Ici, je déclare solonellement qu'il reste environ 7 chapitres à la fic. Il n'en tient donc qu'à vous de laisser des reviews pour connaître la suite. Si vous voulez avoir un chiffre plus précis, le tout s'échelonne sur 23 chapitres. Elle est fini, mais j'attends d'avoir au moins 2 reviews pour faire des update. Et je ne vais pas tout les jours sur internet, pour la bonne raison que je ne peux y aller qu'à l'école entre les cours. Sinon, bien, je tiens à remercier tous les lecteurs qui font des hits dans mes stats chaque fois qu'il jette un œil à cette histoire. Donc, merci et bonne lecture!

AyaneUchiwa : Un grand merci pour ta review. J'ai tout le temps peur de faire une gaffe et de les faire un peu ooc. Enfin, je maîtrise de mieux en mieux ff7 même si je n'ai toujours pas pu faire le jeu en entier (j'ai quand même de bonnes sources…) Oui, il va y avoir du dégât et encore plus qu'on ne pourrait le croire. Enfin, il reste quand même 7 chapitres… Merci encore et bonne lecture!

Taiji39 : Je ne sais pas comment tu fais pour laisser tes reviews aussi vite. Mais en tout cas, merci de suivre ma fic avec autant d'attention. C'est vraiment génial! Alors, pour ne plus te faire attendre, voici la suite!

Menteuse, chapitre 14

Vincent avait attendu près d'une semaine pour aller chercher ses vêtements chez Tifa. Il avait estimé que ce serait le temps qu'il faudrait à la barmaid pour revenir de ses émotions. Il ne savait rien de la manigance contre Cloud, n'ayant pas trouvé le temps de parler avec Yuffie. Enfin, il n'avait pas réussi à l'entraîner sur le sujet. La jeune fille avait toujours monopolisé la conversation. Il était tellement content de la voir aussi pleine de vie qu'auparavant qu'il avait préféré ne pas l'interrompre. Même si certains sujets étaient plus barbants que d'autres, Vincent était un homme saint et miraculé pour savoir tout endurer.

Il avait gardé la même indifférence toute la semaine, quoique souvent, un coin de sa bouche se soulève de quelques millimètres, dans une mimique de demi-sourire. Et ses yeux brillaient davantage, d'une lueur un peu moins morne. Il était content, à sa façon. Yuffie percevait chaque changement de son humeur, détaillant ses gestes et mémorisant ses expressions. Elle s'amusait de son embarras quand elle l'attrapait par la main, et c'était presque une lutte quotidienne entre eux, à savoir s'il saurait échapper à son contact sans la froisser. Vincent s'en tirait quand même assez bien, si ce n'était qu'avec le temps, il perdait de son autorité. Il n'arrivait plus à le regarder avec autant de sérieux. Il appréciait ses sourires de plus en plus, son rire lui rappelant des nostalgies à la fois douloureuses et merveilleuses.

Il se sentait coupable de la laisser l'approcher, puisqu'il ne pouvait se permettre plus que de l'amitié, pour quelques femmes que ce soit. Et le fait qu'il voit maintenant la jeune fille comme une femme n'était pas non plus pour l'encourager. Mais Shera le taquinait déjà à propos du manège de l'adolescente et Vincent ne trouvait rien à répondre.

En regardant la ninja se rétablir et l'aidant comme il le pouvait, le vampire se laissait affaiblir par le danger de sentiment trop profond. Shera les observait de loin, avec l'attention d'une mère, gratifiant ses invités d'une complicité toute spéciale. Elle avait des conversations de femmes avec Yuffie et profitait des heures de la nuit où Vincent errait dans le vaisseau pour lui donner des conseils plus avisés les uns que les autres. Elle lui rabattait les oreilles sur le fait qu'il devrait dormir, manger davantage et mieux s'occuper de lui. Quand il sortait et qu'elle jugeait la température trop faible, elle courrait dehors, sans mettre un manteau, pour lui donner une épaisseur de plus à mettre sur son dos.

