Ouf, une longue semaine de vacance de fini. J'en ai profité pour compléter ff5. Quand je pense que le boss de fin est un arbre… Ça fait un choc un peu quand même! Sinon, je vais bien, je passe mon temps sur mon play, à jouer à chrono trigger et à shining force. Je suis folle, je sais. J'ai écris un peu, oui oui, pas d'inquiétude, mais pas sur ff7. Ni sur aucun ff. J'ai du faire deux paragraphes sur Sephiroth, mais est-ce que ça compte vraiment? Non, j'écris un roman moi, un vrai! Avec du drame, du sang, de l'humour, des paysages à couper le souffle et de beaux beaux garçons… Qui ressemblent souvent étrangement à Cloud Strife. Je dois avoir une petite fixation… Bof, sinon, ça va vous?

Ah ouais, le nouveau chap. Alors, comme d'hab, rar, chap et reviews!!

Avez-vous vu? Il y a un s à review.

Taiji39 : Tu tombes bien, j'allais justement revenir à eux. Il est vrai que je ne parle de leur couple qu'en surface, mais l'histoire n'est pas encore finie. Non non! Enfin, si je fais pas un gros yuffentine, c'est surtout parce qu'à la base, c'est un cloti ici. Il faut pas que je fasse de fausse représentation. Merci pour la review et à plus!

Ceres chan : t'as pas de chance, parce que je n'ai pas réussi à écrire ton bonus sur Sephiroth. Peut-être que je le mettrais juste à la fin de la fic, pour le moment, je passe mon temps sur un roman que je travaille depuis un bout. À part fanficieuse, je voudrais bien être auteure (comme ça, je me sentirais grande…) Cette fois, le chap n'est pas arrivé aussi vite. Je n'avais plus d'internet! Mais je vais remettre le turbo! Quoique, il ne reste plus beaucoup de chapitre! Qu'est-ce que je vais faire quand j'aurais fini? Merci pour la review!

Chapitre 21 Menteuse

Il n'y avait pas tellement de monde dans l'hôpital quand Cloud et Tifa y arrivèrent. Sachant que les enfants étaient en sécurité chez Cid, ils ne s'inquiétaient plus autant et prirent le temps de marcher et de discuter en rentrant. Les gardes postés à la porte les dévisagèrent tandis qu'ils franchissaient les limites de la ville. Les pauvres avaient été vus se poursuivant l'un l'autre la veille et avaient passé pour des fous. Un homme voulut les interroger.

-Mademoiselle, ce type vous importune?

-Non, c'est mon fiancé.

Le sourire rassurant dont elle gratifia le garde le rendit envieux, mais apaisa les soupçons des hommes. Ils les laissèrent passé, sachant fort bien que les histoires d'amour n'étaient jamais simples. Le sourire étincelant de Tifa brillait d'autant plus que Cloud lui avait expliqué comment il avait passé son temps à mentir durant le dernier mois en faisant croire à l'école des enfants qu'ils formaient un couple. Sans parler de la façon dont il s'était débarrassé du huissier et avait extorqué une somme pas possible à Barret.

Ils parlèrent de tout et n'importe quoi, avant d'arriver à l'hôpital. Les infirmières paniquèrent quand les jeunes gens leurs eurent expliquer que Tifa s'était jeté en bas d'un ravin. Un docteur ordonna qu'elle soit conduite immédiatement en salle de radiographie, tandis qu'il regardait Cloud de travers, se demandant comment il avait pu sortir sa nouvelle patiente d'une telle chute. Les employées chuchotaient dans le dos du guerrier, jusqu'à ce que ce dernier décline son identité. Aussitôt, tout le monde l'appela Monsieur Strife avec déférence, sauf le docteur de son amie, qui prit soin de se plaindre des épées qu'une garde infirmière ne pouvait ranger nulle part et que le visiteur ne pouvait traîner avec lui dans l'hôpital.

Il fut donc plus ou moins mis dehors, non sans avoir croiser Vincent Valentine, assis dans la salle d'attente, plus mystérieux et renfermé que jamais. Les deux amis s'entraperçurent tout juste avant de se perdre de vue. Chacun des deux hommes fut surpris d'apercevoir leur camarade dans un pareil endroit. Cloud n'aimait pas les hôpitaux. Et l'ancien Turk les exécrait, hors de tout doutes. Comment savoir que chacun était là pour soutenir la femme de leur rêve, qui n'allait pas tout à fait bien?

