Merci beaucoup pour toutes vos reviews. Moi aussi, j'adore l'image de Cloud avec des patins qui plante à tout les trois pas. Il a pas comprit qu'on ne marchait pas avec des patins? Sinon, vous avez raison, vous aurez vos réponses ici, dans cette suite! Enfin, pas toutes bien sûr, mais quand même. (Pas de rar, parce que pas assez de temps, mais sachez toute que je vous aime fort et que chacune de vos reviews me fait vraiment vraiment beaucoup de plaisir) Alors, continuez d'en faire! Et sans plus attendre, la suite!
Chapitre 13 Menteuse
Le reste de la journée fut difficile pour les enfants, qui furent quelque peu délaissé par leurs « parents ». Pourtant, ils ne se plaignirent pas, comprenant que les deux adultes avaient besoin de mettre les choses au point. Il y avait eu tant de tueries et de problèmes concernant directement leur survie qu'aucun d'eux ne s'était penché sur des problèmes aussi secondaires que ceux de l'école. Mais Tifa se rappelait que Barret en avait discuté une fois avec elle au téléphone. Elle avait coupé court à la discussion, parce que Denzle était malade, les géostigma séjournant toujours sur la planète et surtout parce que Cloud avait disparu.
Le SOLDAT ne savait pas comment aborder la conversation qui s'imposait entre lui et son amie. Il aurait voulu la testé, pour s'assurer que ses doutes à son égard soient fondés ou pas. Mais il n'osait pas. Pas devant les enfants.
Aéris avait raté l'intermède patinage de nos deux héros, ayant d'autres soucis. Zack avait combattu vaillamment, mais peu d'hommes avaient pu résister à Sephiroth. L'enfant de Jenova avait profité d'un instant d'inattention pour s'en prendre au guerrier et lui ouvrir le ventre de son épée. La lame ensorcelée l'avait presque tranché en deux. Un sourire mauvais sur son visage blême, son agresseur le regarda avec des yeux amusés. Mais il ne prit pas le temps d'apprécier la douleur sur les traits de sa victime. Il était diabolique sur d'autres plans. Il préférait de loin admirer la souffrance psychologique dans laquelle sombrait Aéris à la vue de son protecteur dans un tel état.
-Zack! S'écria-t-elle, perdant toute rationalité pour se jeter à genoux aux côtés de son ami, malgré les bêtes qui l'encerclaient.
D'un geste, Sephiroth les chassa, ayant le plein contrôle sur ces créatures monstrueuses. Il voulait observer l'échange qui suivrait. Il n'avait plus de distractions depuis des mois. Une année depuis que Cloud Strife avait réussi à le terrasser pour la troisième fois. Il garda le silence, devinant les sanglots qui secoueraient bientôt Aéris.
-Comment est-ce possible? Nous sommes déjà mort, remarqua-t-elle, en essayant de se convaincre que son ami ne pouvait pas lui être enlevé par cette affreuse blessure qui le clouait au sol.
-Ce n'est rien, fit le jeune homme, ses mèches bleues lui retombant sur les yeux, masquant le soupçon de crainte qu'il ressentait.
Il ne voulait pas l'inquiéter et ne voulait en aucun cas lui être un poids. Il se concentra sur son mal, comme s'il pouvait le chasser par sa seule pensée.
Comme de fait, la chair de Zack, qui n'était qu'une enveloppe d'images, se reforma lentement, même s'il garda un teint crayeux. Il se redressa sur les coudes, cherchant un souffle dont il n'avait pas besoin, avant qu'Aéris ne pose une main protectrice sur son épaule et ne le repousse vers le sol.
-Fais attention à toi, je t'en prie.
Zack aurait prit le temps d'être touché par son attention et ses yeux remplis de larmes si cela n'avait été de la présence dérangeante de Sephiroth.
Ce dernier marcha lentement, ses bottes claquant sur la pierre, comme des coups de fouet. Il s'approcha d'eux jusqu'à ce que son ombre menaçante recouvre la jeune femme. Il n'y avait pas de soleil dans la rivière de la vie. Mais Sephiroth avait son ombre pour effrayer les âmes inconscientes qui pourraient venir jusqu'à lui. Il se trouvait juste derrière la dernière des Cetras.