Il subissait les manies de la future mère de famille, mettant sur sa grossesse le fait qu'elle soit toujours en train de couver tout le monde. Cid, lui, était le seul épargné de ce traitement de faveur. Les sautes d'humeur de sa femme ne s'abattaient en effet que sur le pilote. Il endurait ses crises de rage en lui portant milles et une attention. Il s'impatientait un peu et ne cessait de lui faire de nouvelles tasses de thé, espérant la calmer. Au moins, il préférait passer sa frustration sur ses machines. Il avait du briser deux moteurs par lui-même pour pouvoir s'enfermer dans la salle des machines à réparer des choses.

Sans compter la passion brûlante qu'il devait essuyer un jour sur deux, parfois avec public à l'appui. Shera était en effet un peu plus pressante que d'habitude, pour des choses qu'il aurait préféré éviter de faire avec la présence d'invités aussi indésirables que Yuffie dans son vaisseau. Vincent s'étonnait de voir son ami plier devant sa femme, écrasant mégots sur mégots, sans jamais pouvoir en finir un seul.

La ninja avait réussi à faire porter une queue de cheval au vampire. Il décida qu'il était temps de récupérer au moins son bandeau, pour avoir un moyen de la calmer à propos de ses cheveux. Elle ne cessait de se plaindre du fait qu'elle n'avait pas l'habitude de le voir avec des mèches aussi longues. Il pensa même à demander à Shera de les lui couper, mais préféra rester insensible aux remarques de Yuffie. S'il réagissait trop, il devrait tout laisser passer. Et qui savait où les folles idées de l'adolescente pourraient s'arrêter…

C'est pourquoi, au bout d'une semaine, Vincent était décidé plus que jamais à récupérer ses vêtements et qu'il débarqua au bar de Tifa avec Yuffie. La jeune fille pensait dire bonjour à son amie et voir comment elle s'en tirait avec le plan. La ninja sembla plus nerveuse que d'habitude au vampire, ayant compris que ce fameux plan n'était peut-être pas la meilleure idée qu'elle ait eue. Mais elle hésitait encore à s'en confier au tireur.

La moto de Cloud n'était plus dans la cour du bar et la jeune femme qu'ils trouvèrent derrière son comptoir était plutôt morose. Sa pâleur et les cernes sous ses yeux étaient assez clairs sur son état. Yuffie força son sourire et Vincent monta directement à l'étage pour remettre sa tenue habituelle. Comme ils avaient déjà appelé pour prévenir leur amie de leur visite, ses habits étaient prêts. Lorsqu'il ressortit de la salle de bain, enveloppé dans sa précieuse cape, ce fut pour découvrir une nouvelle crise. Marlène avait disparue!

-Ce n'est pas vrai, pensa-t-il tout haut en roulant des yeux exaspérés.

Un moment plus tard, après avoir passé toute la maison au peigne fin, il dut se rendre à l'évidence. Son exaspération laissa place à l'inquiétude. Était-ce encore un kidnapping, dans le genre de celui de Yuffie?

Cloud s'était retiré pour méditer à toutes les découvertes qu'il avait fait dans les derniers jours. Il était encore sous le choc. Le retour Aéris n'était bel et bien qu'une illusion à laquelle il s'était prêté. Il s'était fait avoir comme un débutant. Comme un imbécile. Tifa s'était foutu de lui. Mais pourquoi? Parce qu'elle n'espérait plus avoir une chance de le charmer avec sa seule image et tout ce qu'elle représentait? Parce qu'elle pouvait se permettre d'être plus audacieuse sous les traits d'une autre? Cela ne lui donnait pas le droit de salir son souvenir d'Aéris.