Le ténébreux se fit accoster par une douzaine d'infirmières, qui lui demandèrent successivement son nom, son âge, son signe astrologique et son numéro de téléphone, parfois dans des ordres différents. Il ne répondit à aucune d'entre elles et ne leur accorda pas la moindre attention, même lorsqu'il s'agissait de question de santé. Ainsi, lorsque l'une d'elle remarqua qu'il devait être loin de son poids santé, étant plutôt mince et qu'elle lui offrit un examen complet, il se contenta de la fixer comme on fixerait un mur. Il n'avait rien à faire de sa propre santé. Depuis trente quatre ans maintenant, il n'avait plus de problème de ce côté. Il pensa à le mentionner, mais parler n'attirerait que davantage d'attentions. Il soupira, espérant que Yuffie ait bientôt fini son examen.

Cloud alla récupérer sa moto pour y ranger ses armes et ensuite revenir au centre hospitalier. Il ne comptait pas abandonner Tifa, mais comme il avait laissé son véhicule entre deux rues, sur un trottoir, c'était à la fois un miracle qu'il ne se soit pas fait volé et que la contravention qu'il trouva scotchée dessus ne soit pas plus élevée. La note était pourtant bien salée. Toutes ses frustrations furent autant de contretemps qui le retardèrent, sans compter qu'avec la circulation embouteillée de l'heure de pointe, il aurait été plus vite en portant la moto sur son dos et en marchant qu'en avançant dans le trafic. Énervé, il songea même quelques secondes à s'exécuter dans ce record d'haltérophilie, mais abandonna l'idée folle avant de se rappeler qu'il était encore épuisé de son sauvetage de la veille.

Il mit donc plus de deux heures à revenir. Pendant qu'il s'emmerdait dans le trafic, Tifa surprenait de plus en plus son médecin, en lui avouant qu'elle avait bu l'eau de la ville durant les derniers mois, devant faire des économies. L'air sévère du docteur n'avait rien d'encourageant. Quand il lui annonça que l'eau de Midgar était contaminée, elle se maudit de ne pas avoir fait plus attention aux préventions de Barret. Mais elle ne voyait pas la différence. Ce n'est que lorsqu'une infirmière lui expliqua que les réserves d'eau de la ville avaient été souillées par du mako à l'état pur qu'elle comprit toute la portée de son geste irréfléchi.

Elle passa donc au travers de toute une autre série de tests, plus complexe, avant qu'on lui annonce qu'elle devrait passé une heure entière dans une cabine de décontamination, pour éviter de subir plus longtemps les effets du mako. Bien entendu, elle risquait de conserver quelques séquelles. Mais aux questions que le docteur lui posa sur certain changement dans son comportement, elle paniqua. Alors qu'elle n'avait rien avalé depuis la veille, elle eut un malaise et vomit. Les tests se multiplièrent, la laissant désespérée. Puis vint l'heure de la décontamination.

On l'enferma dans une cabine exiguë, sans fenêtre et dont la porte était invisible. Elle fut obligée de respirer un air froid et humide, dans l'inconfort d'une chaise plus laide que Jenova elle-même. Tifa se découvrit une forte claustrophobie durant cette expérience et n'apprit qu'un peu plus tard qu'elle n'était pas encore au bout de ses peines. En effet, les radiographies venaient de sortir. Les résultats révélaient certaines choses inattendues. Des choses de la plus haute importante.

Cloud n'était pas encore revenu quand le docteur de la jeune femme se présenta dans la salle d'attente pour trouver l'homme qui avait raccompagné miss Lockart. N'ayant pas une mémoire incroyable, le médecin confondit Vincent avec l'ancien SOLDAT et lui fit signe de le suivre, expliquant que son amie n'allait pas très bien. Le tireur comprit bien rapidement qu'on lui parlait de Tifa et non de Yuffie, mais il suivit l'homme en blouse blanche malgré tout, convaincu qu'il servirait plus à la jeune femme en prenant de ses nouvelles qu'en attendant une minute de plus dans cette salle… Les infirmières commençaient à lui taper sur les nerfs. Il n'était pas fou et comprenait bien qu'elles avaient toute craqués pour lui. S'il paraissait indifférent, il était intérieurement bouleversé à l'idée d'avoir pareil pouvoir d'attraction.