Aéris se retourna vivement, pleine d'audaces, mais aussi de craintes. Cet homme lui avait autrefois enlevé la vie. Maintenant, elle réalisait un peu plus pleinement tout ce dont il l'avait privé. Mais elle n'était pas venue le voir pour se plaindre à propos de désirs égoïstes.
-Pourquoi avoir fait ça? Il n'a fait de mal à personne!
-Si, à mes chiens, répliqua l'homme aux cheveux d'acier, sans ciller.
-Mais, tu dois bien savoir que nous ne venons pas ici en ennemis.
-Toi pas, mais lui si. Puis, de toute façon, il n'est pas question que l'un de vous pénètre dans mon entre. Personne d'autre que moi n'y aura jamais accès. Vous n'avez qu'à repartir.
-Mais c'est important! Puis ça ne te sert à rien de continuer d'agir aussi méchamment maintenant que tu es mort.
Sephiroth se détourna sans un mot, sa chevelure volant derrière lui, sa cape claquant dans un vent éphémère. Il n'avait rien perdu de sa gloire d'antan. Rien de sa froideur ou de son côté énigmatique. Alors que Zack cherchait à se relever derrière elle, la jeune femme rappela son meurtrier, d'une voix autoritaire et décidée. La voix de quelqu'un qui devrait être obéi impérativement.
-Qui veux-tu terroriser ici, si tu ne peux plus tuer personne? Pourquoi es-tu toujours aussi buté qu'avant? Tout le monde peut changer. Et ce n'est pas parce que ta mère est introuvable que tu dois être aussi malveillant. Si elle n'est plus là, à qui veux-tu prouver quelque chose avec ton manège? Reviens ici tout de suite. Tu me dois bien une petite discussion.
Fut-ce le commentaire sur sa mère qui fit mouche, ou le fait qu'il ait une dette envers elle? Peu importait, puisque Sephiroth se retourna pour revenir sur ses pas, l'air agacé, mais moins sournois que tout à l'heure. Il n'aimait pas Zack. Il l'avait presque tué, mais il avait fallu qu'il rate son coup. Il ne regrettait pas du tout d'avoir renvoyé la Cetra parmi les siens et les morts. Selon lui, il avait fait ce qu'il avait à faire. Pour Jenova, sa mère.
-Je n'ai pas de temps à perdre, finit-il par dire, une fois arrivé à la hauteur de la jeune femme.
Elle soutint courageusement son regard ennuyé, malgré le souvenir de sa lame dans son dos et du sang sur ses mains jointes. Elle avait autrefois éprouvé de la compassion pour lui. Même après sa mort, elle ressentait la même chose pour son assassin. Mais maintenant qu'elle lui faisait face, elle n'était plus aussi clémente. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine froide. Elle avait envie de s'enfuir. Mais Aéris ne fléchit pas, autant par orgueil que par volonté. Elle ne donnerait pas à ce fou le plaisir de voir sa peur. Seule Zack parvenait à la lire dans la posture incertaine qu'elle avait. Il était presque debout, mais son corps ne répondait plus aussi bien que tout à l'heure. Il craignit un moment que le coup reçu de la masamune l'ait privé d'une part de son âme. Mais il n'eut pas le temps de s'en inquiéter.
-Tu n'as rien d'autre à faire, le coupa Aéris, furieuse.
Le plus stupéfiant, ce fut que Sephiroth demeura silencieux, comme s'il n'avait rien à répondre. C'était assez éloquent. Il n'avait rien à faire.
-Que veux-tu de moi, finit-il par demander, pour perdre le moins de temps de possible.
Ne serait-ce que par principe. Il n'aimait pas l'idée de se faire mener par le bout du nez par une vulgaire femme. Quelqu'un aurait peut-être du lui faire remarquer que c'était pourtant ce qui l'avait conduit à sa perte et ce qu'il avait fait toute sa vie. Jenova était bien une sorte de vulgaire femme, quoi qu'elle soit le reste lointain d'une Cetra. Comment Sephiroth avait pu comprendre ou interpréter ses volontés, c'était une autre histoire…
-Je veux revenir à la vie, comme tu l'as fait la dernière fois. Je dois parler à Cloud.