Après avoir errer d'un bord à l'autre, comme une âme en peine, le SOLDAT avait fini par se confiner dans ce qui restait de cette pauvre église. Les vitraux s'y tenaient encore, sur les murs qui tenaient toujours. Il dormit sur l'un des derniers bancs qui avait résisté aux assauts du temps et des luttes ayant été joué dans ce lieu sacré. L'intrusion de Kadaj au centre de ses fleurs avait été un blasphème aux yeux du guerrier. Il revoyait tout ce qui s'était passé entre ces murs, avec nostalgie et désespoir. C'était ici qu'il avait rencontré Aéris pour la première fois. Ici que Tifa avait été battue à mort par Loz. Ici encore que Tifa l'avait embrassé sous les traits de la défunte Cetra.

Il n'était même pas sûr de regretter ces instants. Les derniers baisers qu'il avait échangés avec son amie l'avaient remué. Songeur, il se leva de son banc et marcha jusqu'au cercle de fleurs pour s'y agenouiller. Son corps courbaturé ne tint pas longtemps et il finit par s'asseoir, s'appuyant sur ses bras, de façon à pouvoir rejeter la tête vers l'arrière et regarder vers le ciel. Tant de désagréments s'étaient produit ici qu'il pouvait voir l'azur des cieux, sans le moindre problème. Pas une latte de bois qui vienne le cacher. Avec un visage désespéré, il se laissa tomber de tout son long, pour voir le pollen se soulever autour de lui. Une autre personne qui aurait fait ce geste aurait subi les foudres de sa colère.

Il inspira l'odeur des fleurs, pour chasser celle de la peau de Tifa. Il réussit à se faire s'éternuer, mais l'odeur de son amie resta fraîche à sa mémoire.

-Aéris, soupira-t-il, déçu par son manque de volonté. J'aurais du voir à travers son jeu, pas vrai?

Comme il ne pouvait se confier à personne, autant le faire à la seule qui ne pouvait lui répondre. Il fixa le ciel, se concentrant pour y voir le visage de la jeune femme aux cheveux bruns. Ses yeux verts brillèrent quand la voix de Cloud résonna dans l'église vide. Il ferma les yeux, devinant son sourire. La chaleur dans sa poitrine n'avait rien de celle que lui inspirait Tifa. Ce n'était pas du tout la même chose qu'il ressentait. Mais il se sentait tout aussi bien ainsi qu'avec son amie d'enfance.

-J'aurais du te parler avant de la laisser me manipuler comme ça. Mais j'ai toujours eu trop de misère à te comprendre, c'était facile de croire qu'il s'agissait vraiment de toi. Je me suis presque mis à vous confondre l'une l'autre. J'étais avec toi et je voulais voir Tifa. J'étais avec elle et je voulais te voir toi. Comment est-ce que ça peut être possible, dis-moi?

Le silence fut sa seule réponse, mais il ne se laissa pas abattre pour autant. Il en avait plus à dire. Une ombre s'arrêta au seuil de la porte, silencieuse, pour prêter l'oreille à ses mots. Elle frissonnait au seul son de sa voix. L'idée de le revoir enfin la rendait folle de joie, mais elle se contenait encore. Cloud ne s'ouvrait presque jamais ainsi. C'était une chance unique de savoir ce qu'il pensait.

-Je l'ai emmené patiner avec les enfants. C'était une des premières fois où tu n'étais pas là et où j'arrivais à me sentir bien malgré tout. Ils n'arrêtaient pas de rire et je suis tombé une dizaine de fois. Peut-être moins. Mais à chaque fois, elle a voulu me prêter main forte pour me relever. Et par le passé, durant notre périple, Tifa a toujours été là pour me pousser vers l'avant. Surtout après que tu… nous ais quitté.

La pause qu'il avait marquée lui avait permis de rétablir sa voix tremblante. Il inspira profondément pour continuer.

-J'ai été aveugle, mais j'ai fait exprès. Exactement comme elle. Je ne voulais pas voir. Je ne veux toujours pas accepter qu'elle puisse s'être fait passer pour toi pour m'atteindre. Elle aurait pu… Enfin…

Il couvrit son visage à deux mains, craignant de révéler quelque chose qui aurait pu blesser la Cetra. Après tout, morte ou pas, elle devait pouvoir l'entendre d'une manière ou d'une autre. Quand Sephiroth était revenu, elle avait été à ses côtés à tout moment du combat. Exactement comme Tifa. Il se redressa brutalement à cette pensée.