D'habitude, les gens avaient peur de lui. Mais toutes ces jeunes femmes l'observaient avec une lueur dans les yeux très dérangeante, qui demeurait loin de la peur. Il n'aimait pas avoir autant d'attention pointée sur lui. Celle de Yuffie lui suffisait amplement. Pensant se changer les idées, il se retrouva au milieu d'un quiproquo terrible. On le fit asseoir dans un bureau privé, devant le docteur de son amie, avant de les laisser seuls, comme s'ils devaient échanger des informations confidentielles. Sans qu'il comprenne pourquoi, Vincent eut un mauvais pressentiment.

-Ma patiente, Tifa Lockhart, commença le médecin d'un ton contrit, comme s'il allait annoncer sa mort. Elle souffre d'une importante contamination au mako. Vous êtes au courant que présentement, l'eau de la ville est impropre à la consommation?

Il prit le manque de réaction du vampire pour un assentiment et s'empressa de poursuivre.

-L'eau qu'à consommer votre amie l'a soumise à une série de symptômes désagréables et même dangereux. L'exposition au mako entraîne une dépression progressive mais importante du sujet soumis à cette exposition. Au bout d'un certain tas, le patient peut devenir plus facilement irritable, avoir des sautes d'humeur et même montrer de l'agressivité. La force des personnes soumise à une longue exposition est décuplée par le mako, mais d'une façon brusque, qui n'est nullement géré par l'apport des materias. La force à l'état sauvage de l'humain exposée à pareille chose devient vite incontrôlable. À moins de l'avoir déchargé dans un acte surhumain, votre amie risque de devenir intenable et un danger public. Mais il y a pire. Si le corps s'est habitué au mako, pour toute raison que ce soit, le patient peut souffrir de trouble ou même de dédoublement de la personnalité.

Vincent réagit à ce discours en ouvrant de grands yeux. Ainsi, le comportement incompréhensible de Tifa s'expliquait entièrement. Elle était sous l'influence du mako. Les symptômes que lui cita ensuite le médecin ne retinrent pas vraiment son attention. Lui-même avait du mako dans les veines, sans compter les démons se chamaillant son cœur et son âme. Maintenant, il était prêt à plaindre la jeune femme. Elle serait à jamais marquée par le mako, comme lui-même et Cloud. Mais il se demanda bien vite pourquoi personne n'avait rien vu. Normalement, il y avait des signes visibles. Comme les yeux trop bleu de Strife…

-Je crains que l'enfant qu'elle porte en son sein ne soit atteint par le mako et qu'il en sorte de graves conséquences sur son développement plus tard.

-Je vous demande pardon?!

C'était une façon un peu brutale pour apprendre que Tifa était enceinte. Mais le regard du docteur semblait accusateur, comme si Vincent avait été coupable de quelque chose dans cette histoire. Il commençait à comprendre pourquoi il lui révélait tout cela. Il devait s'imaginer que…

-C'est vous le père de l'enfant, n'est-ce pas? Pas besoin de le cacher, nous sommes entre adultes…

La porte du bureau vola sur ses gonds, s'ouvrant dans un coup de vent, sur un Cloud furieux d'avoir été mis à l'écart. En effet, dès qu'il était arrivé, les infirmières s'étaient confondues en excuses, pour lui expliquer que Vincent Valentine recevait à sa place le compte-rendu du médecin à propos de Tifa.

-Je ne sais pas ce qui se passe ici, mais c'est moi qui ait raccompagné Tifa ici et…

-C'est toi qui devrait entendre ce qu'a à dire ce médecin, compléta aussitôt le tireur en se levant.

Cloud fut surpris de voir le regard du vampire se confondre entre la compassion et l'inquiétude. De toute évidence, les nouvelles n'étaient pas bonnes. Il déglutit de travers quand la porte se referma derrière Vincent. Il n'était plus aussi sûr de lui que lorsqu'il était entré en sauvage. Le docteur n'hésita qu'un instant avant de lui resservir le même discours qu'à l'ancien Turk. Les yeux du mercenaire s'écarquillèrent de surprise quand il comprit toute l'affaire. Sa paternité n'avait pas été soulevé encore, ni même le fait que Tifa était enceinte. Il ne laissa pas le temps au médecin de relever ces choses. Il demanda plutôt à voir son amie. Il n'était pas inquiet. En fait, il se retenait pour ne pas sauter de joie.