Un sourire mutin se dessina sur le visage de l'ancien chef des SOLDATS. Ce garçon l'avait toujours fasciné. Il avait joué avec lui si longtemps… Malgré son grade de second ordre, il avait démontré qu'il possédait une force bien plus grande que celle qu'avait Sephiroth. Ce dernier n'avait toujours pas compris comment s'était possible, mais si Aéris voulait embêter Strife, il était prêt à faire tout ce qu'elle lui demanderait. Enfin, tant que Cloud souffrirait en fin de compte. Il méritait bien ça, après l'avoir empêché de réaliser ses sombres plans.
-Vraiment? Mais dans ce cas, c'est tout autre chose. Allons discuter chez moi. Ça pourrait être long. Il s'agit d'un processus complexe. Après vous, fit-il poliment en invitant la jeune femme à le suivre dans sa caverne.
Zack resta bouche bée un instant, et voulut se lever pour arrêter son amie. Mais elle l'arrêta elle-même, avant que Sephiroth ne le fasse.
-Tu ne peux pas venir avec moi, Zack. Tu m'as suivi jusqu'ici et je t'en remercie, mais je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose. Je suis certaine qu'il ne tentera rien contre moi et me rendra le service que je lui demande. Mais je suis sûre qu'il te chassera, peu importe ce que je pourrais lui dire. Ça ne sert à rien d'essayer.
Le pauvre homme n'arriva pas à croire que c'était la même femme que celle qui venait de défier Séphiroth que celle qui baissait maintenant les bras, pour être sûre de se séparer de lui. Il ne pouvait supporter de la voir partir seul avec cette raclure qui l'avait tué. Elle était donc vraiment inconsciente?!
-Il est malintentionné, ne t'imagines pas qu'il fera une exception pour toi… Je devrais…
-Non. Laisses-moi y aller seule. J'irais trouver Cloud et Tifa, pour mettre les choses au clair. Je les saluerais de ta part.
Tout allait trop vite pour lui. S'il ne faisait rien, elle allait lui échapper pour de bon. Il sentait déjà la chaleur de sa présence le quitter. Il se redressa complètement, mal assuré sur ses jambes. Elle s'éloigna d'un pas, et il vacilla davantage, comme si sa force le quittait à l'idée de la voir disparaître de son univers. Il sentait qu'elle ne reviendrait pas s'il la laissait partir. Et il ne pouvait endurer cette idée. Sa joie d'être l'abandonnant, il ne fut plus que l'homme effrayé qu'il était sous ses masques, qu'il laissa tomber malgré la présence inquiétante de son pire ennemi à quelques pas.
Sa main se referma sur le poignet de la jeune femme, pour la retenir. Elle sentit ses tremblements jusque dans le bout de ses doigts. À ce moment, il devait avoir bien plus besoin d'elle que Cloud. Mais elle ne pouvait accepter l'idée de laisser les choses aller plus loin alors que Tifa usurpait son identité. Elle se déroba à son ami. La gorge de ce dernier se serra si bien qu'il ne trouva pas la force de prononcer plus de quelques mots.
-Je t'en pries, murmura-t-il, juste assez fort pour être entendu. Ne me laisse pas.
Elle secoua la tête et se détourna, sans même lui promettre de revenir. Sans un mot ou un regard, elle rejoignit Sephiroth et s'éloigna du SOLDAT pour prendre la direction d'un important tournant de son existence. Il vit avec horreur l'homme vêtu de cuir posé une main sur l'épaule vêtue de rose de sa belle. Elle ne repoussa pas la main de son meurtrier, même s'il devait lui répugner d'entrer en contact avec lui. Zack retint un cri de désespoir. Ç'aurait été indigne de lui. Mais quand il se retrouva seul, il s'effondra, incapable de tenir debout plus longtemps. Il ne savait plus quoi faire. Devait-il l'attendre ici, retourner auprès des trois jeunes frères, issus des clonages intensifs de Sephiroth, qui attendaient toujours le retour de leur mère?