-Ce n'était pas exactement comme Tifa. C'est vrai que tu m'as aidé, mais tu n'étais pas vraiment là. Tu m'apparaissais en rêve. Tifa était vivante et… elle me secouait vraiment, pour me faire réagir. Toi, tu…

-Je suis désoler de ne pas avoir pu faire plus pour t'aider.

-Oh, ne viens pas encore me hanter. Je sais que tu es partie pour de bon, ça va, je me suis fait à l'idée, fit-il d'abord, avant de réaliser qu'il n'avait pas seulement entendu une voix.

Des pas s'approchaient de lui, par derrière. Il sauta sur ses pieds et se retourna pour la voir, dans sa robe rose, avec sa longue tresse brune et ses yeux d'émeraude. Il sentit son cœur rater un battement. Il eut beau se dire qu'il s'agissait encore de Tifa dans son déguisement, il ne pouvait pas le croire. La voix chantante qui lui chuchota quelques encouragements était en tout point identique à celle de la jeune femme qu'il avait lui-même déposé dans la rivière de la vie. Il se tint aussi droit que possible, mais ses jambes ne tiendraient pas longtemps. Elle semblait encore plus réelle que les autres fois qu'il l'avait vu.

-Aéris…

-Il faut que tu prennes garde à Tifa, elle s'est fait passé pour moi pour…

-Ah, c'est ça alors? Tu m'as suivi jusqu'ici pour me faire croire que tu es vraiment Aéris. Eh bien, ça ne marche pas Tifa, je ne suis pas stupide à ce point. Tu peux t'en aller tout de suite, je n'ai pas envie de t'entendre raconter des salades.

-Mais, Cloud, je suis vraiment Aéris, tu dois me croire. Je suis venu te prévenir. J'ai vu ce qui se passait, avec toi, Tifa, Yuffie et tous les autres. J'ai tout abandonné pour venir te prévenir avant que les choses aillent trop loin. J'ai même du m'asseoir avec Sephiroth pour trouver un moyen de te rejoindre.

-Arrêtes! Tu vas trop loin Tifa…

Mais il n'était pas convaincu lui-même lorsqu'il prononça son nom.

-C'est Aéris! Comment peux-tu en douter? Je n'ai rien pour te le prouver, mais tu dois avoir confiance Cloud, c'est vraiment moi cette fois.

-Non. Ça ne peut pas être toi.

-Puisque je te le dis.

Il l'observa, détaillant sa silhouette de la tête au pied. Il n'aimait pas agir ainsi, mais il ne savait plus quoi penser. Il avait embrassé Tifa alors qu'elle lui faisait croire qu'elle était Aéris. Et quand il avait embrassé son amie, ç'avait été pareil. Totalement pareil. À quelques détails près. Il pouvait quand même le dire. Mais l'Aéris se tenant devant lui ressemblait encore plus à la défunte que celle qu'il avait rencontrer dès son retour au bar. Est-ce que ça ne pouvait pas être elle?

Les remords le rongeant se seraient allégé s'il avait pu s'agir de la jeune femme qu'il avait cru perdu à jamais. Mais il ne pouvait se permettre d'y croire, puisque Tifa avait…

-Je ne peux pas te croire. Je ne peux plus avoir confiance en personne.

-Non, tu peux avoir confiance en moi. C'est grâce à Zack que j'ai pu venir ici!

-Ne le mêle pas à ça! Arrêtes de…

Il se tut en la voyant s'approcher, l'air furieuse. Il avait déjà vu ces yeux verts où la tourmente grognait. Ce visage fin, ces mains graciles, fragiles. Et sa silhouette mince et discrète qui demeurait la seule chose qu'il pouvait fixer. Il en avait le vertige. Ce serait donc vraiment Aéris cette fois? Mais pourquoi maintenant? Et si Tifa ne s'était pas déguisée une seule fois? S'il s'était fâché pour rien, en interprétant la gêne de la jeune femme pour ce qu'elle n'était pas?