Si tout cela était bien vrai, Tifa n'avait jamais choisi de son plein gré de prendre l'identité d'Aéris pour s'en prendre à lui. Elle avait été influencée par le mako dans son sang, quelque chose qu'il ne pouvait que pardonner, ayant lui-même été victime de pareille manipulation. Mais, s'il avait bien suivit, tout s'expliquait. Du retour impromptu d'Aéris à la façon dont Tifa l'avait sorti du pilier de titane à la seule force de ses poings. Lui-même devait puiser dans l'énergie de la planète coulant dans ses veines pour réussir des exploits comme celui de la veille. Si ça n'avait été du mako dans son sang, jamais il n'aurait pu gravir ce précipice en portant la jeune femme dans ses bras.

-Je veux la voir, insista-t-il, comme le docteur protestait.

-Il y a quelque chose que vous devriez savoir avant, répliqua l'homme en levant une main impérieuse devant lui, pour couper court à toute insistance.

Devant la mine sévère du médecin, Cloud hésita, malgré l'envie irrésistible qu'il avait de voir sa douce et de la prendre dans ses bras. Il se rassit, en affichant clairement son impatience. Tifa avait pourtant exigé de lui annoncer la nouvelle elle-même. Elle aurait voulu ne partager cette vérité qu'avec lui. Mais elle n'en eut pas la chance.

-Quelles sont vos relations avec mademoiselle Lockhart? Demanda l'homme, énervant un peu plus le guerrier.

-Nous sommes très proches, répondit Cloud, en serrant les dents.

Il n'aimait pas attendre. Ni discuter de ses sentiments avec un pur inconnu. Il voulait savoir si Tifa allait bien, point!

-Dans ce cas, si je vous annonce qu'elle est enceinte, vous serez certain d'être le père?

Le choc fut dur à prendre. Cloud ne broncha pas, mais si ce n'était de ses nerfs, sa bouche serait tombée grande ouverte. Pourtant, tout se tenait. Il y avait un mois déjà qu'ils… Mais enfin, il n'y avait même pas pensé. Et voilà qu'elle était… Si vite? Le pauvre vit déjà la montagne de responsabilités se dressant devant lui. Tifa qui était seule, portant le poids d'une vie nouvelle, sans même le savoir, à cause de lui. Elle devait s'imaginer que cette nouvelle viendrait tout gâcher. En effet, il était effrayé à l'idée de devoir s'occuper d'un troisième enfant, qui plus est le sien, alors qu'il en avait déjà plein les bras avec Denzle et Marlène.

Ces derniers grandissaient vite et n'auraient bientôt plus besoin de lui. Mais il venait juste de faire ses premiers choix que d'autre lui tombaient dessus sans prévenir. Non, ce n'était pas prévu. Ce n'était pas un mal. Mais il ne s'y attendait pas. C'est pourquoi il garda un moment le silence, son regard prenant une profonde touche de confusion. Il se sentait un peu perdu à l'idée de tout ce qui l'attendait et du peu d'assurance qu'il avait pour accomplir ce qu'il avait à faire.

-C'est sérieux?

-Alors vous êtes coupable?

La question du docteur hérissa Cloud de colère. Mais il passa par-dessus, en se promettant de faire plus attention à l'avenir. En tout cas, ne plus jamais agir sur un coup de tête, ça c'était sûr, il ne le ferait plus.

-Quand est-ce qu'elle pourra sortir? Demanda-t-il simplement, résigné à l'attente.

-Elle ne courra plus aucun risque dans une demi heure. Mais votre enfant lui va sûrement avoir un développement différent des autres. Il faudra qu'il soit suivit de très prêt, puisqu'il a été exposé au mako et…

-Je ne crois pas que ça change quoi que ce soit. J'ai du mako dans le sang moi-même, depuis plusieurs années et même si Tifa n'avait pas été infecté par l'eau, le petit le serait.

-Comment?

-J'ai été SOLDAT. Cloud Strife, répondit-il, laissant le docteur bouche bée à l'idée qu'il faisait face à l'homme ayant sauvé la vie de tous les habitants de la planète. Je veux voir Tifa dès qu'elle pourra partir, ajouta-t-il avant de quitter la pièce.

