Titre: Le dernier ennemi qui sera détruit...

Auteur: Artémis Area

Disclaimer: Harry Potter appartient à J.K. Rowling, et je ne compte toucher aucune rétribution quelle qu'elle soit sur ce petit bout de mon cerveau malade ;p

Note de l'auteur: Amis du jour Bonjour, Amis du soir Bonsoir!

Voici le premier chapitre, même s'il plante juste le décor, l'action arrive dans le chapitre suivant ;p

Merci pour les personnes ayant mis l'histoire en alerte. Je ne maitrise pas encore bien le site, mais il me semble pouvoir dire merci à Yetyet, Severine32 et Kaizokou Emerald Hime. En espérant que le style d'écriture continue à vous plaire!

Merci à tous ceux passés jeter un ptit coup d'œil! à demain pour la suite! (même si les chapitres suivants risquent de ne pas venir aussi vite)

PS: Il y aura du Yaoi dans l'histoire, même si pour le couple j'avoue hésiter entre 2 blonds, mais Draco aura toujours sa place ici. Je ne sais pas comment faire avec le site, mais ce sera aussi un Snack.


Chap 1 : Savoir le Passé pour voir l'Avenir

Depuis le fin fond de ma mémoire, la seule évolution dans mon rituel quotidien fut le jour où Mrs Polkiss, la mère de Piers, le meilleur ami de Dudley depuis leur entrée au jardin d'enfant, vint prendre le thé en cette belle après-midi de Mai.

Je savais que j'allais avoir 5ans car l'anniversaire de Dudley était dans un petit mois et, la course aux cadeaux avait débuté. Ayant le même âge, c'était affligeant que je ne puisse pas réaliser correctement le mélange d'essence pour la tondeuse quand Dudley connaissait tout son alphabet et les nombres jusqu'à 20, par cœur!

J'étais dans le jardin, m'occupant de désherber, encore, le jardin en vue du futur concours dans le quartier. A défaut d'être assez sociale et sain mentalement pour m'adapter à la maternelle, il fallait au moins m'occuper et, que je puisse savoir gagner mon pain plus tard, quand j'aurais arrêté mes études par fainéantise et idiotie. C'est fou les détails qui se gravent dans votre mémoire quand ils sont répétés 10 fois à la journée.

Ma Tante et Mrs Polkiss discouraient sur leur emploi du temps plus rempli de jour en jour et, de leur multiples rendez-vous à honorer, quand une phrase attira mon attention:

_ Dis-moi Pétunia, je viens d'inscrire Piers à l'école primaire et, il m'est venu à l'esprit que, peut-être, se retrouveraient-ils ensemble avec Dudley. Une facilité pour faire leurs devoirs et réviser leurs leçons. Mais, qu'en est-il de ton neveu? Pensez-vous qu'il aura suffisamment mûri pour se comporter sagement dans une classe et ne pas interrompre les cours avec son problème de concentration?

_ Je ne te cacherai pas que c'est le souci qui nous préoccupe le plus en ce moment. Nous ne savons pas si les exercices que nous lui faisons faire tous les jours auront suffi. Mais nous devrons bien tenter. Nous ne pouvons pas risquer d'attirer l'attention des services compétents sur son handicap. Nous sommes sa dernière famille. Il est de mon devoir de m'occuper de lui. D'en faire un honnête garçon. Surtout avec ses antécédents familiaux. Ma sœur ne nous avait pas laissé l'aider, je ne peux pas laisser mon neveu subir un manque d'attention d'un personnel hospitalier en sous-effectif ou pire, sous qualifié. Il ira, nous en discuterons avec la Directrice, pour qu'elle ne soit pas étonnée d'un manque d'intérêt et d'assiduité. De la différence si flagrante entre mon fils et son cousin.