-Je ne suis pas Tifa, c'est la vérité. Et je ne peux pas vous laisser foutre vos vies en l'air parce qu'elle est devenue folle. Les enfants ont besoins de vous deux. Yuffie s'est fait enlevé. Shera et Cid vont devenir parents. Vincent est perdu entre tous vos problèmes et tu jongles avec tes sentiments comme un funambule sans fil. Zack, lui…

-Je t'ai dit de ne pas parler de Zack! Je…

-Cloud, je suis désoler de te faire souffrir, mais c'est pour ton bien, poursuivit-elle tout en s'arrêtant à quelques centimètres de lui, sans qu'il ne trouve la force d'avancer ou de reculer.

-Pour mon bien? Douta-t-il en fronçant les sourcils.

-Je ne veux pas te bousculer, mais je ne pourrais pas rester longtemps. Je dois me dépêcher de te faire comprendre que je suis bien moi. Je reviendrais pour que tu saches ce dont tu as besoin. Tu as toujours été perdu entre les deux personnalités que tu essayais d'avoir.

-On pourrait dire trois, grommela-t-il en songeant aux expériences de clonage tenté sur lui pour qu'il devienne un clone de Sephiroth. Mais si tu es vraiment Aéris, comment peux-tu le savoir?

-Je vous ai vu de tout là-bas, depuis la rivière de la vie.

Le sourire qu'elle esquissa correspondait trop à Aéris pour que Tifa puisse l'imiter. Il y avait un côté angélique dont leur amie manquait. Elle n'était pas démoniaque, mais ses sourires étaient plus rassurants, plus maternelles ou taquins. Elle pouvait être sensuelle sans s'en rendre compte, alors qu'Aéris semblait juste… parfaite. Comme si toutes ces facettes avaient été mélangées pour créer le sourire idéal. Elle avança encore et ouvrit ses bras au dernier moment pour étreindre Cloud. Il resta cloué sur place, à subir sa chaleur, son odeur envahissante et enivrante de fleur, sans pouvoir s'empêcher de repenser à la dernière où elle avait été aussi proche de lui.

Contrairement à cette fois, un cœur battait dans sa poitrine et un souffle animait son corps. Il n'y avait pas de sang pour couler sur les mains de Cloud s'il venait à la prendre dans ses bras. Pas de froid, ou de peau glacial pour faire hésiter ses doigts sur elle. Ses cheveux se courbaient doucement, se révélant d'une douceur incroyable sous la main du guerrier, qui lui sembla encore plus grande que celle qu'il avait découvert alors que sa natte frôlait son bras tandis qu'il la portait jusqu'à son tombeau. L'autre Aéris, arrivée avant, n'avait jamais éveillé tant de souvenirs dramatiques en lui. Il la tenait dans ses bras et cru qu'il allait s'effondrer sur elle, les larmes lui picotant les yeux.

Aucun doute à avoir, il ne pouvait s'agir que d'Aéris. Sinon, cela signifiait que Tifa avait des dons d'actrices surhumains. Il voulut la repousser, sentant la douleur éteinte depuis si peu de temps rejaillir, comme de la lave sortant d'un volcan endormi. Elle resta contre lui, sans essayer de pousser les choses plus loin. Sa voix chuchota à son oreille des mots qu'elle voulait réconfortants.

-Tu vois, c'est bien moi. Tu vas devoir faire un choix maintenant. Et obliger Tifa d'agir avec honnêteté. Sinon, j'irais moi-même l'empêcher de continuer de salir mon image en faisant des folies.