Dans le couloir, trois ou quatre infirmières se précipitèrent vers le mur adjacent, faisant mine de ne rien savoir. De toute évidence, elles écoutaient aux portes. Cloud les fusilla toute (du regard) sans le moindre remord, avant de se diriger vers la salle d'attente. Vincent n'y était plus et c'était tant mieux. Le mercenaire ne voulait voir personne d'autre que Tifa. Ils avaient tellement de choses à se dire… Avec un soupir, il se sentit faiblir à l'idée de bientôt être père. Plus que huit mois avant cela. À peu près. D'une façon ou d'une autre, sa vie ne serait plus jamais la même. Mais il avait l'impression que trop de changements arrivaient en même temps.

Pendant ce temps, Vincent apprenait de Yuffie tout ce qui lui était arrivé lors de son enlèvement. Elle n'avait pas eu de brusque flash back. Le médecin l'ayant examiné avait déterminé la cause de ses étourdissements après quelques radiographies. Elle était tombée sur des trafiquants d'organes. La pauvre était sortie du bureau médical toute blême, pour se pendre au cou du vampire et fondre en larmes. Il n'avait rien dit, passant un bras autour de sa taille et l'entraînant avec lui loin des yeux et des oreilles indiscrets. Une fois dans le jardin de l'hôpital, dont toutes les plantes devait être artificielles à cause de la pollution de la ville, il put s'asseoir avec la jeune fille sur les genoux, sur un banc de pierre, pour écouter ses déboires.

La route jusqu'à l'extérieur l'ayant calmé, elle réussit à réduire ses sanglots suffisamment pour parler. Sa voix était malgré tout plus fragile qu'une plume, blessant et émouvant le vampire tout à la fois. Aucun de ses mots ne lui échappa et pour une rare fois, son visage exprimait une sollicitude profonde. En fait, il ne pouvait masquer ses sentiments à l'adolescente en la voyant dans un pareil état. Elle d'habitude si vivante qu'il se laissait aller au silence et l'indifférence en songeant qu'elle parlait et souriait à la vie pour deux, elle n'était plus qu'un jour de pluie. Une malheureuse victime du mauvais sort. Sa colère ne servant à rien, il la laissa pleurer en écoutant tout ce qu'elle avait sur le cœur.

-J'ai été chanceuse au fond. Je suis tombé sur des experts qui avaient un bon chirurgien, puisqu'ils ont bien fait leur travail. Ils m'ont pris un rein et un ovaire. Rien de dommageable à long terme, fit-elle d'un trait, en essayant de prendre un ton enjoué, pour que la réalité paresse moins sombre.

Mais elle tremblait comme une feuille morte, ses sanglots tiraillant toujours sa poitrine menue et son visage demeurant un masque de peur. Elle ne pouvait jouer sa joie. Et elle ne pouvait cacher sa tristesse. Vincent avait l'habitude, mais pas elle. Il ne sut quoi dire.

-C'est pour ça que je n'allais pas très bien. Mon corps doit s'habituer à cette perte, alors, je ne suis pas en super forme pour l'instant. Mais sinon, je n'ai rien. Je me suis fait plein de peurs pour rien.

Vincent n'avait pas besoin qu'elle lui fasse un dessin, il avait eu les mêmes peurs qu'elle. Sinon plus encore. Ces hommes sans foi ni loi auraient pu abuser de la pauvre jeune fille, enfin, dans un sens moins littéral… Ils lui avaient pris des organes dont l'absence ne l'empêcherait pas de survivre. Pour le vampire, c'était un non-sens. Pourquoi la garder en vie après? Pourquoi ne pas s'en débarrasser tout simplement?

-Le docteur a dit qu'un groupe de kidnappeurs agissait ainsi depuis quelque temps. Ils enlèvent les gens pour leur voler des organes dont ils peuvent se passer, puis ils les utilisent comme des otages pour demander une rançon. Ce devait être ce qu'il voulait faire avec moi, mais je les ai devancé en m'enfuyant… Pas de veine pour eux, hein? S'ils pensaient que Cid auraient payé un gil pour me ravoir de toute façon.

Il resserra ses bras autour d'elle sans trouver d'encouragement suffisant à lui dire. Il n'y en avait pas. Cid aurait certainement payé, mais il lui en aurait tenu rigueur pendant des siècles. Il serait peut-être même allé jusqu'à Wutai pour exiger du père de l'adolescente qu'il paye lui-même la rançon. Tout aurait été tellement compliqué si Yuffie ne s'était pas enfuie. Mais c'était quand même une chance qu'il soit venu et ai ouvert la voie. Sans l'aide de Vincent, la ninja serait retombé dans les mains de ses kidnappeurs…

-Tu as de bonnes nouvelles, demanda-t-elle en relevant un visage désespéré vers lui.

