaie de m'attraper! Le défia Marlène, avec un immense sourire. À voir la vitesse à laquelle elle filait sur la glace, c'était perdu d'avance.

Mais le jeune homme avait quand même son amour-propre. Lâchant Tifa, il s'efforça de conserver son équilibre pour avancer seul. Ce qu'il réussit plus ou moins bien. Il s'aida en regardant vers l'avant plutôt que de fixer ses pieds. Ça ne devait pourtant pas être tellement plus compliquer que marcher, enfin! Comme il se faisait cette réflexion, Denzle trébucha, pour se retrouver sur le ventre, le souffle coupé. Son amie d'enfance fila voir à ce que le petit n'ait rien, tandis que Marlène continuait de patiner dans les alentours de Cloud, le narguant de sa facilité à se mouvoir. Il hésita un instant, craignant qu'une patinoire ne soit pas le meilleur lieu pour une course poursuite. Mais son orgueil piqué au vif quand la petite lui tira la langue, il décida de l'attraper coûte que coûte.

S'il arrivait à conduire une moto et à faire du snowboard, pourquoi pas patiner après tout?

Il se lança tout de go, pour parcourir au moins 6 mètres sans difficulté. Le premier problème qui se présenta à lui fut d'avoir une idée de la façon qu'il pouvait utiliser ses patins pour effectuer un virage, puisque Marlène s'empressa de se pousser loin de la direction qu'il avait prise, pour lui compliquer la tâche. Le second, ce fut que s'il ne virait pas, il ne pouvait plus suivre la petite des yeux. Il leva donc un pied, pour changer de direction. Mais il n'avait pas vraiment compris la technique et s'étala de tout son long par terre.

Heureusement, il n'y avait personne d'autre qu'eux quatre dans la patinoire, mais il grogna malgré tout son mécontentement en essayant de se relever. C'est là que le troisième problème se posa. Pour se remettre debout, il fallait braver les éléments, et trouver une façon de ne pas se tordre une cheville tout en se redressant. Après trois ou quatre essaies infructueux, et avoir essuyé le fou rire des trois autres, il se fâcha pour de bon. Il planta ses dents dans la glace (celles du patin), assez fort pour y percer un trou. Basé sur cet équilibre précaire, il se remit enfin debout. En croisant le regard de Tifa, il perdit un peu de sa colère, mais se reprit bien sur ses patins. Croyant avoir saisi le concept, Cloud décida de couper court à cette course poursuite. Il fit d'abord un tour sur lui-même, pour être sûr de pouvoir tourner, ce qu'il réussit sans problème.

Quand il se précipita sur Marlène, la petite comprit qu'elle aurait plus de misère à lui échapper. Mais elle n'était pas prête à s'avouer vaincue. Elle le devança, pour se planter à l'autre bout de la patinoire et l'attendre. Il la rejoint sans trop de difficulté, bien qu'il manqua encore d'assurance. Ce n'est qu'au dernier moment qu'elle lui fila entre les doigts et pris par surprise, il tomba pour la deuxième fois. Denzle encourageait la fillette et Tifa observait le spectacle, ayant elle aussi oublié toutes ses manigances. Cloud se releva plus vite, commençant à prendre la main. Mais les deux enfants se liguèrent contre lui, pour qu'il trébuche de nouveau, en faisant l'erreur de se mettre sur la pointe de ses dents.

Le guerrier se releva encore une fois, commençant à trouver tout cela de moins en moins drôle. Il repartit de plus belle, cette fois, beaucoup trop vite. Son empressement lui valu une autre chute, qui ranima le fou rire de Tifa, plus encore que ceux des gamins. Mais cette fois, contrairement aux autres, Cloud n'essaya pas de se relever. Il n'essaya même pas de se soulever sur ses coudes. Au bout d'un moment, son amie s'inquiéta. Et s'il s'était fait mal? Après tout, il avait eu un assez gros accident l'autre jour…

-Cloud, est-ce que ça va? Demanda-t-elle, concernée, en venant vers lui.

Il attendit qu'elle soit juste à côté de lui pour bouger et l'attrapa par la cheville. Déséquilibrée, la jeune femme bascula, et il en profita pour la rattraper en s'asseyant sur la glace, avec un air moqueur. Disons qu'il en avait assez de l'entendre rire de ses piètres performances. Ce n'était pas sa faute si on ne l'emmenait jamais patiner quand il était petit et s'il ne mettait les pieds que pour la première sur une patinoire. Mais elle comprit à le voir qu'il n'était pas vraiment fâché. Puis, peut-être qu'il l'était et lui faisait payé pour ce qu'elle avait fait. Comment faire pour savoir s'il n'était pas au courant pour sa machination? S'il se doutait qu'elle faisait semblant d'être Aéris…

-Je n'ai rien, souffla-t-il, en la gardant contre lui ainsi un moment, son regard trop bleu plongé dans ses yeux de vin. Et toi? Ajouta-t-il.