Que leur dirait-il à ces pauvres enfants? Pouvait-il les laisser espérer de revoir Aéris un jour ou l'autre seulement? Et lui, que pouvait-il penser? Devait-il attendre, ou l'oublier une bonne fois pour toute? Son cœur blessé plus profondément que jamais, il n'entendit pas les feulements des bêtes, et resta à genoux, à fixer ses mains, vides de toute volonté. Il n'avait pas fière allure. Son épée à quelque pas de lui grinça quand un chacal posa sa patte maigre sur la garde de l'arme. Il releva tout juste la tête. Quand il fut encerclé, il ne fit pas un geste pour se défendre. Encore moins quand les animaux se jetèrent sur lui. Il n'avait plus de force. Il était mort. Mais maintenant, il était vraiment mort. Ce qui restait de vivant en lui venait de s'éteindre. De s'évaporer. Une larme glissa sur sa joue sale. Puis le carnage commença. Dans la souffrance, il se demanda s'il reverrait un jour le visage de sa douce.
Si c'était le cas, il devrait lui dire ce qu'il ressentait. Même s'il était trop tard, si l'occasion se représentait, il pourrait toujours… Trop de si. Trop de peut-être. Il abandonna tout espoir. Et les bêtes décidèrent de se régaler à ses dépends de son âme désemparée. Un grand cri résonna dans la nuit lugubre de la rivière de la vie. Personne ne l'entendit et aucun écho ne le porta. Mais le sang coula de nouveau. Et il était plus rouge que noir, versé par un cœur aimant et trahi.
Cloud et Tifa se disputèrent pour la deuxième fois en trois jours. Ce ne fut pas en cris ou en bourrasques aussi violent que la dernière fois, heureusement pour les enfants. Mais ils réussirent malgré tout à se disputer, bien que le jeune homme se soit promis de faire des efforts pour ne pas pousser son amie à bout. Lui qui ne parlait pas beaucoup, il trouva les bons mots pour la mettre en rogne. La discussion avait glissé de l'école, aux finances dont disposait leur « famille ».
Jusque-là, il n'avait pas voulu insulter la jeune femme en vérifiant l'état de ses comptes. Il l'avait aidé comme il le pouvait, en assumant que Tifa n'aurait jamais de problèmes. En tout cas, pas financiers, puisqu'elle était au-dessus de ça. Cela l'arrangeait, puisqu'il n'avait pas tellement de possibilités de leur fournir des sommes importantes. S'il était sorti descendre quelques monstres, tout aurait été pour le mieux. Mais, les combats n'avaient plus le même attrait. Depuis que Sephiroth avait été vaincu une bonne fois pour tout, le guerrier avait perdu sa volonté de se battre. C'était comme si le feu sacré l'avait quitté. Après tout, Cid lui-même ne magnait plus son harpon que pour aller chercher le linge sec sur sa corde. Là n'était pas la question, puisque nous parlions d'argent. L'homme de la maison pensait bien innocemment que tout allait bien. Mais au contraire, Cloud découvrit que l'argent était un sujet délicat pour le moment. En effet, leurs moyens n'étaient pas du tout appréciables.
En fait, ils étaient presque sur le bord de la faillite. Il ne put retenir sa colère à ce moment, puisqu'il ne s'attendait pas à une telle nouvelle. À voir les enfants, ils ne manquaient de rien. Et Tifa semblait si fatiguée. Si elle avait des difficultés monétaires, elle avait du couper dans ses dépenses en s'arrangeant pour ne priver personne d'autre qu'elle. Cloud repensa aux repas qu'elle préparait et au fait que le menu se révélait assez répétitif.
La jeune femme se défendit comme elle put, expliquant que dans cette période de l'année, le commerce des bars était toujours plus difficile, surtout depuis que la ville se reconstruisait presque entièrement. Tout le monde était occupé en tout temps et bien des personnes avaient préférés déménager plutôt que de vivre avec les inconvénients des chantiers de construction et de toute l'agitation qui s'ensuivait. Elle avait perdu beaucoup de clients avec les derniers mois. Mais Cloud fit la sourde oreille. Il s'était montré compréhensif assez longtemps.
-Tu n'as pas prévu d'économies pour les coups durs?
-On ne subi que ça des coups durs!
-Et c'est de ma faute, c'est ce que tu veux dire?
-Comment veux-tu que ce soit de ta faute? Tu n'es jamais là!