-Cloud et Tifa se sont retrouvés. Elle est enceinte et je n'ai pas de misère à croire que c'est de lui.

Yuffie sembla se réjouir un moment pour son amie, comprenant que les choses avaient finies par s'arranger pour la jeune femme. Mais la nouvelle lui rappela un autre fait qui la replongea dans sa peine.

-Elle en a de la chance d'être enceinte. Maintenant, j'aurais deux fois moins de chance de l'être un jour moi aussi.

-Yuffie… soupira Vincent, avec désolation.

Il savait ce qu'il aurait voulu faire pour la calmer. Mais il savait aussi qu'il n'en avait pas le droit. Il n'était pas non plus sûr d'en avoir la force. Mais aurait-il celle de la regarder se détruire ainsi, en désespérant sur tout ce qu'elle avait perdu sans raison? Son enlèvement ne pouvait quand même pas gâcher toute sa vie. Mais avec un ovaire de moins, même la science ne pourrait pas faire grand-chose pour elle. Le médecin lui avait exposé les résultats à long terme de sa nouvelle condition. Elle avait fait don de ses organes sans même passer son accord. Et elle serait peut-être incapable d'avoir des enfants comme ses amies. Shera et Tifa étaient enceintes. Et Yuffie elle perdait deux organes.

-De toute façon, pour que ça m'arrive, il faudrait déjà que j'aie quelqu'un. Ce ne sert rien d'y penser si aucun homme ne m'aime assez pour ça…

Il serra les dents, se sentant personnellement attaqué par la remarque de la jeune fille. Il le réalisait bien, il l'aurait aimé plus qu'assez pour faire tout ce qu'elle voulait. Alors, un enfant… Oui, pourquoi pas? Mais il n'osa pas le déclarer. Elle ne le croirait pas. Lui, l'insensible Valentine, qui s'amourachait d'une gamine deux fois trop jeune pour lui. Elle se moquerait de lui.

-Allons, tu dois bien avoir quelqu'un en vue, fit-il, espérant qu'elle dise que non, même si cela impliquerait un autre sursaut de larmes.

Au moins, cela signifierait qu'il avait une chance malgré tous les bâtons qu'il se mettait lui-même dans les roues.

-Oui, j'ai quelqu'un en vue, sourit-elle au milieu de ses larmes.

-Vraiment? Il ne put retenir sa surprise et son intonation s'en ressenti.

Le visage de Yuffie s'éclaira, moqueusement.

-Mais si, fit-elle en reprenant des couleurs.

-Ah…

Ce n'était pas aussi subtil qu'il l'aurait voulu, mais sa déception parue bien dans sa voix. Yuffie la perçut, et pour une fois, elle chassa ses doutes pour pousser un peu plus loin son espoir. Elle n'avait plus rien à perdre. Et les bras de Vincent ne l'avaient jamais entouré aussi fort, comme pour la retenir contre lui. Il ne s'en rendit compte que trop tard, tandis qu'elle se mettait à genoux sur ses cuisses, en essuyant quelques unes de ses larmes.

-Il n'en sait rien encore. Mais je l'aime depuis très longtemps, avoua-t-elle d'une voix de conspiratrice.

Il la sentit se rapprocher sans tout de suite deviner de qui elle parlait. Un espoir inconscient lui disait que ce pouvait être lui. Mais ses démons lui disaient d'oublier tout de suite cette idée folle. Pourtant, Yuffie passa ses bras autour de son cou, comme elle l'avait fait si souvent dans les derniers jours quand elle perdait l'équilibre ou était effrayée. Cette fois, il y avait quelque chose de plus, ne serait-ce que dans ses yeux. Il se sentit intimidé, pour la première fois en la présence de l'adolescente. C'était un sentiment lointain, mais familier. Lucrecia l'avait déjà intimidé, presque de la même façon. Mais à l'époque, c'était pour d'autres raisons. Aujourd'hui, il était surtout gêné par la jeunesse et la candeur de Yuffie, alors qu'autrefois, c'était sa propre inexpérience qui l'intimidait dès qu'il était face à face à la jeune scientifique.

-Je… Je le connais?