Il lui sembla qu'elle n'aurait pas dit cela normalement. Aurait-elle été fâché ou amusé par la situation? Ces réactions étaient parfois imprévisibles. Mais elle avait autant de caractère que Tifa, quoi qu'elle soit plus réservée. Mais enfin, elles étaient toutes les deux réservées. C'était à en perdre la tête pour le pauvre Cloud. Et le pire se produisit à ce moment.

-Je dois partir maintenant, déclara-t-elle.

Il n'eut pas le temps de dire un mot. Elle le repoussa pour s'enfuir en courant. Il en retomba dans les fleurs, avant de se relever pour la poursuivre. Il sorti de l'église à sa suite, pour ne trouver qu'une fleur là où aurait du être la jeune femme. Une larme lui échappa, sans qu'il puisse la retenir. Il eut beau fouillé les alentours, il n'y avait plus personne. Aéris était repartie, peu importe d'où elle venait.

Il ramassa la fleur, à court d'espoir. Il découvrit qu'un ruban était noué autour de la tige de la plante. Quand il l'en détacha, il reconnu le ruban de Marlène. Fronçant les sourcils, il releva la tête, pour ré inspecter les alentours. Personne en vue à des kilomètres à la ronde.

-Sephiroth l'a aidé à revenir dans ce monde? Alors, elle a du revenir à travers le corps de quelqu'un. Celui de …Marlène?!

Il sauta sur sa moto, pour tirer les choses au clair avec Tifa. Tout cela était trop étrange pour qu'il laisse passer ce mystère-là. Après avoir ratissé la zone et en être sortit bredouille, il fonça en direction du bar, tout en luttant intérieurement à propos d'un grave dilemme. Devait-il appeler Tifa avant de débarquer pour vérifier qu'elle était bien là et aussi que Marlène se trouvait avec elle? Discuter au portable tout en conduisant un motorisé n'était pas la chose la plus aisée à faire, surtout quand le moteur venait brouiller les ondes. Il s'arrêta donc sur le bord de la route pour passer son coup de fil.

À l'autre bout, il eut la surprise d'entendre la voix de Yuffie lui répondre, pour lui expliquer que Marlène avait disparu et que Tifa était parti à sa recherche. Vincent était resté avec la ninja pour s'assurer qu'elle ne ferait pas de folie, et surtout parce que Tifa l'avait menacé des pires choses s'il ne s'occupait pas de l'adolescente et de Denzle. Elle était donc partie seule, sans véhicule, pour retrouver la petite et Cloud n'avait aucun moyen de savoir où elles se trouvaient tous les deux. Si elles étaient au même endroit.

Avec un soupir, il repartit à toute vitesse, décidée à retrouver les deux femmes de sa vie. Aéris n'était plus vivante, donc, elle ne comptait pas. La nuit était tombée quand il arriva enfin dans la zone de Midgar la plus probable d'abriter son amie ou la fille adoptive de Barret. Le géant risquait de leur tomber dessus s'ils la perdaient. Mais pour l'instant, ce n'était pas l'inquiétude la plus importante de Cloud. Il craignait surtout qu'il arrive malheur à la gamine. Tifa savait se défendre, mais encore là, un malheur n'arrivait jamais seul. Elle avait été imprudente de partir toute seule. Il aurait été rassuré de savoir Vincent avec elle. Il savait garder la tête froide en tout temps.

Ayant demandé à Yuffie de le rappeler si jamais une des deux disparues rentrait au bercail, il était sûr de ne pas avoir le droit de rentrer encore. Des ombres se mouvaient dans le noir, dans les ruelles et sur les trottoirs de la ville. Il cru reconnaître un Turk qui disparaissait dans l'ouverture d'un bar. Cloud songea qu'il était impossible de retrouver quelqu'un dans une aussi grande ville au milieu de la nuit. Mais il ne pouvait pas non plus s'arrêter de chercher. Il était un peu plus inquiet à chaque heure qui s'ajoutait à l'absence de son amie et de Marlène.