-Mais ça fait presque une semaine que je suis là déjà! Pourquoi tu ne me l'as pas dit avant qu'on avait des problèmes d'argent?
-Peux-tu définir ce on? Jusqu'à maintenant, j'ai plutôt eu l'impression d'être la seule qui s'occupe des enfants et de cet endroit. Je fais de mon mieux, mais…
-Ne détourne pas la conversation.
-Pour que je la garde sur un terrain qui t'est avantageux?
-Tifa!!
-Écoutes, ça ne va pas si mal, puisqu'on mange encore trois repas par jour, alors arrête de…
Ils s'interrompirent tous les deux, à cause de l'arrivée de Marlène. La petite avait soif et voulait se servir un peu d'eau. Cloud croisa les bras sur son torse, suivant des yeux la fillette. Il trouva une autre raison de se fâcher quand il la vit remplir son verre avec l'eau du robinet.
Avant qu'elle n'ait pu avaler un peu du précieux liquide, il lui vola le verre des mains, lui arrachant un cri de surprise.
-Cloud, je ne veux pas jouer, j'ai vraiment soif, se plaignit la gamine.
-Mais cette eau est dégoûtante. Il agita le verre devant les yeux de son amie d'enfance. Le liquide gigotant à l'intérieur n'était même pas transparent. La poussière qui s'y trouvait avait une teinte métallique et peu engageante. On doit bien avoir quelque chose de mieux, poursuivit-il. Barret est toujours en train de nous baratiner avec son eau de source, Tifa… Tu ne t'en rappelles pas?
-Si, mais… J'ai du coupé sur l'eau de source. En le voyant froncer les sourcils, l'air de plus en plus furieux, elle chercha à se rattraper. Écoutes, il y en a toujours pour les enfants. Hein, Marlène? Ta bouteille est dans le frigo.
Attristée à l'idée d'avoir envenimer les choses, la petite fille fila dès qu'elle eut sa bouteille, sans demander son reste. Cloud soupira en essayant de se calmer. Il prenait certainement les choses trop à cœur. Tifa le regardait avec ses yeux de vin, l'air coupable. Il n'aimait pas qu'elle se sente mal à cause de lui. Elle avait l'air épuisée et il aurait voulu revoir son sourire.
-Excuses-moi, finit-il par dire. Il lui sembla qu'il ne faisait que s'excuser depuis qu'il était revenu.
-Ce n'est rien, répondit-elle, en retrouvant son calme.
Pourtant, quand il fit un pas vers elle, la jeune femme se détourna. À ce moment, il aurait eu besoin de la prendre dans ses bras. Et alors, l'image d'Aéris s'imposa à l'esprit du SOLDAT. Il allait devoir vérifier très vite si son hypothèse était vraie. Si Tifa savait qu'Aéris était revenue. Si Tifa avait fait revenir Aéris pour… Ses sourcils descendirent d'un cran, alors qu'il se faisait un sang d'encre. Si c'était vrai, alors… Il doutait de pouvoir trouver la force de le lui pardonner. Mais il ne voulait pas y croire tant que l'évidence ne lui sauterait pas aux yeux. Les sentiments qu'il devinait en son cœur étaient trop tendres pour qu'il les perde. Il commençait juste à comprendre tout ce à quoi il avait tourné le dos jusqu'à maintenant.
Tifa avait besoin de lui maintenant, alors qu'auparavant, il avait toujours pris appui sur elle. Cette sensation n'était pas complètement désagréable. Alors qu'elle lui tournait le dos, il lui entoura la taille de ses bras, pour l'attirer contre lui. Elle se laissa faire, fermant les yeux, pour apprécier l'irréalisme de cette situation. Il inspira l'odeur de ses cheveux, en faisant attention à ce qu'elle ne le remarque pas. Cette senteur lui rappelait une nuit terrible, où il avait bien failli céder aux pulsions le bousculant présentement.
Ce soir-là, qui avait précédé la perte de Sephiroth et la fin de tous leurs combats. Tifa et lui s'étaient retrouvé seuls, sans nulle part où aller et personne pour les réconforter. Ils avaient préféré rester ensemble, pour ne pas subir le poids de leur solitude. Ils avaient parlé presque toute la nuit, à son souvenir. C'était une époque où ils ne se disputaient presque jamais. De telles frivolités ne passaient plus dans un instant aussi critique. S'ils devaient mourir le lendemain, autant avoir passé une soirée agréable. Ils se voyaient tous les jours alors. Échevelé, ou tirer à quatre épingles, quoique surtout à bout de nerf.