-Ça va, répondit-elle, en se relevant un peu.

Il la retint, comme s'il ne la croyait pas. Puis il esquissa un demi-sourire, de ceux qui aurait fait craquer n'importe quelle femme. Il avait pensé à quelque chose qui lui rendait presque ces dernières chutes agréables. Jusqu'à maintenant, dans toutes les épreuves de sa vie, s'il était venu à baisser les bras, il y avait eu quelqu'un pour le pousser de l'avant. Et il venait juste de réaliser qu'il avait presque toujours s'agit de Tifa.

De son côté, la jeune femme comprit qu'il n'était pas du tout fâché. Et pour une fois, leur proximité ne les dérangeait pas. Ils avaient déjà été plus proches, poussés par le danger, puis, c'était lui qui l'avait mise dans cette position. Elle n'avait rien manipulé pour que cela arrive. Cette idée l'a mis mal à l'aise. En fait, peut-être qu'elle n'aurait jamais eu à faire ce plan de fou pour conquérir Cloud. Mais elle avait cru ce rêve impossible pendant si longtemps. Elle avait perdu espoir de pouvoir être aimé de l'homme de ses rêves de façon conventionnelle.

-Je suis content, dit-il alors, le prenant par surprise.

Avant qu'elle ait le temps de comprendre ce qu'elle avait fait qui avait pu suscité une telle réaction de sa part, ils étaient tous les deux debout sur la glace. Et il n'en fallut pas plus pour qu'il parte sur ses patins, pour filer vers Marlène, qui se demandait si elle et Denzle ne devraient pas s'éclipser pour les laisser tranquille. La gamine éclata de rire en essayant d'échapper à l'adulte, mais il fut plus rapide et la fit basculer avec lui sur la glace. Bien sûr, il s'y prit si bien que le seul à prendre le choc fut son dos. Mais il n'en avait rien à faire. Parce que pour une fois, il était réellement content.

Il se sentait totalement bien dans ce qu'il faisait. Et quand il se redressa avec l'enfant dans ses bras, ce fut pour croiser le visage illuminé de Tifa par la joie. Et Denzle lui lança un clin d'œil taquin, comme pour lui dire qu'il était sur la bonne voie. Cloud ne croyait pas qu'il pouvait répandre le bonheur autour de lui, puisqu'il ne savait plus sourire ou ressentir la joie lui-même. Pourtant, il la ressentait à présent. Et c'était bien mieux que la culpabilité et les noires pensées qui l'avaient rongées durant les dernières années. Comment avait-il pu perdre tout ce temps dans de telles dispositions?

-Dis-donc, tu apprends vite! S'étonna son amie.

-Il suffit de s'en donner la peine, déclara-t-il en jetant un coup d'œil à Denzle.

Le garçon comprit le message. Son idole comptait bien garder sa leçon. Cet avant-midi de patinage n'était que le condensé de sa vie. Il l'avait passé passivement, à essayer de vivre la vie d'un autre. Puis, quand il avait voulu retrouver ses propres traces et suivre sa propre voie, il n'avait plus su comment être lui-même. Il n'avait jamais été très expressif. Mais de voir les autres autour de lui aussi souriant, de les entendre rire. C'était un baume sur son cœur ravagé par les épreuves. Quand il se leva et aida Marlène à se camper sur ses pieds, Denzle et Tifa vinrent les rejoindre pour les attraper par la main. Ils quittèrent la patinoire sans échanger un mot.

Ils sortirent tous ensemble, marchant presque d'un même pas, avec une lumière dans les yeux bien plus étincelante que celle du soleil. Alors qu'ils montaient sur la moto de Cloud, une femme les arrêta, pour les interroger. Alors qu'ils n'y auraient pas fait attention, ils lui prêtèrent quelques précieuses minutes de leur temps. Ce fut surtout la façon dont elle les aborda qui les retint.

-Quelle belle famille que voilà, fit-elle en s'adressant très clairement à eux.

Cloud et Tifa ne rougirent pas, bien qu'ils se sentent un peu mal à l'aise. Les enfants décidèrent de se prêter au jeu. La femme remonta ses lunettes noires sur son nez, en se présentant comme la nouvelle directrice de la nouvelle école de la ville, qui serait bientôt entièrement construite.