_ Je ne sais pas comment vous trouvez la force et, le temps de vous préoccuper autant du garçon. Devoir toujours l'occuper et le surveiller pour ne pas qu'il se blesse ou détruise la maison... Tu es une sainte Pét! Bien, je vais devoir y aller. Roberto a bien voulu me prendre entre deux rendez-vous pour rafraichir un peu ma coupe de cheveux. Cette chaleur et ce soleil ne leur réussissent pas!

_ Bien sûr ma chère, bien sûr! N'hésite pas à revenir pour que je te fasse goûter à mes fameux cookies aux noix de macadamia. J'ai pu en recevoir des fraiches dernièrement, je ferai une fournée ce weekend.

_ Bien, bon courage pour les inscriptions, et préviens-moi si tu as besoin d'aide pour l'anniversaire de ton fiston! Bonne journée ma chère amie!

Puisque le thé des hypocrites s'était achevé, le silence reprit ses droits sur mon petit carré de terre. Le gazouillis des oiseux était la musique qui me permettait de réfléchir à cette nouvelle perspective. Un peu de liberté s'offrirait à moi d'ici quelques mois, avec à la clé, les meilleures des armes.

Ne vous laissez pas abuser par les discours de ma Tante. Je n'avais pas plus de problèmes de concentration que Dudley de dents saines. Mais que voulez-vous, m'envoyer à la maternelle signifiait des mains en moins pour le ménage, le jardinage et la cuisine.

Pour éviter les ragots, pour conserver l'apparence de leur vie si normale, il avait fallu expliquer le pourquoi de l'arrivée d'un neveu un matin de Novembre. La seule fois où j'ai posé une question, on m'a répondu que mes parents étaient morts dans un accident de voiture, que c'était bien fait pour eux puisqu'ils étaient des monstres alcooliques et, que c'était dommage que je ne m'en sois tiré qu'avec une simple cicatrice en forme d'éclair vert sur le front.

Mais ne t'inquiète pas garçon, jamais tu ne deviendras aussi détestable que tes parents! Maintenant tais-toi, sois un gentil garçon et va récurer les toilettes de l'étage!

C'est pour cela que j'appris tout ce qu'il fallait pour tenir une maison correctement, car une belle vie commence par un beau logis et une belle table. A tout juste 5 ans, j'étais donc devenu un véritable cordon bleu et une vraie fée du plumeau. Il faut dire que je m'entrainais depuis mes 3ans. Mais pour être un homme, un vrai, à 4 ans on m'apprît à différencier les fleurs, les mauvaises herbes, les différents outils et, les différents dosages pour les traitements.

Je découvris les lettres et les chiffres. Alternant entre livres de cuisine et manuels d'utilisation, j'appris à déchiffrer les consonances de la langue Anglaise, j'appris les fractions et à lire le calendrier pour les plantations. Cette famille étant à la pointe de la vie saine, j'appris à agencer les fleurs et autres herbes aromatiques au milieu du potager pour manger bio... et économiser en insecticides. Ma tante était sûre de remporter pour la deuxième fois consécutive le prix du plus beau jardin du voisinage.

Alors certes, je n'allais pas aux jardins d'enfants, et je paraissais pour beaucoup asociale. Mais, j'avais appris très vite à me tenir éloigné de ma brute de cousin et, à absorber tout le savoir possible.

Moi qu'on n'osait pas sortir, qu'on enfermait dans mon placard à la moindre visite prétextant une santé fragile, on allait me laisser aller dans l'antre du savoir! Évidemment, le soir même les règles tombèrent à chaque coup pour mieux les graver.

Ne pas parler aux inconnus.

Ne pas parler de ce qu'il se passe à la maison.

Ne pas être ingrat. Et trouver le temps de continuer à faire ses tâches ménagères pour compenser l'achat de fournitures.

Ne pas parler de ses corrections. Les gens n'ont pas besoin de savoir à quel point tu es pathétique.

Ne pas humilier ce pauvre chou de Dudley. Déjà qu'il va devoir te supporter à longueur de journée.

Bref, en 3 mois, je connaissais les règles par cœur, à la cicatrice près.