Et rien ne les dérangeait à cette époque, ni leur mauvaise odeur, ni leur proximité au milieu de combats trop difficiles, ni même le fait de devoir dormir les uns contre les autres, à sept, les non humains inclus. Après avoir vécu dans autant d'inconforts et avoir surmonté tant de difficulté, que représentaient des problèmes d'argent?
-Je ne veux plus me disputer avec toi, finit-il par chuchoter. Elle glissa sa tête sous la sienne, le laissant reposer son menton sur ses cheveux soyeux. Elle était touchée par son attention. Mais ce qu'il demandait était impossible.
-Alors, tu ferais mieux de repartir.
Elle allait se dégager de son étreinte, mais Cloud la retint. Elle ne se débattit pas longtemps, manquant de volonté. Lui-même n'était pas sûr de ce qu'il avait. Mais il se sentait bien. Autant que ça dure.
-Si c'est le prix à payer pour rester, alors tant pis. J'ai promis à Denzle de tout faire pour ne plus vous abandonner à vous-mêmes.
-Vraiment? Fit-elle en rouvrant les yeux, ne pouvant pas le croire.
-Il faut dire qu'il n'y a pas été avec le dos de la cuillère lui non plus. Il a dit que j'étais…comme un père pour lui. Ça m'a fait un choc, avoua-t-il
-Pourtant, ce n'est pas si étonnant…
-Mais je ne suis presque jamais là et…
-Maintenant, tu es avec nous. Et chaque fois que tu es là, ça compte pour beaucoup plus que cela compterait pour quiconque d'autre. Si tu restes, alors, il n'y a pas à s'inquiéter, tu serais un bon père.
Elle avait posé une main sur ses bras tout en parlant, et ils rougirent brusquement en prenant pleinement conscience de leur discussion. Et de sa portée. Ils ne formaient pas un couple. Mais un inconnu entrant dans le bar à ce moment pourrait facilement penser le contraire.
-Tu devrais me lâcher Cloud…
-Je sais, mais je n'en ai pas envie. Et toi non plus.
-Tu ne peux pas être sérieux…
-Ah non?
Il la fit tourner sur elle-même, avec l'envie irrésistible de lui dire tout ce qu'il avait sur le cœur. Il avait réussi à chasser toutes ces pensées dérangeantes, même le visage d'Aéris. La Cetra l'avait-elle abandonné ou était-ce que ses véritables désirs se révélaient enfin à lui? Cloud s'était toujours senti déchiré entre les deux femmes. Mais logiquement, il ne restait plus que Tifa. Et Aéris n'aurait pas voulu qu'il se prive du bonheur pour entretenir un fantôme de culpabilité et de regret. Le SOLDAT songea que s'il démontrait son affection pour la jeune femme et que cette dernière s'était bel et bien fait passé pour Aéris, elle cesserait son vilain manège et que le spectre de sa défunte ne viendrait plus le hanter.
Puisque Tifa n'aurait plus à emprunter le nom d'une autre pour atteindre son cœur. De toute façon, quoi qu'elle ait fait, Cloud était sûr qu'il se serait ouvert à elle peu après son retour. S'il était rentré, c'était surtout parce qu'elle lui manquait, elle et les enfants. Et on peut le dire, toutes les raisons lui semblaient bonnes pour plaquer la jeune femme au mur et goûter à ses lèvres trop tentantes. Il ne voulait pas trahir Aéris. Mais Aéris était morte. Celle qui disait être revenue à la vie n'était peut-être qu'une imposture. Et si c'était Tifa qui se cachait derrière ce masque, alors, il ne la trahissait pas tout à fait. Il s'emmêlait tellement dans ses pensées, en cherchant une façon de ne pas trahir ce qu'il ressentait ou pensait, comme à son habitude, qu'il n'avait plus aucune idée de ce qu'il devait démontrer ou pas.