Elle hocha vivement de la tête, pour dire que oui, avec un sourire grandissant. Reprenant espoir, il se permit un geste vers elle, séchant les dernières larmes sur sa joue et profitant de la douceur de son visage. Elle était si petite dans ses bras. Et lui si grand…

Quand elle retint sa main sur sa joue, il n'eut plus de doute, sauf ceux que ses démons voulaient toujours utiliser contre lui. Il ne les écouta pas. Yuffie ne pleurait plus et son sourire était presque invitant.

-Vincent, je ne sais pas si tu ressens la même chose. Tu es toujours si secret mais…

Il n'eut pas besoin de plus d'indice. Ils s'étaient beaucoup rapprochés dans le dernier mois et les sentiments du vampire avait fait leur bout de chemin depuis. Il savait pourquoi il était devenu si furieux quand elle avait été enlevée. Il savait aussi pourquoi il ne pouvait plus la lâcher d'une semelle depuis et son cœur battant s'emballa quand il décida de saisir sa chance, comme Cloud l'avait fait.

Elle fut interrompue au milieu de sa phrase par les lèvres de Vincent sur les siennes. C'était on ne peut plus clair. Elle resta surprise un long moment et garda les yeux grands ouverts d'étonnement, puisqu'elle ne s'attendait pas à une telle réaction. Le vampire semblait toujours si grave et sérieux. Mais voilà qu'il l'embrassait! Elle n'allait certainement pas repousser une telle chance!

Elle ne sentit même pas le froid du bras d'acier dans son dos qui l'attira plus proche de son aîné, qui l'enveloppa bientôt dans sa cape, à cause du vent frais du dehors. Shera se fit un sang d'encre pour eux, puisqu'ils ne rentrèrent que très tard dans la soirée, silencieux comme des tombes. Un détail qui ne lui échappa fut qu'ils se tenaient par la main. Après avoir échanger de tendres baisers, ils s'étaient arrêtés pour se regarder droit dans les yeux, toujours au centre du jardin de l'hôpital.

Il voulut parler, mais elle fut la plus rapide.

-C'est toi que j'aime Vincent.

-Je t'aime aussi, avait-il répondu, d'une voix rendue fragile par l'émotion.

Ils s'étaient serrés de toute leur force l'un contre l'autre, heureux de s'être inquiété pour rien. Ils avaient cru éprouver un amour impossible, mais au fond, ils le partageaient en tout point. Bien sûr, elle était toujours trop jeune pour lui. Mais s'il ne vieillissait pas, elle finirait bien par le rattraper, puis le dépasser. Leur vie se présentait sous un jour meilleur. Et Cid n'osa pas se moquer du couple en devinant que Vincent défendrait sa belle à bien des prix.

À suivre

Once again

Sinon, je sais qu'il faudra du temps à cloudyfan pour se rendre à ce chapitre. Il (ou elle) a eu la bonté de me laisser une review, mais a le malheur de faire affaire à une paresseuse comme moi. C'est pourquoi je ne lui répondrais pas par e-mail, mais bien ici, pour mettre deux trois trucs au clair. Primo, j'adore les commentaires constructifs et le sien était très bon. Secundo, je sais que Sephiroth n'est pas un cetra, c'est un fou dangereux doublé de gènes extra-terrestre et il voudrait devenir un dieu. À mon avis, il est sur la bonne voie… Mais sinon, je sais qu'Aéris est belle bien la dernière des Cetra, je me trouvais juste à court de synonyme. (belle défaite non?)

L'autre point, c'est que Zack n'a pas été tué par Sephiroth (je le sais ça aussi, mais avouons qu'il a faillit l'avoir) et dans le feu de l'action, je n'ai pas pensé à préciser quelques détails. Disons simplement qu'Aéris cherchait toutes les répliques possibles pour avoir le dernier mot. Et d'une façon ou d'une autre, Zack est mort. Ils ont quand même osé tué Zack! (Parait-il que j'aime un tant soi peu Zack?) Le nombre de fois que son nom apparaît ici le prouve…

Bref, je tiens à m'excuser pour ces quelques fautes. Je ne suis moi non plus pas une spécialiste de ff7 (après tout, je n'ai jamais fini le jeu de base sur playstation, pour la très bonne et justifiée raison que je ne l'ai jamais eu en ma possession, si j'y arrive, ne vous inquiétez pas, ce ne sera pas long) Et cette phrase est atroce. Mais enfin… pour finir, je tiens à remercier un fois de plus cloudyfan

Bien cordialement,

Radiklement