L'Institutrice et la Directrice étaient prévenues de mon impertinence, de ma fainéantise et, de ma souillonnerie. Le matin, j'appris à me lever un peu plus tôt pour avoir le temps de m'occuper du jardin avant de faire le petit déjeuner. Le soir, après avoir aidé Dudley dans ses devoirs, après une journée de classe son poignet le faisant souffrir, je récurais salle de bains et toilettes, passais l'aspirateur avant que mon oncle n'arrive, et préparais le repas. Le weekend servant à toutes les autres taches que je ne pouvais faire en semaine.

Bien sûr les accidents arrivaient, la fatigue aidant. Une assiette qui tombe, un réveil oublié et trop peu de temps pour le désherbage, un vêtement qui déteint dans la machine de blanc ou le fer-à-repasser qui brûle la chemise préférée de mon Oncle. Mais à force d'attentions de ce même Oncle, ou de ma tendre Tante, je finis par avoir tellement peur que des phénomènes étranges survenaient dans ces situations. Je fermais les yeux tellement forts que, une fois ouverts, je voyais des étoiles durant quelques secondes. Mais, les yeux grands ouverts, je ne pouvais qu'observer l'assiette intacte sur le carrelage, les mauvaises herbes en tas dans un coin du jardin, le linge propre et parfaitement plié dans la bassine.

Au début, je croyais rêver. Puis, j'ai eu l'idiotie de dire à ma Tante que l'assiette s'était réparée comme par Magie. J'appris ce jour-là que le mot était tabou, monstrueux. Je compris ce jour-là pourquoi, pour ma famille si normale, j'étais un monstre.

La Magie. Ce don merveilleux qui m'évitât bien des punitions. Pour mon moi de 5ans, c'était mon trésor de pirate, mon secret que personne ne pouvait me prendre. Pour mon moi de 6ans, c'était un outil bien utile lorsque j'étais trop fatigué pour finir mes corvées en temps et en heure.

Aujourd'hui, à 10ans, c'est une de mes armes. Celle qui me donne le temps, la sécurité et l'énergie de développer les autres. Ma culture. Mon corps. Ma logique.

Mon Oncle et ma Tante ne jurent que par les diners mondains et la bonne bourgeoisie. Pour évoluer dans ce milieu, il faut savoir discourir. Pour discourir, être écouté, il faut de la Culture, savoir de quoi parler pour captiver les foules.

Mon cousin Dudley, et sa bande se font respecter dans tout le voisinage à coup de poings et de courses folles. Après des heures de "chasse au Harry", je pensais pouvoir participer aux J.O. . Après les coups de poings et les coups de pieds, j'avais des abdos en béton. A force de monter aux arbres pour échapper à ces petites frappes et, au chien de Tante Marge, mes bras pouvaient soulever de la fonte.

Les Institutrices et la Directrice de l'école primaire étaient tellement aveuglées par les dons et les bonnes paroles des Dursleys, que les bleus étaient forcément dus à mon tempérament casse-cou. L'oubli systématique de mes devoirs, mon caractère de feignant. Mon manque d'ami et mon isolation dans la cour de l'école, ma sauvagerie. Pourtant, je répondais toujours juste aux questions à l'orale. Mais mes écrits étaient truffés de fautes, incomplets. Pourquoi me donner à fond quand mon cousin échangeait nos devoirs le plus souvent possible. Pourquoi rogner sur mon temps de sommeil déjà si court pour faire des devoirs, quand ça me permettait de rester le midi dans la classe, à l'abri de mon cousin et de sa bande. Non, développer une logique et une analyse imparable était la meilleure des armes pour moi.

Je faisais tout pour que plus tard, je puisse m'évader de cette prison. Et peut-être pourrais-je trouver d'autres magiciens, des gens qui m'apprendront comment développer mes dons. Des gens qui pourraient, peut-être, confirmer que mes parents étaient monstrueux de par la Magie et non l'alcoolisme. Des gens, qui ne briseraient pas mes derniers espoirs.


posté 24/06/2013

revu 31/08/2014

Artemis Area