Mais il se dit que le risque en valait la chandelle et qu'il n'avait plus qu'à se jeter à l'eau. Il entraîna Tifa contre le mur, l'acculant pour qu'elle n'ait plus d'autres refuges que ses bras. Elle hésita devant lui, sans essayer de le repousser. Il se doutait qu'elle aurait très facilement pu le faire. Mais le jour où elle lèverait la main sur lui était encore loin. Aux yeux du guerrier, un tel jour ne viendrait jamais.
-Cloud? Demanda-t-elle, d'une voix rendue tremblante par l'émotion.
-Fermes les yeux, susurra-t-il à son oreille.
Le souffle qui glissa sur la nuque de la jeune femme la fit trembler. Puis elle sentit le corps de son ami se coller au sien et obéit, fermant ses yeux fermement, pour ne pas voir ce qu'elle avait cru impossible. Son cerveau ne pouvait accepter ce qui se passait. Il avait embrassé Aéris quelques jours auparavant! L'avait-il déjà oublié?
Leurs lèvres se touchèrent, doucement, comme pour la première fois. Mais ce qu'il découvrit lui sembla trop familier pour qu'il ne trouve pas cette coïncidence suspecte. La culpabilité le rongeant autant qu'elle rongeait la jeune femme, il la laissa passer les bras autour de son cou, pour approfondir leur baiser. L'électricité les enchaînant l'un à l'autre les empêcha de reprendre leur souffle avant que le besoin de survie ne se fasse entendre. Cloud ne resta pas bouche bée devant autant de familiarité. Il reprit dès qu'il put, bousculant la jeune femme, l'embrassant de plus en plus vite, presque sauvagement. Elle le laissa faire, comme en panique, et leurs mouvements devinrent chaotiques. Les soupirs qu'ils échangèrent les effrayèrent. Le nom qu'il avait envie de chuchoter ne correspondait pas, trop de visage se superposait dans sa tête, et elle se rappelait trop bien comment il l'avait tenue contre lui, alors qu'elle n'était pas Tifa.
Ils se séparèrent, au bout de longues minutes, le cœur en sang. Cloud ne voulait toujours pas y croire. Elle rouvrit ses yeux, pour découvrir son regard blessé qui en disait long. Il avait comprit. Elle détacha lentement ses bras de son cou, pour se buter contre le mur. Leur regard restèrent là, fixé l'un à l'autre, comme les pièces d'un casse-tête. Elle frémit, voyant qu'il prenait du recul, pour se refermer sur lui-même. Les espoirs de chacun se fracassaient. Tifa cru qu'elle allait encore pleurer. Elle avait vraiment tout gâché. Mais elle ne pouvait détacher son regard de cet homme qu'elle aimait et qui devait déjà la haïr.
-Je suis désoler, lâcha-t-elle enfin, ayant peur qu'il reste immobile encore longtemps.
Il sursauta, avant de se détourner. Cette fois, c'était trop. Il s'arrêta sur le seuil de la porte, pour l'achever. Lui-même n'en menait pas large.
-Pas autant que moi.
La faiblesse dans sa voix et la confusion dans le regard de mako qu'il posa sur elle furent telles qu'elle ne sut quoi faire. S'il ne l'avait pas embrassé, elle aurait encore pu le prendre dans ses bras et le traiter comme un enfant. Si elle n'avait pas usurpé l'identité d'Aéris, elle aurait encore pu lui sourire pour calmer sa douleur. Le pire, ce fut de voir qu'il n'y avait pas de rancœur dans ses yeux. Seulement de la peine. Et il s'éloigna avant qu'elle trouve quoi dire. Ce qui valait mieux. Elle n'aurait jamais trouvé. Il n'y avait rien à dire.
La porte d'entrée claqua derrière lui. Le moteur qui gronda dans la cour fut clair et les enfants descendirent en panique. Tifa ne trouva rien à leur dire non plus. Puisqu'il n'y avait rien à dire…
Fin…
Mais non, ce serait trop méchant de vous faire ça! Allez, des reviews et vous aurez droit à la suite! (je suis gentille, je vous préviens que ce n'était qu'une blague) Donc :
À suivre! (une fois de plus)
Sauf que cette fois, Cloud sait! Enfin, il doit bien savoir maintenant… Comment réagira-t-il? Reviendra-t-il? Suspense…