-J'espère que vous saurez où inscrire vos enfants quand la rentrée arrivera. Ces petits ont l'air d'avoir soif d'apprendre.

Denzle grimaça à cette idée et Marlène s'interrogea sur l'honnêteté de cette femme. D'habitude, on ne recrutait pas des élèves dans la rue. Mais, depuis que la ville avait été détruite, c'était normal que ses bâtiments se reconstruisent difficilement, et ait encore plus de difficulté à se faire connaître. Avec tous les problèmes bien plus importants qu'ils avaient connus, les deux adultes n'avaient jamais songé à l'éducation de leurs deux protégés. Ils se dévisagèrent, sans savoir quoi penser. À leur âge, il était logique d'envoyer ces enfants à l'école. Ils auraient certainement besoin d'une formation différente de celle de leurs deux tuteurs. Après tout, s'ils se dirigeaient vers des temps de paix, les travaux disponibles seraient fort différents de ceux qu'avait Cloud et Tifa.

Puis, ils ne voyaient pas leur protégé devenir livreur ou serveuse dans un bar. Sans savoir pourquoi, ils ne pensaient pas que ce soit des emplois rêvés. Eux-mêmes préféraient arrondir leur fin de mois en tuant quelques monstres pour avoir des gils plus rapidement. Les livraisons de Cloud lui laissait un salaire ingrat et les clients de Tifa n'était pas non plus les gens les plus recommandables qui soit, même si elle savait comment traiter avec eux. Mais ce n'était pas le moment de remettre en question le fait qu'ils n'étaient pas de très bons modèles pour les deux enfants. Cloud préféra fuir cette situation ambiguë, puisqu'il n'avait pas envie de se sentir un peu plus coupable.

Mais la femme ajouta une dernière chose, qui les mit davantage dans l'embarras.

-Vous en aurez bien quelques autres en route après tout, fit-elle avec un clin d'œil enjôleur pour le jeune homme. Le regard entendu qu'elle envoya à Tifa n'avait rien de sympathique. Il faut savoir à quelle école envoyée sa marmaille et le plus tôt est le mieux.

Cloud ne prit pas le pamphlet qu'elle leur tendit. Il n'accepterait rien de quelqu'un qui insultait son amie. Il fit plutôt gronder son moteur, pour démarrer à toute vitesse, laissant tout juste le temps à Tifa de s'accrocher à lui pour ne pas tomber sur l'asphalte.

-Vous savez, ce n'est pas grave, on n'est pas obligé d'aller à l'école, déclara Denzle, en criant pour couvrir le bruit du moteur.

-Ne croies pas que tu vas t'en réchapper, le prévint Cloud.

Lui-même et Tifa étaient allé à l'école et il ne voyait pas pourquoi un traitement de faveur serait fait pour leurs protégés. De toute façon, il ne comprenait pas pourquoi ses quelques discussions avec son amie n'était jamais tombé sur le sujet. Dans son dos, il la sentit se blottir contre lui, pour calmer la peine qu'elle ressentait. Cette femme avait du juger Tifa beaucoup plus vieille qu'elle ne l'était. Certaines « choses » amenaient les gens à penser ainsi. Et il comprenait le ressentiment de la barmaid. Il s'était senti coupable lui aussi. Car ils n'étaient peut-être pas d'aussi bons modèles qu'ils auraient pu l'être pour les deux enfants. Et pas seulement sur le plan de leur travail.

Son cœur lui disait ce qu'il en était. Mais l'image d'Aéris l'empêchait d'accepter ce qu'il pensait. Il avait encore des choses à tirer au clair. Leur quiétude troublée, ils rentrèrent dans le silence de la ville. Cloud reprit la main de Tifa, comme il l'avait fait au début de la journée, pour lui redonner courage. Cette fois, ce fut lui qui serra ces doigts avec force. Et il comprit que bientôt, ce serait à lui de l'aider à se relever. Il espérait découvrir pourquoi avant qu'elle ne soit en trop grande détresse. Elle était si fragile…

Once again, to be continued.

Si vous voulez la suite? Reviews!

Ps : je suis tellement moche aux patins, je ne sais pas comment Cloud a pu prendre le tour aussi vite. Mais il doit être tellement mignon, écrasé dans un ban de neige après être tombé de tout son long sur la glace… (oui, elle est folle, sinon, elle ne parlerait pas d'elle-même à la troisième personne du singulier…)