Une petite silhouette fut éclairée quelques secondes par les phares de sa moto. Elle était vêtue d'une robe blanche. Marlène! Pensa-t-il. Il s'arrêta brutalement, pour sauter sur la chaussée et rattraper la silhouette par le bras. Le souffle haletant de l'enfant s'accentua quand il se sentit piégé et il chercha à se défaire de la prise de l'homme sur son poignet. Cloud rendit ses efforts vains en le tirant à la lumière de ses phares, pour découvrir une petite fille aux cheveux noirs, toute maigre, avec des joues sales et une balafre sur un bras. Sa robe avait été blanche autrefois, mais était plus grise maintenant. Elle avait les yeux d'une bête sauvage et le mordit pour se débarrasser de sa prise et s'enfuir dans le noir.

Cloud resta un long moment immobile, sous le choc de cette vision. Les cheveux longs et noirs de la gamine lui avaient rappelé ceux de Tifa. Son amie aurait pu se retrouver dans un tel environnement si elle avait grandi ici. Et maintenant, qui savait ce qui pouvait lui arriver. Sans parler de Marlène! La pauvre fillette. Il donna un coup de pied furieux dans le sol de béton, avant de remonter sur son engin, pour repartir de plus belle. Il ne pouvait pas perdre de temps à s'inquiéter pour des enfants qu'il ne connaissait pas. Il ne pouvait malheureusement pas tous les sauver. Dire qu'il avait sauvé le monde. La planète, peut-être, mais quand on regardait le reste, il y avait encore bien du chemin à faire.

Il continua de parcourir les rues comme un fantôme sur sa moto, attirant l'attention des gangs de rue et celle des hommes de la pire espèce. On voulut l'arrêter, le recruter ou le chasser. Des tirs de balles l'entourèrent même et Cloud comprit qu'il était descendu dans les pires quartiers de la ville. Si ces derniers ne s'étendaient pas partout. Mais rien ne pouvait l'arrêter. Et dans le noir, l'éclat de son épée géante renvoya les balles de fusil lancé sur lui, comme s'il était un ange de la mort. La rumeur de son moteur courrait loin devant lui, et il commençait à désespérer quand vers 2 heures du matin, il aperçut une scène qu'il ne pouvait voir arriver.

Dans la lumière blafarde des néons de bars, deux hommes tenaient fermement une petite fille et la traînait de force avec eux, malgré ses cris de protestations. L'enfant avait des cheveux mi-long et brun que Cloud reconnu de loin. Elle se fit frapper par l'une des brutes et se recroquevilla sur elle-même pour échapper à la douleur qu'il menaçait de lui faire subir encore. Sous ses phares, la pâleur de son chandail et sa jupe rosâtre lui sembla très claire. Ç'auraient été d'autre détail, il se serait quand même arrêté. Mais ses traits étaient plus furieux, puisqu'il se doutait de l'identité de la victime de ses deux hommes d'âges mûrs. Il s'arrêta deux rues plus loin, pour leur donner l'illusion de ne pas avoir fait attention à eux.

Quand il revint à pied, silencieux comme un prédateur, la petite luttait toujours contre ses tortionnaires. Sans prévenir, il surgit de l'ombre, comme un revenant, pour assommer les deux malappris. L'enfant voulu s'enfuir, mais il la rattrapa assez vite pour voir son visage dans la pâle lumière. Marlène éclata en sanglots en reconnaissant son protecteur et se jeta à son cou, tremblantes de la tête au pied. Cloud aurait bien voulu savoir comment elle s'était retrouvé là, mais il n'avait pas le temps de le lui demander, il devait repartir aussi vite que possible pour mettre la petite en sécurité et il avait toujours Tifa à retrouver.

-J'ai eu tellement peur, gémit la petite dans ses bras.

-Moi aussi Marlène, mais c'est fini. Je ne laisserais plus personne te faire de mal…

à s.u.i.v.r.e

et ne me demander pas pourquoi il y a des points entre chaque lettre, c'est comme ça, bon. (au cas où mon frère ou ma sœur passerait sur la page…)